Éric Chabert, « l’Homme moderne » de rezo.net, était (entre autres activités) producteur underground de musique et chanteur. Il avait mis ses dernières forces, en 2015, dans l’enregistrement de ce disque, “Dealings”. Ultime raison de se lever, de marcher, d’aller gueuler dans le micro. Sur la voix éraillée de Chabert, manifestant encore toute sa vigueur, son vieux pote Klimperei déballait son bric à brac de fortune, convoquant melodica, banjo et metallophone.
Source : Rezo.net
Depuis plus d’un mois, au Bangladesh, des milliers de personnes se battent pour des conditions de travail dignes. Vous n’en avez peut-être pas entendu parler car peu de médias occidentaux ont repris l’info.
Ceci est une Marche des femmes et cette Marche des femmes représente la promesse d’un féminisme qui se bat contre les pouvoirs pernicieux de la violence étatique. Un féminisme inclusif et intersectionnel qui nous invite toutes et tous à rejoindre la résistance face au racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, à la misogynie et à l’exploitation capitaliste. Oui, nous saluons la lutte pour un salaire minimum à 15 dollars. Nous nous dédions à la résistance collective. Nous résistons face aux millionnaires qui profitent des taux hypothécaires et face aux agents de la gentrification. Nous résistons face à ceux qui privatisent les soins de santé. Nous résistons face aux attaques contre les musulmans et les migrants. Nous résistons face aux attaques visant les personnes en situation de handicap. Nous résistons face aux violences étatiques perpétrées par la police et par le complexe industrialo-carcéral. Nous résistons face à la violence de genre institutionnelle et intime — en particulier contre les femmes transsexuelles de couleur.
De 1984 à 1993, le comité d’établissement de l’usine AZF à fait publier cinq numéros du recueil « Ene Asche Troie », revue de littérature et d’imaginaire qui rassemblait les écrits des salariés d’AZF, Tolochimie, SNPE et Sanofi qui constituaient le pôle chimique sud toulousain. Le 21 septembre 2001 un stock de nitrate d’ammonium explose au sein de l’usine AZF de Toulouse, entraînant la mort de31 personnes et faisant 2500 blessés. Le documentaire de Luis Mendez, « Mémoire d’Ene Asche Troie » se propose de contourner le raccourci qui voudrait limiter le souvenir de l’usine AZF à cette catastrophe, et s’attache à mettre en valeur un projet culturel, mené par des salariés du pôle chimique sud toulousain. Ce documentaire se compose de 9 séquences d’une trentaine de minutes. Aujourd’hui dans Histoires d’Ondes, nous écoutons le deuxième et le septième épisode de la série. Durée : 1h04.
« Méfions-nous de la catastrophe spectaculaire qui s’inscrit dans l’actualité, la pire est invisible. Le véritable coût est cumulatif, goutte à goutte, seconde après seconde s’accumule un Océan qui crèvera sur nos têtes. Quand la vraie catastrophe aura lieu, il sera trop tard. […] Que l’on comprenne, le plus grave n’est pas ce que nous savons, mais ce que nous ignorons. […] Nous pouvons être sûrs d’une chose, c’est que nous n’en savons rien ; et qu’il est fou de continuer à foncer ainsi dans le noir. »
« J’avais l’impression d’être la coupable ». Le 26 mai 2016 près de Marseille, en pleine mobilisation contre la loi travail, un camion fonce sur un barrage filtrant tenu par des militants de la CGT. Bilan : deux syndicalistes grièvement blessés, dont l’un a pour l’instant perdu l’usage de ses jambes. Un mois plus tard, au terme d’une enquête policière expédiée, le chauffeur est totalement relaxé dans le cadre d’un procès surréaliste, où les syndicalistes blessés sont eux-mêmes traités comme des voyous. Près de sept mois après les faits, victimes et témoins reviennent pour Basta ! sur « l’affaire du barrage forcé ».
