La semaine passée, je me suis rendue à une soirée un peu spéciale: Matthieu Chaumont, barman de chez Hortense et Nicolas Decloedt, chef cuisinier, organisaient une dégustation de plats et cocktails inspirés par les légumes. Le premier tient un des bars les plus originaux de Bruxelles et prépare des cocktails souvent inédits et inspirés par les saisons. Il intègre de nombreux ingrédients utilisés en cuisine et prépare ses propres infusions et même certains alcools. Le second est un chef végétarien formé dans les meilleures écoles et restaurants (In de wulf, Mugaritz, Bon bon…). Il propose aujourd’hui ses plats lors de tables d’hôtes sous le nom de Humus Botanical Gastronomy.
Ces deux personnages atypiques du monde culinaire se sont joints pour une soirée de dégustation chez Hortense. Pour commencer la soirée, nous avons reçu un cocktail à base de Bishop’s gin (créé par Matthieu Chaumont), bitter Biercée, courgette, concombre et vinaigre de quinoa. Une création assez originale qui donne tout de suite une idée de la soirée. Dans ce cocktail, ce sont l’amertume et le côté vinaigré qui dominent, j’aime le premier mais moins le second. On nous a servi en même temps un caviar d’aubergine et du pain maison, ainsi qu’une roulade de courgette fourrée de divers ingrédients (je ne sais plus lesquels).
Le second cocktail avait des arômes de bière; il était en fait composé de saké, kombucha, whisky, chou fermenté et lichen de Gaspésie. De nouveau très spécial mais un peu fade à mon goût. Il accompagnait un petit plat de crème de tofu et shitaké, glace miso, kimchi de chou et fragments de chou pointu rouge.
En troisième service était servi un cocktail très fumé composé de mezcal, vermouth infusé aux pétales de tournesol, aubergine brûlée, romarin et échalote vinaigrée ainsi qu’un plat d’aubergines grillées au barbecue au ketchup piquant, olives noires et les mêmes échalotes en saumure. Ces dernières se battaient avec le fumé du mezcal dans le cocktail et donnaient des arômes très (trop ?) puissants. Sur l’aubergine par contre, elles passaient très bien.

La dernière association était un dessert sans en être un: une mousse de petits pois accompagnée d’oignons confits, d’une émulsion beurre noisette et d’amandes caramélisées, le tout au goût quasi sucré. Son cocktail était également à base de petits pois mais aussi de vodka, pékèt et vermouth infusé à la tanaisie, verveine, citron, basilic, angélique et cosses des petits pois. Pour moi, il s’agissait du cocktail le plus réussi, correspondant sans doute le plus à mes goûts, associant sucré (mais pas trop), citronné et herbes aromatiques.
Je dois bien avouer que cette dégustation m’a complètement sortie de ma zone de confort. Je ne mange jamais des légumes cuisinés de cette manière, souvent avec fermentation et autres saumures et les cocktails m’ont très souvent déroutée. Il n’y a pas de choses que j’ai détestées mais peu que j’ai adorées. Ce sont des goûts que j’ai peu rencontrés jusqu’à présent et il me faut toujours un temps d’adaptation. Mais cela me donne envie de découvrir d’autres recettes et je tenterai probablement dans le futur d’autres repas ou associations du même style. Tout ce menu a coûté 45€ et je pense que c’est un bon rapport qualité-prix pour un tel voyage de découverte (même si les portions étaient un peu petites pour certains appétits).
Encore un chose: je me suis inscrite sur un coup de tête, sans trop penser que ce serait un peu bizarre d’y aller seule. Sur place, l’organisatrice avait prévu une place au bar pour moi en sa compagnie, et puis d’autres bloggeurs que je connaissais un peu sont arrivés et nous avons partagé une table. Du coup, la conversation a porté sur les nombreuses adresses culinaires de Bruxelles et d’ailleurs, ainsi que sur les pâtes “dures-molles”, le chocolat Zaabar, la mode du rainbow et les Lego. Bref, j’ai passé une très bonne soirée en leur compagnie avant de faire la course pour attraper un des derniers métros qui m’est passé sous le nez.
(Excusez-moi pour la qualité médiocre des photos, il faisait fort sombre et la lumière d’un smartphone est fort blanche).







Natsuo Kirino, Disparitions: la petite Yuka disparaît un matin de la maison où elle passe ses vacances sur l’île d’Hokkaido. Pour Kasumi, sa maman, commence alors une lente dérive et la recherche inlassable de sa fille. Mais bien plus que cette disparition, Natsuo Kirino raconte la vie de Kasumi, son enfance, sa fugue à 18 ans pour rejoindre Tokyo, son mariage… Ce roman n’est pas vraiment un polar mais le portrait d’une femme, ainsi que le portrait de certaines personnes qu’elle rencontre (avec quelques longueurs). A part cette réticence, je me suis plongée avec plaisir dans la description de Tokyo et de l’île d’Hokkaido, dans la narration de la société japonaise et de ses convenances qui semblent souvent restrictives à l’œil d’un Européen et dans le portrait de cette femme rongée par la culpabilité. Un roman agréable à lire mais un peu trop long à mon goût.

Celeste Ng, Everything I never told you: Lydia, 16 ans, a disparu. Fille d’une blonde Américaine et d’un enfant d’émigrés chinois, elle a toujours obéi à ses parents, se conformant à leurs souhaits. Sa mère désirait à tout prix qu’elle devienne médecin, son père voulait surtout qu’elle ait beaucoup d’amis et soit populaire. Des souhaits qui reflètent en fait leurs regrets. Le roman se déroule entre présent et passé, contant la vie des différents protagonistes, parlant de leurs douleurs et bonheurs. Mais surtout, Celeste Ng parle du poids de l’influence des parents sur les enfants et des conséquences qui peuvent s’avérer malheureuses. Elle raconte le malaise adolescent et le manque de communication, le racisme aussi. Elle décrit des relations qui sont très violentes sous les apparences, sans que personne ne s’en rende compte. C’est un roman qui m’a happée et qui m’a passionnée. Il m’a également fait réfléchir sur mes relations avec mes parents et leurs espoirs pour moi. Je recommande aux amateurs de chroniques familiales mais aussi aux autres !