soleil brûlant sur mabalingwe
depuis dix-huit mois, nous avons appris à endosser les habits d'expatriés
cela signifie une adaptation au pays qui nous accueille, à ses exigences, ses contraintes, son mode de vie, ses coutumes
c'est apprendre à conduire à gauche dans un flux de circulation anarchique
c'est renoncer à nos habitudes alimentaires et ne plus parler de barbecue, mais de braii, pas de saucisson mais de biltong
c'est comparer nos bordeaux et bourgogne français avec les vins sudafricains
c'est voir le jour s'éclipser devant la nuit à l'heure du thé même en été
c'est ouvrir son regard à d'autres expressions artistiques et artisanales
c'est découvrir les épisodes heureux et dramatiques de la nation arc-en-ciel
c'est apprendre à vivre au ralenti et vivre l'été en hiver (et vice-versa)
c'est dire game drive et non safari
c'est se faire appeler "mam" et remplacer le bonjour par "how are you?"
...
mais être expatriés c'est s'engager (ou pas) dans la communauté française
et c'est beaucoup échanger nos expériences de voyages, nos coups de coeur, nos adresses
et c'est voyager entre amis pour tester de nouvelles réserves
mabalingwe est à deux heures de johannesburg
nous y avons investi un airbnb en self catering, dans un décor plombé par un soleil d'été brûlant
nous avons assisté à une rare parade amoureuse chez les autruches
nous avons vu le soleil se coucher et teinter de rose la terre du bush
et nous avons découvert le "kalahari oasis", un bar au milieu de nulle part, comme sorti d'un western de l'Amérique profonde
une échappée de deux jours et demi comme une longue évasion
je vous emmène !























































































la route des épices, au coeur de Joburg
s'inscrire à une visite de la route des épices à Fordsburg est une invitation au voyage
dès nos premiers pas, nous comprenons que ce district situé au sud de joburg se dévoile dans une explosion de couleurs chamarrées, de saveurs mâtinées d'exotisme, et le sourire amical des vendeurs des étals est la promesse d'une incursion palpitante à la croisée de l'Afrique, de l'Inde et du Moyen-Orient !
car Fordsburg qui s'étend autour de l'Oriental Plaza, est connu comme le mythique quartier oriental de Joburg,
des murs d'enseignes aux langages mêlés, des lumières scintillantes rivalisant avec de la nourriture aux parfums alléchants et aux couleurs parfois improbables, de la musique Bollywood dans les oreilles, des fétiches indiens bling bling cotoyant des DVD aux couleurs criardes, l'accueil chaleureux de vendeurs toujours affables et de cuisiniers souriants, et l'agitation permanente d'un vaste marché indien authentique... partir visiter Fordsburg à pied est une expérience, un aperçu de la nation arc-en-ciel, unique en son genre, qui rassemble en un territoire de quelques kilomètres carré une variété de cultures et de patrimoine, un mélange multiculturel de peuples migrants : Indiens, Pakistanais, Arabes, Somaliens, Malais et Chinois
Ishvara Dhyan, fin gourmet et fin connaisseur de la place, a été notre guide
ce samedi matin, il nous a proposé une balade culinaire dans des rues animées, ponctuées d'échoppes exotiques, tel un livre ouvert de la culture, l’histoire, la religion, la gastronomie de ces communautés qui ont immigré en Afrique du Sud
guide mais aussi chef évoluant sous l'étiquette d'ancient secrets, Ishvara s'arrête devant un étal pour nous expliquer comment les mini aubergines, la coriandre ou tout un tas d'ingrédients sont cuisinés dans telle ou telle communauté,
nous évoluons sous le marché aux puces couvert de WhereFordsburg, succombons chez les marchands d’épices, nous arrêtons au fil des stands de street food indienne, pakistanaise, turque, syrienne… pour goûter là des baffa bread syriens, ici des brochettes de poulet tandoori, poursuivons par un masala dosa, ne pouvons résister devant un stand de paan, tombons en pamoison en dégustant les incomparables kulfis, glaces turques à base de cardamome et pistaches, buvons un savoureux jus chez Schwarma O time... et terminons notre tour par les confiseries de la Divine Bakery, installée dans une ancienne église libanaise
