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<title>VICE</title>
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<description><![CDATA[ RSS feed for VICE.com
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<language>fr</language>
<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 14:00:50 -0400</pubDate>
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<image><title>VICE </title>
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<title>Peut-on déceler des traces de maladies mentales dans les tableaux des plus grands artistes?</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/peut-on-deceler-des-traces-de-maladies-mentales-dans-les-tableaux-des-plus-grands-artistes</link>
<pubDate>Wed, 27 Jul 2016 12:07:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[On a souvent fait des liens entre folie et création. Qu'ils soient justifiés ou non, personne ne niera la prégnance de l'image de l'artiste torturé dans notre inconscient collectif.
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<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/27/peut-on-deceler-des-traces-de-maladies-mentales-dans-les-tableaux-des-plus-grands-artistes-1469622682.jpg" type="image/jpg" length="1536"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/c37c73dbc54169073aa0d058d88d443a.jpg" style="width: 640px; height: 422px;"><em>Dali et Picasso, innocents génies ou graves pervers narcissiques ?</em><br></p><p>	L'article original a été publié sur <a href="http://thecreatorsproject.vice.com/fr/blog/peut-on-deceler-des-traces-de-maladies-mentales-dans-les-tableaux-des-plus-grands-artistes">The Creators Project</a><br></p><p>	On a souvent fait <a href="http://www.slate.fr/story/67851/genie-folie-creativite-pathologie">des liens</a> entre folie et création. <span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c44-9c06-ef25-36add4232822">Qu'ils soient justifiés ou non, personne ne niera la prégnance de l'image de l'artiste torturé dans notre inconscient collectif. En témoigne notre fascination pour les poètes maudits, les morts prématurées de </span> <a href="http://kalakarrika.mondoblog.org/2014/06/02/le-top-10-des-peintres-maudits/">Basquiat et Modigliani</a> <span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c44-d09b-4b30-4b00a259ad56">u la moitié de la filmographie de Colin Farrell. Cette idée, née de la période romantique, s'est consolidée sous l'impulsion des surréalistes au début du siècle dernier et des pionniers de l'art brut, « l'art des fous », à l'image d'Adolphe Wölfli. Ainsi, le génie artistique pourrait-il être le fruit de la folie — à moins que ce ne soit l'inverse? À en croire une étude du</span> <a href="http://www.psychomedia.qc.ca/sante-mentale/2011-11-26/trouble-bipolaire-schizophrenie-creativite">une étude</a> du <em>British Journal of Psychiatry</em><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c45-b588-d972-f47ab02fb915">datant de 2011, l'hypothèse n'est pas ridicule : les personnes créatives seraient plus touchées par des psychoses comme la schizophrénie et les troubles bipolaires. Souffrir pour créer. D'accord</span>.</p><p dir="ltr">Cependant, folie et création peuvent se côtoyer sans que l'une soit nécessairement issue de l'autre. C'est le cas notamment, dans l'art-thérapie, une pratique qui, comme son nom l'indique, consiste à exploiter les effets de l'art (la musique, la peinture ou toute autre modalité artistique) dans un but thérapeutique. Dans une société plus rationnelle qu'intuitive, on conçoit de plus en plus que ce dernier puisse avoir des vertus cathartiques : de Nietzsche à Pépin, les philosophes se sont beaucoup intéressés aux potentiels bienfaits thérapeutiques de l'Art. Ainsi, en regardant un tableau de Bosch, de Bacon ou de Van Gogh, nous nous sommes dit qu'il était certainement possible de déceler la trace de folie chez leur créateur. Comme l'avait fait Hans Prinzhorn en 1922 avec <a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Connaissance-de-l-Inconscient/Expressions-de-la-folie">Expression de la Folie</a>, <span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c47-0954-e3e2-6ca8785129ee">en se basant sur les œuvres « d'aliénés », nous avons sélectionné douze artistes chez lesquels nous suspections une maladie mentale quelconque. Nous avons ensuite demandé à</span> <a href="http://art-therapeute.org/Regis_BOGUAIS/Bienvenue_2.html">Régis Boguais</a>, ancien vice-président de la <a href="http://www.ffat-federation.org/">Fédération française des art-thérapeutes</a> <span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c47-7498-46f7-68eb819b5c15">et chargé d'enseignement en art-thérapie à l'université Paris I, si notre diagnostic était correct</span>.</p><p dir="ltr">Il faut rappeler avant toute chose que, lorsqu'on parle de diagnostic à partir de productions artistiques, il s'agit en fait de psychopathologie de l'expression, compétence des psychiatres et des psychanalystes. Ce n'est pas de l'art-thérapie, où un dialogue avec le patient est essentiel et exclut les interprétations diagnostiques contrairement à ce que peut fantasmer le grand public. Toutefois, les deux disciplines s'inscrivent dans un continuum historique. Cet exercice est plutôt à envisager comme une sorte de test projectif. De fait, il ne s'agit en aucun cas de poser un diagnostic normatif et irrévocable à partir d'une œuvre d'art, mais plutôt de tenter d'interpréter de manière subjective l'état mental hypothétique de l'artiste qui l'a créée.</p><p dir="ltr">
	<strong>KANDINSKY</strong><br><strong><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c47-e189-6e1f-ee219e29b572">Diagnostic : synesthésie</span></strong></p><p class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/594d1dc189b5625ced1eb1ac76c06d93.jpg" style="width: 640px; height: 545px;"><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c48-19f3-6e3f-385c454cb388">Wassily Kandinsky, Segment bleu<em>, </em><em>1921, huile sur toile, musée Guggenheim de New York</em></span><i></i></p><p dir="ltr">Régis Boguais : La musicalité du travail de Kandinsky est manifeste. Il définit les nécessités de l'artiste comme « l'expression de soi » et dans le même temps de « l'intériorisation de la détermination extérieure ». Cela signifie que Kandinsky, un artiste qui a beaucoup réfléchi sur le processus artistique, nous dit que l'artiste exprime une certaine subjectivité dans son travail tout en intériorisant les règles de la société et de la culture dans lesquelles il évolue. En même temps il parle de nécessité intérieure, ce qui équivaut plus ou moins à un « désir impérieux de produire ». Vous parliez de vertus cathartiques de l'art : on est complètement là-dedans, pas dans la maladie mentale.</p><p>
	<strong>BOSCH</strong><br><strong><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c48-949b-eb82-3157804283b8">Diagnostic : perversion</span></strong></p><p class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/4905e208a8a843c129d7851430775b46.jpg" style="width: 640px; height: 365px;"><em>Jérôme Bosch, </em>Le jardin des délices<em>, XIVe siècle. Huile sur panneaux de bois</em><br>
	<br><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c48-e78a-d85c-e0ee06fa5d85">Il faudrait d'abord définir ce qu'est la perversion. Il faudrait aussi voir l'ensemble de l'œuvre, car c'est assez compliqué sur un seul tableau. Néanmoins, on voit bien qu'on peut faire des parallèles avec les aliénés et les fous qui parlent de l'enfer. Il y a sans doute des images de l'ordre de la métaphore de sa psyché qui doivent être retranscrites dans son travail. Mais, encore une fois, l'interprétation est difficile. Un sémiologue de l'art pourrait établir une analyse plus facilement.</span></p><p>
	<strong>POLLOCK</strong><br>
	<strong>Diagnostic : hyperactivité</strong></p><p class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/fdb8464a6a37566fc42fdae24b5021e1.jpg" style="width: 640px; height: 323px;"><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c49-cb51-5553-9552acaf33ca">Jackson Pollock, Number 31<em>,</em><em> 1950, acrylique sur toile</em></span></p><p dir="ltr">C'est sûr que c'est répétitif, donc on pourrait se dire que c'est de la stéréotypie et qu'il n'arrête pas de faire la même chose. Les stéréotypies sont des gestes répétés qui n'ont pas nécessairement de sens, mais qui permettent de remédier à une angoisse, comme une sorte de compulsion. Mais bon, Pollock disait lui-même qu'il avait une souffrance psychique, que la peinture l'aidait et qu'elle lui a permis de faire un parcours artistique qui l'apaisait.</p><p dir="ltr">
	<strong>VAN GOGH</strong><br>
	<strong>Diagnostic : démence</strong></p><p class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/797e3a976b3dac844858ccda10912548.jpg" style="width: 640px; height: 507px;"><em>Vincent Van Gogh, </em>Nuit étoilée<em>, 1889, huile sur toile</em></p><p dir="ltr">Alors, bien évidemment, on sait de Van Gogh qu'il s'est coupé une oreille, donc, on peut sans trop de risques émettre l'hypothèse qu'il souffrait d'une psychopathologie, même si ça reste très normatif de dire ça. En revanche, dans ce tableau en particulier, je ne saurais pas vous dire ce qui ressort.</p><p dir="ltr">
	<strong>BACON</strong><br>
	<strong>Diagnostic : dépression</strong></p><p class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/51ad2ca14fe0554d433e022d227e0386.jpg" style="width: 640px; height: 473px;"><em>Francis Bacon, </em>Painting<em>, 1946, huile sur toile</em></p><p dir="ltr">Je pense que Francis Bacon est particulièrement intéressant. On voit bien ce qu'il souhaite retranscrire dans sa peinture. Je ne connais pas ce tableau que vous me présentez, mais je me souviens d'un triptyque qui s'appelle « <a href="http://www.biographie-peintre-analyse.com/2009/07/01/bacon-francis-trois-%C3%A9tudes-de-figures-au-pied-d-une-crucifixion-1944-analyse-d-oeuvre/">Trois études de figures au pied d'une crucifixion</a> » <span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c4e-7607-fa64-cec64f013f39">et qui date de 1944. L'angoisse y est très bien retranscrite de manière plastique. Il a sans doute voulu décrire une angoisse. La sienne? Je ne sais pas. Il faudrait regarder dans une monographie si on en parle ou pas. En tout cas, c'est sûr que le thème de son travail, quand on voit des chairs découpées par exemple, n'évoque pas spontanément le bien-être et la joie de vivre</span>.</p><p dir="ltr">
	<strong>LOUISE BOURGEOIS</strong><br>
	<strong>Diagnostic : complexe d'Électre non résolu</strong></p><p class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/81f54f2b47d9a2d8b3f651a97dc76997.jpg" style="width: 640px; height: 427px;"><em>Louise Bourgeois, </em>Maman<em>, 1999</em></p><p dir="ltr">La psychanalyse n'est pas mon école de référence, mais ce serait intéressant d'allonger Louise Bourgeois sur le divan. C'est sûr qu'elle a beaucoup parlé des araignées, des phallus et des objets sur lesquels on peut focaliser une phobie. Elle a probablement voulu établir un lien avec les peurs de l'enfance et avec la psyché en général.</p><p>
	<strong>SOPHIE CALLE</strong><br><strong><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c4f-159a-8aa5-8f0abcf44656">Diagnostic : insécurité et besoin d'attention</span></strong></p><p class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/9b0944bb0164b6de2d32d391288e0f8f.jpg" style="width: 640px; height: 340px;"><em>Sophie Calle, </em>The Sleepers<em>, 1981</em></p><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c50-2993-4b77-53485adac31e"><p dir="ltr"><br>Avec Sophie Calle, on est dans l'art contemporain. Je ne sais pas ce qu'est ce travail, mais, en général avec cette artiste, on touche aux mythologies personnelles. Avec elle, on est un peu dans le faux. Donc, il est difficile de dégager des éléments de sa biographie puisqu'elle utilise des inconnus. En tant qu'art-thérapeute, je serais intéressé à avoir une discussion avec elle à ce propos.</p></span><p dir="ltr">
	<strong>BANKSY</strong><br><strong><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c50-9c73-2366-3a4f4fd81d93">Diagnostic : le besoin d'anonymat pourrait cacher une schizophrénie ou une paranoïa</span></strong></p><p class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/3664d08c93b9f7477b6ee1db6164732a.jpg" style="width: 640px; height: 400px;"></p><p dir="ltr">La médiatisation peut parfois être un peu délétère. Il existe ce qu'on appelle « un traitement mondain de l'œuvre d'art », qui correspond au moment où l'œuvre sort de l'atelier et est exposée au regard des autres, du monde. Chez les schizophrènes, par exemple, ce traitement mondain peut être très violent : on a eu des cas de suicide après exposition lorsque l'artiste schizophrène n'avait pas explicitement donné son accord pour exposer; c'est d'ailleurs un point important à prendre en compte en art-thérapie. Personnellement, je n'irais pas voir du côté psychopathologique pour l'anonymat de Banksy. Le fait d'être anonyme est partie intégrante de sa notoriété.<br>
	<br>
	<strong>CHRISTO</strong><br></p><p dir="ltr"><strong>Diagnostic : que signifie cette volonté de tout emballer?</strong></p><p class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/ea823af223170ba6200f9d2cd95e117b.jpg" style="width: 640px; height: 480px;"><em>Christo et Jeanne-Claude.</em></p><p dir="ltr">Pour Christo, c'est plus un commentaire artistique qu'un diagnostic psychopathologique. Emballer quelque chose permet de le mettre en évidence. Il souhaite sûrement créer une sorte de signe visuel dans les choses du quotidien. <a href="http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/09/18/26010-20150918ARTFIG00300-le-22-septembre-1985-christo-emballe-le-pont-neuf.php">Quand il enveloppe le pont Neuf</a>, <span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c51-b32a-83fa-e9b57a6132f3">il souhaite sûrement faire réagir les gens qui passent par ce pont tous les jours et pour qui ce n'est qu'une route, alors qu'une fois enveloppé, c'est comme s'il y avait un coup de stabilo  dessus.</span></p><p dir="ltr" class="has-image">
	<strong>FRIDA KHALO<br></strong><strong>Diagnostic : volonté d'exorciser le passé</strong><br><br><img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/8638bab5bc51fee525bb1e5c9e83668c.jpg" style="width: 640px; height: 505px;"><em>Frida Kahlo, </em>Hospital Henry Ford<em>, 1932, huile sur toile. </em></p><p dir="ltr">Frida Khalo est une artiste mexicaine qui a eu un accident en prenant le bus et qui est restée alitée pendant de longs mois. Elle avait trois choses en tête : peindre, peindre et peindre. La peinture l'a vraiment aidée moralement pendant cette épreuve. Elle peignait alitée, et ça l'a soutenue, au sens propre comme figuré. On parlait de nécessité intérieure tout à l'heure avec Kandinsky, c'est exactement la même chose pour Khalo. Elle l'avoue elle-même et on le voit plus ou moins dans ce tableau. L'exorcisation du passé est une piste intéressante.</p><p>
	<strong>MATISSE</strong><br><strong><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c53-aa1e-c51a-a1edce452542">Diagnostic : besoin de tout découper qui relève sûrement de la psychopathie</span></strong></p><p dir="ltr" class="has-image">
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/10fbb4ff84572efa5533396df380297e.jpg" style="width: 640px; height: 480px;"><em>Matisse, gouaches découpées</em></p><p>À la fin de sa vie, Matisse est devenu aveugle. En revanche, il avait toujours cette nécessité intérieure de créer. Il a donc trouvé un moyen d'avoir une production plastique en faisant du collage et en découpant des formes dans des papiers peints colorés. Même aveugle à la fin de sa vie, il avait toujours un génie, une créativité et une nécessité intérieure.</p><p dir="ltr" class="has-image">
	<strong>HIRST</strong><br><strong><span id="docs-internal-guid-4f39de44-2c54-404d-0e41-076798584a64">Diagnostic : névrose obsessionnelle ayant pour objet la mort</span></strong><br>
	<br>
	<img alt="" src="https://thecreatorsproject-images.vice.com/content-images/contentimage/no-slug/8e56cc2022dac492e474eb303f5198d3.jpg" style="width: 640px; height: 767px;"><em>Damien Hirst, vanité.</em></p><p dir="ltr">Il y a peut-être une récurrence dans son travail sur la mort. Là, spontanément, je vois des têtes de mort et ça me fait penser au Mexique et à Santa Muerte, où c'est quelque chose de culturel et pas du tout morbide. En art-thérapie, on accorde de l'importance aux récurrences des thèmes dans les œuvres des patients. Ensuite, on les interroge, si c'est pertinent, sur cette récurrence. Ce serait trop normatif et « pathologisant » de dire qu'Hirst est névrosé obsessionnel et se focalise sur la mort. Il souhaite peut-être simplement esthétiser la mort.</p><p dir="ltr"><em>Suivez Robin Cannone sur <a href="http://twitter.com/robincannone">Twitter</a> et sur <a href="http://www.robincannone.com/">son site</a>.</em><br></p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Robin Cannone</dc:creator>
<media:category>culture</media:category>
<category>culture</category>
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<title>Le meilleur du disco canadien selon les meilleurs DJ canadiens</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/le-meilleur-du-disco-canadien-selon-les-meilleurs-dj-canadiens</link>
<pubDate>Wed, 27 Jul 2016 13:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Même si peu de morceaux disco canadiens se sont hissés au sommet des palmarès, les diggers sérieux ont découvert de nombreuses pépites conçues ici.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/26/le-meilleur-du-disco-canadien-selon-les-meilleurs-dj-canadiens-1469547111.jpg" type="image/jpg" length="640"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/26/le-meilleur-du-disco-canadien-selon-les-meilleurs-dj-canadiens-body-image-1469547130.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="640" data-model-id="208296" data-path="images/content-images/2016/07/26/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/26/" data-image-filename="le-meilleur-du-disco-canadien-selon-les-meilleurs-dj-canadiens-body-image-1469547130.jpg" class="vmp-image"></p><p><em>L'article original a été publié sur <a href="http://noisey.vice.com/fr/blog/le-meilleur-du-disco-canadien-selon-les-meilleurs-djs-canadiens" target="_blank">Noisey</a>.</em><br></p><p>Quand on pense « Mecque du disco », on a plutôt tendance à citer New York, Los Angeles ou peut-être même Miami, mais rarement Toronto ou Montréal. Bien que le Canada n'ait jamais connu le même raz-de-marée qui a ravagé les États-Unis au cours des années 70 et inscrit de méga-clubs locaux au panthéon des discothèques, la culture disco n'a pas traîné à faire son chemin jusqu'au Nord du continent américain.
</p><p>Même si peu de morceaux disco canadiens se sont hissés au haut des palmarès, les mélomanes sérieux ont découvert de nombreuses pépites conçues ici. On a demandé à dix de nos mélomanes préférés de rendre ses lettres de noblesse au disco canadien et de nous livrer leur titre préféré du genre, avec ou sans patins à roulettes. Voilà ce qu'ils ont choisi.
</p><h2><strong><em>Spark The Universe, </em>de </strong><strong>RAMM</strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/PtUjGv0REok" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>J'écoutais cette compile de bootlegs dark disco il y a quelques années, quand j'ai entendu cette voix, qui m'a aussitôt ramené à ma jeunesse. On aurait dit Lorraine Segato du groupe pop Parachute Club, mais dans un contexte qui ne m'était pas du tout familier. Puis je me suis rendu compte que c'était effectivement elle, et qu'elle avait fait équipe avec le producteur Ken Ramm et la légende des studios Daniel Lanois pour produire ce tube disco. Grosse percu, mélange de punk, de new wave, de disco et de funk pour un titre qui continue encore à m'exciter aujourd'hui et qui me pousse à dire que ce trio hors du commun a sûrement encore d'autres trésors enfouis quelque part.<br> <br> <em>Linus Booth est la moitié des Jokers of the Scene, il anime l'émission </em>Lego Blocks<em> à</em><em> la radio TRP.</em><br>
</p><h2><strong><em>Black Stations/White Stations,</em> DE MARTHA AND THE MUFFINS</strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/os4eWX88OxA" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>Avec le recul, ça ressemble pas mal à un cri de détresse en direction des majors et des radios, et le groove des Talking Heads période <em>tongues</em> n'est sûrement pas étranger à ça. Cela dit, la production est tellement massive (salutations à Daniel Lanois) et les rythmes tellement puissants, que cette chanson de Martha a réussi à passer l'épreuve du temps, du moins pour mes oreilles. Elle s'est hissée à la deuxième place du palmarès dance des États-Unis dans les années 80, donc on peut dire que ce léger travestissement de leur style a porté ses fruits.<br> <br> <em>Jex Opolis est un DJ et producteur canadien qui vit désormais à NYC. Il est le patron du label Good Timin'.</em></p><h2><strong><em>Dancer,</em> DE GINO SOCCIO</strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/-3y2C8jqG8Q" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>Sans surprise, je mettrais <em>Dancer</em> de Gino Soccio sur la première marche du podium disco canadien. La scène de Montréal, menée à l'époque par Gino Soccio et Pierre Perpall (et même Gino Vanelli à ses débuts), devait être hyper excitante. Quoi qu'il en soit, <em>Dancer </em>reste le meilleur de tous leurs titres. Quand ce break spatial intervient en plein milieu du morceau, bordel, je pourrais écouter ça à longueur de journée!<br> <br> <em>Jeremy Greenspan est la moitié du duo électro-pop d'Hamilton Junior Boys.</em><br>
</p><h2><strong><em>Chicken Stomp,</em> de SMASH</strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/mByYWldTHOg" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>J'ai acheté ce disque quand je vivais à Toronto, à l'époque où la ville donnait naissance à une nouvelle scène rare groove, vers 1998. La face A du disque  est à la base un tube de 1963 signé The Surfaris. Smash en livre une version italo plus qu'honnête. Mais pour moi, la magie est sur l'autre face, avec cet authentique <em>Chicken Stomp</em>. Une guitare funky qui imite le son d'un poulet qui glousse – sérieux, comment trouver plus disco que ça? Selon Discogs – et je ne le savais pas – cet alias est un projet parallèle de Gerry Bribosia, le cerveau de G.B. & The Tracks. En bref, il représente tout ce que j'aimais dans un morceau à cette période : une ligne de synthé agressive, un beat progressif et beaucoup de sens de l'humour.</p><p> <em>Brennan Green est musicien, producteur et DJ. Il est basé à New York et a fondé Chinatown Records.</em><br>
</p><h2><strong><strong>FEELIN' GOOD</strong>, DE FRANCINE MCGEE</strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/rOaeSVnRAHg" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>En 1977, ce titre s'est classé dans les 20 des meilleures chansons dance au Royaume-Uni. Il fait partie de ces tubes qui bénéficient chaque année de leur lot de remix, et ça marche chaque fois, surtout en Europe. <em>Feelin' Good</em> a eu un énorme impact sur le marché européen quand il est sorti, et est toujours joué aujourd'hui. J'ai un peu honte de faire ma promo ici, mais je l'ai moi-même remixé.<br> <br> <em>Robert Ouimet est un DJ vétéran de Montréal, souvent considéré comme </em>«<em>le parrain du disco canadien </em>»<em>.</em><br>
</p><h2><strong><em>War Dance,</em> DE </strong><strong>KEBEKELEKTRIK </strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/0VTb7f2PM54" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>Un de mes disques favoris de tous les temps, produit et arrangé par la légende elle-même, Gino Soccio. Celui-ci est sorti en 1977 sur Directions Label, une boîte de Montréal, avant qu'il ne soit repris par la non moins légendaire étiquette Salsoul en 1978. Encore aujourd'hui, de nombreux DJ le jouent au pic de la nuit. Je le fais aussi, quand la vibe s'y prête, et souvent les plus jeunes pensent que c'est un disque de house.<br> <br> <em>Gene King est devenu DJ à Montréal en 1982. Il produit de la house depuis les années 90 et est à la tête de Shines Records.</em><br>
</p><h2><strong><em>Remember,</em> de GINO SOCCIO</strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/GxNFc41XM_w" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>J'ai trouvé ce disque sous une pile dans la cave d'un disquaire de Montréal à l'été 2003. Cette petite merveille était reléguée dans une caisse à deux dollars. L'album entier est également génial. Un vrai joyau du disco québécois.<br> <br> <em>Dinamo Azari vient de sortir son premier album solo, </em>Estranged<em>, et faisait aupravant partie du groupe deep-house Azari & III.</em><br>
</p><h2><strong><em>Murphy's Law,</em> de </strong><strong>CHERI</strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/FyIwF1ZTXZA" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>J'ai déménagé à Montréal en 2005 et j'étais surtout branché hip-hop à l'époque, mais je pouvais voir les restes du patrimoine disco dès que je fouillais les bacs de disques en ville. J'y ai vu plus de maxi 45 tours que n'importe où ailleurs. L'un d'eux qui m'avait particulièrement marqué était <em>Murphy's Law</em> de Cheri parce que a) c'était mon nom de famille; b) l'étiquette 6AM avait un super logo; et c) chaque disquaire de la ville avait obligatoirement un exemplaire de ce disque dans ses bacs. J'ai découvert ensuite que ce titre était méga populaire et que Cheri était une fierté locale – moitié canadienne, moitié américaine. Ce morceau est accrocheur comme c'est pas permis. On dirait un mélange de <em>Searching</em> de Change et de <em>The Whole World</em> d'Outkast, avec ces voix déformées en fond, c'est fou. Ça ressemble au premier morceau d'une soirée, ou au dernier de la nuit. Peu importe le moment où je l'entends, <em>Murphy's Law</em> me remonte toujours le moral. » (Et si vous cherchez son adaptation française, <a href="http://noisey.vice.com/fr/blog/noisey-playlist-semaine-82" target="_blank">c'est ici</a>.)</p><p><em>Skratch Bastid est un DJ et producteur basé à Toronto et originaire de Nouvelle-Écosse.</em></p><h2><strong><em>Hold Your Horses Baby,</em> de NANCY MARTINEZ</strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/HOdXhWcqfsw" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>Nancy Martinez est une chanteuse pop qui vient de La Prairie, sur la Rive-Sud de Montréal. Elle a parfois anglicisé son nom en Nancy Martin. Même si <em>Hold Your Horses Baby</em> n'a pas exactement été un tube à sa sortie en 1983, cette ligne de basse méga lourde mérite carrément plus de vues sur YouTube. C'est à nouveau une bonne surprise provenant des sous-sols de Montréal. En plus de ça, Neige Records est un nom parfait pour une étiquette.<br> <br> <em>Cadence Weapon est un rappeur et journaliste orginaire d'Edmonton, Alberta.</em><br>
</p><h2><strong>PHIL & FRIENDS BAND - « This Man »</strong></h2><p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/RAwiHdvR4kM" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div>
</p><p>« J'ai choisi celui qui reste encore aujourd'hui un mystère pour moi. Je soutiendrai corps et âme ce titre comique comme un des meilleurs maxis canadiens jamais sortis. Pour moi, tout est là : des vocaux complètement weird, un beat mortel et des pads épiques. Le titre réussit en même temps à être hyper sexe. Même s'il est volontairmeent lent, il est parfait pour le dancefloor. Je ne peux pas cesser d'imaginer l'effet qu'il devait produire dans un club de Montréal en 1980. Aaaah. »<br> <br> <em>Brandon Edward Hocura est la moitié de Invisible City, un duo de DJ et label de Toronto.</em><br> <br><em>Benjamin Boles est sur <a href="https://twitter.com/benjaminboles" target="_blank">Twitter</a>.</em><br></p>
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<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/26/le-meilleur-du-disco-canadien-selon-les-meilleurs-dj-canadiens-1469547111.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Benjamin Boles</dc:creator>
<media:category>music</media:category>
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<title>Pourquoi l’échange de P.K. Subban a autant brisé le cœur des Montréalais</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/pourquoi-l-echange-de-pk-subban-a-autant-brise-le-coeur-des-montrealais</link>
<pubDate>Tue, 26 Jul 2016 13:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Pour beaucoup, cette perte brutale représente plus que l'échange d'un joueur étoile : c'est une trahison.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis la retentissante annonce de l'échange de P.K. Subban, Montréal est sous le choc. Quand les Canadiens entrent dans les séries éliminatoires, il y a chaque fois l'espoir que les fantômes du Forum reviennent aider l'équipe à remporter sa 25e coupe Stanley et ainsi mettre à fin à la plus longue sécheresse de l'histoire de l'équipe. À sa façon, Subban est plus qu'un excellent joueur de hockey : il permet aux jeunes générations d'avoir une idée de ce qu'étaient les Canadiens des grandes années, quand l'équipe ne misait pas tout sur le jeu défensif et son gardien de but.
</p><p>On en parle peu, mais, au début des années 2000, les matchs des Canadiens n'ont pas tous été joués à guichets fermés. L'époque glorieuse était loin derrière et le jeu n'avait rien de spectaculaire. Plusieurs années ont été nécessaires pour regagner la faveur du public. De nouveau, tous les sièges étaient occupés aux matchs, mais ce n'est qu'en 2011 qu'on a recommencé à croire que les Canadiens pouvaient vraiment mettre un terme à leur disette. Quand Carey Price est devenu le gardien étoile qu'on attendait et qu'une recrue de 21 ans qu'on n'attendait pas est passée de la dernière à la première paire de défenseurs en une demi-saison.<br>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/26/pourquoi-lechange-de-pk-subban-a-autant-brise-le-coeur-des-montrealais-body-image-1469542556.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="900" data-original-height="691" data-model-id="208263" data-path="images/content-images/2016/07/26/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/26/" data-image-filename="pourquoi-lechange-de-pk-subban-a-autant-brise-le-coeur-des-montrealais-body-image-1469542556.jpg" class="vmp-image">
</p><p><em>Les partisans du tricolore vont s'ennuyer de sa capacité à faire de la magie avec la rondelle. Photo : Jean-Yves Ahern</em>, USA TODAY Sports<br>
</p><p>La domination de Subban pendant ses six saisons avec le tricolore est statistiquement prouvée : deuxième parmi les défenseurs pour le nombre de points et premier pour la moyenne de points par match en série. Il a remporté le trophée Norris, remis au meilleur défenseur de la ligue. Et surtout, il a gagné le cœur de Montréalais. On l'a vu surprendre des jeunes joueurs dans des camps de hockey; visiter des enfants de l'hôpital Saint-Justine (et donner généreusement); représenter Montréal : il fréquentait les restos, parlait aux partisans, connaissait l'histoire de l'équipe dont il portait les couleurs.
