samedi 4 janvier 2025

Mil et Une : "J'aurais voulu être un artiste..."



N'ayant pas participé ces derniers mois 

aux défis de l'atelier Mil et Une,

j'ai décidé, pour rattraper mon retard, 

 de grouper les trois derniers sujets

(119, 120 et 121)

et d'en tirer un texte unique.

Voilà ce que ça donne :


 

Quelle semaine ! 
Du genre que je ne risque pas d'oublier...
 
...ça a commencé samedi, quand la pluie a commencé à tomber. D'abord doucement, puis de plus en plus fort. Peu à peu, par la fenêtre, on a vu la rivière monter ...et inonder tout le quartier.
Et puis lundi matin est arrivé ce qui devait arriver : au moment de repartir au travail, j'ai fait dix mètres dans le parking et j'ai noyé le moteur ! Je vous montre la scène ? 




Heureusement, mon patron a été compréhensif : il m'a permis de prendre cinq jours de RTT.
Une semaine entière à la maison ! Mais qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire de tout ce temps, en plein hiver ?
C'est là que j'ai eu une idée lumineuse...depuis le temps que je repoussais le moment de me remettre à la peinture...Allons-y ! C'était l'occasion ou jamais. J'ai ressorti du grenier un vieux chevalet et des tubes à moitié secs. Tellement secs, d'ailleurs, que j'ai dû appuyer très fort pour faire sortir la couleur. Très très fort. Si fort que pschitt ! Je m'en suis pris un bon jet dans l'oeil ! Miséricorde ! Voilà à quoi je ressemblais :
 
 

 

Après, j'ai eu beau frotter, frotter...ça n'est pas parti. Peinture à l'huile, bien sûr ! Et de bonne qualité...ça m'apprendra à toujours acheter les meilleurs produits !
Comme vous pouvez vous en douter, cet incident a bien refroidi mes ardeurs de peintre....ça a bien fait rire ma femme...et ma princesse aussi...

Puisque les yeux étaient "hors-service", ne me restaient que les mains...et les oreilles. J'ai donc ouvert le piano et je me suis mis en tête d'en jouer. Ce qu'il faut préciser, c'est que la dernière fois que je l'avais fait, j'avais quinze ans. Entre-temps, c'est ma fille qui a utilisé l'instrument. Moi, je me suis toujours trouvé des excuses : pas assez doué, trop occupé...
Bon, là, j'avais le temps. Mais je n'avais plus la vue aiguisée qui me permettrait de lire les partitions. J'ai donc improvisé. 
 


 
Do, do, mi, mi...ré, mi, ré...j'ai balbutié quelques notes...et puis j'ai continué...La mémoire m'est revenue. De très loin. Au bout d'une demi-heure, mes mains couraient un peu plus vite sur le clavier. Et des mélodies me sont venues. Pas celles que j'avais apprises. Non. Les miennes. 
Mon épouse, qui était dans la cuisine, a quitté ses fourneaux et s'est appuyée au chambranle de la porte, pour écouter.
"C'est joli, a-t-elle dit. Tu devrais persévérer...Je t'avais bien dit que les natifs de la Balance avaient un certain sens artistique..."
Et puis, hop, sa robe a virevolté, elle a fait demi-tour et elle est repartie surveiller sa tarte.

Mais bing ! J'étais touché en plein coeur. J'ai senti les larmes monter.

Ah non, me suis-je dit...stop ! 
Les inondations... 
Et les yeux rouges. 
C'est bon...J'ai déjà donné !
 
 
La Licorne




jeudi 2 janvier 2025

AI de janvier et Jeu 102 : "La liste" - La Licorne

 


 

La liste

 

Bon, ben...ça y est.  Jupiter s'est décidé : c'est sûr, c'est officiel, depuis ce soir, je suis nommée "cheffe du gouvernement". La nuit va être longue. Je dois choisir mes ministres.

Je crois qu'une petite promenade dans les rues de Paris s'impose...ça me fera du bien. Prendre l'air me rafraîchira les idées et ça m'évitera de tourner comme une lionne en cage dans mon bureau.

Un chapeau sur la tête pour qu'on ne me reconnaisse pas...et c'est parti. Idéfix, tu viens avec moi ? Oui ? Super, ça me donnera une contenance de te tenir en laisse. Et puis faut que je m'entraîne pour faire la même chose avec mon équipe. La tenir fermement, je veux dire. 

Montmartre. Trop beau. Même la nuit. Même en hiver. Je me régale. J'adore ce quartier. Ses cafés, surtout. 