s'il est aujourd'hui quartier multi-ethnique entre couleurs vives, saveurs épicées et temples de bonnes affaires, l'histoire de Fordsburg est cahotique, aussi fascinante que turbulente
à l'origine, ce territoire était une partie de la ferme sur laquelle l'or avait été découvert en 1886,
bâti pour les mineurs travaillant sur le gisement aurifère, Fordsburg a été nommé ainsi en l'honneur de Lewis Peter Ford de la société Jeppe and Ford Estate
mais, le 4 mars 1922, a lieu sur ce sol la révolte rouge, un soulèvement dirigé par des mineurs blancs qui s’opposèrent de manière armée à la décision gouvernementale d'utiliser une main-d’œuvre noire et bon marché
les mineurs ont creusé des tranchées, se sont barricadés (les toilettes publiques toujours visibles, portant le premier blason de la mairie de Johannesbourg, servaient de blockhaus), mais les forces gouvernementales sont intervenues et ont bombardé, à commencer par l'église presbytérienne de Mint Road
les leaders de la grève, Fisher et Spendiff, se sont suicidés dans le bâtiment du marché, 219 personnes sont mortes au total et 4 750 ont été arrêtées
à partir de ce sombre épisode, Fordsburg va devenir une communauté multiculturelle très unie, composée notamment d’indiens, de métisses et de chinois qui travaillent et vivent en harmonie
pendant des années, cela va susciter la colère du gouvernement de l’apartheid car la banlieue était trop bien située au centre-ville, et dès 1950 il va réglementer pour faire de ce quartier un district réservé aux Blancs en vertu de la loi sur les zones de regroupement, et va relocaliser de force les résidents indiens de la 14th Street à la nouvelle banlieue de Lenasia, au sud de la ville
le gouvernement compte ainsi sur la destruction d'une communauté multiculturelle dynamique
pourtant celle-ci reste mobilisée efficacement, un fort esprit d’activisme naît, mené par des personnalités anti-apartheid comme les Dr Yusuf Dadoo, Dr GM Naicker, Dr Zainab Asvat et Amina Cachalia
vers le milieu des années 1970, les commerçants indiens de Fordsburg et Pageview protestant contre le déménagement forcé, les autorités de l'apartheid acceptent finalement de les autoriser à posséder des entreprises à Fordsburg, à condition qu'ils se trouvent dans un nouveau centre commercial construit à cet effet : il s'agit de l'Oriental Plaza, un centre commercial aujourd'hui florissant avec 360 magasins !
les tissus (dont une extraordinaire gamme de tissus de sari), les articles de mercerie, les tenues et accessoires de mariée et des milliers de paires de chaussures ne sont que quelques-uns des articles qui attirent une foule de personnes, en provenance de toute l'Afrique du Sud et des pays voisins...
précisons pour finir que c'est à fordsburg aussi que le 16 août 1908, Gandhi a conduit 3 000 partisans - musulmans, hindous et chrétiens - à la mosquée Hamidia, où ils ont brûlé leurs documents d'identité de passe que toutes les personnes classées «non blanches» par le gouvernement de l’époque étaient obligées d'emporter avec elles pour voyager à travers la ville, le feu de joie a été allumé dans une chaudière et il s'agissait du premier feu enregistré de documents d'identité en Afrique du Sud, action qui serait ensuite imitée par le mouvement de résistance anti-apartheid
c'était aussi le début de Satyagraha, la campagne de résistance passive élaborée par Gandhi...
bref, celui que l'on surnomme Indian Joburg est riche en histoire et porte avec fierté les traces de son passé


















































18 qui nous est cher !
le lesotho, pretoria, paris, johannesbourg... et maintenant, bourges
j'espère que vous n'avez pas le tournis,
mes voyages immobiles sont un peu décousus, tel les carrés d'un patchwork à assembler
...
le 28 octobre dernier, mon grand a fêté ses 18 ans...
il y a 18 ans, dans le département du cher où nous habitions alors,
sous ce coin de ciel, il a pointé sa frimousse, le jour dit, pas en retard, pas en avance, martial, à l’heure à notre rendez-vous
...
