Éducation

L'ex-dg de l’Université TÉLUQ Martin Noël blanchi et dédommagé

EXCLUSIF / L’enquête sur l’ex-dg de l’Université TÉLUQ Martin Noël a fait chou blanc. M. Noël réintégrera la TÉLUQ comme professeur et recevra un dédommagement de 260 000 $ pour le tort causé à sa carrière.

Le Soleil a appris qu’une entente à l’amiable a été signée le 30 mai entre M. Noël et l’Université du Québec, le réseau public dont fait partie la TÉLUQ. Cette entente met un point final à l’enquête qui avait été déclenchée l’été dernier par l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David sur la gestion de cette université à distance.

Aucune accusation criminelle n’a été déposée contre l’ex-directeur général et aucune sanction administrative n’a été imposée à la TÉLUQ. 

En août et en septembre 2018, M. Noël a envoyé deux mises en demeure au ministère de l’Éducation parce qu’il estimait que les raisons pour lesquelles il a été relevé de ses fonctions étaient diffamatoires, portaient atteinte à sa réputation, lui causaient du stress, de l’isolement social et avaient un impact irrémédiable sur sa carrière. 

Même s’il est blanchi, M. Noël renonce à reprendre son poste de directeur général de la TÉLUQ. La compensation de 260 000 $, payée par l’Université du Québec, fait en sorte qu’il ne pourra pas s’adresser aux tribunaux. 

«M. Noël a décidé de retourner à l’enseignement et, par le fait même, a démissionné de son poste de directeur général. Il n’est donc plus suspendu. La vérification, quant à elle, est terminée», confirme au Soleil Esther Chouinard, responsable des relations de presse au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. 

Dans une communication transmise à l’interne vendredi, le directeur général par intérim de la TÉLUQ, André G. Roy, se disait «heureux» du retour de M. Noël au sein de l’établissement. 

Flou

Nancy Turgeon, présidente du Syndicat des tuteurs et tutrices de la TÉLUQ, demeure quant à elle sur sa faim et réclame plus de transparence. «On reste un peu dans le flou et on se demande si cet enjeu-là a été pris au sérieux. Les pratiques de gouvernance doivent changer, au-delà de la personne qui est à la tête de l’université», a-t-elle réagi lundi. 

Rappelons qu’en juillet 2018, l’ex-ministre libérale Hélène David a relevé temporairement M. Noël de ses fonctions parce qu’elle était troublée par de «sérieuses anomalies» dans la gestion des contrats de l’Université TÉLUQ. C’est un rapport d’enquête interne portant sur le contrat qui liait cette université à l’Institut MATCI de Montréal qui lui a mis la puce à l’oreille. Ce rapport n’a jamais été rendu public. 

Une source indique au Soleil qu’il y avait bel et bien des irrégularités «mineures» à la TÉLUQ, notamment en ce qui a trait à l’aide financière aux études, mais rien qui ne justifie la suspension de M. Noël. La TÉLUQ n’a plus de contrat avec l’Institut MATCI depuis l’automne dernier. 

Eaux troubles

Cette université, qui offre des cours à distance à des milliers d’étudiants partout au Québec, navigue en eaux troubles depuis plusieurs mois. Ses 200 tuteurs ont déclenché une grève générale illimitée qui dure depuis maintenant quatre mois, parce qu’ils craignent de perdre leurs emplois au profit de sous-traitants. 

Cette grève fait en sorte que des travaux ne sont pas corrigés et que des examens sont reportés. Pour la session d’été, l’université a ouvert seulement la moitié des cours qui sont normalement offerts. L’université reconnaît que les inscriptions ont fondu et que cette grève a des impacts sérieux sur ses étudiants, surtout ceux qui étudient au baccalauréat. 

La semaine dernière, les députés Gabriel Nadeau-Dubois (Québec solidaire) et Marwah Rizqy (Parti libéral du Québec) ont fait une sortie en compagnie de représentants syndicaux parce qu’ils s’inquiètent pour le futur de cette université à distance. M. Nadeau-Dubois a réclamé que le ministre de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge annonce «ses intentions quant à l’avenir de la TÉLUQ et au modèle de la TÉLUQ». 