Alors, voyons voir...Pour le ministère de la Cause Animalière...Je verrais bien...Amélie Poulain. Nom prédestiné, petit minois sympathique, grande sensibilité et inventivité hors-pair. Idéfix, ça te va ? Ouah, ouah, ouiih... ? Allez, on n'en cause plus, c'est noté.

Si je finalise ma liste ce soir, je pourrai peut-être faire un tour au cinéma demain ? Je crois qu'il y a de bons films en ce moment. "Un p'tit truc en plus", ça me tente. C'est précisément ce que doit avoir chacun de mes ministres...un "p'tit truc...en plus".

Bon, alors, ministère de la Culture, du Cinéma et des salles obscures ? ça c'est facile...Cléopâtre ! A la remise des prix, ça aura de la gueule... Qui d'autre pour "tenir un César", je vous le demande...

Ministère du Travail et des cocottes en papier ? Gaston Lagaffe, of course...Je sens qu'on va passer quelques bons moments...Marre de tous ces "tristus en cravate" qui se succèdent depuis des années à ce poste. Un peu plus de décontraction et de fantaisie, que diable ! Faut que ça "boome" !

Ministère de la Défense et des Armées : hum, là, on a trop dépensé ces derniers temps...le budget a explosé. Faut prévoir quelques économies. Perceval Le Gallois ? Les lances, ça devrait pas coûter trop cher...et pis, comme "ancien combattant", il est parfait...Hop ! C'est entendu. Le plus coton, ça va être d'obtenir son 06. C'est pas gagné, mais peut-être que Mademoiselle Jeanne pourrait m'aider...

Ministère des Transports et de la Sécurité routière ? Plus difficile. J'hésite entre James Dean, Grâce Kelly et...Pierre Palmade. Pour l'instant, je note les trois. On verra plus tard.

Ministère de la Vieillesse et des Sports ? Sans hésitation, Jeannie Longo. mais prévoir un CDD. Sinon, elle est encore là en 2050.

Porte-parole du gouvernement ? Y'a pas photo, ça ne peut être que lui : Achille Talon. Prolixe, fin, brillant, cultivé...belle présentation...et jamais à court d'arguments. On ne peut rêver mieux.

Ministère de l'Agriculture : un poste-clé. Il convient de mettre quelqu'un de calme, de pédagogue,  quelqu'un qui apaisera les tensions...Charles Ingalls sera parfait. 

Ministère de la Ville : j'en ai un qui la connaît comme sa poche, de bas en haut et de haut en bas. Il l'a parcourue dans tous les sens...Spiderman !

Ministère de  l'Egalité entre les femmes et les hommes : Madame Doubtfire ???

Ministère des Finances : là, j'ai envie de faire un "coup d'éclat"...ça ne va pas plaire à tout le monde, mais je verrais bien...Robin des bois !

Ministère de l'Intérieur : le Chat de Schrödinger ?

Pfff ! ça m'épuise, tout ça ! Idéfix, arrête de tirer sur ta laisse...tu vas faire tomber mon portable...et je vais devoir tout recommencer. Voilà, voilà, c'est ça...ralentis...et prends de bonnes habitudes : à partir de maintenant, tu es un personnage public, toi aussi. Plus question de faire pipi n'importe où ! Oui, oui...mon vieux, t'inquiète, on s'arrêtera un peu.  Y'a un marché de noël, un peu plus loin. Je ferai une petite pause...et on trouvera un endroit pour tes...besoins. 

Je continue.

Ministère de la Justice :  Zorro (secondé par le sergent Garcia)

Ministère des Affaires étrangères : Tintin (ah, non, zut...Il est belge). 

Ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et de la forêt :  Tarzan ! (évidemment).

Ministère de l'Intelligence naturelle : Bécassine (c'est ma cousine).

Pfffou...Je sens que je faiblis. Je n'ai plus d'idée. Et je tombe dans le népotisme. Je crois que je vais m'arrêter là. Chat GPT terminera à ma place. Soyons moderne !

Pour l'instant, je vais aller déguster quelques douceurs au café du coin. Je rêve d'un Cappucino et d'une part de Linzer Torte...

Comment ça, c'est pas très français ? Mais je fais ce que je veux, moi, Monsieur ! Je suis première ministre.

Couché, Idéfix, couché !


Madame La Licorne

 .

 

Pour le Jeu 102 

(j'ai placé les mots du titre)

.


et pour l'Agenda ironique de janvier

chez Jobougon

 
Consigne :


C’est vous qui venez d’être nommé(e) premier(e) ministre.

Vous allez constituer une équipe, choisir un gouvernement.


En tant que ministres placer au moins

quatre personnages connus existant ou ayant existé

et créer pour eux des ministères décalés et complètement loufoques.