Hope is a mistake. Rien ne nous est permis d’espérer. L’espoir lui-même est une erreur. Seul compte l’aptitude de chacun à réparer le Monde, dans les trois sens qu’implique ce terme : sens mécanique (réparer une machine cassée), sens moral (réparer une erreur), et sens sotériologique (la réparation comme compensation, rachat). Max, comme Spinoza, rejette l’espoir, parce que l’espoir est le fondement de la superstition, donc de l’erreur, de l’erreur éthique. Fonder l’éthique sur l’espoir, c’est négliger la réparation du Monde, c’est s’engager dans la ligne qui conduit à la déception, au désespoir et à la folie.
La France compte environ 60 000 doctorants : de jeunes chercheurs qui travaillent pendant plusieurs années à une thèse, en biologie, en sciences politiques, en mathématiques ou en droit. Mais leur avenir et celui de leur travail de recherche sont compromis : une grande précarité règne. Nombre d’entre-eux s’inscrivent à Pôle emploi pour terminer leur thèse, d’autres enchaînent des vacations sous-payées. Certains deviennent même auto-entrepreneurs et quelques uns rejoignent des laboratoires de recherche à l’étranger… Une situation qui handicape lourdement la qualité de la recherche et de l’innovation française. Rencontre avec ces forçats de la science.
Le groupe Syd matters propose sa vision de l’Enfer de Dante, avec une œuvre musicale composée pour cinq musiciens et pour la Maîtrise de Radio France. « L’Enfer » est la première partie de la « Divine comédie » de Dante, écrite au début du XIVe siècle. Dans un grand poème épique et allégorique, Dante nous fait traverser l’Enfer tel qu’il se l’imagine : cavité conique remplie de pécheurs, de diables et de monstres qui nous mène jusqu’au centre de la terre où règne Lucifer. Interprétation de Marie-Sophie Ferdane avec les solistes de la Maîtrise de Radio France. Réalisation d’Alexandre Plank. Durée : 53 min.
Débouté en première instance de sa plainte en diffamation contre Bastamag et d’autres sites internet, Bolloré a fait appel. L’audience s’est déroulée jeudi 1er décembre, dans un climat tendu. L’enjeu : la liberté de la presse. L’objet : un article sur les activités du groupe Bolloré en Afrique.
Dans l’émission d’aujourd’hui, la conférence de presse qui avait lieu à Beaumont sur Oise, donnée par la famille Traoré le mardi 22 novembre suite a l’arrestation des deux frères d’Adama. Ensuite, les prises de paroles réalisées lors du rassemblement ce mardi à Montreuil organisé par le collectif 8 juillet dans le cadre du procès de trois policiers qui se déroule à la cour d’assises de Bobigny. Durée : 1h01.
Rencontre dans le quartier de Boyenval, à Beaumont-sur-Oise, avec des proches d’Adama Traoré, mort dans les mains des gendarmes le 19 juillet dernier. On parle longuement avec son petit frère Youssouf et deux de ses meilleurs amis, Adel et Lotfi. Un grand merci à eux pour leur confiance. De tout cœur avec la famille et les proches dans leur combat pour arracher La vérité pour Adama. Force et courage.
A droite comme à gauche (à de très rares exceptions), le nucléaire fait consensus. C’est acquis, on ne revient pas dessus. En France, le programme nucléaire a été mené tambour battant, des records de vitesse d’élaboration et de construction ont été battus. Les politiques ont même devancé les demandes d’EDF. Il y a eu des oppositions citoyennes, mais le temps a joué puis les arguments économiques ont pesé fort dans les décisions locales. EDF arrose copieusement les territoires accueillant les centrales. Areva a mené des campagnes de séduction publicitaire assez performantes, une communication “transparente“ qui est un leurre. Dans les faits, l’industrie ne joue pas la transparence (des “incidents“ pas déclarés, ou en retard, des rapports bidonnés...). Et puis le citoyen s’habitue à (presque) tout, c’est bien le problème.