comme cadeau symbolique, j’ai donné un petit coup de pouce au destin pour qu'il souffle ses bougies dans cette région qui ne nous a accueillis que trois ans, mais où nous avons planté et nourri des racines solides
....
merci à Benoit qui t’a emmené voler plus près des ☁️, merci à nos chers amis qui t’ont entouré le jour-dit comme aux premiers jours de ta vie, dans ce coin du Berry 💙







































un lundi matin à brixton
passer d'un billet sur paris à une mise en images d'un quartier de joburg méconnu peut apparaitre comme un grand écart...
mais j'aime l'exercice et, à n'en pas douter, il y a de l'intérêt à glisser ses pas dans chaque parcelle de notre terre
d'autant que le quartier de Brixton ne manque pas d'intérêt, loin s'en faut !
il s’agit d’une banlieue historique de la classe ouvrière de l'ouest de joburg, un petit quartier perché sur les hauteurs à proximité d’Auckland Park, entre Braamfontein et Westdene
un lieu alternatif existe, le Roving Bantu, qui propose de faire découvrir ce quartier
suivez avec moi, Sifiso, notre guide enthousiaste et disert,
il mixe éléments historiques parfois insolites et anecdotes personnelles pour nous faire découvrir son quartier dont il a une vraie connaissance
avec lui, on déambule depuis brixton au quartier de Fietas qui a été le siège de délocalisation massive de familles vers les townships durant l’apartheid, on observe la ville depuis la colline de Pageview, on lève le nez devant la monumentale Sentech Tower, on longe le Kingston Frost Park, on traverse Cottlesloe et on boucle le parcours par l'un des plus grands cimetières de joburg établi en 1912, qui abrite un crématorium historique hindou (organisé par le Mahatma Gandhi peu de temps avant son départ de l'Afrique du Sud en 1914), le monument commémoratif d’Enoch Sontonga, et où des personnalités célèbres reposent (dont un certain Cullinan, premier découvreur de diamants)
brixton, qui porte le même nom que la banlieue londonienne, a été explorée pour la première fois en 1902 (à l’époque, de nombreuses rues prennent leur nom de quartiers de la capitale britannique)
la crête sur laquelle la zone a été développée au début du XXe siècle offre une vue panoramique
le secteur se bâtit autour de larges rues bien rangées, avec quasiment exclusivement des maisons jumelées traditionnelles aux murs bas : quelques-unes d’entre elles ont été reconnues en tant que sites du patrimoine provincial
mais le fleuron de ce quartier est sans conteste l'emblématique Sentech Tower, plus connue sous le nom de tour Brixton,
construite en 1962, la fameuse tour émettrice de signaux de télévision, du haut de ses 237 mètres, est un point de repère incontournable de la skyline de joburg
elle est facilement identifiable, aux côtés de sa "cousine architecturale", la Hillbrow Tower (la tour Sentech a été la plus haute structure construite par l'homme en Afrique jusqu'à ce qu'elle soit dépassée par la tour Hillbrow)
la tour abritait autrefois un restaurant, mais celui-ci a été fermé en 1982 en raison de tensions politiques
aujourd’hui, la tour diffuse 18 programmes FM et 7 stations de télévision
l’image de cette banlieue souffre encore d’une image plutôt négative, pourtant Brixton fait partie de ces quartiers en cours de gentrification
des professionnels commencent à investir, les bas prix de l'immobilier dans le secteur attirent de nouveaux résidents, les étudiants commencent à affluer attirés par la proximité avec les universités voisines de witwatersrand et de johannesburg
il ne faut pas se leurrer pour autant, de nombreuses zones sont encore perçues comme délabrées et surpeuplées, mais il semble que le quartier soit prêt à vivre un renouveau, et l’équipe du Roving Bantu s'impose comme un bon ambassadeur
nous terminons notre visite par un déjeuner partagé dans leur resto, un espace convivial voué au jazz, décoré aux couleurs chamarrées et qui propose le même esprit mâtiné d’Afrique dans leur menu afro soul food, un cuisine fusion entre l’Afrique du Sud et d’autres pays du continent
























































la ville de rêve & la photographe du réel
quand j'étais étudiante, Paris était une attraction à deux heures en TGV, une échappée pour chercher à découvrir ce que la proximité m'offrais parfois mais que je ne voulais pas voir