La Capitale

Le tramway passera derrière les résidences de Pie-XII

N’en déplaise aux résidents de Pie-XII dans Sainte-Foy, le tramway passera sous la ligne électrique derrière leur résidence. Pour la Ville, c’est le tracé le plus direct, rapide et le moins coûteux.

Le président du Réseau de transport de la capitale, le conseiller Rémy Normand, en a fait l’annonce lundi lors du dévoilement du tracé final du tramway qui sera déposé pour approbation auprès du gouvernement du Québec.

Depuis l’annonce du projet, les résidants du secteur Pie-XII craignent que le passage du tram sous les lignes à haute tension derrière les maisons à 10 mètres de la ligne de terrain ne cause trop de bruit et de vibration.

«Aujourd’hui, on engage un dialogue sur les mesures possibles de mitigation», a lancé M. Normand, signalant que des actions pouvaient être posées comme l’érection de murs antibruit, mais qu’il était maintenant hors de question de modifier le tracé déposé.

Ainsi, l’administration Labeaume fait une croix sur un tracé qui passerait par Versant Nord pour se rendre jusqu’au ministère du Revenu sur la rue Marly. «Le prolongement du tracé de 1,3 kilomètre ajoute de quatre à six minutes de temps de transport et coûterait entre 100 à 120 millions $ supplémentaires», évalue M. Normand.

L’analyse de ce tracé révèle aussi que la configuration des lieux ne permet pas de construire une station à moins de 500 mètres de Revenu Québec. Enfin, le conseiller souligne que la fréquentation de ce secteur est quasiment nulle à l’extérieur des heures de pointe du matin et du soir, rendant ce choix moins pertinent. 

Un troisième tracé directement sur Pie-XII, aussi envisagé, a rapidement été abandonné. «Il faudrait exproprier 6 à 14 résidences et faire des acquisitions de terrain en cour avant sur toute la longueur du boulevard, sans compter les risques d’impact sonore», rapporte-t-il encore.

200 mètres en moins

Il faudra dorénavant parler d’un tracé de 22,8 kilomètres plutôt que de 23 km. En effet, la fin de ligne au nord, initialement prévue à la hauteur du boulevard Louis-XIV, sera aménagée à l’angle de la 76e Rue et de la 1re Avenue, sur le site de l’ancien garage municipal.

«Une analyse plus fine a permis de réaliser que la pente de 4,6 % sur Louis-XIV empêchait la construction d’une arrière-cour pour permettre au tramway de se retourner. La pente maximale pour un tel aménagement est de 2 %», résume le porteur du dossier.

Le trambus en conflit

Enfin, la Ville a décidé d’arrêter la principale ligne de trambus à l’Université Laval plutôt qu’au futur Phare sur le boulevard Laurier en raison «d’importants enjeux opérationnels».

Il y avait une sorte de conflit entre le trambus et le tramway. Par exemple, il était impossible d’assurer une priorité absolue au trambus aux carrefours à cause de la fréquence du tramway. De plus, le partage d’une plateforme en tunnel sous Le Phare, où sera aménagé le pôle d’échange Ouest, devenait difficile, voire impossible.

L’opposition inquiète

«On nous répète que le projet est prêt au millimètre près et on annonce des changements majeurs», estime le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, de Québec 21. «On vient de nous montrer que le projet est fait sur le coin d’une table.»

Pour sa part, le conseiller de Démocratie Québec, le conseiller Jean Rousseau, considère que la Ville répond toujours au compte-gouttes aux questions des citoyens. «On est en attente sur le bruit et sur le nombre de stations. On se demande comment vont s’intégrer les rails dans la trame urbaine. Dans Montcalm, on parle déjà d’un Montcalm Sud et d’un Montcalm Nord à cause du rail surélevé», évoque celui qui voit déjà les salles bondées lors de la tournée d’information qui débute sous peu.

La Capitale

Rappeler l’importance de manifester

Divers organismes qui manifestent contre le racisme, le sexisme et les changements climatiques ont occupé la 3e Avenue pendant une partie de l’après-midi lundi.

L’objectif était de rappeler aux citoyens l’importance de faire entendre sa voix lorsque vient le temps de défendre une cause. Entre 15h30 et 18h30, différents groupes de membres et alliés du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches (RÉPAC) ont installé leur kiosque dans la rue, afin de partager plusieurs informations concernant les trois causes choisies aux citoyens. 