Le 8 juillet 2009, à Montreuil (93), des habitant.e.s et personnes solidaires descendent dans la rue pour dénoncer publiquement l’expulsion d’un immeuble occupé en plein centre. La police réprime sauvagement ce sursaut de résistance en tirant au flash-ball dans la foule. Bilan : six blessés, dont une personne éborgnée. Depuis, le collectif 8 juillet s’est créé pour préparer le procès qui aura lieu du 21 au 25 novembre 2016, soit sept ans plus tard, au Tribunal correctionnel de Bobigny. Fait rarissime, trois policiers seront dans le box des accusés. Pour comprendre les enjeux de cette affaire, Jef Klak revient sur le contexte qui a précédé les faits en demandant à cinq participant.e.s du collectif 8 juillet de raconter leur histoire commune et les perspectives de résistance à la police.
C’était un peu annoncé depuis plusieurs semaines, mais il y a des hasards dont on se demande s’ils en sont. Au lendemain du triomphe d’une Amérique blanche, blonde, bruyante, brutale, disparaît le petit bouddhiste apatride, avec sa gueule brune de métèque, de Juif errant ou de pâtre grec, ses choristes éthérées, ses compagnons oudistes arméniens, son orgue bontempi, sa voix cassée à la Hoagy Carmichael et son petit univers doucement mélancolique, discrètement joyeux, peuplé d’exilés, d’ancêtres, d’anges déchus, d’amours toujours fragiles et de divinité toujours absentée.
Le 16 janvier 2003 est annoncée la fermeture du site de Metaleurop Nord. Treize années après, les habitant.es d’Évin-Malmaison et les travailleur.ses resté.es sur le carreau payent toujours la note d’un désastre social et écologique.
« Déloger le pauvre, tirer l’exilé de son abri de bâches et de planches, pousser la tente des Roms au peu plus loin : ventiler la misère, la disperser pour qu’elle sente moins la mort. Qu’ils disparaissent, ordonnent les salauds. L’ordure à la benne et le trottoir passé au karcher sous les yeux vides des électeurs. » Avec des dessins de Béatrice Boubé.
Première déclinaison de la radio est libre de n’être que de la radio, avec la diffusion de « Tous ceux qui tombent » de Samuel Beckett, non pas une pièce de théâtre radiodiffusée mais une pièce conçue, écrite et réalisée pour la radio. Durée : 1h47.
Silvia Federici, écrivaine, militante et professeure de l’Université de Hofstra de New York, est considérée comme une référence pour comprendre l’interconnexion entre la crise systémique actuelle du capital et l’augmentation des différentes formes de violences à l’égard des femmes, en se référant aux analyses féministes de la transition du féodalisme au capitalisme et au rôle du travail reproductif non salarié dans la constitution du système capitaliste. De passage en Equateur pour participer à différentes rencontres universitaires et avec les mouvements féministes en mai 2016, elle nous a accordé le présent entretien. Elle y analyse de manière critique l’actualisation directe et indirecte des « chasses aux sorcières » et les conséquences des politiques extractivistes sur les vies et les corps des femmes, entre autres en Amérique latine. Elle montre le grave impact qu’a eu la crise du système pour les femmes à différents niveaux, mais aussi de manière différenciée selon les régions.
En associant notre jeunesse à cultiver la menace terroriste, on joue le jeu des terroristes. Un terroriste veut terroriser, et nous sommes, à mes yeux, les premiers terroristes en apprenant la peur à nos enfants.
Le 2 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, le policier Georges Pérache est abattu à Paris par le FLN. Le 17 octobre, la police réprime une manifestation pacifique et tue près de deux cents Algériens. Le 13 novembre 2015, François Pérache, petit-fils du policier tué, veut aller manger un bobun au Petit Cambodge...
A la fois enquête intime, fiction documentée et tragi-comédie, « De guerre en fils » joue du feuilleton radio pour ouvrir la boîte aux secrets. Ceux de l’Histoire comme ceux d’une famille. Six épisodes de 9 à 13 min..