</p><p>À un moment où les partisans n'étaient pas convaincus que leur équipe était toujours spéciale, différente des autres, P.K. rappelait qu'elle en avait le potentiel. C'était le héros que l'organisation espérait, en mieux : un joueur originaire d'ailleurs qui arrive ici et affirme objectivement que Montréal est une ville de hockey spéciale.
</p><p>Subban donnait raison à tous ceux qui se passionnent pour un jeu où six gars sur une patinoire essaient de mettre un disque de caoutchouc dans un filet plus souvent que six autres gars. C'était la lumière au bout d'un tunnel que personne n'aurait imaginé aussi long quand l'équipe y est entrée à l'automne 1993. Pour beaucoup, cette perte brutale représente plus que l'échange d'un joueur étoile : c'est une trahison.<br>
</p><p>Robyn Flynn, productrice à CJAD et animatrice d'une émission de hockey à TSN 690, était si furieuse de l'échange qu'elle a décidé de recouvrir son tatouage du logo des Canadiens sur son avant-bras. « J'ai pleuré. C'était surréel, après avoir soutenu l'équipe pendant toutes ces années, d'être récompensée par une décision comme celle-là », a-t-elle réagi à VICE Sports.<br>
</p><p>Selon elle, la direction des Canadiens se fiche complètement des partisans, sûre que la marque est assez forte pour que la perte de partisans soit presque sans conséquence. Quand on accorde son soutien indéfectible à une équipe qui se comporte de cette façon, « on finit par se sentir stupide ».<br>
</p><p>L'acteur et partisan des Habs Jay Baruchel partage les sentiments de Robyn. « Ça m'a brisé le cœur. S'ils peuvent faire ça à P.K., ils peuvent le faire à n'importe qui. Et si c'est le cas, pourquoi est-ce que je les suis? Pourquoi je suis partisan? Pourquoi je regarde 82 matchs par année? »<br>
</p><p>Pour Arune Singh de Marvel Comics et Syfy TV, le fait que Subban soit un Noir donne une autre dimension à cette histoire. « En tant que représentant d'une minorité visible de Toronto qui a toujours été partisan des Canadiens, P.K. Subban était plus qu'un joueur de hockey pour moi : c'était un symbole de progrès et d'espoir dans un sport qui souvent préfère l'uniformité dans toutes ses facettes. »<br>
</p><p>« La classe, le caractère et l'excellence qu'il a montrés sur la glace et au-delà du sport étaient la parfaite illustration de ce qu'il y a de mieux dans l'histoire des Canadiens. »<br><br><br>
</p><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/26/pourquoi-lechange-de-pk-subban-a-autant-brise-le-coeur-des-montrealais-body-image-1469542666.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="900" data-original-height="593" data-model-id="208264" data-path="images/content-images/2016/07/26/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/26/" data-image-filename="pourquoi-lechange-de-pk-subban-a-autant-brise-le-coeur-des-montrealais-body-image-1469542666.jpg" class="vmp-image"> <br><em>P.K. Subban est le type de vedette que veulent (presque) toutes les équipes. Photo : Eric Bolte, </em>USA TODAY Sports<p>Dans un sport qui a du mal à conquérir le public non blanc, une superstar auquel les enfants de couleur peuvent s'identifier, dans l'un des plus importants marchés de hockey, était vraiment spécial. Arune a maintenant rangé son chandail des Canadiens. Pour lui, on a arraché le cœur de l'équipe.<br>
</p><p>Beaucoup ont aussi l'impression que cet échange n'est pas qu'une transaction commerciale : c'est personnel. L'échange de Subban pour un joueur plus vieux, au jeu moins multidimensionnel, a toute l'apparence d'un rejet de ce que Subban représente en tant que joueur, mais aussi en tant que personne. Tout ce qu'il fait est spectaculaire, autant quand il déjoue un joueur adverse qu'en participant à une entrevue d'après-match.
</p><iframe src="https://cdnapisec.kaltura.com/p/1862501/sp/186250100/embedIframeJs/uiconf_id/31993551/partner_id/1862501?iframeembed=true&playerId=kaltura_1&entry_id=0_gs6qfxsw&flashvars=auto" width="560" height="395" allowfullscreen="" webkitallowfullscreen="" mozallowfullscreen="" frameborder="0">
</iframe><p>Les Canadiens prêchent la prudence, tandis que Subban possède un style presque rebelle. Il brise la monotonie d'un système conçu par l'équipe d'entraîneurs pour forcer les joueurs à courir après la rondelle pendant plus de la moitié du match plutôt que de la manier et d'attaquer. Pour avoir du succès dans la LNH, Michel Therrien croit qu'il faut attendre que l'équipe adverse commette une erreur et en profiter. Subban, lui, prend le contrôle de la rondelle et les choses en main.<br>
</p><p>On n'avait plus vraiment le sentiment qu'un joueur pouvait soulever la foule dès qu'il s'empare de la rondelle depuis les bonnes années de Guy Lafleur, sauf à certaines occasions, quand Kovalev a fait preuve de créativité. Et là Subban est parti.</p><p>
La déception qui suit l'élimination des Canadiens dans les séries éliminatoires est temporaire, tôt ou tard remplacée par la joie que suscitent les festivals puis le début d'une nouvelle saison remplie de promesse. Mais le vide que laisse le départ de Subban ne sera pas comblé de sitôt. Beaucoup voient cette perte comme la perte des vrais Canadiens, remplacés par une marque, sans âme et sans cœur.<br>
</p>
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<dc:creator>Andrew Berkshire</dc:creator>
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<title>Comment fabriquer 250 millions en faux billets et s’en tirer à bon compte (ou presque)</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/comment-fabriquer-250-millions-en-faux-billets-et-sen-tirer-a-bon-compte-ou-presque</link>
<pubDate>Tue, 26 Jul 2016 20:49:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[« Ouais, j'en suis sorti gagnant. J'ai fait une belle job. Mon rêve d'enfance était d'être riche pis heureux, et je le suis. »
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p>Frank Bourassa boit de la Goldschläger parce qu'il n'aime pas le goût de l'alcool.</p><p>La boisson chatoyante avec de fines paillettes d'or semble tout indiquée pour un homme que la quête de la fortune a mené à imprimer 250 millions de dollars en fausses devises américaines. Pour Frank, le goût de saccharine de son shooter est encore plus doux, car malgré ses extraordinaires activités illicites, il est un homme libre.<br>
</p><p>Nous avons rencontré celui qui se proclame « <a href="http://www.gq.com/long-form/the-great-paper-caper">meilleur faux-monnayeur au monde</a> » à Trois Rivières, où il vit, dans un bar qu'on dirait nommé en son honneur : Les Contrebandiers. Mais le personnel ne sait pas qui il est.<br>
</p><p>D'après Frank, c'est que les nouvelles ont surtout fait les manchettes aux États-Unis, en anglais. « La petite communauté française est comme un village, ce qui se passe pas en français, tu n'en entends pas beaucoup . L'anglais ne transpire pas dans notre petit monde clôturé français au Québec. »<br>
</p><p>Maintenant, Frank coule des jours paisibles et modestes. Mais il y a quelques années, l'ex-criminel de profession a mis au point un plan qui a changé sa vie. « Je me suis dit : "On se lève le matin pour vendre un produit, livrer un service, mais le but de ce qu'on fait, c'est pour que ça revienne sous forme d'argent, c'est ça le but. Pourquoi pas couper tous les échelons pis me faire l'argent direct? Tous les irritants, problèmes, complications qu'on a dans la vie, à l'ouvrage, peu importe, plus besoin de ça." »<br>
</p><p>Pendant des années, Frank a fait des recherches, étudié en détail les caractéristiques de sécurité des billets américains et contacté des centaines de fournisseurs de papier pour trouver celui qui serait parfait pour son crime.<br>
</p><p>« Je suis vraiment quelque chose dans les recherches. La samba, pas tellement, mais la recherche... Des milliers d'heures, des années que ça m'a pris. Il fallait que je trouve la recette, les ingrédients, les composantes, une place pour le faire faire. Je me suis dit qu'il fallait trouver un fournisseur qui fasse ma recette sans que ça ait l'air d'une recette de papier d'argent. »<br>
</p><p>Après des mois d'échanges de courriels, Frank a finalement trouvé une boutique en Europe d'accord pour imprimer sa commande. Il assure n'avoir donné aucun indice de ses intentions. Il décrit le jour où sa commande est arrivée à son ultime destination comme le plus beau jour de sa vie.<br>
</p><p><iframe src="https://cdnapisec.kaltura.com/p/1862501/sp/186250100/embedIframeJs/uiconf_id/31993551/partner_id/1862501?iframeembed=true&playerId=kaltura_1&entry_id=0_jy9izu0j&flashvars puissent passer ça à leur monde. Ils veulent tout voir, tout checker. Après, ils font des petites commandes de 100  000 $. »<br></p></span><p>L'idéal, c'était d'avoir le plus petit nombre de clients possible qui achètent les plus grosses sommes d'argent possible, que Frank vendait 30 $ par tranche de 100 $. Mais sa recherche de clients l'a conduit tout droit à un agent double, ce qui a vite mis fin à son entreprise florissante. « Tout est beau, mais à un moment donné ça cogne à la porte pis boum : la fin du monde est arrivée. »<br>
</p><p>Frank Bourassa était à la merci de la GRC et du Secret Service américain. Ces derniers exigeaient son extradition. Son pire cauchemar, admet-il. « Là, c'est fini, c'est la fin du monde pour moi. Tu t'en vas aux États, t'as plus de visites. Je verrai plus mon père. La catastrophe la plus totale. »<br></p><p>Avec l'aide d'un avocat, le meilleur au monde selon lui, et de la chance, Frank a réussi à éviter les accusations et l'extradition. Tout s'est joué grâce à une mesure de précaution : quand il a livré les faux billets, il s'est caché de façon à n'être jamais vu en possession de ceux-ci.<br></p><p>Son avocat a plaidé que le mandat de perquisition initial n'était donc pas valide. Dans la négociation, Frank a aussi offert de remettre 200 millions de dollars en faux billets. À la fin, on l'a condamné à six semaines de prison et lui a imposé une amende de 1 350 $.<br></p><p>Amende pour possession d'une petite quantité de substance illégale : « Ils ont trouvé de la drogue dans mon char parce que j'embarque toutes sortes de monde. Ça l'air pas vrai, mais j'en prends pas. Ils ont trouvé toutes sortes d'affaires que je savais même pas qu'elles étaient là, des quantités minimes de n'importe quoi, une pilule qui était tombée à terre... »<br></p><p>Derrière nous, le mur de brique est décoré de photographies encadrées de Lucky Luciano, Arnold Rothstein, Al Capone : des criminels célèbres, qui ont passé un long moment derrière les barreaux ou ont connu une mort brutale.<br></p><p>Bourassa affirme qu'il a gagné : il s'en tire sans avoir perdu sa liberté et, peut-être, un peu d'argent. Une « fortune » d'environ 50 millions de dollars en faux billets n'a jamais été retrouvée. « Le plus que je puisse dire, à part qu'il est caché bien comme il faut, c'est que je suis pas pressé de le sortir. Mystère », dit-il en souriant.<br></p><span id="docs-internal-guid-d6713210-2901-c80b-bc1d-fd1e65f28edf"><p dir="ltr">Quand on lui demande si la punition pour son crime aurait dû être plus sévère, il hésite.<br><br></p><p dir="ltr">« Oh, bonne question. Le commun des mortels doit penser que oui. Je sais pas. Je me suis assuré de faire mal à personne, mais oui en faisant mal au gouvernement, le gouvernement, c'est le peuple en quelque part. Je comprends. »</p><p><br></p><p dir="ltr">Selon lui, son crime n'a fait aucune victime, car presque tous les faux billets ont été envoyés à des clients en Asie, en Afrique et en Europe, pour éviter de causer du tort aux Américains.</p><p><br></p><p dir="ltr">« C'est épouvantable, ils ont ça dur. Particulièrement ces temps-ci avec la corruption du gouvernement. J'ai peut-être plein de défauts, mais je ne suis pas capable de taper sur la tête du monde, je ne suis pas capable de voler, de causer du mal à quelqu'un d'autre. Faire quelque chose contre le gouvernement, c'est pas quelque chose avec quoi j'ai particulièrement de la misère. »</p><p><br></p><p dir="ltr">Comme il est presque impossible de retracer les faux billets qu'il a vendus, Frank ne sait s'ils ont été utilisés pour d'autres crimes, mais ajoute qu'il doute beaucoup que « ça ait fini à l'église ».</p><p><br></p><p dir="ltr">Le « meilleur faux-monnayeur au monde » dirige maintenant son entreprise de services-conseils pour aider les commerces à déjouer les faux-monnayeurs. Mais sa liberté n'est pas totale : Frank n'est protégé de l'extradition que s'il reste au Canada et ne sait pas s'il est toujours sous surveillance (des représentants du Secret Service n'ont pas voulu faire de commentaires parce que leur enquête est toujours en cours).</p><p><br></p><p dir="ltr">D'après lui, cette surveillance est une perte de temps. « Même avec une perche de 100 pieds, je ne retoucherais pas un faux vingt piastres, assure-t-il, jamais de la vie. »</p><p><br></p><p dir="ltr">Et s'il pouvait revenir en arrière, le referait-il?</p></span><p>« Ouais, j'en suis sorti gagnant. J'ai fait une belle job. Mon rêve d'enfance était d'être riche pis heureux, et je le suis. Là, je peux consacrer mon temps à aider le monde. Je suis chanceux! Mais, oui, je suis fier de moi d'avoir fait ça. »<br></p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Brigitte Noël</dc:creator>
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<category>news</category>
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<title>VICE du jour: Après le meurtre de Qandeel Baloch, le Pakistan tente enfin d’en finir avec les crimes d’honneur</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/apres-le-meurtre-de-qandeel-baloch-le-pakistan-tente-enfin-den-finir-avec-les-crimes-dhonneur</link>
<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 13:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[La population pakistanaise est divisée au sujet de la jeune femme : elle est autant accusée d'anti-islamisme que saluée parce qu'elle incarne le féminisme.
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<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/25/apres-le-meurtre-de-qandeel-baloch-le-pakistan-tente-enfin-den-finir-avec-les-crimes-dhonneur-1469457311.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/25/apres-le-meurtre-de-qandeel-baloch-le-pakistan-tente-enfin-den-finir-avec-les-crimes-dhonneur-body-image-1469457345-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="562" data-model-id="207881" data-path="images/content-images/2016/07/25/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/25/" data-image-filename="apres-le-meurtre-de-qandeel-baloch-le-pakistan-tente-enfin-den-finir-avec-les-crimes-dhonneur-body-image-1469457345.jpg" class="vmp-image">Photo : Instagram</em></p><p>Après le meurtre de la star des réseaux sociaux surnommée la « Kim Kardashian pakistanaise », le Pakistan se prépare à promulguer une loi sur les crimes d'honneur très attendue. Est-ce que ce sera suffisant?</p><p>Qandeel Baloch a été assassinée par son frère le 15 juillet, ce qui a déclenché des manifestations de groupes féministes au Pakistan et attiré l'attention de la planète sur le sort des femmes au Pakistan. Dans le Rapport mondial 2015 sur l'écart entre les genres, le pays est classé avant-dernier pour l'égalité entre les sexes.<br></p><p>La population pakistanaise était divisée au sujet de la jeune femme : elle est autant accusée d'anti-islamisme que saluée parce qu'elle incarne le féminisme. Quelques heures avant le meurtre, elle avait publié un message à ses 800 000 abonnés Facebook disant qu'elle souhaitait inspirer les femmes qui subissent de mauvais traitements et que la société opprime. Maintenant, après sa mort, son souhait semble se réaliser.<br></p><p>Interrogé par Reuters, la fille du premier ministre pakistanais, Maryam Nawaz Sharif — qui dirige les efforts du gouvernement pour les droits des femmes — a affirmé que la loi serait adoptée d'ici quelques semaines. Une loi anti-crimes d'honneur a été présentée au parlement pakistanais en 2014, mais le gouvernement ne l'avait pas adoptée malgré les campagnes prolongées de groupes de défense des droits des femmes.<br></p><p>« Nous avons finalisé le projet de loi à la lumière des négociations, assure Maryam Nawaz Sharif. Le projet de loi sera présenté à un comité lors d'une séance commune du Parlement le 21 juillet pour évaluation et approbation. » On s'attend à ce qu'elle soit adoptée, car Reuters rapporte que Jammat-e-Islami, le plus important parti religieux du Parlement pakistanais ne s'y opposerait pas. Un comité de vérification judiciaire a découvert des preuves que la police a aidé à camoufler le meurtre d'une enseignante d'Islamabad, brûlée vive par vengeance pour avoir refusé une demande en mariage.<br></p><p>La nouvelle loi mettrait fin à l'impunité de ceux qui commettent des crimes d'honneur. En ce moment, la loi pakistanaise permet aux proches d'un défunt de pardonner à un meurtrier, pratique qui a ses racines dans les conceptions islamistes du pardon. Comme ce sont souvent des membres de la famille qui commettent les crimes d'honneur, cette disposition permet dans les faits au coupable d'éviter de faire face à la justice. Bien qu'il soit difficile d'obtenir des données fiables (les crimes ne sont souvent pas signalés), Human Rights Watch estime que près de 1100 femmes ont été tuées par un proche en 2015 au Pakistan pour « avoir déshonoré leur famille ».<br></p><p class="has-image">La célébrité dans le monde de Qandeel Baloch pourrait être un puissant catalyseur de changement. Peu après son décès, les autorités ont considéré le meurtre comme un crime contre l'État, ce qui empêche les proches de pardonner son frère pour le meurtre.<br><br><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/25/apres-le-meurtre-de-qandeel-baloch-le-pakistan-tente-enfin-den-finir-avec-les-crimes-dhonneur-body-image-1469457356.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="480" data-original-height="640" data-model-id="207883" data-path="images/content-images/2016/07/25/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/25/" data-image-filename="apres-le-meurtre-de-qandeel-baloch-le-pakistan-tente-enfin-den-finir-avec-les-crimes-dhonneur-body-image-1469457356.jpg" class="vmp-image">Photo : Facebook</em></p><p>Omar Waraich, un expert pakistanais d'Amnistie internationale croit que la loi anti-crimes d'honneur sera enfin adoptée. « Le meurtre de Qandeel Baloch a ravivé le sentiment d'urgence de se pencher sur la question de la violence basée sur l'honneur et de mettre fin à l'impunité pour les crimes d'honneur au Pakistan. »</p><p>Il explique qu'il y a de l'opposition à la loi chez la droite religieuse, même si une grande partie de la population appuie cette volonté de mettre fin aux crimes d'honneur. Le nombre de ces crimes augmente, de 869 cas en 2013 à plus de 1000 l'an dernier. « Ces crimes sont plus nombreux qu'on l'avait d'abord estimé », note-t-il, insistant sur le fait que Qandeel Baloch vivait en ville et était indépendante de fortune. « Ce qu'on observe, c'est que les crimes d'honneur ne sont pas confinés aux régions rurales, mais existent aussi dans les villes, et des femmes de tous les milieux économiques en sont victimes. <br></p><p>Omar Waraich ajoute que la loi pourrait être adoptée dans quelques semaines, car les partis politiques qui l'appuient représentent une majorité au Parlement. « Reste à voir s'il y aura une forte réaction de la droite religieuse. Je pense qu'il y en aura une. »<br></p><p>Certains sont impatients de voir la loi adopter. Mais d'autres doutent de la nature progressiste de la loi. « En assimilant les crimes d'honneur à des cas spéciaux, on leur donne de la légitimité », soutient Madiha Tahir, militante pour les droits des femmes au Pakistan. « Ça permet au gouvernement de déterminer ce que sont les crimes d'honneur d'après l'étroite définition déjà inscrite dans sa loi. »<br></p><p>Elle explique que les crimes d'honneur n'ont rarement que l'honneur pour prétexte. « Ils sont souvent liés à des raisons économiques, sociales ou autres questions matérielles croisées à la misogynie. »<br></p><p>Omar Waraich est aussi d'avis que la loi a ses limites. « Nous devons aussi remettre en question l'état d'esprit qui autorise ces comportements. On contester l'inquiétant degré de tolérance des crimes d'honneur au Pakistan. »<br></p><p>« Après seulement les femmes pourront faire des choix de vie avec la garantie que leur liberté, leur dignité et leur sécurité seront protégées. »<br></p>
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<dc:creator>Sirin Kale</dc:creator>
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<title>L’hommage accidentel d’Unibroue à la tuerie du Collège Dawson</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/lhommage-accidentel-dunibroue-a-la-tuerie-du-college-dawson</link>
<pubDate>Fri, 22 Jul 2016 13:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Le brasseur n'a visiblement pas recours à Google lorsqu'il nomme ses produits.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/lhommage-accidentel-dunibroue-a-la-tuerie-du-college-dawson-body-image-1469200883-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1024" data-original-height="768" data-model-id="207237" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="lhommage-accidentel-dunibroue-a-la-tuerie-du-college-dawson-body-image-1469200883.jpg" class="vmp-image">
</p><br>Le brasseur Unibroue a révélé mercredi qu'il avait conclu un partenariat exclusif avec les pionniers du métal Megadeth, avec qui il lancera une nouvelle bière au Québec et aux États-Unis. <a href="https://www.facebook.com/unibroue/posts/10153547549672583">La page Facebook d'Unibroue</a> décrit celle-ci comme une « bière saison brassée au Québec selon la tradition belge ». S'il est permis de douter de la passion des membres de Megadeth pour les particularités de la tradition belge — surtout depuis la conversion du chanteur Dave Mustaine à la sobriété —, la bouteille portera tout de même « les couleurs du légendaire et mythique groupe métal ».
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/22/lhommage-accidentel-dunibroue-a-la-tuerie-du-college-dawson-body-image-1469200997.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="960" data-original-height="960" data-model-id="207238" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="lhommage-accidentel-dunibroue-a-la-tuerie-du-college-dawson-body-image-1469200997.jpg" class="vmp-image">
</p>
<p>Le nom de la bière laisse toutefois perplexe. <em>À tout le monde</em> est d'abord et avant tout le titre d'une pièce de Megadeth, parue en 1994. Mais une simple recherche Google permet de se rendre compte qu'elle est aussi la pièce qu'écoutait, en boucle, Kimveer Gill quelques heures avant de se pointer au Collège Dawson armé d'une carabine Beretta CX4 Storm, un pistolet calibre 45 de marque Glock et un fusil de chasse Navinco HP-9. Gill a tiré 20 personnes au collège, faisant un mort, avant de se suicider.
</p>
<p>L'obsession qu'entretenait Gill pour la chanson <em>À tout le monde</em> — notamment avec sa page personnelle sur le site Vampirefreaks.com — a été amplement médiatisée dans les jours suivant la fusillade. Megadeth a par ailleurs dénoncé le geste de Gill à plusieurs reprises, dont lors de son spectacle à Montréal quelques semaines plus tard. Le chanteur Dave Mustaine a affirmé que Gill « n'était pas digne d'être un fan de Megadeth ».
</p>
<p>
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/aU-dKoFZT0A" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><br><br>
</p><span id="docs-internal-guid-5447694b-1331-6340-fb4a-91f4668926be">
<p dir="ltr">La porte-parole d'Unibroue a été incapable d'expliquer l'origine du nom de la bière quand VICE l'a contactée mercredi. « Il y a une bonne réponse », nous a-t-elle assuré lorsque la référence à Kimveer Gill lui a été présentée, « mais ce n'est pas quelque chose qu'on peut divulguer en ce moment. L'information va sortir dans le prochain mois ou deux, en même temps que la bière ».<br><br>
</p><span id="docs-internal-guid-5447694b-1331-a1fa-6023-41a1c7da9d63">
<p dir="ltr">Bien entendu, les membres de Megadeth ne peuvent être tenus responsables de l'acte de Kimveer Gill. Mais disons que le groupe métal et Unibroue auraient pu choisir un autre morceau pour s'inspirer, surtout pour une bière québécoise. Le catalogue de Megadeth se prête même plutôt bien à l'exercice :<em>Ashes in Your Mouth</em>, <em>Beginning of Sorrow</em>, <em>Countdown to Extinction</em>, <em>Forget to Remember</em>, <em>Headcrusher</em> ou <em>Wake Up Dead</em> auraient sans doute suffit.
</p>
<p dir="ltr"><em>Suivez Philippe Gohier sur <a href="https://twitter.com/pgohier">Twitter</a>. </em><br>
</p></span></span>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Philippe Gohier</dc:creator>
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<title>Parfois on doit juste laisser ses principes au vestiaire et profiter d’un concert des Red Hot Chili Peppers</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/parfois-on-doit-juste-laisser-ses-principes-au-vestiaire-et-profiter-dun-concert-des-red-hot-chili-peppers</link>
<pubDate>Fri, 22 Jul 2016 13:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Le texte de Californication est si postmoderne que des étudiants universitaires le vénéreraient s'il était extrait d'un roman de Bret Easton Ellis.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/parfois-on-doit-juste-laisser-ses-principes-au-vestiaire-et-profiter-dun-concert-des-red-hot-chili-peppers-body-image-1469196075-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75"  data-original-width="1024" data-original-height="683" data-model-id="207132" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="parfois-on-doit-juste-laisser-ses-principes-au-vestiaire-et-profiter-dun-concert-des-red-hot-chili-peppers-body-image-1469196075.jpg" class="vmp-image">Photos publiées avec l'autorisation du Festival d'été de Québec</em>
</p><p>Chad Smith fait résonner sa caisse claire, Flea entame un rythme ondulant, autour duquel spirale Josh Klinghoffer, induisant des d'occasionnelles distorsions, jusqu'au moment où il s'introduit, yeux fermés, proche de l'orgasme, dans <em>Can't Stop</em>. Anthony Kleidis monte sur scène, enveloppe le micro de ses deux mains et plonge dans le premier verset. Sur les plaines d'Abraham de Québec, 80 000 spectateurs exultaient.
</p><p>Tout ce que les détracteurs des Red Hot Chili Peppers trouvent ridicule et vide est présent. L'art de se donner en spectacle qu'ils qualifient d'autosatisfaction; les paroles jugées stupides, creuses, truffées de références californiennes; les coups de pied et le sautillage qu'ils dénigrent et trouvent vains. Ils ont appris par cœur les paroles de <em>By the Way</em>, mais rejettent toute comparaison avec ce que le groupe est aujourd'hui.<br>
</p><p>Trop facile. Pendant 90 minutes, il y a quelques jours au Festival d'été de Québec, ils ont fait ce qu'ils font depuis deux décennies : hurler, sauter, susurrer, crier, danser, s'éclater et profiter de chaque putain de seconde. Et en spectacle, ce pour quoi ils sont faits, ce n'est pas dépassé, mais tout ce qu'il y a de plus enivrant pour la foule : on perd ses inhibitions. Tout le monde embarque.<br>
</p><p><em>Can't Stop</em>, c'est un excellent début, pas seulement grâce à l'étrange et insistant riff. Oui, Anthony Kiedis est un absurdiste : ses paroles n'ont pas toujours de sens. Mais c'est un chanteur et musicien sous-estimé, qui joue avec ses cordes vocales comme si c'était une basse. Il écrit ses paroles pour qu'elles s'incrustent dans la tête et y restent, malgré leur absurdité. Dans cette chanson, le rythme des mots est parfait : « Go write your message on the pavement / Burn so bright, I wonder what the wave meant. » Il a trouvé un filon et brodé autour pour créer la cadence la plus complémentaire possible.<br>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/parfois-on-doit-juste-laisser-ses-principes-au-vestiaire-et-profiter-dun-concert-des-red-hot-chili-peppers-body-image-1469196233-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1024" data-original-height="683" data-model-id="207136" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="parfois-on-doit-juste-laisser-ses-principes-au-vestiaire-et-profiter-dun-concert-des-red-hot-chili-peppers-body-image-1469196233.jpg" class="vmp-image"></p><p>C'est un super groupe de stades. À Québec, 80 000 spectateurs ont chanté « Come back strong with 50 bellydancers » comme s'ils avaient attendu toute leur vie pour crier cette phrase en public. Les Red Hot Chili Peppers ont le pouvoir de transformer leurs spectateurs et de les pousser à se laisser complètement aller.<br>
</p><p>Et tout n'est pas absurde. Le texte de <em>Californication</em> est si postmoderne que des étudiants universitaires le vénéreraient s'il était extrait d'un roman de Bret Easton Ellis. Là, Kiedis est moins un absurdiste qu'un preneur de notes, nouant de petites observations dont le tout dépasse la somme de ses parties. Il y est arrivé aussi pour <em>Scar Tissue</em> : c'est une collection de moments accrochés les uns aux autres pour voir ce qui en ressort.<br>
</p><p>Oui, la voix de Kiedis s'est effacée par moment. <em>Otherside</em>, en particulier, en a un peu souffert quand son oreillette a semblé cesser de fonctionner. Mais il y avait une foule pour renforcer le refrain, faisant disparaître toute faille et soulevant sa voix qui avait glissé un demi-ton trop bas. Et quand tout va à merveille, sa voix a toujours sa singularité. Peu de chanteurs de groupe fait pour les stades sont assez uniques pour être irremplaçables. Axl Rose n'y est pas arrivé.<br>
</p><span id="docs-internal-guid-33dc3eb5-12dd-639f-cfe1-3963fa4e1958"><br></span><p>Si les Chili Peppers sont vraiment extraordinaires en concert, le mérite ne revient pas qu'au chanteur : chacun des membres est à sa façon curieusement captivant. On n'a cessé de répéter que Klinghoffer est une doublure de John Frusciante, entraîné à jouer ses chansons, imiter son falsetto particulier et à reproduire le jeu de guitare qui a contribué à la renommée du groupe. Même s'il a en partie repris le style de son prédécesseur, c'est un musicien unique, plus audacieux et imprudent quand il se lâche et moins alourdi par la noirceur qui a si magnifiquement teinté les créations de Frusciante.<br>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/parfois-on-doit-juste-laisser-ses-principes-au-vestiaire-et-profiter-dun-concert-des-red-hot-chili-peppers-body-image-1469196257-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1024" data-original-height="683" data-model-id="207137" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="parfois-on-doit-juste-laisser-ses-principes-au-vestiaire-et-profiter-dun-concert-des-red-hot-chili-peppers-body-image-1469196257.jpg" class="vmp-image"></p><p>Flea aussi reste un brillant fou du roi, toujours en mouvement, qui grimace, cabotine, perd la tête en se déchaînant sur sa basse. Comme Smith avec ses solos de batterie maintenant raccourcis, il sait où s'arrêter quand il improvise. Dans <em>By the Way</em>, il est impressionnant — il peut jouer vraiment vite — mais il brille en secondant Klinghoffer dans des chansons comme <em>Under the Bridge</em>.<br>
</p><p>Ce qui soulève la question de l'autosatisfaction. Quelle sorte d'autosatisfaction crée ce degré de cohésion, cette chimie authentique entre Flea et Klinghoffer en particulier? De quelle sorte de narcissisme s'agit-il quand un groupe ne joue que trois pièces de son nouvel album — <em>Dark Necessities</em>, <em>The Getaway</em> et <em>Go Robot</em> — en concert? Quelle sorte d'arrogance pousse à terminer la soirée avec <em>Under The Bridge</em> et <em>By The Way</em>, avant d'offrir en rappel <em>Around the World</em> et <em>Give it Away</em>, donnant des spasmes de plaisir à la foule?<br>
</p><p>Non, les Red Hot Chili Peppers ne donnent pas dans l'autosatisfaction. Ils ne sont pas puérils et, 32 ans après leur premier album, ils sont dans une forme olympienne. D'accord, ils méritent d'être critiqués pour leurs échecs : Stadium Arcadium était très moyen et des chansons comme Purple Stain sont complètement imbéciles. Mais ils méritent d'être adorés pour leurs succès. Et il y en a beaucoup trop pour les ignorer.<br>
</p><p><em>Suivez Alex Robert Ross sur <a href="https://twitter.com/alexrobertross">Twitter</a>.</em><br>
</p><p><em><br></em>
</p><p><em><br></em>
</p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Alex Robert Ross</dc:creator>
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<title>Il y a 24 ans à Montréal, le concert de Guns N’ Roses avec un Axl Rose chigneux s’est changé en émeute</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/il-y-a-24-ans-montreal-le-concert-de-guns-n-roses-avec-un-axl-rose-chigneux-sest-changee-en-emeute</link>
<pubDate>Thu, 21 Jul 2016 13:55:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Rien ne déboulonne mieux le mythe de notre ennuyante courtoisie que notre penchant pour l'émeute.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/21/il-y-a-24-ans-montreal-le-concert-de-guns-n-roses-avec-un-axl-rose-chigneux-sest-changee-en-emeute-1469109876.jpg" type="image/jpg" length="635"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/il-y-a-24-ans-montreal-le-concert-de-guns-n-roses-avec-un-axl-rose-chigneux-sest-changee-en-emeute-body-image-1469109924.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="635" data-original-height="472" data-model-id="206612" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="il-y-a-24-ans-montreal-le-concert-de-guns-n-roses-avec-un-axl-rose-chigneux-sest-changee-en-emeute-body-image-1469109924.jpg" class="vmp-image">Source des images : YouTube</em><br>
</p><p>Rien ne déboulonne mieux le mythe de notre ennuyante courtoisie que notre penchant pour l'émeute.
