Let’s cook our books #2: salade de pomelo aux crevettes

Samedi passé, je me suis rendue compte qu’il me restait des crevettes roses au frigo. Au départ j’ai pensé “salade à l’avocat” et puis l’idée du pomelo est venue. J’ai cherché de l’inspiration dans mes livres et pour finir, j’ai combiné deux recettes, sans les suivre à la lettre. La première est “Salade de pomelo aux crevettes” issu du livre La cuisine du Cambodge avec les apprentis de Sala Baï. J’ai retiré les germes de soja, le lemongrass et le basilic thaï (qui ne se vend pas hors de magasins spécialisés, et on est trop tôt dans la saison pour en avoir au jardin). L’autre recette est “Cucumber and prawn salad” trouvée dans Thai food de David Thompson . Je me suis surtout inspirée de la sauce qui rajoute deux ingrédients par rapport à la première recette: piments et ail. Au final, je n’étais pas trop satisfaite. Le tout manquait de saveur, le pomelo était trop sec, la menthe trop forte (je l’ai retirée) et ça manquait de basilic thaï et de petites échalotes locales (j’avais mis de l’oignon de printemps). Je testerai le séchage des crevettes une autre fois (c’est expliqué dans la seconde recette), mais l’idée me tente bien.

The Japanese cranes dress

L’année passée, j’avais cousu pour la première fois le modèle Simplicity 2217 avec un joli tissu à chrysantèmes ramené de Bangkok, The Chrysanthemum dress. Chaque fois que je l’ai essayée, j’ai trouvé qu’elle serrait un peu à la taille et je me suis dit que je perdrait bien les deux centimètres de trop. Sauf que ce n’est toujours pas arrivé. J’ai donc cousu une nouvelle version en rajoutant deux centimètres à la taille ! (Pour la petite histoire, la nouvelle robe serrait aussi un peu à la taille pendant les premières heures mais par la suite, le tissu s’est donné et elle est devenue très confortable – je devrais donc essayer de remettre la robe à chrysanthèmes).

Je n’ai rien à redire sur la construction: le corsage demande de nombreuses étapes mais aucune n’est bien compliquée si on suit les explications illustrées. Quant au tissu, il s’agit de “Kabuki cranes”, créé par Chong-a Hwang pour Timeless Treasures en 2014. Je l’avais acheté chez Rijs Textiles, un magasin hollandais qui vendait le tissu de jersey en polyester que je cherchais pour coudre un jupon. Ce n’était donc pas un achat bien réfléchi mais un achat pour compléter un autre achat (ça se passe souvent comme ça). C’est un coton de très belle qualité, qui passe en machine sans souci (trois fois déjà) et facile à coudre; il se trouve peut-être encore sur le net (il ne se vend plus chez Rijs Textiles).

La séance photo a été un peu bizarre: j’avais demandé à Vincent de prendre des photos là où on range tous les disques au travail, et puis son chef est arrivé. Cela ne l’a pas dérangé, il a même donné quelques conseils !

La fin de l’homme rouge

Svetlana Alixievitch, La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement: Svetlana Alixievitch, d’origine ukrainienne et ayant étudié en Biélorussie, a inlassablement interviewé les Russes, armée d’un stylo et d’un magnétophone. Elle s’est donné pour mission de garder vivante la mémoire de l’URSS, du communisme, mais aussi de la perestroika et de l’arrivée au pouvoir de Poutine. Des hommes et des femmes de tous les milieux lui parlent, racontent leur vie, racontent leurs drames. Ils parlent de la difficulté de vivre aujourd’hui dans un monde mené par l’argent, ils regrettent le communisme, ils regrettent les conversations de cuisine où beaucoup de choses interdites se disaient. L’auteur ne censure rien et certaines des histoires sont atroces, tragiques. Certaines personnes racontent le goulag et l’oppression tout en défendant le pouvoir d’antan. D’autres parlent des conflits raciaux dans les anciennes républiques, la fuite à Moscou, la vie en souterrain des migrants. Ils content aussi leurs amours, leurs passions pour la littérature, la musique, le théâtre. J’ai mis beaucoup de temps à entrer dans le livre, j’ai lu une centaines de pages très laborieusement, et puis la lecture commune avec Ingannmic m’a poussée à me plonger plus sérieusement dans le livre. A partir de la moitié, je n’ai plus pu m’arrêter et je l’ai finalement terminé très vite. Choquée par les histoires, étonnée par cet amour du communisme, cette lecture ne m’a pas laissée indemne et m’a donné envie d’en savoir plus sur ce grand pays que j’ai eu la chance de visiter deux fois à l’époque communiste et juste après, sous Eltsine.