Voici quatre autres ministres à inclure absolument qui sont :
 
Amélie Poulain
Perceval le Gallois
Gaston Lagaffe
Cléopâtre


.
 
 
(il y avait d'autres consignes mais je me suis limitée à celles-là)
 
 
 
 

JEU 102 : "Les dangers des rues" - Marie Sylvie

 


 
 
LES DANGERS DES RUES : UNE NUIT DE TERREUR ! 

Un soir,  alors que je rentrais du travail, tout semblait paisible. 
C'est beau une ville la nuit.
La pluie tombait doucement et les réverbères projetaient des ombres dans les rues désertes.
C'est alors que j'ai remarqué une silhouette suspecte dissimulée sous un imperméable et un chapeau, idéal pour masquer son identité. 

Mon cœur s'est mis à battre plus fort. 
Dès que j'ai tourné dans ma rue, j'ai couru me cacher derrière un massif de plante, espérant que l'individu passerait sans me voir. 
La peur m'envahissait, chaque seconde semblait une éternité. 

L'homme est passé devant moi et, soudain,  j'ai entendu une bagarre éclater juste à côté. 
Deux hommes s'affrontaient,  des insultes et des cris de souffrance résonnaient dans la nuit. 
Comme si un bon samaritain veillait sur moi, il semblait avoir compris mon angoisse et était intervenu. 

La lutte a duré quelques minutes mais cela m'a semblé une éternité. 
Finalement, le samaritain est sorti indemme mais avec une main blessée par un fil de nylon coupant utilisé par l'agresseur. 
J'ai entendu le samaritain appeler des renforts avant de partir après une longue attente. 
Profitant de l'accalmie, j'ai couru jusqu'à chez moi, le cœur battant la chamade. 
Une fois à l'intérieur,  je me suis cachée dans mon placard, terrorisée par ce que je venais de vivre. 


Cette expérience montre l'importance de rester vigilante et de ne jamais sous-estimer les risques, même dans un cadre familier et apparemment sécurisé. 
La beauté d'une ville la nuit ne doit pas nous faire oublier les précautions nécessaires pour assurer notre sécurité. 
Les apparences peuvent être trompeuses. 
Les rues, bien que illuminées et semblant tranquilles peuvent révéler une toute autre réalité, surtout lorsqu'on doit il faire face seule. 

        


 

mercredi 1 janvier 2025

JEU 102 : "C'est beau une ville la nuit"

 

- Atelier d'écriture pour le mois de janvier -

 
Chers ami(e)s écrivant(e)s,
 
Ce mois-ci, je vous propose de prendre
 comme point de départ
cette photo :

 


 et ce livre 
 
 
de Richard Bohringer
 .
 
 

Rappelons que vous pouvez , au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre

dans votre texte

 

- Ou faire en sorte que ce titre de livre 

soit aussi le titre de votre texte


- Ou, troisième et dernière possibilité,

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

.

 

Envoi à [email protected]

avant le 21 janvier 2025

 

Au plaisir de vous lire !


La Licorne



 

samedi 14 décembre 2024

JEU 101 : "La danse des grands-mères" - Joe Krapov

 

LA DANSE DES GRANDS-MÈRES

 

 

Tu danseras, petite,

Le tango de l'école,

La ronde des marelles et des cordes à sauter,

Le quadrille des « Oh ! Marre de ces leçons, devoirs ! »,

Le jerk des amitiés,

La valse des buissons

Qui donnent des frissons.

 

Tu danseras, petite,

Sur les scènes de juin,

Sur les parquets de bal,

Sur le volcan du monde.

 

Tu auras ton quart d'heure de gloire américaine !

Fred Astaire, La la land,

Ginger Rogers, Judy Garland.

 

1,2,3,

1,2,3,

Compte sur ta grand-mère

Pour t'apprendre les pas

Des aimables sardanes,

Des gavottes anciennes,

Des menuets exquis,

Pour te montrer surtout la route du Madison

 

Mais dis-toi que parfois

- Car ainsi va la vie -

Tu danseras aussi, plus tard,

Des tas de rocks bizarres,

Le hip-hop des galères,

Le ska des buffets vides

Et le pogo des guerres.

 

Tu danseras avec les loups,

Tu danseras avec des hommes

Qui sont parfois des loups pour l'homme

Et encore plus pour la femme.

 

Tu danseras peut être, un jour,

Si tu vieillis, ce que je souhaite,

La Danse des grands mères sur le pont d'Avignon,

En couronne sur le Rhône,

En farandole sur la Durance,

En cerise sur l'endurance : la ridée huit temps !