«C’est une façon de se réapproprier la rue, pour se rappeler le droit de manifester, d’être solidaires et c’est surtout une façon de faire connaître nos luttes», explique la coordonnatrice du RÉPAC, Naélie Bouchard-Sylvain, qui fait partie du groupe d’organisateurs de l’événement. 

Plusieurs activités étaient organisées pour l’occasion, afin de rejoindre le plus de gens possible. Dès le début de l’événement, vers 16h, une cinquantaine de personnes visitaient les kiosques.

Politique

Stratégie numérique du gouvernement Legault: moins de paperasse, plus de clics

Moins de paperasse, moins d’appels téléphoniques avec boîtes vocales, plus de services publics offerts en ligne, donc 24 heures par jour : tel est le défi que s’est donné le gouvernement pour assurer de meilleures relations entre les citoyens et l’administration gouvernementale.

Le gouvernement Legault se donne quatre ans pour faire en sorte que les services gouvernementaux, dans l’ensemble, soient davantage disponibles aux citoyens par Internet.

La stratégie gouvernementale de transformation numérique, qui reprend pour l’essentiel celle qui avait été présentée par l’ancien gouvernement libéral en 2017, a été présentée lundi par le ministre responsable Éric Caire. Elle est assortie d’une série de «grandes ambitions» et d’objectifs, mais demeure floue sur les moyens déployés et les résultats escomptés.

On peut y lire par exemple que 75 % des services numériques offerts par le gouvernement devront présenter «un taux d’utilisation supérieur à 75 %», d’ici quatre ans.

Mais comment y arrivera-t-on? Quels secteurs seront privilégiés en priorité? Et qu’arrivera-t-il si un ministère ou une société d’État n’atteint pas ses cibles?

Le gouvernement ambitionne aussi de renoncer au papier : d’ici 2023, 75 % des processus administratifs devront s’effectuer en ligne, donc sans imprimer de documents.

Il demeure impossible de dire quelle influence aura le ministre Caire — un ministre délégué à la Transformation numérique et non un ministre en titre — pour imposer ses vues à l’ensemble de l’appareil gouvernemental et au conseil des ministres.

Chaque ministère et organisme gouvernemental devra en fait présenter son propre plan de transformation numérique. Chacun pourra y aller à son rythme, fixer ses propres échéances.

Fin de la culture de «silos»

En conférence de presse, le ministre Caire a promis de mettre fin à la culture de «silos», qui fait en sorte que chaque ministère ou organisme fonctionne en vase clos, selon ses propres règles et sans rendre de comptes aux autres, un objectif sur lequel bien des ministres avant lui se sont cassé les dents.

Dans le secteur de la santé et des services sociaux, Québec souhaite que d’ici quatre ans, 100 % des citoyens pourront «interagir de façon numérique avec le réseau de la santé et des services sociaux et avec ses professionnels». Cela devrait inclure la prise de rendez-vous et l’information transmise sur les résultats d’analyses ou d’examens.

À terme, le ministre dit espérer que l’ère du «fax» dans les cabinets de médecins sera bientôt enfin révolue.

Données personnelles

Par ailleurs, le ministre Caire a dû une fois de plus s’expliquer sur la collecte et la conservation des données personnelles des citoyens sur support informatique.

Le chef péquiste par intérim, Pascal Bérubé, a reproché à M. Caire de vouloir confier ces «données sensibles» sur les Québécois à «des entreprises américaines, Amazon, Google, IBM».

Le ministre Caire a cherché à se faire rassurant en s’engageant à ce que ces informations soient «gardées de façon sécuritaire, dans des endroits qui répondent à des certifications, les plus hautes normes de certification en matière de sécurité».

Éducation

Nouveaux sommets en photonique pour l’Université Laval [VIDÉO]

L’Université Laval continue de se placer chef de file dans le domaine de l’optique-photonique. Un financement de 1,4 million $ du gouvernement permettra à l’institution de se doter d’équipements à la fine pointe de la technologie, et d’offrir le meilleur environnement de recherche pour ses professionnels et ses étudiants.

Ce financement permettra le développement d’installations de pointe en optique-photonique dans la Faculté des sciences et génie. Le député de Vanier–Les Rivières, Mario Asselin, en a fait l’annonce lundi, en conférence de presse, au nom du ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon.

