Les notes du jeudi : Musiques de fêtes (4) Arcangelo Corelli

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Cela s’approche, dans deux jours nous serons à la nuit de Noël… Voici donc ce Concerto grosso pour la nuit de Noël d’Arcangelo Corelli (1653-1713), musicien italien (considéré comme un représentant majeur du baroque italien). Voici la version proposée par le Freiburger Barockorchester. Et déjà un joyeux Noël à tous et à toutes !

Les notes du jeudi reviendront en janvier, après les vacances de Noël belges.

Pastorale des heures bleues

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Donnez-moi la nuit
qu’un peu je l’éclaire.
J’ai de la lumière
au bord des paupières
et des heures bleues.

Elle a froid, la nuit.
Ses petons si noirs,
son air de grand soir,
du sol jusqu’au phare,
tout ça tremble et fuit.

Que vienne, imprévu,
le matin, bergère,
qu’il soit découvert,
sous le vent d’hiver,
comme ton cou nu.

Donne-moi ta main,
partons loin, à deux.
J’ai de la lumière
au bord des paupières
et des heures bleues.

Carl NORAC et Kitty CROWTHER, Petits poèmes pour passer le temps, Didier Jeunesse, 2016

Un Noël à New York

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Quatrième de couverture :

Jemima Pitt, la fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner à New York son amie Delphinia Cardew, sur le point de se marier avec l’aristocratique Brent Albright. Dans la haute société new-yorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles fabuleusement riches. Mais Jemima détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration. Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête. Il y a près de seize ans, elle a abandonnée sa fille avant de disparaître et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemima de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

De Hell’s Kitchen à Central Park, Jemima devra trouver son chemin à travers les rues enneigées de New York, sans se douter qu’un danger mortel la menace.

Comme cela fait plaisir de retrouver l’univers d’Anne Perry, avec un de ses confortables petits romans de Noël, qui met chaque fois en scène un personnage secondaire de sa série principale. Une sorte de spin-off de la série Charlotte et Thomas Pitt. Comme j’ai juste un peu de retard dans cette série, je ne suis pas censée être au courant que Pitt dirige la Special Branch et que sa fille a déjà vingt-trois ans, mais ça m’a fait plaisir de voyager jusqu’à New York en sa compagnie.

Jemina chaperonne une amie dont le père, trop malade, ne peut l’accompagner et que le demoiselle Pitt croit orpheline de mère. Mais en fait, non, et non seulement Jemina sera entraînée, non sans danger, dans la mystérieuse recherche de la dame mais elle devra aussi dénouer les fils de la vérité et du mensonge, ne sachant plus trop à qui faire confiance dans cette famille huppée de New York. La jeune femme devra faire appel au solide bon sens et à la finesse d’analyse hérités de ses parents, tout en faisant preuve de sang-froid et d’ouverture d’esprit envers et contre tout (les chiens ne font pas des chats, n’est-ce pas…)

Certe, un « petit » Anne Perry vous laisse un peu sur votre faim, certes j’avais bien deviné le piège dans lequel « on » avait attiré Jemina mais je n’avais pas deviné du tout le mobile. Et en cette saison un peu frileuse, où les copies à corriger s’empilent comme les flocons de neige à Central Park, un petit Anne Perry à New York vaut mieux qu’un pavé indigeste… et puis la couverture à rabats illustrés eux aussi est si jolie… Laissez-vous tenter.

Anne PERRY, Un Noël à New York, traduit de l’anglais par Pascale Haas, 10/18, 2016

Une LC Anne Perry de Noël avec les British Mysteries et une lecture anglaise, bien sûr

Challenge British Mysteries    10410370_10207397555288124_8949646824688617113_n

 

Les notes du jeudi : Musiques de fêtes (3) Jean-Baptiste Lully

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On remonte un peu dans le temps par rapport à jeudi dernier, avec Jean-Baptiste Lully 1632-1687 qui a composé de nombreuses pièces pour les fêtes versaillaises entre autres, puisqu’il portait le titre de Surintendant de la musique du roi.

Pour la composition du jour, je triche un peu puisque seules quelques parties de cette Suite d’orchestre d’Alceste contiennent le mot « fête » : Marche Des Combattans, Menuet, Loure Pour Les Pêcheurs, Echos, Rondeau De La Gloire, La Pompe Funèbre, Rondeau Pour La Fête Marine, Les Vents, La Fête Infernale – 1er Air, 2ème Air- Les Démons, Marche Des Assiégeants. Mais ne boudons pas notre plaisir puisque tout cela est interprété par Le Concert des Nations, conduit par Jordi Savall.