</p><p>Et je ne parle pas seulement des manifestations contre le gouvernement, la hausse des droits de scolarité ou le patronat. Je parle de notre tendance à faire du bruit, à enlever nos chandails et à perdre la tête quand une équipe de hockey remporte une série. Je me rappelle une soirée de 2008 dans un bar, où j'étais entouré de « fêtards » qui portaient plusieurs couches de vêtements de différentes couleurs. Ils les avaient pillés chez American Apparel après la victoire des Canadiens contre les Bruins au septième match de la série, en quart de finale. De façon un peu absurde, on pensait vivre un moment « historique ». Fidèles à notre tradition montréalaise, on a saisi cette excuse pour péter des vitres et renverser des voitures de police. Ça m'a rappelé une autre émeute, aussi dans les rues de Montréal : celle-là n'est pas le fruit du fanatisme sportif, mais de l'anarchisme du rock'n'roll.<br>
</p><p>Le 17 juillet 1992, Guns N' Roses et Metallica, deux des plus grands groupes de l'époque, ont entrepris une tournée conjointe. Guns N' Roses faisait connaître son phénoménal nouvel album quasi double, sept fois platine, <em>Use Your Illusion I & II</em>, qui a cimenté son statut de plus populaire groupe de hard rock de la planète. Metallica, pour sa part, avait conquis le monde avec son cinquième album, appelé The Black Album, avec lequel les membres du groupe sont passés de héros du métal à rockstars présentables à la radio. « Tous les deux en tournée ensemble en même temps? », s'était étonné Patrick Emond, qui était à l'époque un étudiant de 20 ans de l'Université Concordia. « Je me suis dit : "Vendu. Je veux mon billet." Des concerts comme ceux-là sont impensables aujourd'hui, ajoute-t-il. Qui, avec une popularité équivalente, accepterait aujourd'hui de partager une tournée avec un autre? Ce serait comme si Beyoncé partait en tournée avec une autre chanteuse quelques maillons plus loin dans la chaîne alimentaire. Les billets coûteraient 500 $. »<br><br>
</p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/hSNCZann0-4" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="350px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><p>Il avait attendu en file toute une nuit, sous la tente dans le stationnement d'un centre commercial, pour mettre la main sur un billet. Pour l'acheter, il avait dû économiser l'équivalent d'une journée de salaire : 35 $. Il se souvient aussi de la page de promotion du concert dans le journal. « C'était délicieusement ironique. La pub disait : "Ils avaient dit que ça n'aurait jamais lieu" ». Quand la tournée est arrivée au Stade olympique de Montréal, le 8 août 1992, avec Faith No More en première partie, le concert n'a en effet pas eu lieu. Pas vraiment, en tout cas. On avait promis aux Montréalais le plus gros concert rock de l'année, mais on a plutôt eu une émeute.
</p><p>Déroulement de la soirée : au début du concert, il y a eu un problème avec une pièce pyrotechnique et le chanteur-guitariste de Metallica, James Hetfield a été blessé. « Ça s'est passé tellement vite que personne n'a vraiment compris ce qui s'était passé, raconte Patrick. Puis, James Hetfield est sorti de scène en courant. Le groupe a continué à jouer pendant cinq ou dix secondes, avant de recevoir un signal ou quelque chose et de sortir aussi. Tout le monde se demandait : "Mais qu'est-ce qui se passe?" Lars Ulrich, le batteur, est revenu sur scène pour expliquer que le concert était terminé parce qu'Hetfield avait subi des brûlures et été conduit à l'hôpital. Ensuite, à cause de la sortie précipitée de Metallica, Guns N' Roses devait monter sur scène plus tôt que prévu. Le groupe a refusé. Dans ces années-là, Axl Rose adoptait l'attitude de décadence arrogante qui est devenue sa marque de commerce. Avant de débarquer à Montréal, Axl avait : vomit sur scène, été atteint dans l'entrejambe par un briquet lancé par un fan pendant qu'il chantait <em>Knockin' on Heaven's Door</em>, reçu un diagnostic de dommages aux cordes vocales. Et il s'intéressait aux sciences occultes.<br>
</p><p>« Selon les médias, un type qu'il consultait lui avait dit : "Ne donne pas de concert dans une ville dont le nom commence par M, comme Minneapolis ou Montréal" », se souvient Jean-François Blais, qui avait 21 ans en 1992. « Comme Montréal est la seule ville où il donnait un concert dans l'est du Canada, le producteur n'a pas voulu annuler. Axl est donc monté sur scène, mais il n'était pas content. » Après ce que Jean-François décrit comme une foutue longue pause, Guns N' Roses est arrivé. « On prenait tous de la drogue, du LSD », raconte-t-il, parlant de lui et du groupe d'amis avec lequel il est allé au Stade. « Quand Guns N' Roses est arrivé sur scène, c'était bizarre. Axl Rose chantait à l'extrémité de la scène, comme s'il n'avait pas du tout envie d'être là. »<br>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/il-y-a-24-ans-montreal-le-concert-de-guns-n-roses-avec-un-axl-rose-chigneux-sest-changee-en-emeute-body-image-1469110042.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="477" data-model-id="206615" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="il-y-a-24-ans-montreal-le-concert-de-guns-n-roses-avec-un-axl-rose-chigneux-sest-changee-en-emeute-body-image-1469110042.jpg" class="vmp-image">
</p><p>« Ce que j'ai appris plus tard, c'est qu'ils n'avaient pas eu le temps de placer l'équipement de la façon qu'Axl le voulait. Il était insatisfait du son, explique Patrick. On voyait bien qu'il avait juste envie de s'en aller. Quand un chanteur est content de donner un concert, il occupe la scène, il s'amuse. » Après quelques chansons seulement (cinq selon Jean-François, environ 55 minutes selon les journalistes présents), Guns N' Roses est sorti de scène. « On était assis vraiment haut, à de mauvais sièges, mais on voyait en coulisses. J'ai vu une limousine s'avancer, puis partir. J'ai dit à mon ami : "Fuck, Guns N' Roses s'en va! Le concert est fini! Il n'y aura pas d'autres chansons! Ils sont partis!" »</p><p>Peu après, un message est apparu sur les écrans : « Le concert est annulé. Veuillez consulter les médias pour obtenir de l'information. » C'est là que ça a commencé à mal tourner. « C'était le concert qu'on attendait depuis des mois, même des années! » justifie Patrick, sa colère et sa déception encore palpables au téléphone 24 ans plus tard. « Non seulement on n'a eu droit qu'à une partie du concert de Metallica, mais on n'a presque rien eu de celui de Guns N' Roses parce qu'Axl n'était pas content! » La plupart des 50 000 spectateurs étaient eux aussi en colère. Certains demandaient même la tête des membres du groupe : « Tuez-les! Tuez-les! » Beaucoup ont lancé des bouteilles de bière et arraché leur siège. Sur le parterre, d'autres ont fait des tas avec des t-shirts et d'autres produits dérivés, et y ont mis le feu. Le Stade était illuminé par ces bûchers un peu coûteux. Très vite, ce qui devait être un concert s'est ainsi changé en émeute.<br>
</p><p>Le chaos s'est propagé dans les corridors du Stade, puis dans les rues autour. « Nous avons attendu que le Stade se vide, parce qu'on savait qu'on aurait de gros problèmes si on sortait, raconte Jean-François. On était tous défoncés. On a attendu à peu près 30 minutes. Quand on est sortis, la foule lançait des bouteilles de bière. C'était vraiment dangereux. Une voiture était en feu. Il y avait aussi de la casse. Des kiosques à souvenirs étaient pillés. » « Ils se jetaient sur le kiosque, raconte Patrick, parce que, t'sais, tant qu'à être dans une émeute, aussi bien en profiter pour faire du pillage. Mais aucun de mes amis ne s'est dit : "OK, mettons le feu et volons des dizaines de chandails des Expos." »<br><br>
</p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/N9WeBYr30kc" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="350px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><p>Près de 300 policiers ont été envoyés sur le parterre du Stade pour maîtriser la foule et aux entrées des stations de métro les plus proches bloquer l'accès, en plus des 400 agents de sécurité (le double du nombre habituel pour un concert de cette envergure) déjà sur place. « La foule a renversé trois voitures de police, raconte Jean-François. Il y avait du monde partout. J'ai dit à mes amis : "Il faut s'en aller." La police estime qu'environ 10 000 fans – ou plutôt ex-fans – de Guns N' Roses ont participé à l'émeute. À la fin, douze personnes ont été arrêtées. Les accusations allaient de vol et trouble de la paix à voies de fait contre un policier et possession d'arme prohibée. Les concerts suivants ont été annulés, et celui de Toronto reporté en septembre. Des fans déçus ont fait le chemin jusqu'au Kingwood Music Centre à Canada's Wonderland pour plutôt assister au retour sur scène des soporifiques Emerson, Lake, and Palmer. On n'a pas signalé d'agitation ni de soulèvement.<br>
</p><p>À Montréal, ville fan rock, la soirée a laissé un goût amer. Metallica a présenté un concert de compensation à prix raisonnable au Forum, mais Guns N' Roses n'a pas eu cette classe. Le promoteur a refusé de rembourser les spectateurs. « Guns N' Roses n'était plus mon groupe de référence, dit Patrick. Pendant un moment, je ne voulais plus les entendre. Les cassettes sont retournées au fond de la boîte. » Et pourtant, pour quelqu'un qui n'était pas là, qui a seulement entendu des échos de cette émeute et lu ce qui s'est passé dans de vieux journaux, tout ça est étrangement passionnant. Peut-être surtout depuis que les trois membres de Guns N' Roses – Axl Rose, Slash, le guitariste, et Duff McKagan, le bassiste – ont reformé le groupe et entrepris une tournée, intitulée <em>Not in this lifetime</em>, pour la première fois ensemble depuis 1993. C'est une mégatournée emphatique, hallucinante et lucrative. Avec un risque, un danger que quelque chose déclenche de nouveau le chaos.<br>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/il-y-a-24-ans-montreal-le-concert-de-guns-n-roses-avec-un-axl-rose-chigneux-sest-changee-en-emeute-body-image-1469110172.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="638" data-original-height="479" data-model-id="206620" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="il-y-a-24-ans-montreal-le-concert-de-guns-n-roses-avec-un-axl-rose-chigneux-sest-changee-en-emeute-body-image-1469110172.jpg" class="vmp-image"></p><p>Dans <em>Get in the Ring</em>, chanson de l'album <em>Use Your Illusion II</em>, Axl Rose hurle : « You may not like our integrity! We built a world out of anarchy! » Ce sont des paroles creuses comme celles-là qui seraient passées pour de la mégalomanie pompeuse, si elles ne s'étaient pas matérialisées. Guns N's Roses a bel et bien « créé un monde anarchique ». Le soir du 8 août 1992, le courant anarchique bouillant, catalysé par la bière et l'insatisfaction, s'est déchaîné.</p><p>Les fans n'ont pas seulement semé le chaos dans un stade et les alentours : ils ont aussi brûlé des t-shirts. Ils se sont retournés contre le groupe. L'esprit anarchique du rock'n'roll s'est retourné contre le rock'n'roll lui-même. Un ex-fan, Patrice Lapointe, avait d'ailleurs bien résumé l'état d'esprit de la foule au Toronto Star : « Ils sont pourris. Ils ont fait trop d'argent, trop vite, et maintenant ils se fichent de leurs fans. Ils feraient mieux de ne jamais remettre les pieds ici parce qu'on les tuerait. » Axl Rose, Slash et Duff McKagan ne sont d'ailleurs jamais revenus jouer ensemble à Montréal depuis. Et ne semblent pas avoir l'intention d'offrir de spectacle de réconciliation tardif. « Not in this lifetime », dirait peut-être Axl.<br>
</p><p><em>Suivez John Semley sur <a href="https://twitter.com/johnsemley3000">Twitter</a>.</em><br>
</p>
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<dc:creator>John Semley</dc:creator>
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<title>Le premier single du duo électro-punk Pelada va faire monter la température de quelques degrés supplémentaires</title>
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<pubDate>Thu, 21 Jul 2016 12:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Envie de danser en faisant des petits mouvements géométriques dans un bunker aux murs recouverts de grillage et de transpiration? Envie de vous faire gueuler dessus en espagnol?
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<content:encoded><![CDATA[<p><em>L'article original a été publié sur <a href="http://noisey.vice.com/fr/" target="_blank">Noisey France</a></em></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/le-premier-single-du-duo-electro-punk-pelada-va-faire-monter-la-temprature-de-quelques-degrs-supplmentaires-body-image-1469110393.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="465" data-model-id="206622" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="le-premier-single-du-duo-electro-punk-pelada-va-faire-monter-la-temprature-de-quelques-degrs-supplmentaires-body-image-1469110393.jpg" class="vmp-image"></p><p>Envie de boucles acid millésimées 1988? Envie de danser en faisant des petits mouvements géométriques dans un bunker aux murs recouverts de grillage et de transpiration? Envie de vous faire gueuler dessus en espagnol? Pas de soucis, on a ce qu'il vous faut : le nouveau single de la série <em>Mind Clear</em> du label franco-japonais MIND Records, dont on vous a déjà présenté <a href="http://noisey.vice.com/fr/blog/bataille-solaire-2-mind-records-premiere" target="_blank">l'excellentissime premier volet, signé Bataille Solaire</a>, en juin dernier. L'engin est signé Pelada, duo électro-punk de Montreal composé de Tobias Rochman et Chris Vargas, et contient deux titres, <em>No Hay</em> et <em>Ten Cuidado.</em> Produit par Pierre Guerineau, de Essaie Pas, il sort en septembre, mais vous pouvez <a href="http://mindrecordsjapan.bigcartel.com/product/mind-clear-003-pelada-pre-order-now" target="_blank">d'ores et déjà le pré-commander ici</a>. Comme vous pouvez vous en douter, il est aussi en écoute intégrale juste en-dessous.<br><br>
</p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/274504949&color=ff5500">
</iframe><p><br></p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/274504705&color=ff5500">
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<dc:creator>Noisey France</dc:creator>
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<title>Les Noirs et les Hispaniques sont plus susceptibles d’être victimes de brutalité policière, selon une étude</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/les-noirs-et-les-hispaniques-sont-plus-susceptibles-dwtre-victimes-de-brutalite-policiere-selon-une-etude</link>
<pubDate>Wed, 20 Jul 2016 12:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Cependant, pour ce qui est du dernier recours de la police – faire feu – les chercheurs n'ont trouvé aucun écart entre les groupes ethniques.
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/21/les-noirs-et-les-hispaniques-sont-plus-susceptibles-dwtre-victimes-de-brutalite-policiere-selon-une-etude-body-image-1469105238-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1490" data-original-height="1066" data-model-id="206554" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="les-noirs-et-les-hispaniques-sont-plus-susceptibles-dwtre-victimes-de-brutalite-policiere-selon-une-etude-body-image-1469105238.jpg" class="vmp-image"></p><p>Aux États-Unis, les Noirs et les Hispaniques sont plus susceptibles d'être victimes de brutalité policière – empoignés, maîtrisés au sol, menottés, frappés avec une matraque ou écrasés contre un mur – que les Blancs, selon une nouvelle étude.</p><p>Cependant, pour ce qui est du dernier recours de la police – faire feu – les chercheurs n'ont trouvé aucun écart entre les groupes ethniques. <br></p><p>L'auteur de l'étude, publiée par le Bureau national de recherche économique (NBER) aux États-Unis, est Roland Fryer, professeur d'économie de l'Université Harvard. Comme il l'indique en introduction, la brutalité policière contre les Noirs aux États-Unis a un long, lourd et désolant passé.<br></p><p>« Pendant une grande partie du 20e siècle, écrit-il, les forces policières ont ouvertement et effrontément choisi de maintenir un statu quo de discrimination plutôt que de protéger et de servir tous les citoyens. »<br></p><p>Les manifestations de brutalité moins extrêmes, qui ne causent pas de décès, comme les blessures et les atteintes à la dignité d'une personne, sont difficiles à recenser.<br></p><p>« Pour toutes les inquiétantes similitudes entre l'actuelle série de bavures policières contre des Afro-Américains et les injustices dont est entachée l'histoire américaine, les débats sont presque dépourvus de données », note le professeur.<br></p><p>L'étude montre que, même quand on tient compte des variables, comme l'endroit où les incidents se sont produits (dans une zone où la criminalité est faible ou élevée), on arrive en général aux mêmes conclusions : la police est 50 % plus susceptible de recourir à la force contre les Noirs et les Hispaniques que contre les Blancs.<br></p><p>L'étude montre aussi qu'en fonction du degré de violence – de l'empoignement au coup de matraque –, la « probabilité de ces incidents diminue vite, mais les écarts en fonction de l'origine ethnique sont constants. »<br></p><p>Même quand on rapporte que les Noirs coopèrent et qu'il n'y a pas d'arrestation, ces derniers sont 21,3 % plus susceptibles d'être victimes d'une forme de brutalité.<br></p><p>Les chercheurs se sont basés sur quatre ensembles de données pour tirer leurs conclusions, dont des données du programme «<em>Stop and Frisk</em>», qui comprend cinq millions d'observations sur une période de dix ans.<br></p><p>Ils ont aussi utilisé des données de Police-Public Contact Survey, un groupe de citoyens représentatifs de la démographie nationale qui fournit, de son point de vue, des renseignements sur les interactions avec des policiers.<br></p><p>Roland Fryer et son équipe ont aussi créé deux autres ensembles de données : l'un qui décrit tous les incidents au cours desquels un policier a fait feu dans trois villes du Texas, six comtés de Floride et le comté de Los Angeles; l'autre est un échantillon aléatoire des interactions entre des citoyens et des policiers du service de police de Houston.<br></p>
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<dc:creator>Tess Owen</dc:creator>
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<category>news</category>
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<title>Récits de vengeance contre des ex</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/recits-de-vengeance-contre-des-ex</link>
<pubDate>Wed, 20 Jul 2016 13:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Nous avons demandé à des personnes au hasard de nous raconter ce qui s'est passé le jour où ils ont cédé à la tentation de servir ce plat qui se mange froid.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/20/recits-de-vengeance-contre-des-ex-1469044160.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/18/we-asked-people-the-best-revenge-theyve-had-on-an-ex-heartbreak-body-image-1468838934-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1280" data-original-height="720" data-model-id="205024" data-path="images/content-images/2016/07/18/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/18/" data-image-filename="we-asked-people-the-best-revenge-theyve-had-on-an-ex-heartbreak-body-image-1468838934.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="photo-credit">(Photo : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=B3eAMGXFw1o">YouTube</a>)
</p><p>On peut dire sans risque de se tromper que tous ceux et celles qui passent par une douloureuse rupture pensent à un moment ou à un autre à se venger. Partir avec son chandail préféré. Crever un pneu de sa voiture. Ou, si l'envie de vengeance contre un ex infidèle n'a aucune limite, révéler par Facebook la fin de <em>Game of Thrones</em>. Nous avons demandé à des personnes au hasard de nous raconter ce qui s'est passé le jour où ils ont cédé à la tentation de servir ce plat qui se mange froid.</p><p class="MsoNormal">
</p><h2>Bea*, 22</h2><p class="MsoNormal"><span lang="EN-US">Je me suis rendu compte que le gars avec qui je sortais depuis quelques années me trompait. Il m'a avoué qu'il ne m'avait jamais aimée, qu'il avait menti quand il disait le contraire. Il m'a laissée pour une autre : une de mes amies. Quelques mois plus tard, il a rompu et mis en ligne des vidéos d'elle qui lui faisait une fellation. Argh.
	</span>
</p><p class="MsoNormal"><span lang="EN-US">Un soir, elle et moi, on parlait et on s'amusait à imaginer comment le faire arrêter pour quelque chose. Au début, j'étais hésitante. Ensuite, je me suis dit que ruiner sa réputation — juste un peu — m'aiderait à oublier cette histoire. Mon amie a montré aux policiers la vidéo, qui n'est rien de moins que de la vengeance porno. Moi, j'ai fait le sale boulot. Il était boxeur, alors j'ai texté son entraîneur pour lui dire qu'il avait manqué plusieurs entraînements pour passer du temps avec moi ou plus tard avec mon amie. À cause de ça et des accusations criminelles, il a été suspendu de son équipe.
	</span>
</p><p class="MsoNormal"><span lang="EN-US">Sa famille a coupé les ponts avec lui et beaucoup de filles l'évitent parce qu'elles sont maintenant au courant de l'histoire. Nous ne nous sommes pas parlé depuis.
	</span><span lang="EN-US"></span>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/14/we-asked-people-the-best-revenge-theyve-had-on-an-ex-heartbreak-body-image-1468503210-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1300" data-original-height="845" data-model-id="203975" data-path="images/content-images/2016/07/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/14/" data-image-filename="we-asked-people-the-best-revenge-theyve-had-on-an-ex-heartbreak-body-image-1468503210.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="photo-credit">Illustration : Polly Williams
</p><h2>Jing, 25</h2><h2></h2><p class="MsoNormal"><span lang="EN-US">On s'est rencontré à la journée portes ouvertes de l'université et on a gardé contact même s'il pensait déménager aux États-Unis. Comme on n'a pas été acceptés à Oxford, on est allés tous les deux dans une université de Londres. Il a emménagé dans un appart que mes parents louaient. Même si les premières années ont été agréables, notre vie sexuelle était pratiquement inexistante. J'essayais tout le temps de l'exciter et, en désespoir de cause, j'ai même googlé « comment séduire son partenaire ». Puis, après une autre tentative ratée, j'ai abandonné. À la troisième année, j'en avais assez de tout faire pour réussir mon stage et mes travaux alors que lui ne faisait rien d'autre que de jouer aux jeux vidéo dans le lit toute la journée.
	</span>
</p><p class="MsoNormal"><span lang="EN-US">La cerise sur le sundae, c'est qu'en utilisant son ordinateur pour envoyer un courriel, je me suis rendu compte qu'il me trompait avec une fille de sa classe. Depuis un bon moment. Plutôt que de l'encourager à faire ses travaux, j'ai passé des soirées à jouer avec lui pour le distraire. Ensuite, je passais des nuits blanches pour terminer les miens à temps.
	</span>
</p><p><span lang="EN-US">À l'été, il était en stage chez JP Morgan, où on lui a offert un emploi à condition que ses résultats universitaires soient à la hauteur de leurs exigences. Bien sûr, il n'y est pas arrivé. Je l'ai expulsé de mon appart le jour même où il a eu sa note. La dernière fois que j'ai eu de ses nouvelles, il travaillait pour sa mère.<br></span></p><h2>Sarah, 24</h2><p class="MsoNormal">Je sortais avec un gars qui était en réalité un vrai salaud. Il faisait des choses subtiles pour diminuer mon estime personnelle. Si on voyait passer une jolie fille dans la rue, il la fixait puis me disait que je devrais m'habiller comme elle. Ou suivre des filles « sexys » sur Instagram qui avait un look complètement à l'opposé du mien. Au lit, il me poussait aussi toujours à faire des trucs sexuels que je n'aimais pas. Un jour, j'ai regardé ses messages sur Facebook et vu qu'il avait parlé de sexe avec d'autres filles pendant toute l'année, alors que nous étions ensemble. <br><br><span id="docs-internal-guid-303c0016-09dd-a204-ae00-f961fa3e61b2">Il était très proche de sa mère. C'était la seule personne qui pensait qu'il était un ange. J'ai fait des captures d'écran des messages et les lui ai envoyées. Toujours aussi fière de ton petit garçon chéri, Angela?</span><br><br><br>
</p><p class="photo-credit has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/14/we-asked-people-the-best-revenge-theyve-had-on-an-ex-heartbreak-body-image-1468503260-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1300" data-original-height="845" data-model-id="203976" data-path="images/content-images/2016/07/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/14/" data-image-filename="we-asked-people-the-best-revenge-theyve-had-on-an-ex-heartbreak-body-image-1468503260.jpg" class="vmp-image">Illustration : Polly Williams
</p><h2>Ruth, 22</h2><p class="MsoNormal"><span lang="EN-US">Quand j'étais jeune, j'étais assez religieuse (et je le suis toujours). Je n'ai jamais eu assez confiance en moi pour parler de ma sexualité. Il y a deux ans, je sortais avec un étudiant international. Des fois, il faisait des remarques homophobes, ce qui me mettait vraiment mal à l'aise, alors je ne lui ai pas dit que j'étais bisexuelle. J'ai commencé à lui en vouloir, mais je dépendais de lui financièrement parce que mes parents ne m'aidaient plus. Chaque fois que je parlais de le laisser, il m'achetait des tas de cadeaux et me payait des soupers au resto, alors je restais avec lui.</span></p><p><span lang="EN-US">C'est seulement quand il a dit à quelqu'un qu'il n'était avec moi que pour obtenir sa citoyenneté parce qu'il avait des ambitions en politique que j'ai finalement rompu. Il s'est présenté pour devenir président des étudiants et a obtenu un grand total de 12 votes. J'aimerais pouvoir dire que je me suis vengée, mais, ce qui l'a blessé, c'est de savoir que j'étais officiellement en couple avec ma copine actuelle, Laura.</span></p><p><span lang="EN-US"><em>* Tous les noms ont été changés.</em></span>
</p><p><span lang="EN-US"><em>Suivez Salma Haidrani sur <a href="https://twitter.com/its_me_salma">Twitter</a></em></span></p><p><br></p>
]]></content:encoded>
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<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/20/recits-de-vengeance-contre-des-ex-1469044160.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Salma Haidrani</dc:creator>
<media:category></media:category>
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<title>Un rapport confirme l’existence d’un système de dopage d’État en Russie</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/un-rapport-confirme-lexistence-dun-systeme-de-dopage-detat-en-russie</link>
<pubDate>Wed, 20 Jul 2016 14:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[« Ce qui surprend, à la suite de l'enquête sur Sotchi, c'est l'étendue de la supervision et du contrôle du laboratoire de Moscou pour manipuler et cacher les échantillons d'urine des athlètes russes. »
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/27/un-rapport-confirme-lexistence-dun-systeme-de-dopage-detat-en-russie-body-image-1469633924.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="285" data-model-id="208839" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="un-rapport-confirme-lexistence-dun-systeme-de-dopage-detat-en-russie-body-image-1469633924.jpeg" class="vmp-image"></p><p>Un rapport commandé par l'Agence mondiale antidopage confirme les allégations du Dr Grigory Rodchenkov, selon lesquelles le gouvernement russe était très impliqué dans un vaste système de dopage avant et après les Jeux olympiques de Sotchi.