Demander l’asile en Europe signifiera-t-il demain être renvoyé dans une dictature, un pays en guerre ou emprisonné pendant des années aux marges du continent ? C’est bien la nouvelle politique « d’asile » qui se prépare. Les demandeurs d’asile qui ne croupiront pas dans un centre de détention risquent de ne pas échapper au « processus de Khartoum » : la Commission européenne négocie avec des régimes pourtant infréquentables, pour qu’ils gardent « leurs » migrants, quitte à financer ces dictatures... et à perpétuer ainsi le flux de réfugiés qui tentent de fuir ceux qui les persécutent.
Rien ne sera donc épargné aux réfugiés qui bravent la mer pour fuir les tragédies en cours en Afrique et au Moyen-Orient. Pas même l’infamie. Dans les bras de mer qui séparent les îles grecques des côtes turques, les garde-côtes grecs et européens n’hésitent pas à faire usage de leurs armes à feu pour arraisonner les bateaux transportant des réfugiés, au risque de blesser voire de tuer certains d’entre-eux. Le tout, avec la bénédiction tacite de Frontex, l’agence européenne des frontières, dont les pouvoirs ne cessent de s’étendre. Une enquête du magazine états-unien The Intercept, traduite de l’anglais par Basta !.
En cinq ans, il a connu malheur après malheur : la prison du régime puis celle de l’EI, la mort de ses parents dans un raid, le siège de son Alep natal, la faim et l’enfer des bombardements. Malgré ce terrible parcours, notre correspondant Karam Al-Masri, photographe et vidéaste dans la partie rebelle de la deuxième ville de Syrie nous raconte au jour le jour, avec un courage qui ne vacille pas, l’histoire de cette métropole dévorée par une guerre sans merci.
The interesting thing is that middle-aged women on the search for essence and their license to live can come off as quite provocative characters. Some people regard them as lacking self control—or even worse; they are conceived of as “self absorbed.” A middle-aged woman who’s not preoccupied with handling herself or taking care of someone else is a dangerous, erratic being. What is she up to? And what’s the point of her being up to anything? She has no children, she has no family, the only thing she has is her own life and what good will that do anyone when she’s no longer a star attorney at 10 Downing Street, or when she doesn’t have a rehearsal space where she can compose her music, or when she’s in the process of turning into spring itself: Overflowing, no longer firm and contained, but escalating, growing wild.
We all live under constant covert surveillance. The American photographer’s work seeks to reveal this hidden world.
Coca-Cola justifies its relatively low tax rate in the US by reporting that 80 percent or so of the company’s business takes place outside the US, based on volumes sold. But there exists another yardstick: revenue. Almost 50 percent of the company’s total revenue is generated in the North America.
Wanna go to Moscow and meet Dan Ellsberg and Ed Snowden?
Cher Parti Socialiste, je n’écris plus ton nom, je ne voterai plus pour toi. Et je te laisse avec tous tes mecs décomplexés.
Je vais partir, je ne serais pa responsable de la montée du FN, je ne vote pas FN. Arrête de me dire que c’est de ma faute si les français votent FN. Les seuls responsables, c’est toi et toi seul. Toi et toute la classe politique.
Pendant quelques minutes, on plonge dans une histoire qui a déjà commencé. Comme si on arrivait en retard au cinéma. Comme si on entendait un dialogue par la porte entrouverte. Ces héros du quotidien, parfois englués dans un mauvais rêve, sont eux-mêmes en proie à une fin, grain de sable, obstacle, anomalie, méprise, remémoration. Une écriture efficace et un monde sonore passionnant, une réalisation de Christophe Deleu et Marine Angé.
L’été 2016 a été marqué par trois faits de nature différente : un ignoble attentat endeuille le pays le 14 juillet, une loi détruisant le code du travail massivement rejetée par la population et les travailleurs est votée le 21 juillet et un arrêté municipal interdisant l’accès à la plage pour les femmes portant un « burkini » est pris à Cannes, déclenchant en quelques jours une véritable épidémie d’arrêtés similaires dans d’autres villes. Les réactions sociales et les commentaires politiques et médiatiques qui ont suivis ces trois événements constituent un excellent analyseur de l’état de notre société, des contradictions qui la traversent et des intérêts qui s’y affrontent.