Je t’écris

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Je t’écris pour te dire que je t’aime
que mon cœur qui voyage tous les jours
— le cœur parti dans la dernière neige
le cœur parti dans les yeux qui passent
le cœur parti dans les ciels d’hypnose —
revient le soir comme une bête atteinte

Qu’es-tu devenue toi comme hier
moi j’ai noir éclaté dans la tête
j’ai froid dans la main
j’ai l’ennui comme un disque rengaine
j’ai peur d’aller seul de disparaître demain
sans ta vague à mon corps
sans ta voix de mousse humide
c’est ma vie que j’ai mal et ton absence

Le temps saigne
quand donc aurai-je de tes nouvelles
je t’écris pour te dire que je t’aime
que tout finira dans tes bras amarré
que je t’attends dans la saison de nous deux
qu’un jour mon cœur s’est perdu dans sa peine
que sans toi il ne reviendra plus

Gaston Miron

(Poème québécois découvert sur la page FB de Kim Thuy !)

Marc Chagall, Les amants bleus

Les notes du jeudi : Musiques de fêtes (2) Michel Delalande

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La semaine, nous fêtions les Water Music, restons dans une note aquatique avec ce Concert de trompettes pour les Fêtes sur le canal de Versailles de Michel-Robert Delalande (1657-1726), un musicien français représentatif (avec Lully, Rameau, Charpentier, Couperin, …) du baroque français, qui a composé, pour le roi Louis XIV, essentiellement de la musique religieuse (des motets inspirés de textes latins tirés des Psaumes) mais aussi des divertissements, des pastorales et des ballets (source : Wikipedia).

Ce Concert de Trompettes fait partie des Symphonies pour les Soupers du Roy.

Hugo Reyne dirige La Simphonie du Marais.

Haïkus de saison

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Sur le mur des jours courts

s’ouvrent les poèmes

de la lande fanée

Terayama Shûji

—

Mon corps s’émousse

mon esprit s’éclaircit –

montagnes enneigées !

Sôma Senshi

—

Nuit de givre –

comment dormir

quand la mer ne dort pas ?

Suzuki Masajo

—

Au point du jour

en tourbillons de brume

la voix de la cloche

Matsuo Bashô

—

Neige qui tombais sur nous deux –

es-tu la même

cette année ?

Matsuo Bashô

—

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Un cahier montrant les étapes nombreuses et minutieuses de l’encrage et de la colorisation d’une estampe. Dans la très riche exposition UKiYO-E (Images du monde flottant) à voir au Cinquantenaire, à Bruxelles, jusqu’au 12 février 2017 (l’accrochage change le 19 décembre).

Haïku du XXè siècle – Le poème court japonais d’aujourd’hui, Poésie / Gallimard, 2007 (pour les deux premiers poèmes)

Haïku – Anthologie du poème court japonais, Poésie / Gallimard, 2002 (pour les trois derniers)

Objectif PAL de novembre, c’est fini…

Objectif PAL

Nous sommes déjà le 3 décembre, il est temps de vous révéler les résultats du tirage au sort promis. Mais avant cela, merci pour votre enthousiasme, vos PAL amaigries doivent être ravies et nous aussi.

Comme promis, nous vous réservons quelques surprises, Antigone et moi. Pour ce qui me concerne, c’est une BD (puisque le logo est inspiré de Tintin…). La gagnante est…

Enna

Bravo à toi ! Tu veux bien m’envoyer tes coordonnées postales en MP, s’il te plaît ?

Chez Antigone, c’est Anna qui a été tirée au sort.

Si le mois de novembre est terminé, l’Objectif PAL ne s’arrête pas pour autant : Antigone continue et attend vos liens sur le groupe Facebook (cela simplifiera les choses). Pourma part, je dois avouer que depuis quelques semaines, j’ai eu bien du mal à tenir le rythme des livres reçus en SP (pourtant pas si nombreux que ça), mon rythme de lecture est ralenti et je me sens saturée des pressions (que je me suis mise moi-même sur la tête) concernant ce blog. Une pause s’impose (je vais investir dans Royco Minute Soup) et je ne sais combien de temps elle durera… Je n’abandonne pas les billets de poésie et de musique (dont beaucoup sont déjà programmés), je posterai peut-être un billet lecture par-ci par-là… ou pas… je sens la nécessité de « zéro contrainte, zéro pression ». Je vous dis donc à bientôt !