</p><p>Rodchenkov, ex-directeur du laboratoire antidopage russe, a affirmé au New York Times avoir caché et modifié des échantillons positifs à la demande du ministère des Sports de Russie. Le rapport de l'avocat canadien Richard McLaren (en intégralité ci-dessous, en anglais seulement) prouve la véracité des allégations de Rodchenkov « au-delà de tout doute raisonnable ».<br>
</p><p>Surtout, le rapport rend compte de l'étendue de l'implication du gouvernement russe :<br>
</p><p><em>Ce qui surprend, à la suite de l'enquête sur Sotchi, c'est l'étendue de la supervision et du contrôle du laboratoire de Moscou pour manipuler et cacher les échantillons d'urine des athlètes russes de presque toutes les disciplines avant et après les Jeux de Sotchi.</em><br>
</p><p><em>La commission indépendante a mis en évidence l'implication de l'État dans la manipulation du système de contrôle du dopage dirigé par l'Agence antidopage russe (RUSADA) et au sein de la Fédération russe d'athlétisme. Le rapport décrit le système de dopage sur le terrain et la corruption qui le permet. Ce rapport aide à mieux comprendre ce système et expose les preuves de la supervision dirigée par l'État et de la corruption du travail d'analyse du laboratoire.<br></em>
</p><p><em>L'État avait mis en place une stratégie simple et sans faille. Si toutes les précautions opérationnelles pour encourager et permettre le dopage chez les athlètes russes échouaient pour quelque raison, le laboratoire offrait un mécanisme sans faille. L'État avait la capacité de changer un résultat d'analyse positif en résultat négatif en ordonnant la modification de l'analyse du laboratoire de Moscou. Le ministère des Sports, RUSADA et le Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie (FSB) étaient tous impliqués dans cette opération.</em><br>
</p><p><em>Pour le président du CIO, Thomas Bach, le rapport montre « une atteinte choquante et sans précédent à l'intégrité du sport et des Jeux olympiques ». Il affirme aussi que le CIO « n'hésitera pas à imposer les sanctions les plus sévères possible contre toute personne ou organisation impliquées ».</em><br>
</p><p>L'Association internationale des fédérations d'athlétisme a déjà banni l'athlétisme russe de Rio, et le CIO a secondé cette décision. Mais, à l'approche des JO 2016, des voix s'élèvent pour demander l'exclusion de l'ensemble de la délégation russe. Avant même la publication de ce rapport, les agences antidopage américaines et canadiennes ont demandé dans une lettre conjointe l'exclusion de la délégation russe, à l'exception des athlètes « en mesure de prouver qu'ils se sont soumis à des analyses antidopage fiables dans d'autres pays ».<em><br></em>
</p><p>Le conseil de direction du CIO doit sous peu discuter des sanctions possibles en conférence téléphonique. Pour sa part, l'AMA exige une exclusion totale.
</p><blockquote class="twitter-tweet" data-lang="en"><a href="https://twitter.com/hashtag/BREAKING?src=hash">#BREAKING</a> WADA calls for Russia ban from all international competition, including Rio Olympics<br>— AFP news agency (@AFP) <a href="https://twitter.com/AFP/status/755050486005399553">July 18, 2016</a></blockquote><p><em>Le rapport de l'AMA sur Scribd par VICE Sports (en anglais seulement)</em>
</p><p><a title="View WADA Report on Scribd" href="https://www.scribd.com/document/318558707/WADA-Report#from_embed">WADA Report</a> by <a title="View ViceSports's profile on Scribd" href="https://www.scribd.com/user/264013351/ViceSports#from_embed">ViceSports</a> on Scribd
</p><iframe class="scribd_iframe_embed" src="https://www.scribd.com/embeds/318558707/content?start_page=1&view_mode=scroll&access_key=key-Mu2oJQrXqJ1FLNrPXx6P&show_recommendations=true&show_upsell=true" data-auto-height="false" data-aspect-ratio="0.75" scrolling="no" id="doc_59250" width="60%" height="600" frameborder="0">
</iframe><p><em><br></em>
</p>
]]></content:encoded>
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<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/20/un-rapport-confirme-lexistence-dun-systeme-de-dopage-detat-en-russie-1469024443.jpeg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Sean Newell</dc:creator>
<media:category>sports</media:category>
<category>sports</category>
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<title>On a demandé à des gens de nous avouer les plus gros mensonges qu’ils avaient mis dans leur CV</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/on-a-demande-a-des-gens-de-nous-avouer-les-plus-gros-mensonges-quils-avaient-mis-dans-leur-cv</link>
<pubDate>Tue, 19 Jul 2016 16:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[D'après un cabinet de conseil en recrutement, 75 % des CV d'aujourd'hui en France seraient « trompeurs ». Les représentants commerciaux arrivent en tête du palmarès des menteurs, juste devant les directeurs.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/19/on-a-demande-a-des-gens-de-nous-avouer-les-plus-gros-mensonges-quils-avaient-mis-dans-leur-cv-1468963526.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"> <img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/06/on-a-demande-des-gens-de-nous-avouer-les-plus-gros-mensonges-qu-ils-avaient-foutus-dans-leur-cv-body-image-1467820690-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1500" data-original-height="1000" data-model-id="200797" data-path="images/content-images/2016/07/06/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/06/" data-image-filename="on-a-demande-des-gens-de-nous-avouer-les-plus-gros-mensonges-qu-ils-avaient-foutus-dans-leur-cv-body-image-1467820690.jpg" class="vmp-image">
	<sub><em>Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/alancleaver/4320245924/in/photolist-7zLoAG-o46CQT-bcv54Z-NbX3t-nyKcze-eeegCz-6tmaF-dDr6Nr-pauCPa-8cBf2X-dHEM15-9chSab-h9bfvm-4AD7zA-CRoEnr-9nsECM-5YtLGa-nGzSVF-5wgQWV-dDr78R-64K74t-afMcwv-nKu5b1-2nEkS-nPx3CL-64PoZs-qG3fLX-JwFQh9-3522zm-4HVmKc-55imCu-2Di7HB-8wKZjK-7xvoCj-3igNze-eu36Du-9Dsk7W-6B8rMw-pBcTup-69yYMc-8cBgkK-76FV6C-s7SNUh-BfB7F-nEAb4j-n1o2d-e3ja-9ozwfU-ass94X-9jqybv" target="_blank">Alan Cleaver</a> sur Flickr</em><br></sub>
</p><p>Il est toujours difficile d'obtenir un emploi quand vous êtes en concurrence avec des dizaines de personnes qui ont à peu près les mêmes expériences et diplômes que vous. Ça paraît d'autant plus vain si l'on rajoute l'équation illogique du marché de l'emploi : il faut de l'expérience pour trouver un job, et il faut un job pour acquérir de l'expérience.
	
</p><p class="MsoNormal"><span lang="EN-GB"><span lang="FR">Pour ma part, j'en ai eu assez de perdre mon temps à envoyer des lettres de motivation et des CV honnêtes. Me retrouver seul face au silence désespérant du monde de l'emploi m'a épuisé — c'est pour ça que j'ai choisi de devenir <a href="http://www.vice.com/fr/read/comment-survivent-les-pigistes-909">pigiste</a>, d'ailleurs.</span></span>
</p><p class="MsoNormal"><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-03ff-5355-bc67-d7cc0ede5309">Heureusement, certains sont beaucoup plus à l'aise avec le mensonge que moi et, afin de se faire voir sous un jour plus favorable que les autres, sont prêts à mentir sur leur CV, et ce, en dépit <a href="http://abonnes.lemonde.fr/emploi/article/2015/12/10/licencie-pour-faute-grave-pour-avoir-menti-sur-son-cv_4829266_1698637.html">des risques encourus</a>. D'après un cabinet de conseil en recrutement, <a href="http://www.florianmantione.com/images/presse/presse_00-00-0000-2.pdf">75 % des CV</a> d'aujourd'hui en France seraient « trompeurs ». Ce sont les représentants commerciaux qui arrivent en tête du palmarès des menteurs, juste devant les directeurs</span>.</p><p class="MsoNormal">J'ai demandé à différentes personnes pourquoi elles avaient menti dans leur CV, du gros mensonge sans aucun fondement à la légère manipulation de la réalité, et si ça leur avait permis de décrocher un emploi.
	
</p><h2>Roger*, 24 ans
</h2><p class="MsoNormal"><strong>À propos de quoi as-tu déjà menti sur ton CV?
	<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0401-6cbf-b781-a0b413bd1dd0">J'ai menti en disant que j'avais un bac — alors que c'est totalement faux. Je l'ai raté deux fois et j'ai fini par me dire que, de toute façon, ça ne me servait à rien de l'avoir. J'ai scanné le diplôme de mon frère, je l'ai ouvert dans Photoshop et j'ai mis mon prénom et mon numéro d'étudiant à la place des siens</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Ça t'a permis d'être embauché quelque part? 
	<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0401-a359-f89e-d5cfd02bf533">Pas vraiment, mais ça m'a été utile dans le sens où j'ai pu reprendre mes études et m'inscrire en école de commerce. Après avoir raté mon bac, j'avais tout arrêté. Du coup, je me suis inscrit directement en master, je n'ai pas eu à faire de licence — puisque j'avais photoshopé le diplôme aussi</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Et personne n'a jamais rien remarqué?<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0401-d634-92ca-184f993eb961">Non. Quand j'ai repris mes études, j'ai dû remettre le diplôme en main propre à mon nouveau directeur. Il n'a rien vu</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Tu n'as pas peur de ce qui pourrait t'arriver si jamais on le découvrait?
	<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0402-a1a0-2cac-2861b87f6dec">Non, j'ai regardé brièvement ce que j'encours, et ça me fait rire. De toute façon, j'aurai bientôt mon M2. À ce moment-là, je pourrai dire que je n'ai jamais eu mon bac — ça prouvera qu'on peut aller loin en sachant utiliser Photoshop, plutôt qu'en apprenant des choses dont on ne se souviendra plus deux mois après les avoir entendues</span>.
</p><h2>Lucas*, 28 ans
</h2><p class="MsoNormal"><strong>C'était quoi, ton mensonge? 
	<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0402-f990-b7b6-9efe04c5c45a">Je m'étais inventé une expérience de barman. Puisque j'étais banquier, je n'avais de l'expérience que dans ce secteur et je voulais travailler pendant mon année sabbatique à Londres. Je me suis dit que c'était plus facile de mentir pour trouver un emploi dans un pub anglais</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Ça a fonctionné?<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0403-4e1c-a73e-31e961cc13de">Oui, bien sûr. Mes employeurs ne se sont pas fait chier à vérifier. Ils m'ont demandé de faire deux jours d'essai. C'était à moi de prouver ce que je savais faire. Après, je n'avais jamais exercé ce métier, donc ça se voyait que je ne savais pas remplir convenablement une pinte de bière — mais comme j'étais motivé, c'est passé</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Tu as menti depuis?<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0403-9247-44a0-922f4e6f71e9">Non! C'était il y a cinq ans. Depuis, j'ai quitté Londres pour retrouver ma vie d'avant. Au moins, j'ai une vraie expérience de barman sur mon CV maintenant. Par contre, je n'aurais jamais fait ça en France</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Pourquoi pas?<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0403-d37b-f379-2cbb532725ab">Parce que je considérais ça comme un job d'été. Si tu mens, ce n'est pas trop grave — barman, c'est un métier qui s'apprend sur le tas. De plus, je savais que je n'étais que de passage</span>.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/06/on-a-demande-des-gens-de-nous-avouer-les-plus-gros-mensonges-qu-ils-avaient-foutus-dans-leur-cv-body-image-1467820773-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1024" data-original-height="683" data-model-id="200798" data-path="images/content-images/2016/07/06/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/06/" data-image-filename="on-a-demande-des-gens-de-nous-avouer-les-plus-gros-mensonges-qu-ils-avaient-foutus-dans-leur-cv-body-image-1467820773.jpg" class="vmp-image">
	<em><sub>Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/subliminal/4634960735/" target="_blank">Marcos Ojeda</a> sur Flickr</sub></em>
</p><h2>Marion*, 24 ans</h2><p class="MsoNormal"><strong>Tu peux m'expliquer en quoi consistait ton mensonge?
	<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0404-e4ae-8ff0-28738a77e98d">J'ai dit que j'avais déjà travaillé en tant que réceptionniste, ce qui n'était pas vrai. J'ai aussi dit que j'avais fait des études dans la réception, alors que tout ce que j'avais fait se limitait à de la restauration basique</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>As-tu décroché un job grâce à ton mensonge?
	<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0405-2b66-e27a-f6bc3b3c5841">Oui. J'étais au Royaume-Uni. On devait être une vingtaine sur le job, et le fait d'être Française a facilité les choses. Les Britanniques considèrent souvent les Français comme étant plus chaleureux que les locaux</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Tes employeurs ne t'ont pas demandé tes diplômes?
	<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0405-90c8-1c3d-e0c479acbe50">Non, jamais. J'avais déjà effectué plusieurs stages, donc je possédais quelques notions en la matière. Après, c'est sûr que je n'étais pas la meilleure ou la plus performante, mais ça m'a permis de me sortir d'une situation assez compliquée. En fait, c'est vraiment par détresse que j'ai menti</span>.
</p><h2>Harry*, 25 ans
</h2><p class="MsoNormal"><strong>As-tu déjà menti sur ton CV?<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0405-e207-0375-415c8e385e7c">Absolument. J'ai toujours voulu bosser dans la restauration, mais je n'avais aucune expérience. Il a fallu que je mente sur mon CV en écrivant que j'avais travaillé auprès de ma famille — qui, elle, est dans ce secteur-là. J'ai dit que j'avais travaillé dans de grands hôtels du sud de la France</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>De grands hôtels?<br></strong><span id="docs-internal-guid-abfeccb2-0406-1c52-624e-05c3acbb1d99">Oui, comme un 4 étoiles à Cannes. J'ai dit que j'avais travaillé là-bas pendant plusieurs mois en tant que chef de rang. J'ai aussi menti en prétendant avoir fait un an en tant que plagiste. Au total, je devais avoir quatre emplois que je n'avais jamais exercés sur mon CV</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Tes mensonges t'ont permis d'accéder au monde de la restauration mais, au début, tes employeurs ont dû voir que tu n'y connaissais rien, non?
	<br></strong><span id="docs-internal-guid-0643a993-0406-6b98-c665-9875f8adc839">Ils ont vu que j'étais nul, en effet. Mais j'ai montré une « passion » dans ce que je faisais et ils m'ont accordé leur confiance. J'ai pu découvrir le milieu et acquérir de l'expérience</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>J'imagine que tu conseillerais aux gens de mentir eux aussi sur leur CV.<br></strong>Absolument.
</p><h2>Adèle, 23 ans
</h2><p class="MsoNormal"><strong>En quoi consistait ton mensonge?	<br></strong><span id="docs-internal-guid-d3dac9b1-0407-1d6d-0101-de746290a456">J'ai mis sur mon CV que j'avais travaillé pendant deux mois dans un supermarché l'été — ce qui était faux</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Pourquoi un supermarché?<br></strong><span id="docs-internal-guid-d3dac9b1-0407-5c17-e895-db45748ab348">Je pensais que ça me permettrait de trouver du boulot plus facilement. Je voulais simplement avoir un job dans la grande distribution</span>.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Tu as été embauchée grâce à ça?<br></strong><span id="docs-internal-guid-d3dac9b1-0407-c9b4-3ac7-267417543f26">Même pas</span>.
</p><p class="MsoNormal"><i> Tous les prénoms ont été changés
	</i>
</p><p class="MsoNormal"><i>Suivez Robin est sur </i><span lang="EN-GB"><a href="https://twitter.com/RobinCannone?lang=fr" target="_blank"><strong><i><span lang="FR">Twitter</span></i></strong></a></span><i> et </i><em>consultez</em><i> </i><span lang="EN-GB"><a href="http://robincannone.com/" target="_blank"><strong><i><span lang="FR">son site</span></i></strong></a></span><i>.</i></p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Robin Cannone</dc:creator>
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<category>stuff</category>
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<title>Les fermes pénitentiaires pourraient rouvrir</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/les-fermes-penitentiaires-canadiennes-pourraient-rouvrir</link>
<pubDate>Tue, 19 Jul 2016 11:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[En 2010, le gouvernement Harper — bien décidé à être « tough on crime » — avait fermé les fermes pénitentiaires en partie parce qu'une fraction seulement des détenus choisissaient de travailler dans le secteur de l'agriculture après leur libération.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/15/les-fermes-penitentiaires-canadiennes-pourraient-rouvrir-1468612686.jpg" type="image/jpg" length="2048"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/les-fermes-penitentiaires-canadiennes-pourraient-rouvrir-body-image-1468612519-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2048" data-original-height="1365" data-model-id="204700" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="les-fermes-penitentiaires-canadiennes-pourraient-rouvrir-body-image-1468612519.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit">Une vache laitière. Photo : James sur Flickr
</p><p>Dans les fermes pénitentiaires canadiennes, depuis les années 1880, les détenus effectuaient diverses tâches au cours de leur peine : entre autres, ils nourrissaient le bétail, trayaient les vaches, faisaient les foins, semaient et entretenaient la ferme. Selon eux, ce travail à la ferme avait des vertus thérapeutiques et permettait d'acquérir des compétences.
</p><p dir="ltr">« Quand on trait une vache, on ne peut pas faire vite », <a href="http://www.vice.com/en_ca/read/what-it-was-like-to-work-at-kingstons-now-closed-prison-farms" target="_blank">explique Pat Kincaid</a>, un ancien détenu qui a travaillé dans une ferme pénitentiaire près de Kingston, en Ontario. « J'ai appris à être patient. »
</p><p dir="ltr">En 2010, le gouvernement Harper — bien décidé à être « tough on crime » — avait fermé les fermes pénitentiaires en partie parce qu'une fraction seulement des détenus choisissaient de travailler dans le secteur de l'agriculture après leur libération. Il estimait que ce n'était pas une bonne formation.
</p><p dir="ltr">Au cours de la dernière année financière avant leur fermeture, 716 détenus ont travaillé dans les fermes, selon Service correctionnel Canada. Il y avait deux fermes en Ontario et une au Nouveau-Brunswick, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique.
</p><p dir="ltr">Maintenant, certaines d'entre elles pourraient rouvrir.
</p><p dir="ltr">Le gouvernement Trudeau mène une <a href="http://www.csc-scc.gc.ca/consult/index-fr.shtml" target="_blank">consultation publique</a> jusqu'au 2 août pour obtenir des opinions sur ces fermes. À la mi-août se tiendra une rencontre publique à Kingston, où sont situées deux d'entre elles : les établissements de Joyceville et de Collins Bay. Ce sont les deux fermes pénitentiaires qu'Ottawa prévoient rouvrir, du moins pour l'instant.
</p><p dir="ltr">Cette rencontre pourrait être animée, comme c'est déjà arrivé dans le passé. Au fil des ans, les fermiers locaux et des militants ont manifesté avec ardeur pour sauver les fermes : en 2010, un âne nommé Stormy portait une affiche avec l'inscription : « Consultant en fermes pénitentiaires » et plusieurs d'entre eux ont été arrêtés, <a href="http://www.theglobeandmail.com/news/national/protesters-arrested-in-rally-at-kingston-prison-farm/article1376420/" target="_blank">d'après des articles de journaux</a>.
</p><p dir="ltr">Depuis la fermeture des fermes, une coopérative près de Kingston prend soin de leur bétail, espérant que des détenus pourront bientôt en prendre soin. La Pen Farm Herd Co-Op, qui compte plus de 180 membres, avait au départ acheté 23 vaches laitières et en possède maintenant 32 — certaines ont eu un veau. Les membres partagent les frais pour leur nourriture et veillent à ce qu'elles soient soignées. « Ces vaches sont amicales, elles aiment l'interaction avec les gens », assure Jeff Peters, président de la coop. « C'est pourquoi elles aident autant les détenus. »
</p><p dir="ltr">Jeff a décidé de tenter de sauver les fermes pour différentes raisons. La principale, c'était la possibilité que le gouvernement vende les terres de grande valeur sur lesquelles elles se trouvaient. « Il y a 50 ou 60 ans, c'était en périphérie de la ville, qui les entoure maintenant. C'est une immense bande de terre dans la ville de Kingston. On pense que ce sont les plus vastes terres en milieu urbain de toute l'Amérique du Nord. » Le gouvernement ne les a pas vendus, mais les loue.
</p><p dir="ltr">Une autre raison, c'était ce que Jeff voyait comme une insulte à l'endroit des fermiers comme lui. « Ils ont dit que les fermes perdaient de l'argent et n'enseignaient rien d'utile aux détenus. Ça m'a agacé, parce que j'ai grandi sur une ferme. Le monde du travail respecte les fermiers pour leur capacité à sortir des sentiers battus et à travailler fort. »
</p><p dir="ltr">Depuis l'annonce de la fermeture des fermes, « sept longues années », comme le dit Jeff, se sont écoulées. Il y a beaucoup de travail à faire, mais je repense à ce qu'ils ont dit et je veux prouver qu'ils avaient tort. »
</p><p>Et le bétail? « Ces vaches vont retourner dans leur ferme », assure-t-il.
</p>
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<dc:creator>Kate Lunau</dc:creator>
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<title>Au Japon, on n’achève pas les taureaux</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki</link>
<pubDate>Tue, 19 Jul 2016 12:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Influencés par le shintoïsme, les Japonais refusent de mettre à mort ces énormes mammifères lors de leurs corridas.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293235-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="662" data-model-id="198568" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293235.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="MsoNormal"></p><p class="MsoNormal">Le <i>tsunotsuki </i><span id="docs-internal-guid-7bcb0a05-0335-e79f-1d6a-fdf38a67316f">est une tradition japonaise qui remonte à plusieurs siècles. Il s'agit d'une corrida inspirée par les enseignements du shintoïsme. Contrairement à la pratique de la corrida en Espagne, les Japonais font s'affronter deux taureaux entre eux.</span></p><p class="MsoNormal">Luke Van Aurich s'est rendu dans le village de Yamakoshi afin de documenter cette tradition ô combien importante aux yeux de certains Japonais. On a eu la chance de lui poser quelques questions.</p><p class="MsoNormal"><strong>VICE : <span id="docs-internal-guid-7bcb0a05-0336-53a4-1920-b7625f1a70ce">Peux-tu nous expliquer ce qu'est le</span> <i>tsunotsuki </i>?
<br>
Luke Van Aurich :</strong> <i>Tsunotsuki </i>signifie littéralement « corrida ». C'est une tradition japonaise qui remonte à l'époque Edo (1603 – 1868). Contrairement à la tradition espagnole, les Japonais opposent deux taureaux entre eux, tels deux sumotoris.</p><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293248-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="985" data-model-id="198569" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293248.jpeg" class="vmp-image"><p><br></p><p class="MsoNormal"><strong>Peux-tu m'expliquer
le déroulement d'un combat ?<br></strong><span id="docs-internal-guid-7bcb0a05-0336-d40f-58dc-0d0afc5de181">Ces affrontements sont censés révéler « l'esprit de combat » des taureaux. Lorsqu'ils se fatiguent, le maître seko demande que l'on intervienne afin de séparer les taureaux. Après cela, les taureaux sont attachés par les pattes et le nez. Ensuite, ils effectuent des tours autour de l'arène pendant que les gens applaudissement. Cela permet de les calmer</span>.</p><p></p><p class="MsoNormal">Il faut également noter que, si un taureau devait se blesser ou chuter, cela serait considéré comme une énorme perte. Si cela survient, les <em>sekos</em> arrêtent le combat et prient. </p><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293269-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="662" data-model-id="198570" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293269.jpeg" class="vmp-image"><p><br></p><p class="MsoNormal"><strong>Pourquoi
prient-ils ?<br></strong><span id="docs-internal-guid-7bcb0a05-0337-6ed3-e092-5ec03f24331e">Ça fait partie du shintoïsme : une religion fortement imprégnée par l'animisme, le respect de la vie sous toutes ses formes. Le shintoïsme joue un rôle prépondérant lors de ces combats. Les <em>sekos</em> prient au début, purifient l'arène avec du sel et balancent du saké sur les cordes. La plupart des sekos sont également des fermiers locaux qui élèvent et entraînent des taureaux en parallèle de leur bétail et de leurs champs</span>.</p><p></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293281-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="662" data-model-id="198571" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293281.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="MsoNormal"><strong>Le <i>seko </i>est un peu l'arbitre, en fait.<br></strong><span id="docs-internal-guid-7bcb0a05-0337-e0bc-144d-03429bdaf3c9">C'est tout à fait ça. Il y en a beaucoup dans l'arène, et ils sont sous les ordres du maître seko, qui gère le combat. Quand il annonce la fin du combat, les <em>sekos</em> interviennent</span>.</p><p class="MsoNormal"><strong>Comment les taureaux réagissent-ils à ce moment-là ?<br></strong><span id="docs-internal-guid-7bcb0a05-0338-2a56-440d-7b095b6b5c50">Cela dépend de leur poids, en fait. Comme à la boxe, il y a une classification. Les plus légers sont faciles à maîtriser, tandis que les plus lourds sont hyper énergiques. Les calmer prend du temps. Quand le maître <em>seko</em> annonce la fin du combat, les <em>sekos</em> passent une corde au niveau d'une patte arrière afin de séparer les taureaux. Après ça, deux types débarquent et passent une corde dans le nez des bêtes. Je crois que le nez est une zone extrêmement sensible chez eux, et cela les contraint à se calmer très rapidement.</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293290-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="662" data-model-id="198572" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293290.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="MsoNormal"><strong>Quelle est l'ambiance autour de l'arène ?<br></strong><span id="docs-internal-guid-7bcb0a05-0338-bdeb-34ed-9fe1dac98015">Les gens sont assez calmes pendant l'affrontement, et explosent de joie à la fin. Il y a des stands de bouffe, aussi. Dans le village de Yamakoshi, vous n'avez pas le droit de parier, car il n'y a ni vainqueur ni perdant – c'est une exception à l'échelle nationale</span>.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293299-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="985" data-model-id="198573" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293299.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="MsoNormal"><strong>Au final, quel regard
portes-tu sur le <i>tsunotsuki </i>?<br></strong><span id="docs-internal-guid-7bcb0a05-0339-09d6-4da3-19c8c7cf027a">En arrivant sur place, l'idée de regarder deux animaux se battre pour satisfaire le plaisir d'êtres humains voyeuristes me dérangeait un peu. Après, quand vous saisissez la dimension culturelle de la chose, ça ouvre votre esprit. Il s'agit d'une tradition locale, ancrée dans la vie des gens, qui élèvent eux-mêmes les taureaux et qui ne désirent pas qu'ils se blessent ou meurent</span>.</p><p><i>Propos
rapportés par <a href="https://twitter.com/s_rento_" target="_blank">Scott Renton</a>.</i></p><p><i></i></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293326-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="662" data-model-id="198574" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293326.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293334-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="985" data-model-id="198575" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293334.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293347-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="985" data-model-id="198576" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293347.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293375-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="662" data-model-id="198577" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293375.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293384-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="670" data-model-id="198579" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293384.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293393-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1000" data-model-id="198580" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293393.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/30/taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293402-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1000" data-model-id="198581" data-path="images/content-images/2016/06/30/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/30/" data-image-filename="taureaux-combat-japon-tradition-tsunotsuki-body-image-1467293402.jpeg" class="vmp-image"></p>
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<dc:creator>Luke Van Aurich </dc:creator>
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<category>travel</category>
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<title>Au SPVM, un scandale n’attend pas l’autre</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/au-spvm-un-scandale-nattend-pas-lautre-1</link>
<pubDate>Mon, 18 Jul 2016 12:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Deux des hommes arrêtés dans ce dernier dossier, Fayçal Djelidi et David Chartrand, sont accusés de parjure et de tentative d'entrave à la justice.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p>Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est à nouveau impliqué dans des allégations d'inconduite sexuelle et d'actes criminels : quatre policiers feront maintenant face à la justice.
</p><p>Au début juillet, le deuxième plus important corps policier au Canada a arrêté quatre des siens. Un énième épisode controversé pour l'organisation frappée par la controverse. Le SPVM a traversé plusieurs crises dans les dernières années, et la plus récente n'aide en rien ses relations avec le public.
</p><p>En 2012, on l'a accusé de zèle dans ses interventions pendant les manifestations étudiantes en réponse à la hausse des droits de scolarité : des centaines de personnes avaient été arrêtées et des dizaines blessées. En 2014, deux agents ont été filmés avec deux jeunes femmes en état d'ébriété assises sur leurs genoux dans leurs véhicules de patrouille, et ensuite suspendus.
</p><p>La semaine dernière, <em><a href="http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/affaires-criminelles/201607/11/01-5000162-operation-matamore-le-passe-de-trois-policiers-hante-des-procedures.php">La Presse</a></em> a rapporté que le procès de deux importateurs de cocaïne pourrait avoir déraillé parce que trois policiers ayant participé à l'enquête avaient été sanctionnés en raison de liens avec le crime organisé. Ces épisodes s'ajoutent aux divers cas de policiers accusés de profilage racial, sans compter que le responsable des affaires internes lui-même est ciblé par une enquête criminelle.
</p><p>Bien sûr, le SPVM n'est pas le seul corps policier pointé du doigt. Trois agents de Toronto ont été accusés d'agressions sexuelles à la suite d'un <a href="http://www.vice.com/en_ca/read/court-documents-reveal-horrific-allegations-in-toronto-police-gang-rape-case">incident en 2015</a>, tandis que l'ensemble des forces policières de l'Ontario sont critiquées pour des arrestations et demandes d'identification — une pratique appelée <em>carding</em> — visant de façon disproportionnée la population non blanche.<br>
</p><p>Néanmoins, le SPVM connaît des années particulièrement difficiles, et les plus récentes arrestations ne représentent qu'une mauvaise nouvelle de plus pour le service.