 

A toi de suivre ta cadence,

De te méfier des évidences,

De choisir quelle sera ta danse

Pour éviter la décadence

Et transmettre à ton tour

Avec beaucoup d’amour

De la main à la main

Les promesses du genre humain.

.

Joe Krapov

.

 

 

 

vendredi 13 décembre 2024

JEU 101: "La danse des grands-mères" - Marie Sylvie

 

 

 

LA DANSE DES GRANDS-MÈRES 


Sous le voile du temps,  une étreinte se forme, 

Deux âmes liées, en un amour sans norme.

La grand-mère,  au visage marqué par les ans, 

Serre contre elle le bébé dans un doux élan. 


Ses lèvres, délicates, effleurent le front, 

Un baiser éternel, un geste profond. 

Peau lisse contre peau rugueuse et ridée, 

La danse des grands-mères, un amour partagé. 


Dans le noir et blanc de cette photo, 

Une histoire se dessine, un tendre écho. 

La grand-mère murmure des mots silencieux, 

Des contes d'autrefois sous le ciel radieux. 


Le bébé, bercé par cette douce chaleur, 

Trouve dans ces bras un cocon de bonheur. 

La danse des grands-mères,  un ballet d'émotions, 

Une valse de tendresse,  au-delà des saisons. 


Chaque ride raconte une histoire vécue, 

Chaque sourire, une joie,  une peine tue. 

Dans ce moment figé,  la vie éclot, 

Un amour immortel au-delà des mots. 


Dans cette photo, ce moment suspendu, 

Rappelle à chacun la force du vécu. 

La danse des grands-mères, un chant sacré, 

Transcende le temps pour l'éternité. 

 

MARIE SYLVIE 



 

jeudi 5 décembre 2024

Agenda ironique de décembre : "L'insécurité permanente"

 


 

C’était par un soir de pleine lune. Le vent chatouillait mon nez et remuait des souvenirs antédiluviens. Des souvenirs d'avant. 

Parce que, j'sais pas vous, mais moi, depuis dix ans, je me sens dans l'insécurité permanente. Avant, non. Avant, ça allait. On allait au travail, on se retrouvait entre potes, on allait au café, au ciné, au resto, on mangeait, on rigolait...on vivait, quoi. 

Et puis, début 2015, y'a eu comme...un tournant...tout a commencé à mal tourner. Attentats, massacres, bombes...on n'avait plus trop envie de rigoler. Ni de sortir. Ni de déconner. 

"Fais-pas ton Cabu ! Tu vas nous attirer des ennuis !". Tout à coup, les amis sont devenus moins "bath"...La plupart étaient même carrément "à clan".

Mon pote Charles, par exemple, il a complètement disjoncté. Il répétait toute la journée "Je suis Charlie" ok , "Je suis Charlie"...ok ? 

Un vrai père "OK"...On n'arrivait plus à l'arrêter. Il était comme un disque rayé. Au bout de six mois, sa femme l'a emmené chez un psychiatre. Il lui a dit que c'était un cas d'idiosyncrasie (*) . Sa femme, elle n'a pas trop compris. Faut dire qu'elle n'a pas fait beaucoup d'études. Enfin, pour être honnêtes, nous non plus, on n'a pas tout compris. Mais depuis, le vieux, on l'appelle plus que "l'Idiot-Saint-Crazy". 

C'est pour rire, bien entendu. C'est affectueux. Rayé ou pas, on l'aime bien notre Charles, il est sympa. Et en plus, il a une belle voiture, une grosse cylindrée. Avant, il nous emmenait en vadrouille. On montait avec lui, et on partait au bout du monde. Comme ça. Sur un coup de tête. Et on revenait le lendemain. Ca faisait râler nos meufs, mais nous, on adorait ça. C'était cool.

On ne le fait plus, maintenant. Y'a plein de choses qu'on ne fait plus d'ailleurs. On ne va plus au concert, on ne va plus boire en terrasse, on ne fête plus la Saint-Sylvestre tous ensemble, non plus. 

Faut dire qu'en 2021, y nous ont cassé l'ambiance. Les flics ont débarqué. En pleine fiesta. On a bien essayé de leur faire croire qu'on était moins de six...mais bon, rien que dans les toilettes, y'en avait déjà plus que ça. Enfin, c'est ce que les képis ont constaté quand ils ont défoncé la porte.

Après tout ce bazar, après les attentats et le Covid, on pensait qu'on allait avoir la paix. Mais non, juste après, on a eu...la guerre. En Ukraine. 

