Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Le docteur Amar : la gloire d’un modeste…

La destinée du docteur Amar révèle que personne, pas même le responsable politique le plus engagé et le plus accaparé, ne peut s’exonérer de la morale. Tout finit par se savoir : les personnalités et les comportements qui trahissent leurs principes comme ceux qui les honorent. Avec le citoyen comme juge. Docteur Roger Amar, j’aurais aimé pouvoir vous serrer la main.

Mon rêve d’entretien politique…

L’entretien politique est un genre à part qui exige des vertus intellectuelles et humaines considérables. L’exercice phare où, immédiatement, se révèlent le talent et la finesse, où la médiocrité et la partialité sont à bannir. Mon rêve d’entretien politique ? Il est à venir.

Changer de Constitution pour un peu de paix ?

Il y aurait un second obstacle encore plus impressionnant qu’un changement de Constitution : où, en France, pourrait-on trouver une personnalité emblématique à la Judit Polgár, appréciée et désirée par tous, une sorte de miracle humain, intellectuel et politique dans un pays tellement déchiré que même ses fromages multiples, comme le disait de Gaulle par plaisanterie, sont le signe de sa diversité, de ses antagonismes ?

Trop des Dieux quand ils gagnent !

C’est la tare française, dans les analyses sportives, que d’être démesurément placé sur un pavois quand on gagne, de sorte qu’une confiance en soi proche de la vanité est instillée, ainsi qu’une moindre envie de se battre puisque la cause serait entendue et que « nous sommes les meilleurs ». Ce n’est pas après les défaites que nous dérapons. C’est après les victoires que nous dégradons le futur. Et que nous créons donc les défaites à venir. Les footballeurs pris pour des dieux, trop vite et absurdement, sont tout étonnés, après, de se retrouver humains, pour le meilleur comme pour le pire.

La police enfin respectée !

Cette perversion de l’État de droit a fini par brouiller les rôles et les responsabilités. Songeons à la multiplication des refus d’obtempérer, qui ne suscitent ni l’indignation ni le soutien aux forces de l’ordre qu’ils devraient susciter. Avec la présomption de légitime défense accordée à la police, l’État de droit retombe enfin sur ses pieds et revient à la normalité : il rétablit une distinction et une hiérarchie légitimes entre ceux qui veillent au respect de la loi et protègent notre sécurité, et ceux qui la violent en commettant crimes et délits.

Pourquoi Marine Le Pen est à part…

Pour la dernière fois, elle va se présenter à l’élection présidentielle et elle est aussi à part parce que, sur l’établi politique, elle n’a cessé d’apprendre ni de se perfectionner. Il suffit de voir comment, entre les mandats, elle a accru ses chances en progressant sur les plans technique et intellectuel, au point qu’on peut se demander si, performante dans les intervalles, elle ne finira pas par l’être le jour J, en 2027 !

Fin de mandat, fin de vie…

Sur l’euthanasie, des argumentations contradictoires ont été développées, des pensées élevées ont été exprimées, favorables ou défavorables aux futures dispositions. Mais, dans cette multitude qui aurait dû au moins faire taire les péremptoires de la cause mortifère, on ne peut passer sous silence la constante, intelligente et humaniste lutte d’un Philippe Juvin.

Le bonheur de l’infériorité…

C’est probablement parce que nous sommes quelques-uns à ne pas surestimer le caractère irremplaçable et spécifique de certaines fonctions, pour l’utilité sociale et démocratique, que nous sommes si sévères avec les imperfections et les carences dont elles pâtissent. Quelle félicité que l’infériorité admise ; quel malaise de se sentir au bord quand on voudrait être dedans !

Cela se décante…

Face à des calculs politiciens qui, en définitive, n’ont pour but que de favoriser l’émergence d’un centre mou venant attiédir la droite, Bruno Retailleau a opposé un message de courage, de vérité et de constance. On voudrait tellement qu’il pliât et abandonnât la certitude qu’une droite de rupture aurait, paradoxalement, ses chances face au RN. Certes, nous ne sommes plus en 2007 et le RN est puissant, mais la confrontation demeurerait salubre.

Marine Le Pen : un arrêt non total…

En condamnant MLP à trois ans d’emprisonnement, dont un avec sursis, sous bracelet électronique, elle a intelligemment déplacé le débat et renvoyé toute la responsabilité de la décision ultime au RN, donc à MLP elle-même. Si cette dernière, après une réflexion collective et personnelle, maintenait son refus initial de faire campagne avec un bracelet, ce serait elle, et elle seule, qui tirerait les conséquences négatives de cette contrainte.