</p><p class="has-image">
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/552328</guid>
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<dc:creator>Brigitte Noël</dc:creator>
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<category>news</category>
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<title>Nous sommes allés à un party Pokémon GO à Toronto</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/nous-sommes-alles-a-un-party-pokemon-go-a-toronto</link>
<pubDate>Fri, 15 Jul 2016 12:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[La plupart des participants arrivaient d'un autre rassemblement à la tour CN et avaient marché les 2,4 km jusqu'au square Yonge-Dundas pour poursuivre ce party Pokémon.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/15/nous-sommes-alles-a-un-party-pokemon-go-a-toronto-1468551745.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/we-went-to-a-pokemon-go-lure-party-in-toronto-body-image-1468361892-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="563" data-model-id="203141" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="we-went-to-a-pokemon-go-lure-party-in-toronto-body-image-1468361892.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="photo-credit">Pokézombies. Toutes les photos : DAILY VICE.
</p><p>La planète entière joue à <em><a href="http://motherboard.vice.com/tag/Pok%C3%A9mon+GO" target="_blank">Pokémon GO</a>.</em> <span id="docs-internal-guid-4b0807dd-ec79-fa37-5262-ddf4cacb2165">Du moins, c'est l'impression qu'on a eue cette semaine quand nous sommes allés à l'improviste au square Yonge-Dundas à Toronto. Une foule de gens marchaient les yeux rivés sur leur téléphone, essayant frénétiquement d'attraper un Drowzee ou un Weedle et priant pour débusquer un précieux Pokémon</span>.</p><p>Je m'attendais à tomber sur une dizaine de joueurs, tout au plus, et pensais leur parler du petit mais grandissant nombre de dresseurs. Ce sont plutôt 100 personnes éparpillées que j'ai trouvées dans le square, formant au hasard de petits pelotons de dresseurs, montrant aux autres où attraper les meilleurs Pokémon en ville. C'est plutôt impressionnant : le jeu n'est pas encore officiellement accessible ici.</p><span id="docs-internal-guid-855dff2e-e0c0-e566-0af7-e5c8a9fd4a2e"><p dir="ltr">La participation a aussi étonné l'organisateur de ce party, Chris. Il avait dépensé un peu d'argent pour des appâts – pour attirer les Pokémon plutôt que de passer la ville au peigne fin pour les trouver – et avait envie d'être généreux avec les adeptes de l'app.<br>
</p><p dir="ltr"><span id="docs-internal-guid-4b0807dd-ec7a-89b6-46eb-36fa8c71dba7">« J'en ai parlé sur Reddit, pensant que peut-être cinq ou six personnes viendraient. Après, en marchant vers la rue Yonge, je voyais des réponses entrer sans arrêt : "J'arrive d'Ajax", "Je pars de Mississauga". Quand j'ai vu la foule, je me suis dit : "Merde! Qu'est-ce que j'ai fait?" C'est une communauté. C'est sûr qu'il y aura des rassemblements extrêmes quand le jeu sera officiellement lancé ici. »</span><br>
</p><p>La plupart des participants arrivaient d'un autre rassemblement à la tour CN et avaient marché les 2,4 km jusqu'au square Yonge-Dundas pour poursuivre ce party Pokémon. Comme les joueurs ne sont pas spécialement reconnus pour l'activité physique rigoureuse (RIP Kinect), c'était surprenant d'apprendre que beaucoup d'entre eux avaient parcouru dix fois cette distance pendant la journée à la recherche de Pokémon. L'un d'eux m'a dit qu'il était si fatigué de marcher qu'il est allé chercher ses vieux patins à roues alignées dans son sous-sol. Il a parcouru 18 km dans la journée.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/we-went-to-a-pokemon-go-lure-party-in-toronto-body-image-1468361913-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="563" data-model-id="203142" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="we-went-to-a-pokemon-go-lure-party-in-toronto-body-image-1468361913.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="">Rencontrer des gens dans la vraie vie, par exemple en faisant de l'exercice, est un des bons côtés du jeu. Beaucoup de ceux à qui j'ai parlé, qui semblaient être des amis de longue date, s'étaient rencontrés ce soir-là. Une jeune femme a même dit que, dans une ville comme Toronto, qui n'est pas particulièrement chaleureuse, la journée a pris une tournure inspirante.
</p><p dir="ltr">Pour moi qui déteste parler aux inconnus, c'était aussi un gros changement. Tout le monde était si ouvert et généreux, me montrait comment réussir mes captures et m'aidait à trouver à quelle équipe me joindre après que j'ai enfin eu terminé le niveau 5.
</p><p dir="ltr">C'est une ambiance qui rend encore plus accro à ce jeu, une occasion non seulement d'attraper des Pokémon, mais aussi d'arrêter de regarder son téléphone sur son sofa et de plutôt regarder son téléphone dans différents quartiers de la ville. Mais nous avons vite cessé de philosopher, car d'autres sujets de conversation étaient prioritaires : la peur d'être banni du jeu pour avoir pris un raccourci interdit ou pire de perdre tous ses Pokémon quand arrivera la version officielle du jeu.
</p><p dir="ltr">« Je serais tellement triste. Je me suis attaché à eux même si ce ne sont que des pixels dans un écran », admet Erica Fletcher. Meghan Mcgill, qui a fait le chemin à partir d'Ajax pour participer au party, pense que Nintendo devra céder devant le grandissant nombre d'utilisateurs au Canada. « On a la force du nombre, parce qu'à voir combien nous sommes ici, je ne pense pas qu'ils pourraient effacer nos Pokémon. En tout cas, j'espère que non. ».</p><p dir="ltr">La centaine de personnes a déambulé autour du square pendant près de deux heures pour attraper Weedles et Caterpies, jusqu'à ce que quelqu'un lâche un triple appât quelques rues plus loin : tous se sont rués là pour attraper un dernier Pokémon avant que leur batterie de téléphone tombe à plat.
</p><p dir="ltr">En regardant la foule qu'il a rassemblée un lundi soir, Chris s'est demandé ce que devenait sa vie, avant de courir vers le triple appât. Pendant que je courais à toutes jambes dans la même direction, en paniquant parce que ma batterie était sur le point de me lâcher, je me posais la même question, puis je suis entré dans le centre commercial pour la recharger en vitesse.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/we-went-to-a-pokemon-go-lure-party-in-toronto-body-image-1468361930-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="563" data-model-id="203143" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="we-went-to-a-pokemon-go-lure-party-in-toronto-body-image-1468361930.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="">En regardant la foule qu'il a rassemblée un lundi soir, Chris s'est demandé ce que devenait sa vie, avant de courir vers le triple appât. Pendant que je courais à toutes jambes dans la même direction, en paniquant parce que ma batterie était sur le point de me lâcher, je me posais la même question, puis je suis entré dans le centre commercial pour la recharger en vitesse.<br></p></span><p><em>Suivez Amil Niazi sur </em><a href="http://www.twitter.com/amil" target="_blank"><em>Twitter</em></a>
</p>
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<dc:creator>Amil  Niazi</dc:creator>
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<title>Comment voyager sans se comporter en sans-dessein</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein</link>
<pubDate>Thu, 14 Jul 2016 12:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Quelle est la différence entre un voyage et des vacances? Le mélange d'aventure, d'anthropologie et de diarrhée. Inévitablement, vous aurez tôt ou tard l'air d'un ou d'une touriste. Mais il y a tout de même une sorte de code de conduite.
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444019.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="427" data-model-id="203649" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444019.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit"><em>Photo : Pabak Sarkar sur <a href="https://www.flickr.com/photos/pabak/13663451105/in/photolist-mPoKZc-9sy8jv-fnivz4-gFboNN-7HySu4-aQh3E-9sBsoW-9syjuV-9sBnsU-9sBqzw-9sBpoq-9sBfGm-9sBimy-9mNQT4-9syerz-9syrFF-9sBkAs-9sB9Us-sJqaQP-9sBoiG-9sBtQS-m56i4v-9sycU2-kuX9qb-bNQ7RK-ruv1VX-qyrGGa-erscBG-eqvXNe-sbGhUJ-qxuHPw-eqvVRr-eqvUzB-emv9kd-s8EXNp-aZakC-oGxRN-9rHEUR-66G1f4-4rieke-68NBQF-9rtPGy-9rHFgB-9rHHvB-9rLDWs-bsYdqA-aVT4U-CfCQH-4ridQk-9rqT9i" target="_blank">Flickr</a></em>
</p><p>Vous ne regardez des films que sur Netflix, vous faites des sorties selon les rabais qu'offre Groupon, vous apportez votre lunch au bureau chaque jour. Puis, après quelques mois, vous avez assez économisé pour avoir les moyens de partir vers un pays en développement où vous pourrez publier 50 photos de paysage par jour sur Facebook, boire des cocktails fruités et vous couvrir de poudre colorée.
</p><p>Enfin, vous partez en voyage. Quelle est la différence entre un voyage et des vacances? Le mélange d'aventure, d'anthropologie et de diarrhée. Inévitablement, vous aurez tôt ou tard l'air d'un ou d'une touriste. Mais il y a tout de même une sorte de code de conduite.
</p><p><strong>NE SOYEZ PAS CHEAP</strong></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444347.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="424" data-model-id="203650" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444347.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit">Photo : Bruno Bayley</p><p>Sauf si votre vision du voyage consiste en un <em>road trip</em> sur la côte ouest des États-Unis dans une décapotable louée en écoutant la musique de <em>The OC, </em>il y a de bonnes chances pour que vous vous retrouviez dans un pays plus pauvre que celui duquel vous arrivez. Est-ce que c'est l'occasion de chercher tous les moyens de profiter de 2 pour 1 sur les caïpirinhas et de passer des remarques comme : « Les pauvres ont l'air heureux même s'ils vivent là-dedans »? Non. Est-ce que vous devez entamer à votre retour un mois sans glucides pour amasser des fonds dans le but de revenir dans ledit pays et de construire une école pour les enfants d'un village défavorisé? Non plus.
</p><p>Ayez plutôt la présence d'esprit de ne pas vous plaindre au moment de payer et de laisser un pourboire. Une course de taxi à 4 $, ce n'est rien par rapport aux 70 $ payés au chauffeur d'Uber pour vous rendre à l'aéroport. Peu importe à quel point vous pensez être cassé, les gens qui vous vendent les fruits, les boissons, la cocaïne sont moins privilégiés que vous. Pensez-y avant de demander la monnaie à l'homme qui tire votre pousse-pousse.
</p><p><strong>N'IMPOSEZ PAS VOTRE POINT DE VUE AU MONDE</strong>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444365.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="425" data-model-id="203651" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444365.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit"><em>Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/21006070@N00/608668043/in/photolist-VMzNB-a9EkQK-7VdDum-aA7GVH-6pJy7w-qn3CF6-pXdJE8-fgWFPP-8TMSKT-bLaY6p-2c5eQG-71yyA4-6FtEKY-aA7Huk-eaJnhF-4NY3aA-4hBBw3-8mBmTQ-aA7J5K-7VoQVt-fDWaSM-6pJyLo-nMVRw1-qCE8ND-aA7Jep-duaVB6-jg4o4V-9634st-4odjH-4vwQ2v-aAapf7-snqHVE-6QkhKu-n56qKx-79UHP-aA7Hda-iRYHm-7wvvcg-4SVrz-6AQXAw-fbqjw1-9KNGHC-aAapym-aAapHb-4gwkZ9-7nPHBp-axy7kG-8qGzzK-5fkLdC-bForen" target="_blank">Flickr</a></em>
</p><p>L'une des idées reçues au sujet des gens qui voyagent, c'est que ce sont tous des végétariens écologistes qui votent pour Québec Solidaire et projettent de démarrer un projet d'agriculture durable au Bélize. C'est faux. Au cours de votre voyage, vous allez rencontrer beaucoup de personnes pas nécessairement aussi progressistes que vous pensez l'être.
</p><p>Vous allez croiser des Occidentaux pleins aux as qui aiment parcourir le monde simplement pour s'en moquer, comme si leur culture était supérieure à toute autre dans l'histoire de l'humanité. À votre grande surprise, vous rencontrerez aussi des gens de pays en développement qui ne sont pas du tout les parangons de justice sociale ou de tolérance culturelle que vous imaginez.
</p><p>Alors, que pouvez-vous faire quand vous vous rendez compte que vous partagez un dortoir avec deux gars du Tennessee qui pensent que Greenpeace est un groupe terroriste? Ou si vous passez une soirée à boire au même endroit que des militants de l'extrême droite en chair et en os?
</p><p>Vous disposez de deux options : argumenter ou les ignorer. Choisissez toujours la seconde. Je vous promets que vous ne convaincrez personne de changer de point de vue sur le conflit israélo-palestinien sur une plage de Bali. Voici une phrase magique que vous pouvez utiliser chaque fois qu'un <em>douchebag</em> lance une opinion discutable qui va à l'encontre de tout ce en quoi vous croyez : « Hey, cool, ton <em>tattoo</em>! C'est quoi? »
</p><p><strong>ENVOYEZ-VOUS EN L'AIR</strong>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444388.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="480" data-model-id="203652" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444388.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit"><em>Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/silpakhon/2774625377/in/photolist-5ebFsz-5eaAuK-a7q45-8dc7f1-3babkc-4Msv86-nhn1FZ-5TwvyE-9bKM29-jHEfAc-qSN1LS-5ebd3v-64DYkr-d5uSMN-fFqgyA-66XJfw-aFevX-obk3vN-8Hez7H-8HaUa7-4vjmzH-5efBbm-dkMir9-AGVbJ-5ebJAP-5efDJJ-4kpxrZ-eeVm2Z-5efEaG-hT6ZNz-awhwRw-awidju-8HaUZm-pop8-7gRPKw-jE8r1t-fjoyEA-bHDo4F-agyZkN-bbyrPK-5JM4VX-vFe59t-ootp9r-6nn3CY-2aUDay-85DXtw-kjwqSt-ncZJ4-4QYh5B-54J9Qj" target="_blank">Flickr</a></em>
</p><p>Si, comme moi, vous avez grandi à la campagne avec des filles blanches comme des draps et des gars avec une bedaine de bière, préparez-vous à être renversé. Vous avez vu ces gars et ces filles bronzés qui prennent soin de leur corps dans les films? Ils existent. Ils sont là. Et ils sont prêts à tromper leur copain et leur copine.
</p><p>Oui, c'est le temps de s'amuser un peu, même si vous devez suspendre quelques-uns de vos principes. Il ne porte pas de chaussures? Cool! Elle a passé deux ans dans l'armée israélienne et peut assembler un AK-47 les yeux fermés? Sexy! Vos pays sont des ennemis jurés? La baise ultime!
</p><p>Le seul mauvais côté, c'est que cette promiscuité peut causer une honte rétroactive quand vous serez de retour à la maison, entouré de vos amis normaux qui n'ont pas de bague d'orteil. Ce qui semble génial dans un party sur une plage du Costa Rica peut entraîner un certain sentiment d'inconfort plus tard, quand vous êtes de retour au pays. Mais bon, le cerveau excelle dans la compartimentalisation. Je sais que les psys ne seront pas d'accord, mais je vous suggère de mettre ça dans une petite boîte, de la verrouiller et de perdre la clé.
</p><p>Important : Refusez toujours la demande d'amitié du lendemain.
</p><p><strong>NE VOUS FAITES PAS TATOUER</strong>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444597.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="426" data-model-id="203654" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444597.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit">Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/25440132@N03/3784960730/" target="_blank">Flickr</a></p><p>Votre beauté naturelle ne sera pas rehaussée par un tatouage de votre devise mal orthographiée en langue indonésienne.
</p><p><strong>NE PORTEZ PAS DE SAROUEL</strong>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444609.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="413" data-model-id="203655" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444609.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit"><em>On aime ce look. Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/lutmans/4956348569/in/photolist-8xYzKF-H6pW-H7Ab-omvi-H65y-H6mm-H6bu-onk7-omrJ-H66U-on4Y-p5Befz-oU2V9F-omoj-dvyCEE-omWQ-H6aC-on2p-8xYzKR-ona3-onjc-omSw-oniT-H5JF-H7kc-omqN-H68H-H7ih-on1v-oneW-dDR4yu-H7ya-dDKF7c-H7pY-H7b2-H7ag-H7xd-dDKF4M-H7oP-H7bK-H67V-omXP-onBv-H7fb-H6d1-dDR4xq-dDKFec-omGs-omLk-H7fR" target="_blank">Flickr</a></em>
</p><p>Être sur son trente-et-un en voyage n'est pas simple. Tous vos vêtements sont froissés dans le fond de votre sac à dos ou tachés de sueur et de crème solaire. Vous n'avez pas toujours accès à une douche chaude. Vous puez.
</p><p>Et c'est un fait : parfois, le voyage vous changera, peu importe combien vous refusez de vous laisser influencer en temps normal. Au deuxième mois de mon voyage avec sac à dos en Amérique centrale, j'ai laissé une fille me mettre une plume dans les cheveux. Encore aujourd'hui, j'en fais parfois des cauchemars et me réveille en sueur. Je suppose qu'il n'y a aucun moyen d'y échapper.
</p><p>Il y a quand même des limites. Ne soyez pas la personne qui porte le sarouel rouge, vert et jaune chaque jour pendant trois mois. Et vous êtes en voyage, pas au Beachclub de Pointe-Calumet. Laissez tomber les bandeaux à plumes, les chaînes en or, les chandails moulants à col en V et les tops, pantalons, jupes ou shorts trop courts.
</p><p><strong>ESSAYEZ LA CUISINE DE RUE</strong>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444621.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="427" data-model-id="203656" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444621.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit"><em>Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/vmazar/2407172251/in/photolist-4EHorR-i9snqV-bgpgH8-qGHdih-qZzSgE-pTDCnJ-e6JSMq-cPPQJf-hXiMNB-aL1L4t-gZzbgi-8SA9jb-7dsyLc-dYeCnw-i54sUt-5KQeGw-v4KzH-qXqtRQ-7xjgTA-kcntD1-e4Tz7k-reZbUi-aUWg5k-bmYpbG-9NWfq2-4ut717-bU2d96-bgpg7k-96HwXZ-fqTemD-bgphrz-qxGPyN-kJM5J8-qHP1hK-39GNCS-dRsLkh-9oWU5D-e1JFbz-9dUCZF-fNBwSg-6HH8BA-9kFZh4-fNBJeM-qbauBm-9mcmxE-hgn7F-qyyoZQ-dXJoxL-pesQfg-9p3Ush" target="_blank">Flickr</a></em>
</p><p>Ce n'est pas un conseil universel. Je sais que pas mal de gens vous diront que vous devez vous ravitailler dans des restaurants et supermarchés fiables si vous voulez éviter la violente diarrhée qui vous impose des allers-retours aux toilettes toutes les 15 minutes. Mais il y a un mais. La cuisine de rue ne coûte rien et ce sont presque toujours de gentilles personnes qui la préparent en suivant la recette qui a nourri leur famille depuis des générations. De toute façon, vous aurez la diarrhée à un moment ou à un autre.
</p><p><strong>FAITES DES SIESTES</strong>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444634.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="480" data-model-id="203657" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444634.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit"><em>Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/mynameisharsha/4344912987/in/photolist-7BWPfT-a5DJcU-jEXk8-9oPJ6L-e9ojyC-nrHeB-4mzhPo-pgj1NP-nUGKbp-aB4FtK-AnVgG-3kHPCk-8XKhyh-3kNgrf-67vVDk-3kHPA6-3kNgu1-e9hDb8-7BAy3a-CAp5W-6YvU71-8XJoYG-aL5qU-7C1BTo-7gqT2z-7t6kfk-aBHZHs-fV2vjH-fZLGre-4MevW6-78xnkZ-78BeU9-6dRA1v-4QkNEL-4QhA7c-egSbjY-xj3xT-8XJviJ-7gqTPx-ubHeS-8vWNsc-2XW9L5-21uu6G-4QhAbi-4dNuWj-8XFPNN-6j4hNR-aJvx1K-mSdVk-e79pHD" target="_blank">Flickr</a></em>
</p><p>Si vous couchez dans une auberge de jeunesse, vous dormirez sans doute dans une petite pièce avec neuf autres personnes qui ronflent, pètent dans leur sommeil ou se branlent sous leur couverture. L'un d'eux essayera de baiser sous la douche dans la salle de bain commune. Certains laveront leurs vêtements sans les faire sécher correctement, de sorte que le dortoir sentira le chien mouillé. Bref, vous voudrez passer le moins de temps possible dans votre minuscule lit. Pour vous reposer, rien de mieux que les siestes d'après-midi. Les autres seront sortis et les fenêtres seront ouvertes.
</p><p><strong>PROLONGEZ VOTRE SÉJOUR</strong>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444645.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="428" data-model-id="203658" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-voyager-sans-se-comporter-en-sans-dessein-body-image-1468444645.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit"><em>Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/mynameisharsha/4344912987/in/photolist-7BWPfT-a5DJcU-jEXk8-9oPJ6L-e9ojyC-nrHeB-4mzhPo-pgj1NP-nUGKbp-aB4FtK-AnVgG-3kHPCk-8XKhyh-3kNgrf-67vVDk-3kHPA6-3kNgu1-e9hDb8-7BAy3a-CAp5W-6YvU71-8XJoYG-aL5qU-7C1BTo-7gqT2z-7t6kfk-aBHZHs-fV2vjH-fZLGre-4MevW6-78xnkZ-78BeU9-6dRA1v-4QkNEL-4QhA7c-egSbjY-xj3xT-8XJviJ-7gqTPx-ubHeS-8vWNsc-2XW9L5-21uu6G-4QhAbi-4dNuWj-8XFPNN-6j4hNR-aJvx1K-mSdVk-e79pHD" target="_blank">Flickr</a></em>
</p><p>Ne revenez pas simplement parce que vous êtes cassé. Vous serez étonné de découvrir combien il est facile d'être embauché à l'étranger. Beaucoup de bars vous paieront en argent comptant, ce qui est gagnant-gagnant, et les hôtels vous proposeront à tout le moins des nuits et repas gratuits.
</p><p>Quand vraiment vous aurez épuisé toutes vos ressources financières et autres, ce sera le temps de rentrer et de commencer le reste de votre vie.</p>
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<dc:creator>Nilu</dc:creator>
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<title>De l’autre côté de la Méditerranée</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie</link>
<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 12:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Le photographe Kamel Moussa est retourné sur ses terres natales, en Tunisie, à la rencontre de la jeunesse post-révolution.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/05/31/kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-1464705849.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/05/31/kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464705993-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="800" data-model-id="186745" data-path="images/content-images/2016/05/31/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/05/31/" data-image-filename="kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464705993.jpg" class="vmp-image"><br><i><sub><span id="docs-internal-guid-5885ed54-98b9-9c53-ea69-ae2cfacee647">Photos de la série Équilibre instable de Kamel Moussa</span></sub></i></p><p class="p2">Le sud-est de la Tunisie est une région très marquée par le chômage et connue pour être une plaque tournante des départs vers Lampedusa (île italienne à l'est de la Tunisie). Après y avoir passé toute mon enfance et mon adolescence, je suis parti vivre en Europe au début des années 2000, à l'âge de 20 ans. C'est pourquoi ce reportage, que j'ai intitulé <em>Équilibre instable</em>, me tenait à cœur et me touchait personnellement.</p><p class="p2">Mon idée de départ était de réaliser un projet photographique documentaire à propos de la jeunesse tunisienne post-révolution du sud-est tunisien. Dès 2012, quelques mois après le renversement du pouvoir en place, j'ai commencé à prendre des photos de jeunes qui se retrouvaient troublés par ces bouleversements et mis tout d'un coup face à leur émancipation. Il était important pour moi de m'éloigner de l'image véhiculée par certains médias, qui ne montrent les Tunisiens que quand des bateaux arrivent aux frontières italiennes ou suite à des attentats. Ainsi, loin de la photo d'actualité, j'ai voulu rentrer dans l'univers de cette jeunesse, essayer de saisir ses fragilités et son isolement, découvrir son environnement, recueillir des témoignages et construire autour de tout ça un document visuel.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/05/31/kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464706020-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="800" data-model-id="186746" data-path="images/content-images/2016/05/31/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/05/31/" data-image-filename="kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464706020.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p2"><span class="s1">Les photos ont été prises dans les endroits qu'ils fréquentent quotidiennement — leurs chambres, leurs rues, les cafés, les plages. J'ai appris à les écouter avant de les photographier. Le fait d'aller vers eux, de les laisser s'exprimer sans que je les juge les a mis à l'aise. La photo était l'aboutissement d'une complicité.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Au moment de la révolution, la plupart des ados que j'ai rencontrés avaient entre 12 et 15 ans. Pour beaucoup d'entre eux, ces changements dans la société ont entraîné des problèmes familiaux et économiques et un décrochage scolaire, alors que leurs frères, sœurs et cousins plus âgés en ont profité pour partir vers l'Europe. D'un point de vue plus positif, l'ouverture de la société à la liberté d'expression en a encouragé beaucoup à s'engager dans la vie associative et culturelle</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/05/31/kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464706030-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="800" data-model-id="186747" data-path="images/content-images/2016/05/31/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/05/31/" data-image-filename="kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464706030.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p2"><span class="s1">Si certains rêvent eux aussi de traverser la Méditerranée, d'autres espèrent juste réussir à aller jusqu'au bout de leurs études et trouver un travail en Tunisie, toujours dans l'attente de la justice sociale qu'on leur a promise lors de la révolution. J'en ai rencontré beaucoup qui se rendent chaque jour au port de la ville de Zarzis et qui patientent pendant trois heures qu'on leur propose un boulot — généralement, décharger des conteneurs. Malheureusement, la plupart d'entre eux repartent sans avoir pu travailler, en raison d'un manque de marchandises à transporter. Du coup, ils passent une grande partie de la journée au café et les discussions tournent vite autour de l'immigration.</span></p><p class="p2"><span class="s1">D'autres encore se débrouillent comme ils peuvent pour survivre. Par exemple, toujours à Zarzis, ville frontalière avec la Libye, j'ai rencontré des jeunes qui, en raison de l'essoufflement de l'économie locale, se tournent vers la contrebande de carburant ramené du pays voisin. Ils prennent beaucoup de risques pour faire passer cette marchandise qui coûte moins cher que le carburant vendu dans les stations-service locales.</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/05/31/kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464706041-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="800" data-model-id="186748" data-path="images/content-images/2016/05/31/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/05/31/" data-image-filename="kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464706041.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p2"><span class="s1">'un d'eux s'appelle Abdelhamid. Âgé de 21 ans, il a lui-même construit sa boutique de bric et de broc où il vend du carburant et de l'huile de moteur venus de Libye. Cet endroit représente pour lui son univers. Il en prend soin, le décore et le façonne à sa manière. Il passe une grande partie de son temps dans son magasin. C'est son gagne-pain et aussi le lieu de rencontre des jeunes du quartier.</span></p><p class="p2"><span class="s1">J'ai aussi été marqué par ma rencontre avec Mouheidine, 19 ans, qui aimait m'accompagner lors de mes déplacements dans le pays. Rêveur, optimiste et toujours assoiffé de liberté, il me faisait penser au personnage de Sal dans le roman <em>Sur la route</em> de Jack Kerouac.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Ainsi, si ces jeunes ne choisissent pas tous forcément la même voie, tous ont l'espoir que les autorités les entendent un jour et qu'elles prennent en compte leurs ambitions. Selon moi, les intégrer aux débats parlementaires qui concernent l'avenir du pays — et donc le leur — serait nécessaire.</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/05/31/kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464706061-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="800" data-model-id="186749" data-path="images/content-images/2016/05/31/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/05/31/" data-image-filename="kamel-moussa-equilibre-instable-tunisie-body-image-1464706061.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p2">Ce qui m'a poussé à travailler sur ce sujet était un besoin d'interroger le familier. À travers une immersion dans le monde des jeunes Tunisiens d'aujourd'hui, j'ai vécu une expérience qui me rappelle ma propre jeunesse passée là-bas. Cette nouvelle société à la fois étrange et tellement familière pour moi m'a incité à essayer de reconstruire des moments qui m'ont échappé et que j'ai ratés suite à mon départ vers l'Europe. J'ai aussi voulu comprendre comment cette nouvelle génération avait pu réaliser ce que la mienne n'avait pas fait.</p><p class="p2">Mes thèmes de prédilection sont l'exploration de la notion d'identité et d'appartenance, l'histoire qui dépasse parfois l'individu et les répercussions des conflits politiques et sociaux. Je viens d'entamer un projet avec les jeunes Tunisiens qui ont franchi la frontière et qui vivent maintenant en Europe. Ce sera la suite de celui-ci.</p><p class="p2"><i>Kamel Moussa est un photographe belgo-tunisien. Sa série <em>Équilibre instable</em> a été récompensée par deux prix au festival des <a href="http://www.vice.com/fr/read/vues-deurope-boutographies-montpellier-photographie">Boutographies 2016</a> à Montpellier. Suivez-le sur <a href="https://twitter.com/moussaphoto" target="_blank"></a><a href="https://twitter.com/moussaphoto" target="_blank"></a></i><i>.</i></p>
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<dc:creator>Kamel Moussa, propos rapportés par Glenn Cloarec</dc:creator>
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<title>L&#039;incroyable histoire du type qui est mort dans tous les attentats cette année </title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/lincroyable-histoire-du-mec-qui-est-mort-dans-tous-les-attentats-cette-annee</link>
<pubDate>Thu, 14 Jul 2016 11:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Crash du vol EgyptAir, tuerie d'Orlando, attentat de l'aéroport d'Istanbul : un mystérieux Mexicain figure chaque fois parmi les victimes sur internet. Mais comment?
