N'ayant pas participé ces derniers mois
aux défis de l'atelier Mil et Une,
j'ai décidé, pour rattraper mon retard,
de grouper les trois derniers sujets
et d'en tirer un texte unique.
Voilà ce que ça donne :
Ateliers d'écriture mensuels : textes, poèmes et jeux littéraires
N'ayant pas participé ces derniers mois
aux défis de l'atelier Mil et Une,
j'ai décidé, pour rattraper mon retard,
de grouper les trois derniers sujets
et d'en tirer un texte unique.
Voilà ce que ça donne :
La liste
Bon, ben...ça y est. Jupiter s'est décidé : c'est sûr, c'est officiel, depuis ce soir, je suis nommée "cheffe du gouvernement". La nuit va être longue. Je dois choisir mes ministres.
Je crois qu'une petite promenade dans les rues de Paris s'impose...ça me fera du bien. Prendre l'air me rafraîchira les idées et ça m'évitera de tourner comme une lionne en cage dans mon bureau.
Un chapeau sur la tête pour qu'on ne me reconnaisse pas...et c'est parti. Idéfix, tu viens avec moi ? Oui ? Super, ça me donnera une contenance de te tenir en laisse. Et puis faut que je m'entraîne pour faire la même chose avec mon équipe. La tenir fermement, je veux dire.
Montmartre. Trop beau. Même la nuit. Même en hiver. Je me régale. J'adore ce quartier. Ses cafés, surtout.
Alors, voyons voir...Pour le ministère de la Cause Animalière...Je verrais bien...Amélie Poulain. Nom prédestiné, petit minois sympathique, grande sensibilité et inventivité hors-pair. Idéfix, ça te va ? Ouah, ouah, ouiih... ? Allez, on n'en cause plus, c'est noté.
Si je finalise ma liste ce soir, je pourrai peut-être faire un tour au cinéma demain ? Je crois qu'il y a de bons films en ce moment. "Un p'tit truc en plus", ça me tente. C'est précisément ce que doit avoir chacun de mes ministres...un "p'tit truc...en plus".
Bon, alors, ministère de la Culture, du Cinéma et des salles obscures ? ça c'est facile...Cléopâtre ! A la remise des prix, ça aura de la gueule... Qui d'autre pour "tenir un César", je vous le demande...
Ministère du Travail et des cocottes en papier ? Gaston Lagaffe, of course...Je sens qu'on va passer quelques bons moments...Marre de tous ces "tristus en cravate" qui se succèdent depuis des années à ce poste. Un peu plus de décontraction et de fantaisie, que diable ! Faut que ça "boome" !
Ministère de la Défense et des Armées : hum, là, on a trop dépensé ces derniers temps...le budget a explosé. Faut prévoir quelques économies. Perceval Le Gallois ? Les lances, ça devrait pas coûter trop cher...et pis, comme "ancien combattant", il est parfait...Hop ! C'est entendu. Le plus coton, ça va être d'obtenir son 06. C'est pas gagné, mais peut-être que Mademoiselle Jeanne pourrait m'aider...
Ministère des Transports et de la Sécurité routière ? Plus difficile. J'hésite entre James Dean, Grâce Kelly et...Pierre Palmade. Pour l'instant, je note les trois. On verra plus tard.
Ministère de la Vieillesse et des Sports ? Sans hésitation, Jeannie Longo. mais prévoir un CDD. Sinon, elle est encore là en 2050.
Porte-parole du gouvernement ? Y'a pas photo, ça ne peut être que lui : Achille Talon. Prolixe, fin, brillant, cultivé...belle présentation...et jamais à court d'arguments. On ne peut rêver mieux.
Ministère
de l'Agriculture : un poste-clé. Il convient de mettre quelqu'un de calme,
de pédagogue, quelqu'un qui apaisera les tensions...Charles Ingalls sera parfait.
Ministère de la Ville : j'en ai un qui la connaît comme sa poche, de bas en haut et de haut en bas. Il l'a parcourue dans tous les sens...Spiderman !
Ministère de l'Egalité entre les femmes et les hommes : Madame Doubtfire ???