Il y a une femme toutes les sept minutes en France qui est violée mais par contre, il n’y a jamais de violeurs. Durée : 1h49.
Arrêtés anti-burkini, femmes voilées verbalisées... L’été, en France, a été rythmé par d’incessantes polémiques. La France a-t-elle un problème avec l’islam et les musulmans ? « La laïcité, comme autrefois le patriotisme, s’avère, de nos jours, l’ultime refuge de l’infâme », écrit Shlomo Sand, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv.
Je pense avant toute chose qu’il est important de redonner les éléments de contexte de notre société de féminicides structurels, où nous sommes toutes, pour l’instant, en situation de légitime défense en tant que femmes. Nous en sommes aujourd’hui à 68 femmes tuées par leurs compagnons ou ex-compagnon depuis le premier janvier de cette année, avec des mobiles qui se ressemblent beaucoup et notamment le refus de ces hommes que les destins de « leurs » épouses leurs échappent au moment d’une éventuelle séparation. Il s’agit donc bien culturellement d’une idéologie de régime de propriété, donc d’esclavage puisqu’on parle de s’approprier des humains qui ont une caractéristique spécifique, leur genre. Ce chiffre constant d’une femme tuée tous les deux jours et demi ou tous les trois jours selon les années en France (sans parler de celles qui sont dans la tombe jusqu’aux chevilles, jusqu’aux genoux ou jusqu’au cou) est révélateur de la façon dont notre société crée inlassablement nos agresseurs, nos violeurs et nos tueurs, à un rythme qui ne varie guère.
J’ai plutôt commencé à rêver du Pole Emploi et de la sécurité sociale. Des agents qui me disaient : « Ah ben Monsieur Chokri aussi, il parle pas français hein, alors qu’on est en France quand même » OUAIS BEN IL A PAS PENSÉ A APPRENDRE LE FRANÇAIS QUAND DES BOMBES ONT NIQUÉ SA MAISON, DESOLÉE. J’ai rencontré plein de responsables de service de l’état qui me disaient en souriant qu’ils trouveraient bien un moyen légal de « faire rentrer tous ces soudanais chez eux, je sais pas moi, avec des camps de retour, vous verrez on trouvera ». Ou que c’était normal qu’ils fassent des contrôles systématiques sur les dossiers des étrangers « parce qu’on cible les populations qui fraudent madame », mais qui étaient pas capable de me donner les chiffres de cette fraude. Ou encore ceux qui retournaient pour la troisième fois le dossier de couverture maladie d’une femme enceinte, parce qu’il manque le formulaire 3711f (non, non, il y était bien depuis le début hein, vu que vous l’avez même tamponné). J’ai vu des gens qui venaient me demander pourquoi ils n’avaient pas droit à la CMU-C alors qu’ils n’avaient pas de ressources, et pour qui je me rendais compte que l’agent de la sécu avait rajouté des ressources imaginaires dans le dossier. Ou des gens qui semblaient vivre d’amour et d’eau fraîche selon les administrations parce que quand tu les appelles pour signaler que Tricia, là dans ton bureau, ça fait 3 mois qu’elle touche pas son RSA malgré ses multiples allers retours à la CAF, on te répond « oh oui, zut, on a inversé un chiffre dans son RIB, elle aura son allocation dans un mois, ah non on fait pas d’aide d’urgence madame, elle a qu’à aller au Secours Catholique ils sont très gentils ».
Néolibéralisme et terrorisme n’ont que faire des nations et se nourrissent de la décomposition de leur société, seule une alternative au capitalisme débridé pourrait repousser l’obscurantisme. Aucune militarisation de la société et lois liberticides ne pourront étouffer l’idéologie terroriste parce qu’un feu ne peut être combattu que par un contre-feu de même nature. Seul un mouvement d’inspiration révolutionnaire peut aspirer l’oxygène d’une contre-révolution.