Merci à Kleo qui en a parlé avec ferveur sur son blog et merci à Ingannmic pour la lecture commune !

Elles ont conquis le monde

Alexandra Lapierre & Christel Mouchard, Elles ont conquis le monde. Les grandes aventurières 1850-1950: le voyage au féminin dans le passé est un sujet qui a attiré mon attention dernièrement et je voulais lire quelques livres qui m’en apprendraient plus. En allant en librairie, ce recueil a attiré mon attention et je l’ai embarqué à cause de son petit prix. Les deux auteurs racontent en quelques pages la vie de différentes femmes voyageuses avec une bonne dose de romance et d’aventures. On est loin d’un livre d’histoire et ce livre m’a franchement déçue. Oui, j’ai maintenant une liste de noms de femmes qui peut me guider dans mes recherches mais non, je n’ai pas appris grand chose. Disons que je ne fais clairement pas du public cible et que ce livre peut plaire. L’avantage, c’est que c’était une lecture très facile que j’ai terminé en quelques jours dans le métro malgré l’atmosphère très pesante post-attentats.

Book_RATING-20

Short diary of the week (141)

Lundi: bizarrement je n’ai pas trop mal dormi – enfin !, cette fois-ci je ne peux plus y couper: ce sera semaine écriture, des compliments sur ma nouvelle jupe, une journée calme et productive, trier les disques à écouter à la maison, un épisode de The Good Wife coupé en deux par deux épisodes de Masterchef

Mardi: dernier problème réglé, apparemment tout est prêt pour vendredi, écrire et créer des playlists – et bien avancer, ravaler mon énervement de la semaine dernière et faire comme si de rien n’était, les débuts de soirées sont courts quand il faut cuisiner et vider le lave-vaisselle, heureusement il y a un cocktail pour me soutenir dans ces tâches, Vinyl – fin de la saison 1

Mercredi: réveillée en sursaut à minuit quinze – c’était juste un avion, avoir le sommeil agité, regarder avec horreur et dégoût ce bon bourgeois en face de moi qui souffre probablement d’éléphantiasis des couilles et qui a donc besoin de deux sièges pour bien écarter ses jambes, me sentir oppressée quand ma voisine s’affale sur le siège à côté de moi, me sentir encore plus oppressée quand cet homme se met à moitié devant moi et de dos, ça avance de nouveau bien, bon il m’énerve quand même à chercher le contact à tout prix avec moi, ce gamin à côté de moi est-il saoul ? en tous cas sa voix est bien pâteuse au téléphone, cuisiner, choisir un cocktail et l’améliorer avec du bitter à la mangue maison, Vikings, Masterchef

Jeudi: un sommeil trop léger pour une bonne nuit, relire le Mexique, attaquer Haïti, un coup de pompe gigantesque, tondre la pelouse en profitant des rayons du soleil, Black Sails, Masterchef

Vendredi: encore une mauvaise nuit, un incident technique dans le métro – long trajet en tram, quelques photos pas tout à fait discrètes, allons-y !, heureusement que j’étais bien entourée mais cette soirée est une grosse déception – je ne peux pas le nier, 50 minutes pour rentrer – je veux des métros qui roulent jusqu’à minuit !