Ministère des Finances : là, j'ai envie de faire un "coup d'éclat"...ça ne va pas plaire à tout le monde, mais je verrais bien...Robin des bois !
Ministère de l'Intérieur : le Chat de Schrödinger ?
Pfff ! ça m'épuise, tout ça ! Idéfix, arrête de tirer sur ta laisse...tu vas faire tomber mon portable...et je vais devoir tout recommencer. Voilà, voilà, c'est ça...ralentis...et prends de bonnes habitudes : à partir de maintenant, tu es un personnage public, toi aussi. Plus question de faire pipi n'importe où ! Oui, oui...mon vieux, t'inquiète, on s'arrêtera un peu. Y'a un marché de noël, un peu plus loin. Je ferai une petite pause...et on trouvera un endroit pour tes...besoins.
Je continue.
Ministère de la Justice : Zorro (secondé par le sergent Garcia)
Ministère des Affaires étrangères : Tintin (ah, non, zut...Il est belge).
Ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et de la forêt : Tarzan ! (évidemment).
Ministère de l'Intelligence naturelle : Bécassine (c'est ma cousine).
Pfffou...Je sens que je faiblis. Je n'ai plus d'idée. Et je tombe dans le népotisme. Je crois que je vais m'arrêter là. Chat GPT terminera à ma place. Soyons moderne !
Pour l'instant, je vais aller déguster quelques douceurs au café du coin. Je rêve d'un Cappucino et d'une part de Linzer Torte...
Comment ça, c'est pas très français ? Mais je fais ce que je veux, moi, Monsieur ! Je suis première ministre.
Couché, Idéfix, couché !
Madame La Licorne
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(j'ai placé les mots du titre)
.
- Atelier d'écriture pour le mois de janvier -
Rappelons que vous pouvez , au choix :
- Tout simplement, placer les mots de ce titre
dans votre texte
- Ou faire en sorte que ce titre de livre
soit aussi le titre de votre texte
- Ou, troisième et dernière possibilité,
faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée
.
Envoi à [email protected]
avant le 21 janvier 2025
Au plaisir de vous lire !
La Licorne
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Tu danseras, petite,
Le tango de l'école,
La ronde des marelles et des cordes à sauter,
Le quadrille des « Oh ! Marre de ces leçons, devoirs ! »,
Le jerk des amitiés,
La valse des buissons
Qui donnent des frissons.
Tu danseras, petite,
Sur les scènes de juin,
Sur les parquets de bal,
Sur le volcan du monde.
Tu auras ton quart d'heure de gloire américaine !
Fred Astaire, La la land,
Ginger Rogers, Judy Garland.
1,2,3,
1,2,3,
Compte sur ta grand-mère
Pour t'apprendre les pas
Des aimables sardanes,
Des gavottes anciennes,
Des menuets exquis,
Pour te montrer surtout la route du Madison
Mais dis-toi que parfois
- Car ainsi va la vie -
Tu danseras aussi, plus tard,
Des tas de rocks bizarres,
Le hip-hop des galères,
Le ska des buffets vides
Et le pogo des guerres.
Tu danseras avec les loups,
Tu danseras avec des hommes
Qui sont parfois des loups pour l'homme
Et encore plus pour la femme.
Tu danseras peut être, un jour,
Si tu vieillis, ce que je souhaite,
La Danse des grands mères sur le pont d'Avignon,
En couronne sur le Rhône,
En farandole sur la Durance,
En cerise sur l'endurance : la ridée huit temps !
A toi de suivre ta cadence,
De te méfier des évidences,
De choisir quelle sera ta danse
Pour éviter la décadence
Et transmettre à ton tour
Avec beaucoup d’amour
De la main à la main
Les promesses du genre humain.
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LA DANSE DES GRANDS-MÈRES
Sous le voile du temps, une étreinte se forme,
Deux âmes liées, en un amour sans norme.
La grand-mère, au visage marqué par les ans,
Serre contre elle le bébé dans un doux élan.
Ses lèvres, délicates, effleurent le front,
Un baiser éternel, un geste profond.