quand je suis devenue adulte, Paris est devenue la ville lumière qui attirait la provinciale que j'étais par ses musées et ses possibilités de culture infinies
maintenant je suis expatriée, Paris est une fierté, la ville que le monde nous envie, la ville où je vadrouille à pied avec un sentiment de bien-être et de gratitude mêlés
et puisque Paris est un sujet inépuisable de photographie, il est naturel que j'arpente ses arrondissements, ses quais, ses îles, ses parcs, ses musées, ses passages, l'appareil photo au cou
il est tout aussi naturel que les expositions consacrées au 8ème art m'attirent
et j'ai la grande chance d'avoir des amies qui connaissent ce même pouvoir d'attraction
j'ai donc profité de mes trois semaines de vacances en France pour visiter mon étudiant et,
comme il fallait le laisser bosser un peu, mes pas m'ont conduit à l'exceptionnelle exposition proposée actuellement au Jeu de Paume
Dorothea Lange est une pionnière de la photographie documentaire, l'actrice majeure d'une grande investigation iconographique sur la société rurale américaine des années 30
née dans le New-Jersey, elle démarre sa carrière à new-york, puis à san francisco où elle commence par ouvrir un studio de portrait
mais c'est un désir de vérité et la Grande Dépression qui touche l'Amérique profonde qui la poussent à déplacer son champ d'action dans la rue et à se lancer dans le documentaire social engagé
resituons l'époque, l’Amérique connaît une crise sans précédent avec, de façon concomitante, le krach boursier de 1929 et une sécheresse dans les états du Sud
soucieuse du sort des laissés pour compte, Dorothea Lange veut sensibiliser les citoyens à la pauvreté qui les entoure et publie notamment An american exodus
c'est ainsi qu'elle attire l'attention de la Farm Security Administration (créée par Roosevelt pour venir en aide aux agriculteurs ruinés) qui la recrute et va lui confier deux missions entre 1935 et 1941
pour ses voyages d'études sur le terrain, elle va couvrir vingt-deux Etats différents et témoigner comme personne de la situation des sans-abris, des chômeurs, des migrants ayant quitté le Middle West pour la Californie rurale,
c'est à ce moment-là qu'elle va produire des images iconiques, comme Migrant Mother (Mère migrante, 1936) qui mettent en lumière les difficultés extrêmes qu'affrontent les personnes broyées par l'économie de l'agriculture industrielle
le 6 mars 1936, Dorothea Lange rentre chez elle, le coffre chargé de pellicules, aprés une mission d'un mois en solitaire à photographier les ouvriers saisonniers de la côte ouest quand elle remarque un panneau signalant un camp de cueilleurs de petits pois... la photographe passe tout droit, pressée de retrouver ses enfants
pendant trente kilomètres, pourtant, quelque chose la tiraille... elle décide de faire demi-tour et se retrouve dans le camp de Nipomo ou sont entassées des familles de migrants
elle y rencontre Florence Owens Thompson
la femme lui donne son âge, 32 ans, lui explique être veuve depuis 4 ans et mère en charge de 6 enfants qu'elle nourrit comme elle peut, de trouvailles et en vendant le peu qu'elle possède
Dorothea ne passe que quelques minutes avec elle, échange quelques mots, s'approche graduellement et réalise six prises de vue de la jeune mère anxieuse, au visage marqué et au regard perdu dans le vide...l'un des portraits fera le tour du monde
ses photographies étant propriété de l'État, elles sont rapidement publiées,
la FSA prend l'initiative de créer un département photo qui sera les plus vastes archives photographiques jamais constituées aux Etats-Unis, regroupant plus de 130 000 négatifs ; le but est d'utiliser la photographie rationnelle et neutre comme arme pour convaincre le Congrès et les Américains de la nécessité de débloquer des fonds
le travail de Dorothea va bel et bien avoir valeur d'élément déclencheur pour le gouvernement fédéral qui en le visionnant va décider dans le cadre de sa politique du New Deal le déblocage d'une aide d'urgence de nourriture et la construction de camps d'hébergement au profit des travailleurs agricoles migrants pour tenter d'endiguer la pauvreté dans les régions rurales