En plus d’un investissement de 400 000 $ par l’Université elle-même, le montant qui s’élève à 1,8 million $ servira entre autres à l’aménagement d’une salle de téléprésence, la conception d’un laboratoire de chimie des verres et le démarrage de projets portant sur la synthèse de verres oxyfluorés. 

«C’est un projet majeur, on a avec nous depuis 10 ans le professeur Messaddeq qui est un leader mondial dans le domaine des matériaux fibreux. Cet investissement nous permet d’augmenter notre capacité de recherche. Ces équipements-là sont assez uniques. Quand on travaille avec les meilleures installations, c’est là que l’innovation se développe. On veut attirer les meilleurs étudiants et étudiantes, on veut continuer à être les numéros un dans le domaine de l’optique-photonique», indique le doyen de la Faculté des sciences et génie, André Zaccarin. 

Du Brésil au Québec

Le professeur Younès Messaddeq est parti du Brésil pour venir poursuivre ses recherches à Québec, où les installations de l’Université Laval étaient idéales. Il est d’ailleurs à la tête de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur l’innovation en photonique de l’institution.

«On va développer de nouvelles technologies pour nous mettre à l’avant-garde. On développe de nouveaux matériaux pour la production de fibre optique qui sont utilisés dans divers domaines, comme la communication, l’environnement, la santé et surtout dans des domaines où la fibre optique n’a pas été mise en place. C’est pour l’avenir de demain», exprime le professeur.

M. Messaddeq est impatient de partager l’équipement et les futures découvertes avec les meilleurs étudiants, qui viennent du monde entier.  

«C’est très important de rêver, mais le réaliser, c’est autre chose. Il fallait les moyens, et ce que m’a donné Québec ce sont les moyens pour pouvoir réaliser et mettre en place toutes ces nouvelles technologies, grâce à l’appui financier et aussi aux personnes qui sont qualifiées. Comme je dis : “Sky is the limit!” Je dis toujours à mes chercheurs que ce que vous avez à rêver, on va pouvoir le réaliser. C’est comme ça qu’on a créé cette excellence. On reçoit des étudiants de partout dans le monde parce que tout le monde recherche l’excellence. C’est eux qui contribueront au succès de notre travail», termine-t-il.

Politique

QS dénonce l’«embouteillage législatif» causé par la CAQ

Il est mathématiquement impossible pour le gouvernement Legault d’adopter deux de ses plus importants projets de loi selon la procédure régulière d’ici la fin de la session, estime Québec solidaire (QS).

Soit le gouvernement devra prolonger la session parlementaire au-delà du 14 juin, soit il devra avoir recours à la procédure d’exception ou bâillon, selon le coporte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Dans tous les cas, ce ne sera pas la faute des partis d’opposition, qui font le travail pour lequel ils sont payés, a-t-il plaidé en mêlée de presse, lundi.

«L’embouteillage législatif» à l’Assemblée nationale est plutôt la faute du gouvernement caquiste, qui a mal planifié les travaux et qui a commis une «erreur» en confiant à un seul ministre, en l’occurrence Simon Jolin-Barrette, le mandat de piloter simultanément deux projets de loi majeurs sur l’immigration et la laïcité, a-t-il dit.

Ces deux projets de loi sont rendus à l’étape de l’étude détaillée et de l’adoption du principe respectivement.

Lundi, pendant que M. Jolin-Barrette était à l’étude du projet de loi 9, il n’était pas en Chambre pour débattre du principe du projet de loi 21.

Il a maintes fois accusé QS et le Parti libéral du Québec (PLQ) ces derniers jours de bloquer les travaux parlementaires.

Or, ce n’est tout simplement pas la «vérité», selon M. Nadeau-Dubois. QS n’a présenté à ce jour que quatre amendements dans le cadre de l’étude du projet de loi 9 sur l’immigration.

«La vérité, c’est que M. Jolin-Barrette n’aime pas être contredit par les oppositions dans les commissions parlementaires, et lui il appelle ça du blocage, moi j’appelle ça faire son travail d’opposition.»

Il est impossible d’adopter ces deux projets de loi d’ici deux semaines, dans la mesure où il ne reste que 33 heures de disponibles en commission parlementaire, selon lui. Le projet de loi 21 sur la laïcité contient 32 articles.