Cette création sonore est la mise en ligne du CD offert avec le numéro 3 de la revue Jef Klak, « Selle de ch’val », paru en 2016. Sans se caresser dans le sens du poil, Jef Klak s’est reposé la question de ses rapports avec les bêtes : contraindre ou libérer, enfermer ou contempler, brider ou débrider ? De quoi questionner aussi d’autres relations – de pouvoir, d’amour ou de communauté.
Durée : 49 min.
- Avant hier, Adama Traore, qui fêtait ses 24 ans, est mort dans les mains de gendarmes du Val d’Oise après un contrôle. On écoute donc ses proches qui disent comment les choses se sont vraiment passées.
Ce matin, nous avons appris qu’un jeune homme de 24 ans, Adama Traoré, trouvait la mort à la suite d’une interpellation à Beaumont Sur Oise. La mort, me direz-vous, n’a, en soi, rien d’extraordinaire : la faucheuse finira bien par nous rendre visite et nous décoller à la vie. Cependant, cette mort s’inscrit dans une longue liste de morts devenues ordinaires, largement commentées et analysées lorsqu’il s’agit des USA mais très peu relayées et critiquées avec la même verve lorsqu’elles se passent sur notre sol. “On est pas aux Etats Unis, quand même”. Ouais et alors ? Alors, rien.
Durant l’offensive israélienne de 2014 sur la bande de Gaza, 142 familles palestiniennes ont perdu trois membres ou plus. Certaines familles ont été entièrement décimées. Le projet #ObliteratedFamilies, « Familles décimées », raconte l’histoire de plusieurs de ces familles, de leurs proches qui ont été tués, et de ceux qui restent.
Les Occidentaux, nos corps et nous. Beaucoup de choses ont déjà été dites, écrites sur ce qu’on appelle désormais communément « l’indignation sélective ». Beaucoup de choses ont été dites, ont été écrites, reste à savoir si elles ont été entendues et lues.
A l’occasion de l’émission Matinale ou Borborygme, "l’émission qui radicalise en douceur", Pierre Douillard-Lefevre, auteur de “L’arme à l’oeil”, est venu nous causer de la militarisation de la police, du maintien de l’ordre et plus globalement des violences d’état. Pour les personnes qui souhaiteraient écouter uniquement son intervention, elle commence vers 27mn50sec. Durée : 1h54.
Manuel Valls le reconnaît volontiers, son modèle politique est Georges Clemenceau. De fait, les événements actuels montrent que le premier ministre de l’état d’urgence permanent s’inspire volontiers des pratiques de celui qui se surnomma « premier flic de France » entre 1906 et 1909. Y compris lorsque celles-ci sont extrêmement violentes et antidémocratiques.
En ce lendemain de manif monstre, vers midi et demi, il suffisait d’emprunter le parcours de la veille pour apercevoir les centaines de tags qui ornaient encore les murs (à part ceux du Val de Grâce ripolinés de blanc sur le boulevard du Port-Royal). Parmi les vitrines brisées, d’après un rapide calcul mental, 95% des devantures ciblées portaient l’enseigne d’une banque/agence immobilière /compagnie d’assurance/sucette publicitaire Decaux. Indubitablement, sur le boulevard Montparnasse, cinq ou six magasins de déco intérieur, d’optique ou de fringues, dépourvus de caractère symbolique flagrant, ont fait le frais d’un excès de zèle injustifié, d’ailleurs sans graffiti « explicatif » autour. Mais comment s’en offusquer au regard du gazage quasi permanent du cortège de tête qui, avec cagoule ou simple foulard citronné, comptait dès le départ plus de dix mille personnes rêvant non pas d’un baroud d’honneur ou d’un simple happening émeutier, mais d’un cortège offensif exprimant toutes les composantes du corps social d’aujourd’hui : United Colères of Précaires.