si dans le cadre de la FSA, les photographes étaient soumis à des directives et ne pouvaient exprimer leur touche personnelle, Dorothea va peu à peu se détacher de ce carcan,
elle continue à stimuler l’empathie du spectateur mais, plus qu'un regard informatif et neutre, elle porte son humanité en bandoulière comme son appareil photo
non seulement, son travail devient source iconographique mais il relève sans conteste du domaine de l'art
Dorothea Lange a un oeil, ses cadrages sont pensés, épurés, subtils, et parfaitement intemporels
car ce focus sur des réfugiés climatiques, des caravanes de migrants, la misère économique résonnent avec notre époque
morte en 1965, Dorothea Lange demeure l'icone de la misère humaine de l'entre-deux-guerres, elle incarne à jamais les exclus du rêve américain
l'exposition est visible jusqu'au 27 janvier au Jeu de Paume





















































national botanical garden # pretoria
l'équipe randonnées de Jobourg Accueil nous propose des trails assez sportifs quand on conçoit que la ville se situe déjà sur un plateau à 1800 mètres d'altitude, sans compter une météo qui peut vite devenir écrasante...
mais nous pouvons profiter aussi de balades plus tranquilles dans le but de marcher au vert et d'exercer notre oeil en prenant des photos de la nature environnante
voilà notre dernière sortie au jardin botanique de pretoria






















































white daffodils !
il faut bien le dire, il y a très très très longtemps que l'on n'avait pas parlé tricot par ici...
force est de constater que j'agite nettement moins mes aiguilles depuis que je vis dans l'autre hémisphère
mais l'invitation de nadia à tester son nouveau pattern daffodils ne m'a pas vu hésiter une seconde !
j'ai choisi de faire une version unie avec de la cascade superwash en colori écru pour un style que l'on pourrait qualifier de "nordic spirit"
j'ai profité de vacances au vert avec mon fiston
pour une séance photo dans les bois derrière chez nous qui n'est pas tout à fait chez nous, au pied du Vercors
le modèle daffodils par nadia crétin-léchenne est disponible dès aujourd'hui, ici sur ravelry


















le Lesotho à moto # day 3
il y a près d'un an de cela,
lors d'une viite avec d'autres françaises expatriées en goguette,
je me souviens avoir entendu l'une d'entre nous
dire qu'elle s'absentait pour aller visiter le golden gate (sous-entendait National Park)
je me souviens avoir été un brin admirative de pouvoir sauter dans un avion pour partir à san francisco...
j'étais juste ignorante du fait que l'afrique du sud compte aussi son golden gate
et nous avons pu le découvrir lors de notre dernier jour en quittant le lesotho !
point de pont haubanné rouge, ni de fog...
mais des paysages à couper le souffle !
et un passage dans la charmante petite ville de clarens pour clore ce chouette road trip à moto
let's go on the road again !































purple spring #2
vivre dans l'hémisphère sud, latitude 26°, longitude 28° est, qui plus est à 1 767 mètres d'altitude
offre la belle opportunité de revoir son savoir botanique
s'il est un roi parmi les arbres qui s'épanouissent en afrique du sud, c'est bien le jacaranda !
dès la fin septembre, il est attendu, on guette sa floraison, on redoute une pluie diluvienne qui viendrait anéantir ses fleurs et les mettre à terre...
et on se régale à se balader dans les rues qui semblent se refermer grâce à un plafond de grappes parme
et à fouler un gigantesque tapis de confettis telle une marée mauve
une petite leçon d'histoire...
le jacaranda mimosifoliaest un arbre très répandu dans les pays au climat tempéré
autochtones d’Amérique du Suddont il est originaire (ils prolifèrent à Buenos Aires,
cette essence à la floraison flamboyante a signé son arrivée à Johannesburg en 1880,
au moment de la ruée vers l’or sur le Witwatersrand
quelques agriculteurs avaient apporté avec eux des graines du Cap
l'entrepreneur en arbres William Nelson, dont l’entreprise était connue sous le nom de Nelsonia Nurseries, aurait planté environ 106 kilomètres d’arbres dans les rues de la banlieue nouvellement créée de Kensington
la tâche aurait duré six mois, un exploit !