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/lincroyable-histoire-du-mec-qui-est-mort-dans-tous-les-attentats-cette-annee-body-image-1468438384.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="625" data-original-height="867" data-model-id="203606" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="lincroyable-histoire-du-mec-qui-est-mort-dans-tous-les-attentats-cette-annee-body-image-1468438384.jpg" class="vmp-image"></p><p>A priori, vous avez déjà vu sa tête. Sans doute pas dans la rue, mais sur internet. Il faut dire qu'il a pas mal fait parler de lui ces derniers temps, puisqu'il est mort au moins trois fois depuis janvier. Récemment, c'est au cours de l'attaque terroriste à l'aéroport d'Istanbul qu'il a perdu la vie. De toute évidence, il n'a vraiment pas de chance. Ou alors quelque chose ne va pas. (<em>Spoiler</em> : Quelque chose ne va pas.)
</p><p>La chaîne de nouvelles française France 24 a <a href="http://observers.france24.com/fr/20160629-mexicain-mort-tous-attentats-hoax-cyber-harcelement-istanbul-ontario-egyptair" target="_blank">mené l'enquête</a> et constaté que l'homme en question avait en effet été cité sur les réseaux sociaux parmi les victimes de plusieurs tragédies récentes. Récapitulons : il est mort dans <a href="http://www.liberation.fr/france/2016/05/20/les-debris-du-vol-d-egyptair-des-temoins-qui-parlent_1454094" target="_blank">l'écrasement du vol EgyptAir</a> le mois dernier; dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fusillade_du_12_juin_2016_%C3%A0_Orlando" target="_blank">la tuerie d'Orlando</a>; et dans <a href="http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2016/06/30/l-attentat-d-istanbul-en-cinq-questions_4960834_3214.html" target="_blank">l'attentat de l'aéroport Atatürk d'Istanbul</a>. Sauf qu'évidemment, il ne se trouvait à aucun de ces endroits.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/lincroyable-histoire-du-mec-qui-est-mort-dans-tous-les-attentats-cette-annee-body-image-1468438232.png?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="375" data-original-height="544" data-model-id="203604" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="lincroyable-histoire-du-mec-qui-est-mort-dans-tous-les-attentats-cette-annee-body-image-1468438232.png" class="vmp-image"></p><p>Plus intrigant : il a également été lié à d'autres incidents, mais pas comme victime. Il y a peu, au Mexique, quand la police a ouvert le feu sur une foule de manifestants qui protestaient contre une réforme du système de l'éducation, certains internautes ont diffusé sa photo en affirmant que c'était lui qui avait donné l'ordre de tirer.
</p><p>Après avoir contacté quelques-uns des auteurs des tweets et messages Facebook contenant la photo de l'homme, les enquêteurs de France 24 ont fini par comprendre ce qui se passait, et c'est une histoire de fou. Il apparaît qu'Alfonso — ainsi nommé dans la plupart des tweets, sauf que France 24 refuse de dévoiler sa véritable identité — est un crosseur.
</p><p>Le genre de crosseur qui arnaque ses amis, mais pas seulement. C'est en tout cas ce qu'ont expliqué les auteurs des tweets : Alfonso les aurait tous escroqués de sommes plus ou moins grandes, allant jusqu'à 1000 $ environ. « Notre but, c'est de ruiner sa réputation, a expliqué l'un des instigateurs du mouvement. L'objectif, c'est que son visage soit connu du monde entier. »
</p><p>Les journalistes sont finalement parvenus à mettre la main sur Alfonso, qui est bien au courant de l'affaire et a du mal à trouver des solutions juridiques à son calvaire.
</p><p>« Ma photo circule partout, à cause de quelqu'un qui a eu envie de faire une plaisanterie après un litige... Maintenant, je suis dans plusieurs histoires que tout le monde retweete, se plaint-il. J'ai demandé à la BBC de supprimer ma photo, mais ils ne m'ont jamais répondu. J'ai vu ensuite ma photo sur le <em>New York Times</em>, mais je ne les ai pas contactés. Je n'ai pas porté plainte contre les personnes qui ont diffusé ma photo, car ce genre de procédures n'aboutit jamais au Mexique. »
</p><p>Les lois sur le cyberharcèlement sont encore floues dans la plupart des pays. Au Mexique, les petits malins qui diffusent la photo d'Alfonso risquent en théorie entre 6 et 24 mois de prison pour atteinte à la réputation, mais, dans les faits, ces peines sont rarement prononcées.
</p><p>Par conséquent, si vous voulez éviter de vous retrouver en photo sur tous les sites d'info dès qu'une bombe explose quelque part, pensez à rembourser vos « amis » ou évitez de les voler. Autrement dit, à l'ère d'internet et des réseaux sociaux, évitez d'être un crosseur.
</p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Sébastien Chavigner</dc:creator>
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<category>news</category>
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<title>Comment regarder de la porno en prison</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/comment-regarder-de-la-porno-en-prison</link>
<pubDate>Wed, 13 Jul 2016 02:31:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Dans beaucoup de prisons, les commodités les plus précieuses ne sont pas les cigarettes ou la drogue, mais la porno.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/13/comment-regarder-de-la-porno-en-prison-1468377780.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/13/comment-regarder-de-la-porno-en-prison-body-image-1468377544-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="480" data-model-id="203186" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="comment-regarder-de-la-porno-en-prison-body-image-1468377544.jpg" class="vmp-image" alt="Illustration : Deshi Deng" style="float: right; margin: 0px;"></p><p>Dans beaucoup de prisons, les commodités les plus précieuses ne sont pas les cigarettes ou la drogue, mais la porno. Ce ne sont pas tous les prisonniers qui se défoncent, mais tous se branlent, à cause de la solitude, de la libido ou simplement pour passer le temps. Pendant mes 21 ans derrière les barreaux aux États-Unis, ce qui m'a le plus manqué, surtout parce que je n'avais pas droit aux visites conjugales, c'était la compagnie d'une femme.</p><p>Le matériel porno le plus courant en prison, ce sont les photocopies de pages de magazines érotiques. Ceux qui montrent des mannequins sans nudité sont aussi assez populaires. Souvent, ce sont les agents des services correctionnels qui les font entrer pour se faire un peu d'argent. Les prisonniers payent plus de 200 $ pour un magazine entier en bonne condition. Le propriétaire du magazine fait ensuite des copies en noir et blanc qu'il revend 20 $ chacune. Des copies de copies de pages doubles ou de certaines filles sont aussi vendues. Et les prisonniers les échangent quand ils en ont assez de « leurs filles ».
</p><p>L'autre forme de divertissement sexuel populaire, ce sont les séries de photos imprimées à partir d'internet que les amis ou la famille envoient par la poste. Les DVD de porno, extrêmement rares en prison, rapportent plusieurs centaines de dollars à l'agent qui les fait entrer. Et des téléphones avec des vidéos se vendent plus de 500 $.
</p><p>« On paye des prix indécents », m'a dit un prisonnier au téléphone. « Mais regarder un peu de porno, c'est ce qu'on peut espérer de mieux. »
</p><p>Comme toutes les prisons américaines ont banni la porno, les prisonniers font des pieds et des mains pour conserver et cacher leur collection. Selon le règlement de l'établissement, les punitions varient : confiscation du matériel, périodes d'isolement, transferts et de nouvelles accusations pour la possession ou la contrebande de matériel explicite. Dans certaines prisons, même la masturbation sans porno est une infraction.
</p><p>Nous avons parlé à plusieurs prisonniers pour en savoir plus et pour leur demander ce qu'ils pensent de devoir éviter de se faire prendre à faire ce que le monde libre fait chaque jour impunément.
</p><h1>PRISONNIER 1<br>31 ANS<br>CONDAMNÉ À 10 ANS DE PRISON POUR DISTRIBUTION DE MÉTHAMPHÉTAMINE</h1><h1></h1><p>Certains prisonniers ont un bon train de vie grâce au marché de la porno. Ils ont des clients réguliers, puisque plusieurs en sont dépendants. J'avais un numéro de <i>Just 18</i>datant de 1999, usé et dont plusieurs pages manquaient. Je le louais. Les prisonniers me payaient 1,50 $ pour 30 minutes. Ça devient coûteux pour un masturbateur en série. D'autres, des déviants, avaient un sérieux problème de dépendance à la masturbation. J'essaie de rester loin d'eux. Le numéro de <i>Just 18,</i> j'ai fini par le vendre 100 $ juste avant mon transfert dans une autre prison.
</p><p>Dans une autre prison, un copain avait une copie de <i>Buttman</i>. Comme neuf : il était conservé dans une enveloppe en plastique. Il l'a vendu 200 $ juste avant de partir. Un autre prisonnier, qui avait été transféré de FCI Texarkana à Beckley parce qu'il s'était fait prendre à faire entrer un ordinateur, le louait 5 $ l'heure. Il avait aussi des centaines de vidéos pornos téléchargées. Quand il s'est fait de nouveau prendre, il est retourné en cour et le juge a prolongé sa peine de 6 mois.
</p><p>Des gars vendent aussi des photos que leur envoient leur famille ou leurs amis. Les prisonniers les vendent une dizaine de dollars chacune. Ceux qui en ont assez de leurs photos les échangent contre de nouvelles filles. Le prix d'une photo dépend du derrière de la fille. Il y en a qui vont faire des demandes spéciales pour avoir des filles en particulier. J'ai même vu des types finir par tomber amoureux de l'une d'elles, comme si c'était vraiment leur copine.
</p><h1>PRISONNIER 2<br>46 ANS<br>CONDAMNÉ À LA PRISON À VIE POUR TRAFIC DE STUPÉFIANTS</h1><h1></h1><p>Dans la rue, on peut se procurer des magazines pornos pour à peu près 10 $. Mais, en prison, le prix d'un numéro récent de Blacktail coûte de 200 à 300 $. C'est de la contrebande et les magazines seront confisqués si on les trouve. On pourrait même avoir un rapport d'incident, être mis en examen ou envoyé au trou juste pour possession de matériel porno. Pour protéger ta collection, tu dois « déguiser  » ton magazine avec la couverture d'un magazine accepté.
</p><p>Quand je vendais des magazines, je devais numéroter les pages moi-même parce que je jure que des gars sont capables d'arracher des pages de façon à ce qu'on ne s'en rende pas compte. Et même si on s'en rend compte, on ne sait pas toujours qui l'a arrachée. Je ne laisse que quelques prisonniers louer mes magazines et je vérifie que toutes les pages y sont avant et après chaque location pour éviter les malentendus.
</p><p>J'ai une photo d'une jolie fille qui a l'air de venir d'un pays exotique avec un dildo dans la bouche. Son regard dit tout. Par sa façon d'être assise, elle m'invite à lui faire plaisir. Je l'ai eue contre un sac de café et je ne laisse personne l'emprunter. Je pense écrire quelque chose de vague mais précis au marqueur à l'arrière, comme «  New York  », juste au cas où je ne la retrouverais pas après une fouille de ma cellule. Mettre son propre nom sur une photo, c'est débile. Mais j'ai vu des gars le faire pareil et même ajouter leur numéro de prisonnier sur leurs précieuses possessions.
</p><h1>PRISONNIER 3<br>38 ANS<br>CONDAMNÉ À 18 ANS DE PRISON POUR VOL DE BANQUE</h1><p>En 14 ans de prison, je me suis retrouvé dans plusieurs établissements et j'ai vu les mêmes photocopies en noir et blanc partout. Elles sont de plus en plus mauvaises, mais je continue de les acheter. C'est les seules chattes que j'aurai. Il y a différentes façons d'en faire entrer dans la prison, comme la poste. Mais la façon principale, c'est la façon traditionnelle : par les policiers et les agents des services correctionnels. Ils font de fausses couvertures et les font passer avec d'autres magazines.
</p><p>On trouve les photos noir et blanc partout. Les gardiens s'en foutent et n'y touchent pas parce qu'ils comprennent qu'on n'a pas vu de chatte depuis que Bush a été élu président. Si un homme condamné à la prison à vie est obsédé par Pinky , tu ne veux pas être celui qui s'oppose à ça.
</p><p>Il n'y a pas de porno internet en dedans. On n'a accès à rien, alors ce n'est pas une option. J'ai eu la chance de mettre la main sur un téléphone il y a quelques années. Il contenait tellement de porno que j'ai presque fait une crise de cœur. Les gars se servaient du téléphone pour leurs activités illicites, et moi, tout ce que je voulais, c'était regarder de la porno. Ils me disaient : «  On peut voir le véhicule de surveillance autour de la prison sur Google Earth!  » Et je répondais : «  On s'en fout! Regarde la quantité de porno!  »
</p><h1>PRISONNIER 4<br>40 ANS<br>CONDAMNÉ À 35 ANS DE PRISON POUR EXTORSION</h1><p>Quand tu te retrouves dans cette jungle de béton, ta copine, c'est ta main. Elle est toujours là à tes côtés et tu peux toujours compter sur elle. Quand je suis arrivé, il n'y avait que des <i>Smooth</i> et <i>Straight Stuntin'</i> , avec des modèles comme Buffie the Body, Maliah, CoCo, Rosa Acosta et Vida Guerra. Les gars voulaient l'exclusivité des photos de ces femmes. On échangeait les magazines avant le verrouillage des cellules et on relâchait le stress et la douleur mentale refoulés.
</p><p>Quand un de mes copains est arrivé dans notre unité, on avait une boîte de DVD pleine de porno. On installait un lecteur DVD, que quelqu'un avait fait passer, sur une caisse devant une chaise, et les gars faisaient la file pour se branler. C'était juste à côté de là où on jouait au poker. C'était le meilleur des deux mondes et il ne restait qu'à choisir son poison.
</p><p>C'est un gros marché en dedans. Chaque fois que quelqu'un a besoin de changer les idées, je lui conseille de prendre quelques magazines ou photos pornos, un peu de lotion et des kleenex, de placer une serviette devant la fenêtre de sa cellule et de se mettre au travail. Après, on se sent mieux.
</p><p><em>Suivez Seth Ferranti on <a href="https://twitter.com/sethferranti?lang=en">Twitter</a>.</em></p>
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<dc:creator>Seth Ferranti</dc:creator>
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<category>stuff</category>
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<title>Votre pusher ne connaît probablement rien au cannabis</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/ce-que-raconte-votre-pusher-au-sujet-du-cannabis-est-probablement-faux</link>
<pubDate>Tue, 12 Jul 2016 13:45:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Al the Alchemist nous révèle les vraies origines du sativa et de l'indica.
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/ce-que-raconte-votre-pusher-au-sujet-du-cannabis-est-probablement-faux-body-image-1468337893-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="664" data-model-id="203017" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="ce-que-raconte-votre-pusher-au-sujet-du-cannabis-est-probablement-faux-body-image-1468337893.jpg" class="vmp-image" alt="Le Blackberry Kush est un indica, mais ce que vous pensez savoir sur ce type de cannabis n'est peut-être pas exact. Photo : Dank Depot sur Flickr" style="float: left; margin: 0px;">
</p><p dir="ltr" class="photo-credit">Le Blackberry Kush est un indica, mais ce que vous pensez savoir sur ce type de cannabis n'est peut-être pas exact. Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/dankdepot/" target="_blank">Dank Depot</a> sur Flickr
</p><p dir="ltr">Le gouvernement Trudeau a annoncé la création d'un groupe de travail sur la légalisation de la marijuana. Composé de médecins, de politiciens, de spécialistes des dépendances et de policiers, le groupe possède toutes les expertises requises — à l'humble avis du gouvernement — pour élaborer le cadre législatif de la légalisation.
</p><p dir="ltr">Mais il n'y a pas une seule personne dans ce groupe qui possède une vraie connaissance du cannabis, et je suis sûr que le gouvernement l'admettrait. Aucun d'eux n'a d'expérience pratique du weed, sauf pour dire pourquoi c'est mauvais pour vous ou essayer de vous en éloigner. Je doute beaucoup que l'un d'eux ait admis avoir été un consommateur régulier (si j'ai tort, j'espère qu'on m'appellera pour en parler), et encore moins l'avoir étudié dans une autre perspective que la prohibition.
</p><p dir="ltr">Au contraire d'Al the Alchemist.
</p><p dir="ltr">Al est l'un des principaux experts en weed au Canada, un domaine dans lequel il n'existe pour l'instant aucune accréditation, mais une position tout de même bel et bien acquise. L'ex-animateur de Class In Session, émission éducative sur le cannabis, étudie la question depuis 30 ans et en cultive depuis presque aussi longtemps. Il prend le plant au sérieux et, par conséquent, est devenu une précieuse source d'information. Depuis que je l'ai rencontré il y a quelques années, ma vision du weed a complètement changé. J'ai parlé avec lui dernièrement de quelques sujets entourant le cannabis, y compris de criminalisation et de légalisation, de sativa et d'indica, et d'autres fausses dichotomies sur lesquelles se base l'industrie.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/ce-que-raconte-votre-pusher-au-sujet-du-cannabis-est-probablement-faux-body-image-1468338168-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1000" data-model-id="203018" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="ce-que-raconte-votre-pusher-au-sujet-du-cannabis-est-probablement-faux-body-image-1468338168.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="photo-credit">Photo publiée avec l'autorisation d'Al The Alchemist<br>
</p><p dir="ltr"><strong>VICE : Quand t'es-tu intéressé au cannabis?<br></strong><strong>Al The Alchemist :</strong> Quand j'étais enfant, on a juste décidé un jour d'essayer la marijuana. C'était avec mon ami Ricky, qui n'est plus des nôtres, il est décédé. Je l'aidais à distribuer les journaux. Il a volé un peu de marijuana à son père et nous l'avons essayé. Ç'a été une l'expérience extraordinaire! Ensuite, il y avait un pimp dans notre quartier, à un coin de rue de chez mes parents — un bon gars, mais un pimp pareil! Il avait le complet de soie, la Cadillac : c'était un pimp. J'ai eu les couilles d'aller cogner à sa porte un jour. J'ai cogné, cogné et attendu, attendu. Finalement, il m'a ouvert la porte et s'est mis à rire. J'ai demandé : « Est-ce que je peux avoir un peu de marijuana? » Il a m'a ri en pleine face et fermé la porte. Comme j'allais partir, il a rouvert la porte et demandé : « Où tu vas? » Je lui ai donné dix dollars et il a rempli ma main! Ensuite, il m'a dit : « Allez, va t'amuser. »
</p><p dir="ltr"><strong>Pourquoi as-tu commencé à l'étudier?<br></strong>Les oncles d'un ami vendaient de la marijuana, alors j'ai commencé à apprendre dès le début. « Oh, ça, c'est du cannabis mexicain et ça, c'est du colombien. » Je savais les reconnaître. Je savais reconnaître le thaï. J'aimais vraiment ça! Je sortais des trucs comme : « J'ai entendu que le mexicain a ce goût-là parce qu'ils le sèchent avec des bananes et le mettent met à plat sous des matelas! »
</p><p dir="ltr"><strong>J'imagine que les connaissances sur le cannabis se transmettent surtout à l'oral...<br></strong>En Afghanistan, l'une des façons traditionnelles de produire du hachich, qu'on n'utilise plus à cause de toute la bullshit qu'ils ont subie, était de l'extraire du plant par friction, de le mettre dans des urnes en argile, de sceller les urnes avec des peaux d'animaux et de la cire, et de les enterrer dans le désert pour six ou sept ans. Puis, les sortir quand le hachich est complètement séché, après avoir été chauffé et refroidi — le désert est chaud, froid, chaud, froid, et ainsi de suite chaque jour — pendant sept ans.
</p><p dir="ltr"><strong>Wow! Mais cette technique est perdue maintenant?<br></strong>L'invasion russe en Afghanistan a bousillé tout ça. Ils ne pouvaient plus le faire après.
</p><p dir="ltr"><strong>Pourquoi as-tu décidé de consacrer beaucoup de temps à ce sujet?<br></strong>Je n'ai jamais vraiment pris le temps de m'asseoir et de lire des livres pour étudier : j'ai juste appris au fur et à mesure, en faisant l'expérience du cannabis très jeune et en faisant l'expérience du côté criminel aussi. En apprenant sur la revente, sur l'importation, c'est devenu un intérêt. Quand je suis parti de chez mes parents, à 18 ans, on a cultivé un plant. On s'est dit : « Faisons pousser du weed et on verra ce qu'on peut faire! »
</p><p dir="ltr">Il n'y avait pas de livre, on ne pouvait pas sortir et acheter le <em>High Times</em>. C'était interdit à ce moment-là au Canada. Avant que Marc Emery se lève et dise que ça ne va pas. Et on le remercie de l'avoir fait parce que cette information est maintenant accessible. Mais quand j'étais enfant, on fonctionnait par essai-erreur. On a fait pousser un plant avec du détergent à lessive parce qu'on savait qu'il contenait du phosphate!
</p><p dir="ltr">Peu à peu, j'ai commencé à comprendre et je me suis rendu compte que je pouvais faire pousser du pot. En fait, c'était faux. Un de nos amis a été formé pendant trois ans avec les motards. C'était le premier gars de notre cercle qui savait vraiment. Après, j'ai commencé à apprendre. C'était une sorte de formation de deux ans avec lui. On faisait pousser du chanvre sauvage. L'une des choses que mon ami a découvertes dans sa formation, c'est qu'ils bourgeonnent ultra-vite. C'était incroyable!
</p><p dir="ltr"><strong>Et tu t'es intéressé au côté criminel du cannabis?<br></strong>J'en ai été fasciné!
</p><p dir="ltr"><strong>On dirait que, parce que le cannabis est illégal, il n'y a aucun moyen de séparer l'histoire du cannabis de son côté criminel.<br></strong>C'est vrai, tout le développement est criminel! Tout ce qu'on adopte du côté des licences autorisées a été développé alors que c'était illégal. Tout vient du marché noir. On ne fait que le légitimer. Je ne comprends pas d'où vient la résistance. Le gouvernement est d'accord pour se les approprier et ne tient pas compte de tous ceux qui sont impliqués dans le marché noir. Ils disent : « Si vous avez un dossier criminel en rapport avec le cannabis, on ne vous veut pas! »
</p><p dir="ltr">Pour moi, c'est complètement stupide! Ce sont ceux qu'ils devraient avoir de leur côté, ceux qui font pousser le cannabis, qui ont passé du temps en dedans pour ça. Qui sont des passionnés, qui n'ont pas eu peur et qui l'ont fait. Ils sont ensuite sortis de prison et ont recommencé : ils en ont fait pousser encore plus.
</p><p dir="ltr"><strong>Un dossier criminel lié au cannabis, c'est presque un CV.<br></strong>Presque? À mon avis, c'en est un.
</p><p dir="ltr"><strong>Pour apprendre ou être protégé, tu étais obligé de côtoyer des criminels.<br></strong>Oui, à l'époque, c'étaient les motards. Je n'ai rien contre les motards. À mon avis, ce sont eux qui ont fondé l'industrie du cannabis et en ont fait ce qu'elle est! Je suis reconnaissant qu'un groupe se soit dit : « Le monde veut ce produit et, si le gouvernement ne s'en occupe pas, on va le leur donner! » J'en suis très content. Les activistes n'hésitent pas à juger les motards, mais beaucoup de recettes, de variétés et de tout ce dont on profite, on leur doit.
</p><p dir="ltr"><strong>Tu parles du développement des variétés. Je trouve intéressant qu'on veuille du cannabis légal de qualité plutôt que du cannabis illégal de mauvaise qualité. Mais, corrige-moi si je me trompe, beaucoup des variétés des deux côtés proviennent du même marché noir.<br></strong>Beaucoup viennent de Californie. À l'époque des motards, la plupart d'entre eux étaient des militaires. Ils s'approvisionnaient dans les autres pays et cultivaient le cannabis à leur retour en Californie. Amsterdam a véritablement commencé avec six variétés afghanes. Et je suis pas mal sûr que c'étaient six variétés qui venaient de Californie. À l'origine, c'étaient les variétés afghanes qu'on a importées en Californie, et qu'on a fait passer à Amsterdam à partir de la Californie. C'est fou! C'est peut-être juste des histoires, mais...
</p><p dir="ltr"><strong>Qu'y a-t-il sur la côte ouest des États-Unis et du Canada pour que le cannabis se développe en grande partie là-bas?<br></strong>La Californie! Beaucoup de choses ont commencé en Californie. C'est grâce à la communauté du Nord-Ouest Pacifique. Il y a aussi l'Oregon et tous ces autres endroits. Ça a fait son chemin vers le nord par l'entremise des réseaux de producteurs, de hippies et d'autres passionnés de cannabis des années 60 et 70. Jusqu'au Canada. Beaucoup de Canadiens ont voyagé dans le monde et sont allés chercher leurs propres variétés. Il y a eu un pionnier, je ne sais pas si je peux dire son nom, il était de Winnipeg et faisait pousser du cannabis avant qu'Ed Rosenthal commence à écrire sur le sujet. Il n'a pas écrit de livre, mais s'il l'avait fait, il serait devenu le Ed Rosenthal!
</p><p class="photo-credit has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/ce-que-raconte-votre-pusher-au-sujet-du-cannabis-est-probablement-faux-body-image-1468338197-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1000" data-model-id="203019" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="ce-que-raconte-votre-pusher-au-sujet-du-cannabis-est-probablement-faux-body-image-1468338197.jpg" class="vmp-image"></strong>Photo publiée avec l'autorisation d'Al The Alchemist
</p><p dir="ltr"><strong>Quand t'es-tu rendu compte qu'il y avait une communauté canadienne?<br></strong>Je pense que c'est quand Marc Emery est entré en scène. On se demandait tous : « C'est qui, lui? On peut recommencer à acheter des bongs et des livres. » Ce gars-là n'avait rien à voir avec le cannabis, mais il a vu qu'il y avait un problème et s'est dit : « Fuck it! » On trouvait que c'était ce qu'il y avait de plus cool : « Il est parti de l'Ontario pour aller à Vancouver. » Après, on s'est rendu compte qu'il y avait un marché à Vancouver. Un de nos amis a rapporté quelques variétés de Vancouver. Une d'elles s'appelait la « Dankouver » et elle était complètement malade! Un autre, qu'ils appelaient simplement « Van Couver », sentait les fraises. On a compris que le marché de Vancouver était énorme!
</p><p dir="ltr"><strong>J'imagine que c'était l'origine du légendaire BC Bud.<br></strong>Oui, les premiers plants qu'on a eus, c'était du Hawaiian Skunk. On l'appelait le «nug». Pound-A-Plant est ensuite devenu le légendaire BC Hash Plant, mais on l'appelait «pound of plant». On avait aussi le Rude Northern. C'était le bourgeon le plus fort, dense et gros. Vraiment foncé.
</p><p dir="ltr"><strong>On ne sait pas toujours que ces noms de variétés ont des origines. Il y a des raisons pour lesquelles ont les a appelés comme ça.<br></strong>Comme une Ford ou une Passat : il y a toujours une origine, une raison.
</p><p dir="ltr"><strong>Et on assiste presque à une purge de l'histoire du cannabis.<br></strong>Oui, l'histoire du cannabis a été tellement cachée que c'est difficile de la reconstituer. Tout ce qu'on a, ce sont des légendes amalgamées et c'est facile de se planter. À cause de ça, c'est comme si on inventait tout au fur et à mesure.
</p><p dir="ltr">Pour moi, on force le monde à mentir! Le monde est obligé de dire : « C'est 60 % indica, 40 % sativa. » Comment tu sais ça!? Les gens peuvent raconter n'importe quoi en ce moment et le monde les croit! Ils se disent : « Le revendeur m'a dit ça et ça doit être vrai : c'est un professionnel, il vend du cannabis, il connaît ça. » Non.
</p><p dir="ltr"><strong>C'est encore pire quand tu vas voir ton médecin et qu'il te raconte les mêmes affaires.<br></strong>Et comment! Le médecin dit que « tu as besoin de sativa ». C'est vrai? C'est quoi, du sativa? Et du indica?
</p><p><strong>Justement, qu'est-ce que c'est?<br></strong>Sativa, ça veut dire qu'on l'a cultivé. Tout est cultivé, alors du sativa, c'est tout le putain de cannabis. Et indica, ça veut dire qu'on l'a importé d'Inde.
</p><p><strong>Comment en est-on arrivé à penser qu'avec du indica, on devient léthargique, et qu'avec du sativa, on devient agité?<br></strong>Pour ça, on doit revenir au début de la classification. On revient à Linnæus, le gars qui a catégorisé le cannabis sativa. Le L dans « sativa-L », c'est pour Linnæus.
</p><p dir="ltr">Il a utilisé la bonne terminologie. Il a fondé une culture, un groupe de personnes qui faisaient pousser du cannabis. Ils ont cultivé le cannabis en le sélectionnant en fonction de deux éléments : les fibres et l'huile. Il a choisi le nom anciennement donné au cannabis cultivé : cannabis sativa.
</p><p><strong>Mais il n'a fait aucune allusion aux effets du sativa?<br></strong>Non! Il a utilisé la bonne terminologie, parce que la communauté cultivait du cannabis dans cette région et l'a amélioré d'année en année par des sélections. Il a dessiné le plant : très étroit avec des bras minces. Mais ceux qui cultivent du cannabis depuis un moment savent que si les racines sont à l'étroit, le plant sera étroit. Et si on fait pousser du cannabis dans un champ, et que les plants sont à 15 cm les uns des autres, peu importe si c'est un plant large ou étroit, il ressemblera à l'illustration de Linnæus : très étroit et grand, et ses branches ne seront pas grosses. C'est du sativa.
</p><p>Ensuite, il y a Lamarck, en Inde. Il a tout classé indica, ce qui veut dire que ça vient d'Inde. Même la mangue était indica. Il y a beaucoup d'indicas qui n'ont rien à voir avec le cannabis.
</p><p><strong>Ce n'est pas une mangue qu'on mange avant d'aller au travail. C'est une mangue pour la fin de la soirée!<br></strong>Il a trouvé les plants dans la nature, pas cultivés dans un champ. Ils n'étaient pas à 15 cm les uns des autres : il pouvait prendre de l'ampleur, il avait l'air d'un arbuste avec des feuilles larges. Parce qu'il était au nord de l'Inde, où les plantes ne sont pas très hautes, le plant est assez large et les feuilles le sont aussi. Mais dans le sud de l'Inde, les plants sont très étroits et hauts, des « sativas », en quelque sorte.