Peau lisse contre peau rugueuse et ridée,
La danse des grands-mères, un amour partagé.
Dans le noir et blanc de cette photo,
Une histoire se dessine, un tendre écho.
La grand-mère murmure des mots silencieux,
Des contes d'autrefois sous le ciel radieux.
Le bébé, bercé par cette douce chaleur,
Trouve dans ces bras un cocon de bonheur.
La danse des grands-mères, un ballet d'émotions,
Une valse de tendresse, au-delà des saisons.
Chaque ride raconte une histoire vécue,
Chaque sourire, une joie, une peine tue.
Dans ce moment figé, la vie éclot,
Un amour immortel au-delà des mots.
Dans cette photo, ce moment suspendu,
Rappelle à chacun la force du vécu.
La danse des grands-mères, un chant sacré,
Transcende le temps pour l'éternité.
C’était par un soir de pleine lune. Le vent
chatouillait mon nez et remuait des souvenirs antédiluviens. Des souvenirs d'avant.
Parce que, j'sais pas vous, mais moi, depuis dix ans, je me sens dans l'insécurité permanente. Avant, non. Avant, ça allait. On allait au travail, on se retrouvait entre potes, on allait au café, au ciné, au resto, on mangeait, on rigolait...on vivait, quoi.
Et puis, début 2015, y'a eu comme...un tournant...tout a commencé à mal tourner. Attentats, massacres, bombes...on n'avait plus trop envie de rigoler. Ni de sortir. Ni de déconner.
"Fais-pas ton Cabu ! Tu vas nous attirer des ennuis !". Tout à coup, les amis sont devenus moins "bath"...La plupart étaient même carrément "à clan".
Mon pote Charles, par exemple, il a complètement disjoncté. Il répétait toute la journée "Je suis Charlie" ok , "Je suis Charlie"...ok ?
Un vrai père "OK"...On n'arrivait plus à l'arrêter. Il était comme un disque rayé. Au bout de six mois, sa femme l'a emmené chez un psychiatre. Il lui a dit que c'était un cas d'idiosyncrasie (*) . Sa femme, elle n'a pas trop compris. Faut dire qu'elle n'a pas fait beaucoup d'études. Enfin, pour être honnêtes, nous non plus, on n'a pas tout compris. Mais depuis, le vieux, on l'appelle plus que "l'Idiot-Saint-Crazy".
C'est pour rire, bien entendu. C'est affectueux. Rayé ou pas, on l'aime bien notre Charles, il est sympa. Et en plus, il a une belle voiture, une grosse cylindrée. Avant, il nous emmenait en vadrouille. On montait avec lui, et on partait au bout du monde. Comme ça. Sur un coup de tête. Et on revenait le lendemain. Ca faisait râler nos meufs, mais nous, on adorait ça. C'était cool.
On ne le fait plus, maintenant. Y'a plein de choses qu'on ne fait plus d'ailleurs. On ne va plus au concert, on ne va plus boire en terrasse, on ne fête plus la Saint-Sylvestre tous ensemble, non plus.
Faut dire qu'en 2021, y nous ont cassé l'ambiance. Les flics ont débarqué. En pleine fiesta. On a bien essayé de leur faire croire qu'on était moins de six...mais bon, rien que dans les toilettes, y'en avait déjà plus que ça. Enfin, c'est ce que les képis ont constaté quand ils ont défoncé la porte.
Après tout ce bazar, après les attentats et le Covid, on pensait qu'on allait avoir la paix. Mais non, juste après, on a eu...la guerre. En Ukraine.
Là, c'était pas drôle non plus...vu que la mère à mon pote Igor, elle est d'origine russe. Et que son père, lui, il est ukrainien. Dès le début du conflit, l'ambiance s'est sérieusement dégradée chez eux. C'étaient des discussions et des disputes à n'en plus finir, du matin au soir. On les entendait jusqu'au bout de la rue.