ça aurait été la première fois en Afrique du Sud que des arbres de rue aient été plantés à une si grande échelle
aujourd’hui, Pretoria gagne dans le duel face à sa voisine un peu plus au sud, Johannesburg
la ville profite d’une couverture violette sans précédent, avec près de 70 000 jacarandas
pourtant, il n’y a pas si longtemps, le jacaranda a failli être classé comme plante exotique
envahissante et sa reproduction a été menacée d’être interdite
mais Pretoria ne pouvait perdre son statut de « Jacarandas city »
il a donc été convenu que les Jacarandas existants ne doivent pas être éradiqués...
ce matin, j'ai profité d'une visite toute personnelle menée par une amie qui a son nid au milieu de ce trésor botanique !
un point de vue pour commencer dans la petite réserve de Groenklof où zèbres et gnous paissent tranquillement
et puis nous avons arpenté la colline des ambassades et autres résidences majestueuses,
avons fait une incursion à la Brasserie de Paris dont le bâtiment a été inspiré par Le Corbusier,
et nous sommes exclamés cinquante fois sur la beauté des allées, les contrastes inédits avec les bougainvilliers, hibiscus, fleurs de cactus et autres arbres inconnus qui explosent tel un feu d'artifice inédit !
sans oublier un détour par la Herbert Baker street où s’épanouissent les très rares jacarandas
blancs
dans cette seule rue, pourquoi ?
un horticulteur amateur, ancien directeur municipal des parcs de Pretoria,
avait voulu tester les graines en les plantant dans un seul chemin...




















































l'identité du travailleur mise en photos
l'exposition the complete worker à travers l'oeil de william matlala,
offre un témoignage poignant de l’ordre social à travers le quotidien, les difficultés et les luttes
des travailleurs noirs de 1983 à 2018
au-delà d'un travail iconographique sur le monde des travailleurs,
c’est le regard bienveillant de william matlala, sur la vie de ses collègues,
car l’homme a démarré sa vie professionnelle en tant qu’opérateur dans une usine
de produits alimentaires
il a commencé à prendre des photos un peu par hasard en 1982, afin de compléter son salaire
résultat, en 35 ans de carrière, il a emmagasiné plus d’un demi-million d’images et ainsi produit
une œuvre essentielle
cette rétrospective est un échantillon infime de son travail, quelques dizaines de photographies
sélectionnées parmi des milliers, mais qui apportent une contribution remarquable à la lutte des
travailleurs
l’exposition est présentée à l'intérieur d'une galerie circulaire, en parallèle d’une frise
reprenant la chronologie du mouvement ouvrier
on peut y voir comme une métaphore du rapport au temps, le cycle du travail et de l’évolution
du mouvement syndical
des clichés intemporels dont seules les couleurs et les critères de mode permettent de les replacer
dans le cercle du temps
les photographies témoignent de la dignité des travailleurs, de leur détermination, par le biais de
portraits individuels percutants, mais aussi de scènes collectives où émerge un fort potentiel de
camaraderie
les clichés sélectionnés donnent à voir ces moments où les travailleurs échappent au contrôle des
patrons, quand ils lèvent les yeux de leurs machines, quand ils rient pendant le
déjeuner ou qu’ils prennent la parole lors de meetings
il semble que william matlala obtienne avec cette exposition dans l’incontournable et incontesté
Musée de l’Apartheid, la reconnaissance qu’il mérite après avoir passé toute sa vie
à s’immerger dans la vie ouvrière et à poser son regard plein d’humanité sur les acteurs de cet
ordre social
« à 63 ans, il se dit toujours photographe de rue. Son humilité dément la contribution de son
travail en tant que chronique et rappel de la non-durabilité de l’inégalité croissante d’une structure
de l’économie qui exploite une masse de travailleurs au profit de quelques-uns »
(First Thing, Daily Maverick)