Samedi: une nuit fort agitée, tenter de surmonter ma déception, des plans de fontaine qui se concrétisent, ah ? mon père s’est habitué à ma venue tous les samedis ?, semis de basilics sauf qu’il fait bien trop froid dehors, finir le livre qui traîne depuis trop longtemps, j’ai cette tendance à laisser traîner les ananas trop longtemps – et en plus il n’est même pas sucré, mais où sont parties les saveurs thaïes ?, Vikings – fin de la saison 4

Dimanche: en forme ? ou pas ? pas après la zumba en tous cas mais l’énergie revient bien vite, rempotage des deux orchidées pas trop en forme, mise en pot de cannas et lys qui poussaient déjà dans leur sachet, de la couture très frustrante: une fois la jupe finie je me rend compte que le tissu est bien trop lourd pour une telle ampleur, il y a moyen de la sauver mais je n’ai plus le courage, préparation du tajine du soir, de la lecture, dégustation du tajine qui sera certainement meilleur demain, Black Sails, China Beach

Comment tout a commencé

Pete Fromm, Comment tout a commencé: Austin, 15 ans, et sa sœur Abilene vivent dans une petite ville située dans les paysages désertiques de l’Arizona. Abilene entraîne son frère au baseball, persuadée qu’il deviendra un champion. Ils se retrouvent souvent sur une ancienne base militaire abandonnée et elle le pousse à bout, jusqu’à l’épuisement. Aveuglé par l’amour pour sa sœur, Austin ne remarque pas que quelque chose ne tourne pas rond, qu’elle a des lubies et des crises bizarres. Le climat familial en pâtit et la vie devient bien compliquée. Ce roman parle d’un sujet difficile: comment vivre avec une personne atteinte de bipolarité. Pete Fromm aborde le sujet subtilité mais sans cacher la dure réalité. Les passages sur le baseball pourraient ennuyer un lecteur européen sans affinités avec le sujet mais c’est le reste de l’histoire qui compte. Un livre dérangeant mais nécessaire, et magnifiquement bien écrit, avec une évocation très vivante des paysages de la région.

Ce roman complète la case ARIZONA du challenge 50 novels for 50 states.

Book_RATING-40

The failed tea dress

Cet hiver, j’ai enchaîné deux projets ratés: avant The Grey Tweed Skirt, je m’étais attaquée à la Tea Dress de Sew Over It. Ce modèle correspondait exactement à un type de robes que j’aime beaucoup et qui est très flatteuse quand on veut camoufler le ventre. J’ai sélectionné la taille en mesurant les pièces de patron, comme je le fait d’habitude, sauf que pour la poitrine, c’était un peu compliqué. J’ai cousu une toile et quand je l’ai essayée, je trouvais qu’elle m’allait plus ou moins bien. Je ne sais pas comment j’ai pu penser ça. J’ai également ignoré les conseils de Heather B, qui a déplacé les fronces de poitrine vers le centre et qui propose d’autres ajustements. J’ai cependant eu une lueur de bon sens: je n’ai pas sélectionné le premier joli tissu auquel je pensais mais bien un tissu qui ne me plaît que moyennement, acheté au moment de mes débuts en couture chez Tissus Passion à Saint-Gilles.

Et j’ai donc cousu toute la robe. J’ai eu quelques soucis pour la pointe sous la poitrine, elle n’est pas super réussie mais je n’avais pas envie de recommencer. Je me rendais déjà compte que le tissu était trop voyant. Je l’ai cependant terminée – ou presque. Avant de coudre l’ourlet, j’ai décidé de l’essayer. Et là, l’horreur. Du bas jusqu’à la taille, tout va bien. La jupe est même très seyante et je compte bien réutiliser ce modèle. Par contre, pour la poitrine, je pourrais y caser des bonnets D ou E (je fais du B). Et les fronces sont situées trop sur le côté, ce qui n’améliore pas le bâillement qui est donc encore plus disgracieux. Tout cela se voit peu sur les photos – difficile de faire des selfies ! Mais croyez-moi, cette robe ne me va pas du tout. Depuis qu’elle est terminée, je l’ai abandonnée dans un coin, n’ayant pas eu le courage de retracer les pièces de patron du haut. A vrai dire, je pense qu’il me faudrait un peu d’aide pour épingler l’excédent de tissu, ce qui me permettrait de mieux voir où l’éliminer. Entretemps, j’ai eu envie de commencer plein d’autres projets et l’ajustement de cette robe est remis à plus tard, bien plus tard. On verra si un jour j’ai envie de m’y remettre.