Classisme

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Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Classicisme.

Le classisme est une discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une classe sociale, et spécialement pour des raisons économiques.

La discrimination classiste est rendue possible par l'adhésion à la théorie de la stratification sociale, à savoir que la société soit divisée en classes sociales. Les classistes qui assument leur appartenance à une classe sociale peuvent ainsi légitimer leurs avantages et les préjudices de ceux qui n'en sont pas.

Spécificité de cette discrimination[modifier | modifier le code]

Le classisme est un phénomène semblable au racisme. La discrimination ne se base alors pas sur les différences ethniques, mais sur l'appartenance à différentes classes sociales, due aux conditions socioéconomiques. Cette discrimination est parfois renforcée par du racisme, lorsque la stratification des classes coïncide, au moins pour partie, avec des ethnies déterminées ou supposées telles, provoquant alors un télescopage des sentiments discriminatoires raciste et classiste. De même, le classisme peut aussi être associé au sexisme, comme l'indique l'anthropologue féministe Ochy Curiel (en) : « Le fait d’être des femmes noires nous place en situation d’oppression à la fois de genre, de « race » et de classe : en plus d’être des femmes et définies « racinement » comme noires, la plupart d’entre nous font partie des couches sociales les plus appauvries. »[1]

Naomi Klein, dans son livre « No Logo », explique toutefois que lutter contre le classisme n'est pas comparable à lutter contre les autres formes de discrimination, car il ne s'agit pas seulement d'un « problème de prise de conscience » mais plus largement des « questions plus cruciales de répartition des richesses ». C'est cette différence qui explique à ses yeux que le concept de classisme soit moins courant que ces équivalents le racisme, le sexisme, etc. :

« Ce que je remets en cause, ce sont les luttes que nous, guerriers nord-américains de la culture, ne sommes pas arrivés à livrer. À l'époque la question de la pauvreté n'était pas souvent évoquée ; bien sûr de temps à autre, dans nos croisades contre le trio des « ismes », quelqu'un soulevait le « classisme » et, dépassés en termes de politically correct, nous ajoutions consciencieusement « classisme » à notre liste noire. Mais notre critique se concentrait sur la représentation des femmes et des minorités au sein des structures de pouvoir, et non sur l'économie qui sous-tendait ces structures. La « discrimination contre la pauvreté » (...) ne pouvait être résolue par un changement de perceptions ni de langage, ni même, au sens strict, de comportement individuel[2]. »

Conséquences politiques[modifier | modifier le code]

Il existe des idéologies politiques fondées sur chaque type de classisme, qui peut ainsi toucher quiconque appartient à une classe sociale déterminée. Selon Max Weber, une fois qu'un groupe ou une classe a obtenu un statut social élevé grâce à certaines réussites, ses membres tendent à limiter les opportunités que d'autres individus prennent leur place, ce qui est enclin a générer des conflits qui peuvent déboucher sur une révolution.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ochy Curiel, « La lutte politique des femmes face aux nouvelles formes de racisme. Vers une analyse de nos stratégies », in Nouvelles Questions féministes, 2002/3, Éditions Antipodes, p. 84.
  2. No Logo : La tyrannie des marques [« No Logo: Taking Aim at the Brand Bullies »], Actes Sud, coll. « Babel », (1re éd. 2001), 752 p. (ISBN 978-2-7427-3780-2)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]