Là, c'était pas drôle non plus...vu que la mère à mon pote Igor, elle est d'origine russe. Et que son père, lui, il est ukrainien. Dès le début du conflit, l'ambiance s'est sérieusement dégradée chez eux. C'étaient des discussions et des disputes à n'en plus finir, du matin au soir. On les entendait jusqu'au bout de la rue. 

Et un beau jour...Bang bang ! On a retrouvé la mère d'Igor dans une mare de sang. Juste avant de se suicider, elle avait mis sa plus belle tenue : sa robe traditionnelle avec des galons dorés et ses plus belles chaussures. C'est Igor qui l'a trouvée dans son salon. Ce qu'il a vu en premier, ce sont ses talons Louboutin qui dépassaient du canapé. L'horreur.

Du coup, Igor, il a fait comme Charles : il s'est retrouvé chez le psychiatre. Et le bilan est tombé : dépression carabinée. On lui a prescrit un séjour de quelques semaines à l'HP. 

Et c'est là que je vais, ce soir, avec ma boîte de chocolats de noël à la main et l'"Idiot-Saint-Crazy" qui m'accompagne. Le Charles, il m'a répété au moins dix fois : " Je vais avec toi, ok ? Je vais avec toi, ok ?". Je n'ai pas osé lui dire non. On y va donc ensemble. Je dois dire que, quelque part, ça me rassure, de l'avoir à mes côtés et de ne pas déambuler seul dans les rues désertes. En plus, coup de chance,  c'est soir de pleine lune...on n'est pas totalement dans le noir...Allez, c'est bon, je me sens presque en sécurité.

 

La Licorne

 

(*) En psychiatrie, l'idiosyncrasie (ou idiosyncrasisme) est l'utilisation de néologismes, de mots ou de phrases « hors contexte », inadaptés par rapport à la situation présente (dans des cas d'autisme par exemple).

 

  
 
 

Titre (obligatoire) : 

« L’insécurité permanente »

 

Début à reproduire : 

« C’était par un soir de pleine lune. 

Le vent chatouillait mon nez 

et remuait des souvenirs antédiluviens. »

 

Mots à intégrer :

– Bang-bang

– sylvestre

– grosse cylindrée

– idiosyncrasie

– talons Louboutin.

 .
 
 
 
 
 

mercredi 4 décembre 2024

JEU 101 : "Proximité et distance" - AlainX

 

 

 

Proximité et distance


Lorsque je regarde cette photo, ce sont les deux mots qui me viennent. Proximité et distance.
Proximité du corps de ce bébé et de la tête de cette personne âgée que l'on identifie aisément comme une grand-mère et sa petite-fille (laissez-moi le choix de penser que c'est une fille).
Distance temporelle parce qu'elles appartiennent à deux époques distinctes, différentes, et ne font que se croiser provisoirement. L'une vient d'arriver, l'autre s'en ira bientôt. Il y a forcément quelque chose qui les unit, quelque chose qui les sépare. Une femme qui a traversé une longue histoire dont on ne sait rien, si ce n'est que la grand-mère a traversé bien des épreuves personnelles et collectives. N'est-ce pas notre lot à tous ? Si ce n'est qu'on devine qu'elle a bonifié en personnalité. Ça se voit sur le visage et ça se devine dans l'attitude avec le bébé.

Et puis il y a ces deux regards qui ne se croisent pas. C'est peut-être là tout l'intérêt et la force de la photo qui incite à la méditation plus profonde que joyeuse, plus forte qu'instantanée. Qui éternise quelque chose.
Grand-mère regarde vers le bas, comme si elle revoyait toute une vie qui fut la sienne et qui allait se poursuivre bientôt sans elle, mais aussi se prolonger d'une autre manière. La suite des générations comme on dit.
Bébé à peine fillette qui regarde au loin, devant, vers la vie. Elle se contente d'être « en vie » pas encore vraiment dedans. Mais bébé ressent. Tout. Absorbe tout. Fait et fera son miel de tout. On sait plus ou moins désormais que dans sa tête c'est l'effervescence permanente et qu'on s'est mis au boulot pour très longtemps, sans un seul temps d'arrêt. Ça promet d'être passionnant. Enfin on l'espère.

Cette mamie, à la fois sympathique et émouvante va-t-elle entrer dans « la danse des grands-mères » ?
Quoi qu'il en soit, ce livre de Clarissa Pinkola Estes, comporterait cette citation : « Quand quelqu’un vit vraiment, les autres en font autant. ». Alors on souhaite qu'une danse d'accomplissement apporte de la joie et du bonheur de vivre jusqu'au dernier souffle, autant pour toi, petite fille, que pour vous Mamie, si attentive à tout ce qui est le plus précieux.

 

AlainX