«C’est à peine une heure par article pour quatre partis politiques! a-t-il pesté. C’est mathématiquement impossible qu’on y arrive et ça, ça n’a rien à voir avec les oppositions, ça a rapport avec la planification du gouvernement.

«M. Jolin-Barrette a beaucoup de qualités, mais aux dernières nouvelles il n’a pas le don d’ubiquité», a renchéri M. Nadeau-Dubois.

Faisant preuve de prudence, le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, n’a pas voulu condamner le gouvernement. «(Cela traduit) une organisation perfectible des travaux parlementaires de la part du gouvernement», s’est-il contenté de dire.

Le projet de loi 9... à l’abri des caméras

Par ailleurs lundi, le leader parlementaire du PLQ, Sébastien Proulx, a critiqué le fait que le gouvernement ait choisi de poursuivre l’étude du projet de loi 9 dans une vieille salle (1.38) à l’abri des caméras, alors que de nouvelles salles, fraîchement inaugurées par l’Assemblée nationale, étaient disponibles.

«Vous savez, le gouvernement libéral nous a fait abondamment siéger à la salle 1.38, ça fait partie des salles qui sont disponibles. Et le gouvernement a décidé qu’on allait siéger à cet endroit», lui a répondu M. Jolin-Barrette.

Grâce au projet de loi 9, le gouvernement Legault veut modifier les règles de sélection des immigrants, pour assurer une meilleure adéquation entre les compétences professionnelles des requérants et les besoins du marché du travail.

«C’est un des projets de loi qui suscitent le plus de débats au Québec, je pense que c’est une question de respect à la fois pour la presse parlementaire et pour le grand public que de permettre que ces discussions-là se passent devant les caméras», a réagi M. Nadeau-Dubois.

L'Est du Québec

Amqui: un chirurgien refuse de pratiquer des césariennes

AMQUI – Les élus de la Matapédia dénoncent la rupture de services en obstétrique qui survient aux deux semaines à l'hôpital d'Amqui parce que l'un des deux chirurgiens, qui vient d'entrer en poste, refuse de pratiquer des césariennes. Les maires de la MRC et la préfète Chantale Lavoie lancent un cri du cœur auprès du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent afin de trouver une solution immédiate.

Cette situation sévit depuis un mois à la suite du départ de l'un des deux chirurgiens. Or, un jeune chirurgien a posé sa candidature, mais n'a pas les qualifications pour pratiquer des césariennes. Cependant, selon le directeur des services professionnels du CISSS du Bas-Saint-Laurent, il s'était montré intéressé à ajouter les césariennes à son expertise et avait même amorcé le stage nécessaire. «Une semaine avant d'entrer en fonction, on a été avisés à l'effet qu'il refusait de faire des césariennes […] parce que, entre autres, il avait eu des échanges avec l'Association canadienne de protection médicale [ACPM] et avec son association [Association québécoise de chirurgie]», raconte Jean-Christophe Carvalho. Or, devant le refus du nouveau médecin, le CISSS a appelé l'ACPM pour savoir si celui-ci serait couvert par les assurances s'il pratiquait des césariennes. L'organisme a confirmé que oui. Mais, le jeune chirurgien n'a pas changé d'idée.

105 km pour les urgences

Par conséquent, les deux semaines pendant lesquelles ce nouveau chirurgien est de garde à l'hôpital d'Amqui, les femmes qui se présentent pour accoucher sont transférées à Rimouski, à 105 km plus loin. Selon le CISSS, de 100 à 120 femmes par année accouchent à l'hôpital d'Amqui. De ce nombre, de 20 à 25 d'entre elles doivent subir une césarienne.

«On trouve la situation inacceptable, s'insurge le maire d'Amqui, Pierre D'Amours. On demande au CISSS de nous assurer qu'il y aura des ressources compétentes pour faire des accouchements dans la Matapédia en tout temps.» «On est en région, mais notre population n'a pas à être prise en otage, ajoute Chantale Lavoie. On est à 1h15 de Rimouski, même avec une lumière rouge sur le toit! Quand on parle de césarienne d'urgence, c'est trop long! Amqui n'est pas dans la brousse! On a une salle de chirurgie fonctionnelle.»