Les notes du jeudi : Musiques de fête (1) G.F. Haendel

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Nous voilà déjà en décembre, les fêtes approchent, j’ai donc choisi, sans grande originalité, le thème des musiques de fête pour ce dernier mois de l’année. Et comme j’ai eu la chance d’entendre cela en vrai lors de mon dernier concert à Lille, voici Water Music de Georg Friedrich Haendel.

Cette musique a sans doute été créée lors du voyage sur la Tamise du roi George Ier, le 17 juillet 1717, entre Whitehall et Chelsea, au moins pour les suites no 1 et 2. Des musiciens jouaient sur les deux rives tandis que d’autres jouaient dans des barques qui accompagnaient le navire royal, qui lui-même jouait d’un nouvel instrument, le traverso (la flûte traversière). La suite no 3 a été créée le 26 avril 1736, à l’occasion du mariage du Prince de Galles avec la princesse Augusta de Saxe-Gotha. Il n’existe pas de partition officielle de ces suites : on pense que Haendel a « recyclé des oeuvres anciennes pour proposer cette musique festive.

Les English Baroque Soloists sont dirigés par Sir John Eliot Gardiner. Bonne écoute !

Un billet de Marilyne : Un été avec Baudelaire

Un été avec Baudelaire –

 Antoine Compagnon – Equateurs France Inter –

 

Ce titre est le troisième de la série inaugurée par Antoine Compagnon avec Montaigne, chroniques retranscrites d’émissions radio invitant à la découverte d’un auteur. Avant Baudelaire, ce fut Proust ; l’été dernier fut consacré à Victor Hugo avec la variation de formule puisque les volumes sur Proust et Hugo sont signés par un collectif d’auteurs.

J’avais lu le premier opus sur Montaigne avec délice, baguenaudant à la rencontre d’un auteur-philosophe que je connaissais peu, en lectures d’extraits. Avec le Poète, mon approche fut différente puisque l’œuvre appartient à mon panthéon. Toutefois, la lecture en fut tout aussi agréable et intéressante, tout aussi gourmande. Antoine Compagnon mêle les mots de l’auteur qu’il accompagne aux siens, citant aussi bien l’œuvre que les correspondances, prose, journaux, critiques.

Ce n’était pas une lecture de saison. Charles Baudelaire chante bien peu l’été, il est le poète du crépuscule, du déclin, du temps de la mémoire et du songe. «  C’était hier l’été »

Ce que j’apprécie particulièrement dans cette collection, c’est qu’elle est sans prétention, que ce soit d’analyse littéraire ou biographique. Je répète le mot : rencontre. Antoine Compagnon s’intéresse à l’homme, l’éclaire de ses vers, sans toutefois occulter ses failles et ses paradoxes. En chroniques thématiques, il nous raconte les relations ambiguës à la presse, à la photographie, à la «  modernité », à la mère, à la chrétienté ; il précise les propos et les partis-pris dérangeants sur les femmes et la démocratie. Il nous raconte les colères et les échecs, les velléités d’engagement dans le travail assidu et la politique ; il nous raconte les théories du beau, de l’art, du génie, du Mal. C’est Baudelaire dans son époque, Baudelaire face à ses contemporains, du monument national Victor Hugo au photographe Nadar qui sera celui qui laissera d’évocateurs portraits du poète dont se saisira le mythe.

Antoine Compagnon nous parle d’un homme angoissé, provocateur, pessimiste, original, le poète-chiffonnier de son Paris qui disparaît, celui dont l’auréole est tombée dans la boue d’où fleuriront les vers.

« Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures

Les persiennes, abri des secrètes luxures,

Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés

Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,

Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime,

Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,

Trébuchant sur les mots comme sur les pavés,

Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés. »

 Extrait de Le Soleil –

Le chroniqueur revient sur le destin de l’œuvre et la figure du poète « maudit », rejeté-condamné avant d’être considéré comme le poète classique et scolaire.

Baudelaire, cet homme qui dénigra les femmes, la ville moderne et la photographie, le poète désenchanté qui nous laissa les plus merveilleuses images de l’amour, du voyage et de la mélancolie.

«  ….

Songe à la douceur

D’aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir

Aimer et mourir

…. »

Objectif PAL