</p><p><strong>Donc, avec la même variété, on pourrait faire pousser un plant étroit ou large?<br></strong>Bien, un plant à feuilles larges restera un plant à feuilles larges, et un plant à feuilles étroites restera un plant à feuilles étroites. Ça ne changera pas beaucoup. Mais il y a un gars de Colombie qui dit qu'à 2500 mètres d'altitude, on peut changer un plant à feuilles larges en plant à feuilles étroites.
</p><p><strong>Donc il n'y a rien dans les feuilles larges qui rend léthargique?<br></strong>Non!
</p><p><strong>D'où vient cette idée?<br></strong>C'est ici que les Pays-Bas entrent en scène. Ils ont vu ces différences, ils ont regardé dans les livres et se sont dit : « Ça, c'est un sativa et ça, c'est un indica », sans connaître leur origine. Alors les variétés afghanes, népalaises ou nord-asiatiques, tout est devenu indica.
</p><p><strong>C'est plus simple de les classer de cette façon.<br></strong>Il y a des variétés africaines à larges feuilles! Est-ce que ce sont des indicas?
</p><p dir="ltr"><strong>Pourrait-on diviser le cannabis en deux catégories : l'une qui rend léthargique, et l'autre très éveillé?<br></strong>Je pense que ça dépend du métabolisme et de la chimie du cerveau de chacun.
</p><p dir="ltr"><strong>Oui, d'ailleurs j'ai essayé ce qu'on appelle du sativa et je me suis senti fatigué.<br></strong>Bien sûr! Le haze me donne souvent envie d'aller me coucher, mais c'est du haze! Et je commence ma journée la plupart du temps avec du kush. Pour moi, c'est léger. C'est du cannabis pour le jour, parce que l'effet est court. Avec le kush le plus puissant, j'ai vu des amis piquer du nez, mais pour moi, c'est parfait au début de la journée parce que ça ne dure pas longtemps. Il n'y a pas d'effet narcotique. Je pense que ça dépend vraiment du métabolisme et de la chimie du cerveau.
</p><p dir="ltr">Le THC reste le THC. Et le THC de l'indica n'est pas différent du THC du sativa. Les gens tiennent des choses pour acquises et je pense qu'il y a souvent un effet psychosomatique. Quand on leur dit que c'est du sativa, ils s'attendent à un effet, ils s'y préparent.
</p><p dir="ltr" class="photo-credit has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/12/ce-que-raconte-votre-pusher-au-sujet-du-cannabis-est-probablement-faux-body-image-1468338239.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="640" data-model-id="203020" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="ce-que-raconte-votre-pusher-au-sujet-du-cannabis-est-probablement-faux-body-image-1468338239.jpg" class="vmp-image"></strong>Photo publiée avec l'autorisation d'Al The Alchemist<br>
</p><p dir="ltr"><strong>Qu'est-ce qui différencie les variétés, alors?<br></strong>Les terpènes. Les composants du cannabis, aussi. Mais surtout les terpènes. Si on se penche sur les variétés qui rendent parano, on verra sûrement qu'elles ont des terpènes semblables. Les variétés qui rendent léthargiques ont aussi un certain type de terpènes. J'aimerais qu'on commence à classer le cannabis en fonction de ce critère.
</p><p dir="ltr"><strong>Alors, j'imagine qu'on devrait parler de l'irradiation du cannabis et de la réduction d'amas de terpènes. Qu'est-ce qu'on fait quand on irradie le cannabis?<br></strong>On lui enlève son caractère. C'est tout.
</p><p dir="ltr"><strong>L'autre chose dont je voulais te parler, c'est l'idée selon laquelle le CBD et le THC s'opposent, la fausse dichotomie voulant que ce soit les deux trichomes. Il y aurait un bon trichome dans le CBD et un mauvais dans le THC parce que l'un affecte le corps, et l'autre l'esprit.<br></strong>Ils existent tous les deux dans le même trichome. Le trichome, c'est la glande, qui contient tout le spectre des composants du cannabis. Le THC et le CBD sont tous les deux importants.
</p><p dir="ltr"><strong>Ce ne sont que deux parmi plusieurs, c'est ça?<br></strong>Oui, des tonnes. Il y a le THC, le CBD, le CBG, le CBN et aussi tous ceux qui existent sous forme d'acides, des formes complètement décarboxylatées. C'est juste qu'il n'y a pas eu assez de tests. Le THC, c'est ce qu'on teste depuis le plus longtemps, c'est pourquoi on le connaît mieux. Maintenant, on connaît le CBD. Mais ils n'ont pas étudié tous les autres. On en est qu'au début.
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</em></p><p dir="ltr"><em>Suivez Damian Abraham sur <a href="https://twitter.com/leftfordamian" target="_blank">Twitter</a>.</em></p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Damian Abraham</dc:creator>
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<title>L’homme qui vandalise les banques pendant les manifs en France</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/l-homme-qui-vandalise-les-banques-pendant-les-manifs</link>
<pubDate>Mon, 11 Jul 2016 13:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Un extincteur, un burin et des litres de peinture : tout ce qu'il faut pour éclater un distributeur.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/06/l-homme-qui-vandalise-les-banques-pendant-les-manifs-1467817720.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/06/l-homme-qui-vandalise-les-banques-pendant-les-manifs-body-image-1467817347-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="563" data-model-id="200770" data-path="images/content-images/2016/07/06/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/06/" data-image-filename="l-homme-qui-vandalise-les-banques-pendant-les-manifs-body-image-1467817347.jpg" class="vmp-image">
	<i><sub>Toutes les photos sont publiées avec l'autorisation
de Seday.
	</sub>
	</i>
</p><p class="MsoNormal">L'artiste et vandale Seday
a défoncé environ 100 banques françaises en quelque six années de pratique.
Après avoir longtemps maintenu un silence relatif, il est devenu une
figure de proue des mouvances d'extrême gauche ces derniers mois en attaquant
systématiquement, en marge des manifestations anti-loi travail, les
distributeurs et devantures de banques sur son chemin. C'est notamment
à lui qu'on doit les fameuses projections de peinture multicolore à l'entrée
des guichets bancaires de France, de même que quelques autres dégâts matériels infligés
à l'aide d'un burin.
	
</p><p class="MsoNormal">Tandis qu'il prépare de
nouveaux coups pour les prochaines manifs cet été, je
lui ai posé quelques questions au sujet du capitalisme et de sa façon bien
particulière de le combattre.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>VICE : À quoi ça te sert de vandaliser la
façade des banques françaises?
	</strong><br>
	<strong>Seday :</strong> Eh bien, les banques représentent l'idée de capitalisme dans
tout ce qu'il a de plus abject. Ce sont elles qui spéculent. Elles sont à
l'origine de la prétendue crise, qui dure déjà depuis huit ans. Durant ce laps
de temps, les 500 familles les plus riches de France se sont encore enrichies de
plus de 25 %, alors que le reste de la population s'est appauvri. Pareil à
l'échelle mondiale. Le jeu est truqué.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Comment ça?</strong><br>
	Le jeu est truqué en ce sens que la population est
obligée de jouer : on est obligé, par exemple, de disposer d'un compte
bancaire. Je casse les
banques pour protester face à ça, mais aussi pour faire réfléchir les
gens. Imagine une ville où toutes les banques seraient systématiquement défoncées.
Je suis certain que cela aurait un impact fort.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>C'est déjà le cas depuis trois mois dans les divers
mouvements sociaux. À Nantes, Rennes ou Paris, on voit de plus en plus de
banques saccagées.
	</strong><strong><br>
	</strong>En effet, le mouvement a pris. On était
très peu à le faire au début, mais depuis mai, à chaque manif, les banques sont
devenues une cible privilégiée.
	Selon moi, on ne fait pas
d'omelette sans casser des œufs. De fait, on ne fait pas de manif sans casser
des banques. Cette boutade fait d'ailleurs désormais partie du langage
contestataire.
	
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/06/l-homme-qui-vandalise-les-banques-pendant-les-manifs-body-image-1467817398-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1001" data-model-id="200771" data-path="images/content-images/2016/07/06/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/06/" data-image-filename="l-homme-qui-vandalise-les-banques-pendant-les-manifs-body-image-1467817398.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="MsoNormal"><strong>Parle-moi de la première banque que tu as défoncée.</strong><br>
	C'était un Crédit lyonnais. Au début, je ne cassais
que des banques Crédit lyonnais. Avec un tag qui disait : « 
	<i>Give me my money back. </i>» C'était il y a environ six
ans, lorsque le Crédit lyonnais était à deux doigts de faire faillite. Le
gouvernement avait alors obligé chaque citoyen inscrit à la banque à payer 250 euros
– c'était directement prélevé de notre compte pour « sauver la
banque », prétendu pilier de notre économie. Est-ce que maintenant
qu'ils font à nouveau des milliards de bénéfice, ils nous ont rendu nos 250
euros ? Non, bien sûr. Ils ont juste changé de nom. Ils s'appellent désormais le
LCL.
	
</p><p class="pullquote">Je sais bien que
l'on n'arrêtera pas le capitalisme en cassant des banques – il s'agit d'un
symbole.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Ces derniers temps, il me semble que tu t'es diversifié. Tu attaques
d'autres enseignes que le LCL.
	</strong><br>
	En effet. Aujourd'hui, je m'attaque à toutes les banques, avec une petite
préférence pour la Société Générale, surtout depuis la fuite des Panama
Papers. Je dirais que l'inspiration de mon style, c'est Jackson Pollock. Je
veux que ce soit très voyant et que l'on y ressente toute la colère. Que
l'on perçoive le geste en lui-même. Je cherche à ce que ça ne passe pas
inaperçu. Je sais bien que l'on n'arrêtera pas le capitalisme en cassant des
banques – il s'agit là d'un symbole.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Depuis le début des manifestations cette année, on a vu de
nombreux casseurs de banques débarquer sur le marché. Dirais-tu que chaque
casseur a un style particulier?
	</strong><br>
	Oui, il y en a que l'on reconnaît tout de suite. Quand
je vois telle ou telle slogan, je sais direct qui est l'auteur. C'est un peu
comme dans le graffiti, chacun a sa patte. Il y a aussi celui qui peint toutes « ses »
banques systématiquement en jaune. Pour moi c'est comme du <em>land art</em>, en version hardcore. Sinon, je
crois en effet avoir influencé des plus jeunes avec mes 
	<i>bank paintings, </i>pourvu que le mouvement prenne de l'ampleur.
</p><p class="MsoNormal"><strong>As-tu une méthode que tu essaies de suivre à la lettre?</strong><br>
	Ma méthode, c'est la destruction maximum. J'attaque
les vitres de l'écran des distributeurs au burin, pareil pour les
fenêtres : masse et burin. Je mets de la colle forte dans les fentes – celles dédiées au passage de la carte et celle du retour billets –, puis
j'asperge le tout de peinture multicolore. C'est esthétique et efficace.
J'essaie de mettre de la peinture sur la plus grande surface possible pour que
les mecs de la banque soient contraints de changer le plus d'éléments. J'adore l'extincteur aussi. T'ouvres un extincteur, tu remplaces
la poudre anti-incendie par de la peinture, et ça donne un jet puissant. Ça en
fout partout.
	
</p><p class="pullquote"> Le rituel, c'est
dans l'avant : préparation de l'extincteur, cagoule, puis gants, marteau,
un K-way, et un joint.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Comment tu t'organises pour tes repérages?</strong><br>
	Ça dépend beaucoup des parcours de la manifestation. En général, avant le jour
J, je sais à quelle hauteur se situent les banques qui m'intéressent. Puis, au moment où ça part en manif sauvage, j'improvise. De toute façon il y a
toujours une grande part d'improvisation sur place. L'ambiance, le rythme des
marcheurs, la pression, et le temps, qui est compté.
	
</p><p class="MsoNormal">Le rituel, c'est dans
l'avant : préparation de l'extincteur, cagoule, puis gants, marteau, un K-way,
et un joint. Je sais qu'il ne faut pas se faire serrer et que la police guette les
bords de cortège.
	
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/06/l-homme-qui-vandalise-les-banques-pendant-les-manifs-body-image-1467817457-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="563" data-model-id="200772" data-path="images/content-images/2016/07/06/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/06/" data-image-filename="l-homme-qui-vandalise-les-banques-pendant-les-manifs-body-image-1467817457.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="MsoNormal"><strong>Justement, la police a-t-elle déjà réussi à t'arrêter?</strong><br>
	
Pas encore. Mais une fois, il est arrivé que ça passe à deux doigts. Je venais d'attaquer la
banque au marteau, et j'étais en train de sortir l'extincteur. Je m'apprêtais donc
à dégainer et là, j'entends des manifestants crier : « Oh, y a les
Bac-eux ! » Je me retourne et je les vois qui déboulent.
J'ai dû décharger tout l'extincteur de peinture couleur rose fuchsia sur
eux ! L'un d'eux s'est pété la gueule à cause de la pression. C'était la
grosse débandade. Du coup, j'ai pu repartir dans la foule, tranquille.
	
</p><p class="MsoNormal">Mais disons qu'en général
ça se passe bien. La foule est solidaire – souvent même, elle applaudit.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Tu opères toujours seul ?</strong><br>
	Dans mon cas, oui. J'ai mon propre rythme, mes rituels.
Mais j'ai des potes qui sont dans la manif, plutôt délire cortège de tête, et eux
ont besoin d'être à plusieurs pour charger ou se défendre. Ils s'attaquent à
tout ce qui se trouve sur leur passage, d'ailleurs. Moi je ne vise que les
banques. C'est comme partir à la chasse.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Et cette chasse t'a rapporté combien de trophées?</strong><br>
	Trop peu : je viens de passer la barre des 100
banques. Mais parmi les 100, il n'y en a qu'une dizaine que je considère comme
de vraies œuvres d'art. De l'art éphémère, certes. Je ne prends jamais de photos : toutes celles que je possède, je les ai retrouvées sur internet. C'est l'instant présent que
j'aime. Je ne vais pas commencer à faire des petits albums photo comme un papy.
	
</p><p><strong>Tu as déjà une prochaine cible en vue ?</strong><br>
	Secret défense. Mais disons que les prochains jours vont être
chargés. Je me prépare d'ailleurs un petit tour de France pour étendre la
pratique. Et qui sait, faire de nouveaux adeptes.
</p>
]]></content:encoded>
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<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/06/l-homme-qui-vandalise-les-banques-pendant-les-manifs-1467817720.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Itvan Kebadian</dc:creator>
<media:category>interviews</media:category>
<category>interviews</category>
</item>
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<title>Des sherpas expliquent pourquoi ils reviennent sur l’Everest après une saison plus meurtrière que jamais</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais</link>
<pubDate>Fri, 08 Jul 2016 17:46:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[4000 personnes ont escaladé l'Everest. Rares sont les ascensions qui auraient été possibles sans l'aide des Sherpas.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/08/des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-1468000343.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p>En 1953, Edmund Hillary et Tenzing Norgay ont marqué l'histoire : ce sont les deux premiers hommes à atteindre le sommet de la plus haute montagne au monde. Depuis, 4000 personnes ont escaladé l'Everest. Rares sont les ascensions qui auraient été possibles sans l'aide des Sherpas, devenus indissociables de la montagne.</p><p>Ce peuple d'origine tibétaine qui vit dans l'est du Népal guide les alpinistes et porte leur équipement. L'escalade est si ancrée dans la culture des Sherpas qu'elle aurait entraîné une adaptation génétique qui leur donne une capacité presque inhumaine de résister aux effets physiques de la haute altitude.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/08/des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000435-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="592" data-model-id="201888" data-path="images/content-images/2016/07/08/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/08/" data-image-filename="des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000435.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit">Des sherpas et des travailleurs népalais relaxant dans une tente. Toutes les photos : Daniel Oberhaus</p><p>Les Sherpas assument de nombreuses responsabilités au cours des ascensions : ils cuisinent, déterminent l'itinéraire, installent les cordes et transportent tout l'équipement des alpinistes à l'aller comme au retour. Certains d'entre eux atteignent le sommet de l'Everest plusieurs fois dans la même saison.</p><p>Mais les deux dernières saisons ont été les plus meurtrières dans l'histoire de l'Everest, et les Sherpas ont été nombreux parmi les victimes. En 2014, une large colonne de glace de la cascade de glace du Khumbu s'est détachée, causant la mort de 16 grimpeurs, dont 13 Sherpas. Après cet incident, ils ont fait la grève jusqu'à ce que leur sécurité soit améliorée.</p><p>En 2015, un tremblement de terre d'une magnitude de 7,8 a secoué le Népal, provoquant une gigantesque avalanche qui a fait 22 morts au camp de base, dont dix Sherpas, et une soixantaine de blessés. Après la tragédie, toutes les entreprises se sont retirées de la montagne et, pour la première fois en 41 ans, personne n'a atteint le sommet au cours de la saison.</p><p>Malgré tout, de nombreux Sherpas sont revenus cette année. Je me suis rendu au camp de base avec un traducteur pour découvrir ce qui les a poussés à revenir après deux saisons tragiques.</p><p><strong>Ang Kamy</strong></p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/08/des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000879-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="666" data-model-id="201889" data-path="images/content-images/2016/07/08/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/08/" data-image-filename="des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000879.jpg" class="vmp-image"><br></strong></p><p>À 64 ans, Ang Kamy est l'un des plus vieux Sherpas de l'Everest. Il est revenu chaque année depuis 1975 mais, même s'il a participé à 35 expéditions, n'a jamais touché le sommet. C'est qu'il est le leader d'une équipe élite de huit Sherpas qui fixent les cordes et les échelles sur la cascade Khumbu, dont dépendent les grimpeurs pour parvenir au sommet en sécurité.</p><p>La cascade de glace du Khumbu est considérée par la plupart des grimpeurs comme la plus terrifiante partie de l'ascension. C'est un piège mortel fait de blocs de glace instables avec des échelles suspendues au-dessus de crevasses sans fond, qui ont déjà avalé des équipes entières d'alpinistes. Pour beaucoup, l'objectif est de la franchir aussi vite que possible. Pour Ang Kamy et son équipe, c'est presque un deuxième chez-soi.</p><p>Deux ou trois semaines avant l'arrivée des alpinistes au camp de base, ce qui marque le début de la saison, son équipe et lui commencent à s'aventurer sur le glacier. Ils installent des cordes, des points d'ancrage et des échelles jusqu'au camp II, deuxième de quatre camps où s'arrêtent les grimpeurs, à 6500 mètres d'altitude. </p><p>Comme la cascade est un glacier en constant mouvement, les passages doivent être fréquemment entretenus. La glace qui se détache peut avoir coupé une corde ou une crevasse peut s'être élargie de la longueur de deux ou trois échelles en à peine quelques heures.</p><p>C'est un travail dangereux, et c'est en partie ce qui y attire Kamy depuis 1999. « J'ai arrêté d'être porteur pour travailler à la cascade parce que j'aime le danger et j'aime créer un passage pour les expéditions. Ma famille n'arrête pas de me demander d'arrêter à cause du danger, mais j'aime être ici, j'aime rendre les grimpeurs heureux. »</p><p>En 2014, quand la colonne de glace s'est détachée, Kamy et son équipe devaient se trouver parmi les victimes. Mais ce jour-là, le déjeuner s'est étiré, ce qui les a retardés et leur a sauvé la vie.</p><p>Et l'an dernier, le matin du tremblement de terre, son équipe et lui étaient revenus de la montagne plus tôt que prévu à cause du mauvais temps. Quand ils sont arrivés au camp de base, le dîner était presque prêt, alors ils ont décidé de se réunir dans une grande tente réservée aux repas. </p><p>Vers midi, le tremblement de terre a entraîné l'avalanche qui a rasé toutes les tentes individuelles du camp de base. Les médecins ont survécu, mais Kamy admet calmement que, si chacun avait été dans sa tente, ils seraient tous morts.</p><p>Mais il croit que rien n'a changé sur la montagne et qu'il n'y a aucune raison de ne pas y retourner. « Le tremblement de terre, c'est juste l'un des défis de la nature. »</p><p><strong>Tenjing Dorji</strong></p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/08/des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000899-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="666" data-model-id="201890" data-path="images/content-images/2016/07/08/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/08/" data-image-filename="des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000899.jpg" class="vmp-image"><br></strong></p><p>Tenjing Dorji a commencé à guider les grimpeurs de l'Everest en 1993, quand il avait 24 ans. Depuis, il a atteint de sommet dix fois. « À l'époque, les Sherpas n'avaient pas accès à une bonne éducation. J'ai fait ce travail pour gagner de l'argent et offrir une meilleure éducation à mes filles et à mon garçon. »</p><p>Selon Tenjing, les Sherpas ont un salaire de base de 3000 à 4000 dollars par saison, selon l'entreprise pour laquelle ils travaillent. Ils obtiennent une prime de 1000 dollars s'ils guident une équipe jusqu'au sommet. Ce peut sembler peu, mais dans l'un des pays les plus pauvres au monde, ce n'est pas si mal. Le salaire annuel moyen des Népalais est de 700 dollars.</p><p>Le fils de Tenjing, qui a maintenant 25 ans, a eu accès à l'éducation promise par son père. Toutefois, il a suivi ses traces et est devenu guide. « La culture dans la région du Khumbu est ainsi, explique Tenjing. Même si on a une occasion de travailler pour le gouvernement ou dans un bureau ailleurs au Népal, on préfère grimper. »</p><p>Il était au camp de base lors de l'avalanche de la saison dernière, mais dit ne pas avoir eu peur de revenir cette année. Le plus difficile avec ce travail, selon lui, c'est de passer près des corps de Sherpas morts dans la montagne. On ne les redescend pas pour des raisons de logistique. Ils nous rappellent qu'on ne peut pas tenir demain pour acquis.</p><p>« Nos ancêtres escaladaient l'Everest, c'est notre culture. La sécurité des Sherpas n'est jamais garantie. Il n'y a aucune garantie tant qu'on n'est pas revenus au camp. C'est seulement là qu'on sait si on a survécu. »</p><p><strong>Mingma Chhiri</strong></p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/08/des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000923-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="666" data-model-id="201891" data-path="images/content-images/2016/07/08/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/08/" data-image-filename="des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000923.jpg" class="vmp-image"><br></strong></p><p>Quand j'ai rencontré Mingma Chhiri, la peau de son visage était brûlée par le vent et le froid. Je lui ai demandé s'il avait grimpé dernièrement et il m'a répondu qu'il avait atteint le sommet de l'Everest pour la première fois deux jours plus tôt. Il installait les cordes pour une expédition commerciale. Son groupe de huit Sherpas était le premier à atteindre le sommet cette saison, et donc le premier depuis deux ans.</p><p>Mingma guide des expéditions dans l'Himalaya depuis 2010, suivant les traces de son frère, qui travaille sur de moins hautes montagnes. En 2014, il est parvenu au camp II de l'Everest, mais la catastrophe l'a empêché de poursuivre l'ascension. Quand il y est retourné en 2015, il avait bon espoir d'atteindre le sommet. Mais il y a eu le tremblement de terre, et il a craint pour sa vie.</p><p>« Je n'avais jamais ressenti un tremblement de terre pareil et je n'avais aucune idée de quel côté venait l'avalanche. J'avais peur de revenir cette année, mais mon frère m'a demandé de venir. Alors je suis venu. »</p><p>Pour nombre de Sherpas, cependant, le risque n'en valait pas la peine. « Dans le bouddhisme, le nombre trois a un sens particulier. Il y a eu des accidents deux années consécutives. Des Sherpas croient que cette année est aussi dangereuse parce que c'est la troisième, explique-t-il. Beaucoup de Sherpas expérimentés ne sont pas revenus. Si tout se passe bien, je pense qu'ils reviendront tous l'an prochain. »</p><p><strong>Phu Chettar</strong></p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/08/des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000940-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="666" data-model-id="201892" data-path="images/content-images/2016/07/08/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/08/" data-image-filename="des-sherpas-expliquent-pourquoi-ils-reviennent-sur-leverest-apres-une-saison-plus-meurtriere-que-jamais-body-image-1468000940.jpg" class="vmp-image"><br></strong></p><p>Phu Chettar n'avait jamais prévu travailler sur l'Everest. Le jeune homme de 22 ans a récemment été diplômé d'une université de Katmandou, où il étudiait pour devenir hygiéniste dentaire.</p><p>Mais la dentisterie ne le passionnait pas – l'escalade, si. Avant ses études, Phu profitait de ses temps libres pour escalader des montagnes de l'Himalaya, parfois à titre de guide. Après l'université, il s'est inscrit à une formation et, en 2015, s'est ensuite joint à l'équipe de guides qui travaillent sur le glacier. C'était le plus jeune membre de l'équipe.</p><p>« J'étais très heureux d'être sur la montagne. Puis il y a eu le tremblement de terre. J'ai eu vraiment peur. Ç'a été une année difficile. »</p><p>Malgré cette dure première année, Phu n'a pas hésité pas à revenir cette année. Il s'est laissé convaincre par la soif d'aventure — et d'argent. « Je veux retourner à l'école un jour et me joindre à la faculté de l'université. Pour ça, j'aurai besoin d'argent. Alors je suis de retour sur l'Everest. »</p><p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/moBJMGNSql4" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="631px" data-original-height="355px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div></p><p class="photo-credit">Vidéo tournée à la cascade Khumbu du point de vue d'un grimpeur</p><p><em>Suivez Daniel Oberhaus sur <a href="https://twitter.com/DMOberhaus" target="_blank">Twitter</a>.</em></p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Daniel Oberhaus</dc:creator>
<media:category>travel</media:category>
<category>travel</category>
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<title>Guide de la vibrante scène métal de Montréal</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/guide-de-la-vibrante-scene-metal-de-montreal</link>
<pubDate>Thu, 07 Jul 2016 14:52:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Montréal a toujours été reconnue pour sa scène métal. Souvent comparée à un mélange de Paris et de New York, mais quand même complètement unique.