Le directeur des services professionnels assure que le CISSS s'active à trouver une solution, mais qu'il est dans un certain dilemme. S'il renvoie le nouveau médecin qui répond aux besoins de chirurgie générale, à l'exception des césariennes, la Matapédia se retrouvera en ruptures de chirurgie aux deux semaines, à moins de bénéficier de services de dépannage. «Une option possible serait de faire appel à du dépannage dédié à de l'obstétrique, suggère le DCarvalho. Une autre option serait qu'au fur et à mesure de la relation avec le nouveau chirurgien, on réussisse à le mettre en confiance et qu'il accepte de faire des césariennes.»

Éducation

Lab-école dans Limoilou: rénovation de l’école Stadacona ou une nouvelle construction?

Le projet de Lab-école dans Limoilou pourrait voir le jour dans le bâtiment actuel — mais rénové et agrandi — de l’école Stadacona plutôt que dans une construction neuve.

Dans son appel d’offres publié la semaine dernière pour des services professionnels en architecture et en ingénierie, la commission scolaire de la Capitale dit considérer deux scénarios : la construction d’une nouvelle école ou l’agrandissement et la rénovation du bâtiment existant, abandonné depuis une dizaine d’années. Elle mentionne que le choix du projet sera sélectionné à l’été 2019.

En juin 2018, lors d’une conférence de presse annonçant les sept projets de Lab-école au Québec, on affirmait pourtant que l’école Stadacona de Limoilou serait démolie pour faire place à un tout nouveau bâtiment. La présidente de la commission scolaire, Manon Robitaille, expliquait que le bâtiment actuel ne pouvait pas être recyclé en raison de son état de décrépitude, et que le retaper coûterait 20 millions $. Il n’a pas été possible de savoir lundi auprès de la commission scolaire pourquoi on envisage maintenant sa rénovation. 

Quoi qu’il en soit, la future école accueillera quelque 375 élèves du préscolaire à la 6e année (16 classes, soit quatre au préscolaire et 12 au primaire). Une demande au ministère de l’Éducation a été faite pour un ajout de quatre classes primaires supplémentaires, mentionne-t-on dans l’appel d’offres. La nouvelle école, dont le budget initialement prévu s’élevait à 7,5 millions $, comprendra également une médiathèque, un gymnase, une cuisine et une salle à manger de même que des «locaux de collaboration» et des espaces administratifs, entre autres.

Pour la rentrée 2021

Les sept chantiers de Lab-école, qui devraient être prêts pour la rentrée 2021, devaient se partager une enveloppe totale de 60 millions $, mais des négociations sont en cours entre le gouvernement Legault et l’équipe du Lab-école afin que des sommes supplémentaires soient consenties, apprenait-on en avril dernier. 

Les Lab-écoles imaginées par l’équipe sont entre 20 et 25 % plus grandes que les écoles que le ministère de l’Éducation bâtit actuellement. Les sept projets qui seront réalisés d’ici 2021 ont eu droit à une bonification de leur budget de 15 %, mais il se peut que ce ne soit pas suffisant. «On est en train d’échanger avec le gouvernement pour bonifier les enveloppes», indiquait en conférence de presse le 10 avril l’ex-conseillère de Québec Natacha Jean, qui dirige l’équipe du Lab-école. 

Questionné lundi sur les intentions de son gouvernement, l’attaché de presse du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est refusé à tout commentaire. «Des annonces viendront en temps et lieu», a simplement mentionné Francis Bouchard.

Imaginé par l’athlète Pierre Lavoie, l’architecte Pierre Thibault et le chef Ricardo Larrivée, le concept de Lab-école fait la promotion d’un mode de vie sain et actif, qui «intègre l’alimentation dans l’ADN des écoles». Son architecture doit être conçue «en créant des lieux polyvalents, flexibles et inspirants pour permettre l’innovation dans les pratiques d’enseignement», précise-t-on dans la publication Penser l’école autrement.

Outre la réhabilitation de l’école Stadacona, les projets comprennent la construction de nouvelles écoles à Rimouski, à Granby et à Montréal, de même que l’agrandissement ou la rénovation d’écoles à Maskinongé, à Gatineau et à Saguenay.

Actualités

Tunnel La Fontaine: un demi-milliard $ et quatre ans de travaux

MONTRÉAL — Ottawa confirme sa contribution à la réfection du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, dans l’est de Montréal - un projet fédéral-provincial de plus d’un demi-milliard de dollars, qui commencera au printemps 2020 et qui doit s’échelonner sur quatre années.