Et un beau jour...Bang bang ! On a retrouvé la mère d'Igor dans une mare de sang. Juste avant de se suicider, elle avait mis sa plus belle tenue : sa robe traditionnelle avec des galons dorés et ses plus belles chaussures. C'est Igor qui l'a trouvée dans son salon. Ce qu'il a vu en premier, ce sont ses talons Louboutin qui dépassaient du canapé. L'horreur.
Du coup, Igor, il a fait comme Charles : il s'est retrouvé chez le psychiatre. Et le bilan est tombé : dépression carabinée. On lui a prescrit un séjour de quelques semaines à l'HP.
Et c'est là que je vais, ce soir, avec ma boîte de chocolats de noël à la main et l'"Idiot-Saint-Crazy" qui m'accompagne. Le Charles, il m'a répété au moins dix fois : " Je vais avec toi, ok ? Je vais avec toi, ok ?". Je n'ai pas osé lui dire non. On y va donc ensemble. Je dois dire que, quelque part, ça me rassure, de l'avoir à mes côtés et de ne pas déambuler seul dans les rues désertes. En plus, coup de chance, c'est soir de pleine lune...on n'est pas totalement dans le noir...Allez, c'est bon, je me sens presque en sécurité.
La Licorne
(*) En psychiatrie,
l'idiosyncrasie (ou idiosyncrasisme) est l'utilisation de néologismes,
de mots ou de phrases « hors contexte », inadaptés par rapport à la
situation présente (dans des cas d'autisme par exemple).
Titre (obligatoire) :
« L’insécurité permanente »
Début à reproduire :
« C’était par un soir de pleine lune.
Le vent chatouillait mon nez
et remuait des souvenirs antédiluviens. »
Mots à intégrer :
– Bang-bang
– sylvestre
– grosse cylindrée
– idiosyncrasie
– talons Louboutin.
Proximité et distance
Lorsque je regarde cette photo, ce sont les deux mots qui me viennent. Proximité et distance.
Proximité
du corps de ce bébé et de la tête de cette personne âgée que l'on
identifie aisément comme une grand-mère et sa petite-fille (laissez-moi
le choix de penser que c'est une fille).
Distance temporelle parce
qu'elles appartiennent à deux époques distinctes, différentes, et ne
font que se croiser provisoirement. L'une vient d'arriver, l'autre s'en
ira bientôt. Il y a forcément quelque chose qui les unit, quelque chose
qui les sépare. Une femme qui a traversé une longue histoire dont on ne
sait rien, si ce n'est que la grand-mère a traversé bien des épreuves
personnelles et collectives. N'est-ce pas notre lot à tous ? Si ce n'est
qu'on devine qu'elle a bonifié en personnalité. Ça se voit sur le
visage et ça se devine dans l'attitude avec le bébé.
Et puis il y
a ces deux regards qui ne se croisent pas. C'est peut-être là tout
l'intérêt et la force de la photo qui incite à la méditation plus
profonde que joyeuse, plus forte qu'instantanée. Qui éternise quelque
chose.
Grand-mère regarde vers le bas, comme si elle revoyait toute
une vie qui fut la sienne et qui allait se poursuivre bientôt sans elle,
mais aussi se prolonger d'une autre manière. La suite des générations
comme on dit.
Bébé à peine fillette qui regarde au loin, devant, vers
la vie. Elle se contente d'être « en vie » pas encore vraiment dedans.
Mais bébé ressent. Tout. Absorbe tout. Fait et fera son miel de tout. On
sait plus ou moins désormais que dans sa tête c'est l'effervescence
permanente et qu'on s'est mis au boulot pour très longtemps, sans un
seul temps d'arrêt. Ça promet d'être passionnant. Enfin on l'espère.
Cette mamie, à la fois sympathique et émouvante va-t-elle entrer dans « la danse des grands-mères » ?
Quoi
qu'il en soit, ce livre de Clarissa Pinkola Estes, comporterait
cette citation : « Quand quelqu’un vit vraiment, les autres en font
autant. ». Alors on souhaite qu'une danse d'accomplissement apporte de
la joie et du bonheur de vivre jusqu'au dernier souffle, autant pour
toi, petite fille, que pour vous Mamie, si attentive à tout ce qui est
le plus précieux.