La chaussée, l’éclairage, les voûtes, les murs, la signalisation, le système de protection contre le feu y passeront, notamment la reconstruction complète de la chaussée de l’autoroute 25 entre l’île Charron et l’échangeur Sherbrooke, ainsi que la construction d’infrastructures pour le transport collectif dans les axes des autoroutes 20 et 25.

Le ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, et la ministre québécoise déléguée aux Transports et responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, en ont fait l’annonce, lundi en conférence de presse conjointe à Montréal.

«On amène les infrastructures de Montréal dans le 21e siècle», a lancé le ministre Champagne, qui faisait aussi référence au pont Samuel-de-Champlain, qui devrait être inauguré à la fin du mois.

Le ministre Champagne n’a pas voulu dire dans quelles proportions le montant global de plus d’un demi-milliard sera réparti entre les deux gouvernements pour ne «pas compromettre l’intérêt public», puisque le processus d’appels d’offres suivra bientôt et les soumissions en conséquence.

«C’est important de faire l’annonce ce matin, parce que vous savez: quand on fait l’annonce, ça cristallise le moment où des sommes peuvent être encourues et deviennent éligibles en fonction du programme fédéral-provincial de financement des infrastructures. Donc, c’est important de faire l’annonce aujourd’hui pour permettre des travaux préparatoires. Mais sur la distribution des sommes, on va vous revenir une fois qu’on aura tous les détails, suite à l’ouverture des offres qui ont été soumises pour les grands travaux», a résumé le ministre Champagne.

Cet investissement majeur dans l’un des cinq liens qui relient Montréal à la Rive-Sud doit permettre d’en prolonger la durée de vie de 40 ans.

Pas moins de 47 millions de véhicules empruntent chaque année le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, a noté le ministre Champagne. «C’est le tunnel autoroutier le plus long au Canada», a-t-il pris la peine de souligner.

Dans 13 % des cas, ce sont des véhicules lourds qui l’empruntent, a ajouté la ministre Rouleau.

Mesures d’atténuation

L’énorme chantier ne se fera évidemment pas sans causer d’entraves. Mme Rouleau promet plusieurs mesures d’atténuation et un solide plan de communication pour les usagers.

Entre autres, il y aura ajout de 850 places de stationnement incitatif dans l’axe de l’autoroute 20.

De même, une troisième voie de 11 kilomètres sera ajoutée à l’autoroute 20 en direction de Montréal, entre Sainte-Julie et le tunnel pour le transport collectif et le covoiturage.

Aussi, une voie sera aménagée pour les autobus sur l’accotement de l’autoroute 20 entre Beloeil et Sainte-Julie.

De plus, de nouveaux quais seront construits pour accueillir des autobus supplémentaires à la station de métro Radisson.

De même, une nouvelle offre de navette fluviale est à l’étude entre Montréal et la Rive-Sud.

«On a comme objectif de transformer la mobilité dans la région métropolitaine. Les travaux qui sont annoncés aujourd’hui, tout le monde savait qu’il fallait y arriver. Et voilà: on annonce qu’on le fait et que des mesures d’atténuation seront mises en place», a résumé la ministre Rouleau.

Santé

Québec annonce 1,3 M$ pour un projet pilote en gériatrie sociale [VIDÉO]

Québec accorde un soutien financier de 1,3 million $ à la fondation Avancement de la gérontologie et de la gériatrie sociales (AGES) afin de contrer l’isolement des aînés.

L’argent servira à réaliser un projet pilote dans trois régions du Québec dont les détails restent à déterminer, a annoncé lundi la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais.

Déjà, les régions de la Capitale-Nationale et du Bas-Saint-Laurent sont ciblées, a-t-elle déclaré lors d’un point de presse qui se tenait au Service amical basse-ville, à Québec.

La gériatrie sociale se veut un trait d’union entre les services existants dans le réseau public (CLSC, cliniques médicales) et les organismes communautaires, pour améliorer la qualité de vie des aînés et briser leur isolement.

Concrètement, a expliqué le gériatre Stéphane Lemire, des intervenants sociaux peuvent se rendre chez la personne âgée pour essayer de comprendre sa réalité et constater de visu si elle s’alimente bien, si les médicaments qu’elle prend sont appropriés et si le moral est bon.

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