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/07/guide-de-la-vibrante-scene-metal-de-montreal-body-image-1467903284.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="586" data-original-height="485" data-model-id="201285" data-path="images/content-images/2016/07/07/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/07/" data-image-filename="guide-de-la-vibrante-scene-metal-de-montreal-body-image-1467903284.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit">Akitsa. Photo fournie par le groupe<br></p><p>Montréal a toujours été reconnue pour sa remarquable et assez révolutionnaire scène métal. Souvent comparée à un mélange de Paris et de New York, mais quand même complètement unique, elle attire depuis toujours l'attention des groupes du monde entier, qui ont influencé les groupes d'aujourd'hui. Montréal est devenue en 1985 le domicile de Voïvod, groupe originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Montréal a accueilli le premier festival international de métal en Amérique du Nord, World War III, avec Celtic Frost, qui y a donné le troisième concert de son existence, ainsi que Destruction, Possessed, Nasty Savage et bien sûr Voïvod! Montréal compte aussi la meilleure boutique de disques du continent, Rock en Stock.</p><p>On raconte qu'il n'était pas rare à l'époque de voir 1000 spectateurs à un concert de métal, et qu'il y avait des effets pyrotechniques extrêmement dangereux (Voïvod en avait la réputation), des spectateurs fanatiques qui trashaient sur la scène ou des skinheads qui tabassaient des headbangers, et vice-versa. Pour en savoir plus ou pour voir des photos géniales, procurez-vous le livre <em>L'Évolution du métal québécois</em> de Félix B. Desfossés.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/07/guide-de-la-vibrante-scene-metal-de-montreal-body-image-1467903374.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="458" data-original-height="600" data-model-id="201287" data-path="images/content-images/2016/07/07/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/07/" data-image-filename="guide-de-la-vibrante-scene-metal-de-montreal-body-image-1467903374.jpg" class="vmp-image"></p><p>En quelques décennies, la scène est passée par une phase de death métal (surtout technique, héritage de nos ancêtres du space métal), suivie d'une phase de black métal très underground, pour en arriver à l'émergence actuelle de groupes profondément enracinés dans l'origine du genre musical. Serait-ce en réaction au style ultra-technique des groupes de la précédente génération? Qui sait. Beaucoup de ces groupes locaux jouent fréquemment dans les bastions du métal que sont les Katacombes ou les Foufounes électriques. Voici certains de mes préférés (en excluant bien entendu mon groupe, <a href="https://cauchemar.bandcamp.com" target="_blank">Cauchemar</a>).</p><p><strong>VOÏVOD</strong></p><p><strong><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/R4Ly8nstfxo" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="420px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div></strong></p><p>Très peu de groupes des années 80 toujours actifs aujourd'hui ont un son aussi actuel et stimulant que Voïvod. Ce groupe n'est pas qualifié de légendaire sans raison! Comme les membres vivent à Montréal, on les croise souvent dans la rue : Away qui marche vers une répétition, Snake qui assiste à un concert, Chewy qui boit une bière au pub (dont il est copropriétaire) et Blacky qui enregistre pour Gorguts. Nous sommes incroyablement fiers d'avoir ces gars-là ici et de les voir encore casser la baraque partout dans le monde!</p><p><strong>GORGUTS</strong></p><p>Même si la plupart des membres ne vivent pas à Montréal, je considère que Gorguts est un groupe local parce que Luc Lemay, le principal parolier, vit à moins d'une heure de route de la ville et qu'il se produit ici au moins une fois par année. C'est un autre exemple de groupe d'expérience qui a récemment produit du matériel de haute qualité : <em>Colored Sand,</em> en 2013, est l'un des meilleurs retours que j'ai entendus, et j'oserais avancer qu'il est aussi bon que <em>Considered Dead</em> (même s'il est complètement différent), sorti en 1991. Leur nouvelle direction est extrêmement originale et intéressante, et j'espère que le groupe maintiendra le cap.</p><p><strong>CHTHE'ILIST</strong></p><p><strong><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/4ZgNL_rnkfY" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="420px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div></strong></p><p>L'un des groupes locaux les plus étranges. Technique mais avec des pièces accrocheuses, extrêmement sombres et un son plus dense que les eaux lovecraftiennes les plus troubles, ce groupe est le plus intéressant à émerger de la scène métal extrême locale ces dernières années. Leur démo de 2012, avec son nom absolument imprononçable, <em>Amechth'ntaas'm'rriachth,</em> où se mêlent les influences de Timghoul et de Demilich, tout en se démarquant, a renversé le monde du métal underground. Leur premier album, <em>Le Dernier Crépuscule,</em> est paru sur étiquette Profound Lore en janvier dernier et deviendra un classique moderne. (Pierre Tougas, père du compositeur et chanteur principal, Phil Tougas, faisait partie du premier groupe heavy métal de Québec, D.T.T.)</p><p><strong>PHOBOCOSM</strong></p><p>Death métal malicieux avec une atmosphère sombre et lourde. Ce que je préfère, ce sont leurs passages les plus noirs, qui élargissent leur spectre et donnent l'impression que les parties plus rapides sont plus brutales. Ils sont aussi excellents en concert et utilisent entre les chansons des effets spéciaux pour créer une ambiance qui vous piège comme une toile d'araignée.</p><p><strong>METALIAN</strong></p><p><strong><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/5gq4dCR56Vs" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="420px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div></strong></p><p>Formé il y a plus de 10 ans, ce groupe complètement indépendant donne des concerts parmi les meilleurs aujourd'hui – et je ne dis pas ça parce qu'ils sont devenus mes amis. Leur complicité est excellente, on entend bien l'influence de Judas Priest, et le chanteur et guitariste, Ian, a l'une des voix les plus puissantes que j'ai jamais entendues. Il peut pousser des cris de style années 80 déments tout en jouant un solo hallucinant, et ce, complètement saoul. En concert, ils sont extrêmement solides et on ne peut pas s'empêcher de balancer la tête à s'en casser le cou chaque fois. Le groupe est en écriture d'un nouvel album, après avoir fait paraître un EP, <em>Metal, Fire and Ice,</em> l'an passé. Surveillez-les.</p><p><strong>STARLIGHT RITUAL</strong></p><p><strong><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/sSHthPTigsQ" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="420px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div></strong></p><p>Ces nouveaux venus se sont déjà fait un nom en lançant un premier EP incroyable et déjà mature l'an passé. Ils jouent un mélange de heavy métal, hard rock et doom métal bien écrit, et leur chanteur rappelle le chanteur de Black Sabbath, Tony Martin, rien de moins. Il pousse en apparence sans effort des notes impossibles qui donnent des frissons : plus personne ne chante comme ça maintenant! Ils travaillent sur leur nouvel album. Oh! Ils ont aussi fait une reprise de Bachman Turner Overdrive en spectacle. C'est pas incroyable, ça?</p><p><strong>AKITSA</strong></p><p>Ce groupe est l'un des plus vieux (sinon le plus vieux) parmi les groupes de black métal basés à Montréal encore actifs aujourd'hui. Il est aussi parmi les plus obscurs, toujours dans l'ombre, aboyant le black métal le plus cru, rageur et simpliste jamais entendu. Il a un son radical unique, imperméable aux tendances, et un certain charme... Tout simplement fantastique! Outre Tombe, le chanteur, possède l'étiquette de disque la plus considérable du black métal underground en ville : Tour de Garde Records.</p><p><strong>VERGLAS</strong></p><p><strong><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/cPLsJuRJy3E" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="420px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div></strong></p><p>Black métal au son garage et brut avec des éléments de punk et de la batterie sans ménagement. Verglas est froid (le nom le dit), cru et efficace.</p><p><strong>GEVURAH</strong></p><p>Formé autour de 2011, ce duo montréalais joue du black et du death métal implacable de style suédois, et leurs textes sont mystiques et sataniques. Ce n'est que dernièrement qu'ils ont commencé à donner des concerts, mais jusqu'à maintenant ils sont déjà incroyables : sombre, hypnotique et puissant. Gevurah est sur le point de faire paraître un premier album sur étiquette Profound Lore Records.</p><p><strong>BASALTE</strong></p><p>Autre nouveau venu sur la scène metal, Basalte a un style black métal excentrique, avec des couches mélodieuses sombres et de la batterie d'avant-garde. Pas fait pour les fans de black métal traditionnel, mais intéressant quand même.</p><p><strong>DOPETHRONE</strong></p><p>Des riffs pesants et denses de style néo-orléanais, des voix brutes et de la batterie violente font de ce trio l'un des groupes les plus sombres en ville. Dopethrone fait de longues tournées partout en Europe et les membres ont créé... des épices BBQ fantastiques. Vraiment!</p><p><strong>MOUNTAIN DUST</strong></p><p>Formé en 2012, ce groupe local – composé de membres de Barn Burner, Trigger Effect, Endast et Eagle Tears – joue du hard rock de style années 70 trouble et halluciné.</p><p><strong>INEPSY (RIP)</strong></p><p><strong><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/vg_BGmZJlk0" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="420px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div></strong></p><p>Même s'il est séparé depuis un moment, c'est mon groupe local préféré. On voit encore tout le temps les membres en ville. Disons que leur fantôme hante toujours la scène métal et punk. Ce n'est pas métal à 100 %, mais il y a une grande influence de NWOBHM et surtout de Motörhead, alors je l'inclus dans cette liste. Comme tout ce qu'ils ont écrit est excellent, si vous ne les connaissez pas, achetez tout!</p><p><strong>THE ABYSSED</strong></p><p>La réponse montréalaise à Tank. Le groupe n'est plus très actif, mais je crois qu'il existe depuis six ou sept ans. Toujours très plaisant à voir en concert. Il n'y a qu'un EP, <em>Gods Craving Noise,</em> enregistré avec quelques membres de Metalian. Écoutez leur chanson la plus accrocheuse, <em>White Fire.</em></p><p><strong>MUERTOS</strong></p><p>Ce groupe n'a donné qu'un concert, mais a enregistré du matériel l'hiver dernier. J'ai entendu quelques répétitions, et ils ont un son incroyable : une sorte de violent mélange de Morbid Angel et de Reencarnacion, le groupe colombien, avec des voix mortelles qui déchirent. Rappelez-vous leur nom et mettez la main sur leur album!</p><p><em>Annick Giroux n'est pas sur Twitter, mais elle s'occupe en travaillant comme infographiste, rédactrice, organisatrice de concerts et DJ, en plus de chanter au sein du groupe de doom et heavy métal Cauchemar.</em></p>
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<dc:creator>Annick Giroux</dc:creator>
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<title>L’étrange tradition espagnole qui consiste à sauter par-dessus des bébés</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/letrange-tradition-espagnole-qui-consiste-sauter-par-dessus-des-bebes</link>
<pubDate>Thu, 07 Jul 2016 18:17:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Chaque année, dans le village de Castrillo de Murcia, au nord de l'Espagne, des hommes se déguisent en diables et sautent par-dessus des bébés.
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/07/letrange-tradition-espagnole-qui-consiste-sauter-par-dessus-des-bebes-body-image-1467915975-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="667" data-model-id="201393" data-path="images/content-images/2016/07/07/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/07/" data-image-filename="letrange-tradition-espagnole-qui-consiste-sauter-par-dessus-des-bebes-body-image-1467915975.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit">Toutes les photos : Rodrigo Mena<br></p><p>Chaque année, dans le village de Castrillo de Murcia, au nord de l'Espagne, des hommes se déguisent en diables et sautent par-dessus des bébés nés au cours des douze mois précédents. Cette pratique fait office de baptême. Elle est censée « nettoyer les bébés du péché » et les protéger contre la maladie.</p><p>Cette tradition nommée « El Colacho » se tient depuis 1621 à l'occasion de la Fête-Dieu, 60 jours après Pâques. Comme bon nombre d'autres traditions européennes, les origines païennes d'El Colacho ont été récupérées par la chrétienté. </p><p>Les célébrations commencent par le passage d'un cortège composé de la fraternité catholique du coin et de l'archevêque. Le saut en lui-même représentait autrefois la partie purifiante du rituel, mais l'acte de « sauter par-dessus un bébé » n'étant pas reconnu comme un rite chrétien officiel, le pape avait appelé les prêtres espagnols à ne plus prendre part à cette tradition.</p><p>Sans succès, puisque l'Église espagnole a décidé de participer plus que jamais. Une fois qu'El Colacho a sauté par-dessus les nouveau-nés, l'archevêque de Burgos — la province où se situe la ville — poursuit la cérémonie en baptisant les enfants.</p><p>J'ai rencontré le photojournaliste Rodrigo Mena, qui a assisté à la célébration d'El Colacho cette année à la fin du mois de mai, afin d'en savoir un peu plus.</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/07/letrange-tradition-espagnole-qui-consiste-sauter-par-dessus-des-bebes-body-image-1467916012-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="667" data-model-id="201394" data-path="images/content-images/2016/07/07/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/07/" data-image-filename="letrange-tradition-espagnole-qui-consiste-sauter-par-dessus-des-bebes-body-image-1467916012.jpg" class="vmp-image"></strong></p><p><strong>VICE : Salut Rodrigo. Comment as-tu entendu parler d'El Colacho?<br></strong><strong>Rodrigo Mena :</strong> Je vis maintenant à Madrid, mais j'ai été élevé à Burgos. En grandissant, j'ai vu des reportages sur El Colacho dans la presse locale, mais je n'ai jamais eu l'occasion de visiter Castrillo de Murcia avant cette année. Comme j'étais à Burgos, je me suis dit que c'était l'occasion de voir la célébration par moi-même plutôt que de la suivre à la télévision.</p><p><strong>Sais-tu pourquoi ça s'appelle El Colacho ?<br></strong>Personne n'a été capable de me dire avec certitude d'où venait le nom. Selon les habitants, il pourrait faire référence au fouet que le diable utilise pour fouetter les personnes qui lui font un affront. Traditionnellement, il est vêtu d'un costume et d'un masque aux couleurs vives. Il tient un fouet dans une main et des castagnettes dans l'autre.</p><p><strong>En quoi consiste le rituel?<br></strong>El Colacho est l'incarnation du diable. Il saute par-dessus les bébés afin de les purifier et de les protéger contre toutes sortes de maladies.</p><p><strong>Penses-tu que cette tradition est dangereuse?<br></strong>Je comprends que de voir deux gars déguisés en démon sauter par-dessus des bébés puisse être effrayant la première fois, mais ce n'est ni dangereux ni controversé. Cette tradition remonte à 1621 et il n'y a jamais eu le moindre accident. El Colacho saute loin pour ne pas blesser les bébés.</p><p><strong>Comment se sentent les parents?<br></strong>Cette année, El Colacho a sauté par-dessus environ 100 bébés. C'est une tradition importante pour les parents, notamment pour ceux qui sont très liés à la communauté de Castrillo de Murcia. Les bébés étaient sur leur trente-et-un et les parents semblaient ravis. Pour eux, le rituel se résume à préparer le matelas, admirer le saut et assister à la bénédiction de leur bébé par l'archevêque.</p><p><strong>Pourquoi est-ce que des gens accrochent des couvertures à leur balcon?<br></strong>Ils suspendent des draps, des nappes ou des tissus blancs qui symbolisent la pureté et chassent le mal. On peut aussi voir de petits autels décorés de fleurs et d'icônes religieuses. Cette année, la pluie a un peu gâché les célébrations mais, quand le soleil a fait son apparition, il a illuminé les couvertures et les draps blancs.</p>
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<dc:creator>Gonzalo Herrera</dc:creator>
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<category>photo</category>
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<title>Descente en vélo de montagne au cœur d’un bidonville colombien</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/descente-en-velo-de-montagne-au-coeur-dun-bidonville-colombien</link>
<pubDate>Thu, 07 Jul 2016 17:24:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Près de 120 cyclistes ont dévalé le quartier, roulant partout, aussi bien dans les habitations que sur les toits et dans les escaliers.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p>Les compétitions de vélo de montagne ne se tiennent pas toujours en pleine nature. L'une d'elles était organisée à Medellín, deuxième ville de Colombie. Et plus précisément en plein cœur du bidonville de la Comuna 13. C'est l'Adrenalina Urban Bike.</p><p>Le parcours était moins rapide qu'en pleine nature, mais difficile. Devant les regards curieux et surpris des habitants de la Comuna 13, présents en grand nombre pour admirer le spectacle, près de 120 cyclistes ont dévalé le quartier, roulant partout, aussi bien dans les habitations que sur les toits et dans les escaliers.</p><p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/O9S5S8VH1og" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="720px" data-original-height="405px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><br></p>
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<dc:creator>VICE Sports</dc:creator>
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<title>Mon grand-père, électeur de l’extrême droite</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/mon-grand-pre-lecteur-de-lextrme-droite</link>
<pubDate>Wed, 06 Jul 2016 13:43:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Il désire simplement exprimer son ras-le-bol d'une société à laquelle il a contribué toute sa vie, et qui ne lui apporte plus rien en retour.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/07/mon-grand-pre-lecteur-de-lextrme-droite-body-image-1467899866-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="666" data-model-id="201266" data-path="images/content-images/2016/07/07/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/07/" data-image-filename="mon-grand-pre-lecteur-de-lextrme-droite-body-image-1467899866.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit">Toutes les photos : Martin Bertrand<br></p><p>Mon grand-père s'appelle Jean-Patrick, mais tout le monde l'appelle Jean-Pat. Il vit dans un village de 100 habitants situé à plus d'une demi-heure de voiture d'Angers. Il y côtoie surtout des personnes âgées et des agriculteurs.</p><p>Né au sein d'une famille de sept enfants — cinq frères et deux sœurs — il a quitté l'école à l'âge de 16 ans, car il était dans l'obligation de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Il a donc bossé à l'usine et a quitté le domicile familial lorsqu'il a fêté ses 21 ans. Par la suite, il a tenu un restaurant avec ma grand-mère à Verdun, au sein duquel il était cuisinier. Après plusieurs années, ils ont préféré le vendre afin de retrouver le calme de la campagne.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/07/mon-grand-pre-lecteur-de-lextrme-droite-body-image-1467899906-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="666" data-model-id="201267" data-path="images/content-images/2016/07/07/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/07/" data-image-filename="mon-grand-pre-lecteur-de-lextrme-droite-body-image-1467899906.jpg" class="vmp-image"></p><p>Aujourd'hui, Jean-Patrick a 59 ans. Il travaille dans le transport laitier. La nuit, il parcourt la campagne avec son camion-citerne pour récolter du lait chez les agriculteurs du coin. C'est un homme usé. Il a été opéré du genou il y a peu. Comme il le dit lui-même, il aimerait pouvoir jouir de la vie avant de mourir. Il n'a jamais cherché à « profiter du système » — c'est pour cela qu'il n'a jamais demandé d'indemnité ni de chômage. Se reposer, jardiner, pêcher : il ne demande que cela pour être heureux.</p><p>Mon grand-père s'inquiète des multiples réformes des régimes de retraite, qui le laissent dans l'inconnu. « Toutes les semaines, j'entends aux informations que le système de retraite va être modifié. Je calcule souvent, et je devrais en avoir encore pour un an avant de pouvoir m'arrêter de travailler. Sauf qu'il est difficile d'en être sûr, tellement la situation est changeante. »</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/07/mon-grand-pre-lecteur-de-lextrme-droite-body-image-1467899933-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="666" data-model-id="201268" data-path="images/content-images/2016/07/07/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/07/" data-image-filename="mon-grand-pre-lecteur-de-lextrme-droite-body-image-1467899933.jpg" class="vmp-image"></p><p>Il nous arrive de parler de politique, comme tout le monde. Je connais ses opinions. Il vote pour le Front national pour des raisons que certains jugent légitimes, d'autres non. Je peux comprendre qu'il en soit arrivé à cette décision, même si je ne partage pas son avis. Il désire simplement exprimer son ras-le-bol d'une société à laquelle il a contribué toute sa vie, et qui ne lui apporte plus rien en retour.</p><p>Tout cela n'entache pas nos relations pour autant. Quand j'ai réalisé ce reportage, je n'ai pas adopté l'œil critique du journaliste. J'ai plutôt cherché à prendre des images qui en disaient long sur son quotidien. Chaque fois que je passe le voir, nous passons beaucoup de temps ensemble. Nous partageons une passion commune pour la photographie, passion qui rythme nos sorties.</p><p>Mon grand-père est sans doute un peu aigri. Qui ne l'est pas à 59 ans? Mais c'est une personne que j'adore, et qui m'a avoué n'avoir qu'un seul regret. « J'aurais aimé avoir étudié pendant plus longtemps. Ça m'aurait plu d'être ébéniste, de travailler le bois. »</p><p>Suivez Martin Bertrand sur <a href="https://twitter.com/mrtn7b" target="_blank">Twitter</a>.</p>
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<dc:creator>Martin Bertrand</dc:creator>
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<title>J’ai passé un mois à m’entraîner avec le plus célèbre douchebag du conditionnement physique sur YouTube</title>
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<pubDate>Mon, 04 Jul 2016 13:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Si vous vous dites « Pfft, quel con », vous n'êtes pas seul. Mais les programmes comme Kinobody n'ont jamais été aussi populaires.
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<dc:creator>Justin Caffier</dc:creator>
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<title>Comment le strip-tease est entré dans la culture populaire</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/comment-le-strip-tease-est-entre-dans-la-culture-populaire</link>
<pubDate>Wed, 29 Jun 2016 13:36:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Quand les chaussures à plateforme ont-elles pris d'assaut Instagram? Est-ce que la danse poteau est un sport?
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<content:encoded><![CDATA[<p>Quand les chaussures à plateforme ont-elles pris d'assaut Instagram? Comment les danseuses nues sont-elles devenues les vedettes à la semaine de la mode? Est-ce que la danse poteau est un sport? Et quelles sont les conséquences pour les professionnelles du strip-tease?<br><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9db8-4d98-7509-12b60ef9d915">Au beau milieu de l'hystérie de la semaine des Oscars, une nouveauté est apparue à l'intersection très passante d'Hollywood Boulevard et de La Brea à Los Angeles, aussi étincelante que troublante. Parée de cache-tétons et d'un string rempli de billets verts, la statue des Oscars déguisée en strip-teaseuse était l'œuvre de l'artiste de rue britannique Plastic Jesus. Les années précédentes, il avait érigé des statues dorées sniffant de la drogue, tentant de mettre en lumière le côté obscur de l'industrie. « Il y a tant de femmes qui viennent à Hollywood pour vivre leur rêve, devenir actrices, danseuses ou chanteuses et qui, à cause du manque d'opportunités et du très élevé coût de la vie, sont obligées de se tourner vers le strip-tease », expliquait Jesus dans un manifeste qui compare les danseuses à des toxicomanes. Une perpétuation du stéréotype de la « strip-teaseuse malheureuse » que beaucoup de danseuses doivent supporter et surmonter au quotidien. Nous nous sommes penchés sur la fascination de la culture populaire pour le strip-tease et des conséquences sur les vraies professionnelles de l'industrie.<br><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9db8-8956-9dfd-5c87cae8e573">Durant les siècles qui ont suivis l'invention du strip-tease, le divertissement pour adulte n'a cessé de puiser des ressources dans la culture populaire. Prenez Dita Von Teese, la fétichiste aux cheveux de jais devenue icône de la mode et célèbre après avoir posé pour une couverture de <em>Playboy</em>, reconnue pour avoir ressuscité l'art du strip-tease. Il y a aussi Diablo Cody, la strip-teaseuse féministe préférée (la seule?) d'Hollywood, récipiendaire d'un Oscar pour le meilleur scénario. Avant d'être applaudie par l'industrie pour <em>Juno</em>, elle se confiait à l'écrit et racontait en détail son année passée à travailler dans des bars de danseuses miteux. Et comment oublier Brooke Candy? L'excentrique et futuriste ex-strip-teaseuse qui est passée de rappeuse à muse de la mode. Lady Gaga aussi a fait dans la danse poteau, et dit avoir gagné bien plus en dansant sur les tables qu'en y prenant les commandes.<br><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9db8-acb3-51cd-6f5054cd2c2c">Si aucune des personnalités interrogées n'a semblé honteuse de son passé dénudé, toutes ont transité vers des carrières jugées plus « socialement acceptables ». Qu'en est-il alors des femmes pour qui se déshabiller n'est pas qu'un souvenir de plus ou moins longue date, mais bien un métier dont elles sont fières?<br><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9db9-baf6-b4b2-a7b1b79d0017">Prenons la colère de la militante contre le <em>slut-shaming</em> à l'origine des slutwalks, Amber Rose. En tant qu'ex de deux (adversaires) magnats de la musique, elle a été catapultée dans le rôle bien en vue de celle qui met à mal la perception dépassée de la société à l'égard des femmes émancipées. Son passé de strip-teaseuse est l'argument facile qu'utilise Kanye West pour l'accuser d'être vulgaire dans ses diatribes sur Twitter. Contrairement à Von Teese ou Gaga, Amber Rose a décidé de ne pas se distancier de son passé. Elle n'a pas non plus drapé son identité dans des étoffes de haute couture. Au contraire, elle a décidé de prouver sur la place publique qu'être maître de son corps et de sa sexualité est un véritable acte de féminisme, pas une invitation au harcèlement sexuel.<br><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9dba-694d-d7ea-ca2bf6948f23">Hedi Slimane, elle, a recruté des danseurs du Jumbo's Clown Room pour son défilé californien du début d'année, où l'on retrouvait aux premières loges Courtney Love, Justin Bieber, Lady Gaga et Joan Jett. Le Jumbo's est un bikini-bar hollywoodien connu pour sa clientèle qui cherche à percer et ses danseuses diplômées de Juilliard (l'école du spectacle new-yorkaise) capables de danser sur du Black Sabbath avec des chaussures à plateforme. Puis, inévitablement, il y a l'électrique et sexuelle collection automne-hiver 2016 d'Alexander Wang : des mannequins punks ont défilé dans des pantalons avec des silhouettes de danseuses nues comme motifs. On a peut-être atteint l'apogée du XXX avec la fête de la marque urbaine Richardson lors de la semaine de la mode : une célébration qui a viré à la débauche au cours de laquelle la designer de mode-danseuse nue <a href="https://www.instagram.com/weed_slut_420/" target="_blank">Zoe Kestan</a> en a fait voir de toutes les couleurs.<br><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9dbb-66b3-f0c9-1be7994a710a">Ce n'est pas la première fois que l'industrie de la mode est accusée d'appropriation culturelle. Encore une fois, on pourrait avancer qu'elle s'approprie l'image d'une communauté sans rien donner en retour. Sachant que les strip-teasers font souvent l'objet de discrimination, ne sont pas ou peu reconnues dans nos sociétés, sont sans protection (la plupart n'ont ni vrai contrat ni chômage) et sont victimes de préjugés, il est préoccupant de voir les designers capitaliser sur leur image. Est-ce que l'industrie s'intéresse au sort des travailleuses du sexe ou se contente-t-elle d'encaisser.<br><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9dbb-9a66-fca1-09677f83bef5">Pour répondre à nos questions, on a rencontré Jacqueline Frances, surnommée Jacq The Stripper. Celle qui s'autoproclame « entrepreneure mégababe » — strip-teaseuse, comédienne et auteure du livre autobiographique <em>The Beaver Show</em>, dans lequel elle raconte ses aventures — lutte pour renverser les perceptions à l'égard de son travail en dévoilant ce qui se passe réellement derrière la scène</span><br></span><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9dbb-f3bf-55a0-58b6ae3cd887">« D'abord, le strip-tease est devenu cool. Enfin, pas ceux et celles pour qui c'est le métier, parce qu'on est toujours traités comme de la merde, mais plutôt l'<em>idée</em> de faire partie d'un univers sexy, décadent, hors des conventions sociales », explique-t-elle quand on lui demande son avis sur l'attrait de la culture du strip-tease pour l'industrie de la mode. « Pour être tout à fait franche, j'aime à croire que je contribue à ma manière au changement de perception. J'en suis fière. Peu d'entre nous prennent la parole. Ce métier et, plus généralement, le milieu peuvent ruiner la vie personnelle, les chances d'une deuxième carrière, les relations et des opportunités en général. C'est pourquoi, si l'on profite de cette culture, c'est important de la défendre. </span><br></span><br></span><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9dbc-4139-e5cb-aadd374e4299">Zoe Kestan compte 30  000 abonnés depuis qu'elle a été photographiée par Richard Kern. Même si elle est nouvelle dans le milieu, elle a aidé Andrew Richardson, le fondateur de l'éponyme marque urbaine, à engager des danseuses nues et créer des tenues spéciales pour sa soirée de la semaine de la mode. « Il a été très généreux. J'ai adoré travaillé avec lui », confie Zoe.</span><br><br></span><br></span><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9dbc-94a5-e39a-9761b6c62842">L'ex-assistante de Jeff Koons, designer de lingerie, mannequin et consultante, elle a dansé dans les clubs de strip-tease de New York pour boucler ses fins de mois, tout en réfléchissant à « pourquoi certains éléments de son milieu sont rejetés et d'autres repris par la société. J'adore me costumer avant de me produire sur scène. J'aime me transformer. Et me faire payer pour ça », enchaîne-t-elle. D'ailleurs, elle compte bien utiliser son statut pour apprendre aux plus jeunes à se sentir libres et bien dans leur corps. J'ai l'impression que je peux changer des choses. »</span><br></span><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9dbc-b981-539c-deb26cb61d19">En janvier dernier, le mot-clic #NotAStripper a été populaire auprès d'adeptes de la danse poteau, qui publient des photos de leur prouesse tout en précisant qu'elles sont des athlètes et non des strip-teaseuses. Vite, les professionnelles du strip-tease ont répliqué avec les mots-clics #YesAStripper, #AllPoleDancers et #ProudStripper. L'art de la danse poteau a été perfectionné par des strip-teaseuses. En niant ses racines, le mouvement #NotAStripper contribue à la stigmatisation des femmes qui l'ont popularisé.<br><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9dbd-061c-85f3-a74b4ef0b77d">La tendance actuelle de se servir de l'industrie du sexe est positive, mais il est important d'en être aussi les défenseurs inconditionnels, pas juste des spectateurs. « Ces jours-ci, beaucoup de hipsters viennent dans les bars de danseuses... pour prendre des selfies. C'est dérangeant et ça nous fait perdre de l'argent. Les strip-teaseuses ne sont payées que par les clients. Peut-être que ces gars-là ne nous insultent pas publiquement, mais je sens qu'on me manque de respect en tant que professionnelle quand ils occupent une table juste pour regarder. Les bars de danseuses ne sont pas des galeries d'art ou des musées. Ce sont des endroits interactifs : si vous ne participez pas, c'est pas très cool », dit Jacqueline Frances.<br><br><span id="docs-internal-guid-f961c45e-9dbd-7195-4a52-98563b82a9d7">Conclusion : Vous en profitez? N'oubliez pas le pourboire. « Si vous avez l'audace de mettre des motifs de strip-teaseuses sur vos mannequins, demande Jacqueline, pourquoi ne pas être vraiment révolutionnaire et inviter carrément une vraie strip-teaseuse à participer au défilé? »</span></span></span><br></p>
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<dc:creator>Jane Helpern</dc:creator>
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<title>Au Kosovo, il y a une boutique consacrée au style d’Hillary Clinton</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/boutique-hillary-clinton-kosovo-913</link>
<pubDate>Mon, 27 Jun 2016 13:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Les habitants de Pristina vouent un culte aux tailleurs et aux camaïeux de beige.
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal has-image">
	 <img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2015/05/05/boutique-hillary-clinton-kosovo-913-body-image-1430847848.jpg?resize=1000:*&amp;output-quality=75" alt="" /></p><p class="MsoNormal">Les Kosovars aiment la famille Clinton, notamment parce que Bill et Hillary ont toujours ouvertement soutenu l'indépendance de leur pays. Et si l'ancien président a un boulevard à son nom, c'est la candidate à la présidence des États-Unis qui tient le haut du pavé. Au Kosovo, elle est perçue comme une sorte d'icône de la mode.</p><p class="MsoNormal">Dans le centre-ville de la capitale, Pristina, une boutique nommée Hillary est consacrée au style vestimentaire de l'ancienne secrétaire d'État. En 2012, Hillary s'est elle-même rendue dans la boutique et s'est vu offrir un élégant tailleur bleu marine en guise de remerciement.
</p><p class="MsoNormal photo-credit has-image">
	<img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2015/05/05/boutique-hillary-clinton-kosovo-913-body-image-1430847872.jpg?resize=1000:*&amp;output-quality=75" alt="" /><em>Fiola et moi, devant un portrait d'Hillary</em><i></i></p><p class="MsoNormal">Curieuse de savoir pourquoi le style plutôt banal d'Hillary était si populaire dans cette petite partie du monde, j'ai décidé de voir ces vêtements par moi-même. Je voulais également savoir comment les propriétaires de la boutique voyaient sa campagne actuelle.
</p><p class="MsoNormal">Par un samedi matin pluvieux, je me suis rendue à Pristina. Hillary (la boutique) se trouve à seulement quelques mètres de la statue de trois mètres de Bill Clinton, qui marque le début du boulevard Clinton. À l'intérieur, j'ai rencontré Fiola, une étudiante en littérature de 24 ans qui y travaille comme assistante. Elle a été ma styliste pour la journée.
</p><p class="MsoNormal">Malheureusement, Fiola ne travaillait pas le jour où Hillary est venue au magasin. À sa grande honte, compte tenu de l'importance de la visite et de la fierté des propriétaires. Les photos qui témoignent de cette journée ont fait de leur boutique un sanctuaire.</p><p class="has-image">
	<img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2015/05/05/boutique-hillary-clinton-kosovo-913-body-image-1430847920.jpg?resize=*:*&amp;output-quality=75" alt="" /></p><p class="photo-credit"><i>Le très recherché tailleur beige</i>
</p><p class="MsoNormal">Alors que Fiona choisissait mon premier vêtement de la journée, elle m'a raconté la genèse de la boutique. Apparemment, l'idée de départ est venue du père du propriétaire, qui pensait que s'il ouvrait un magasin consacré à Hillary, elle viendrait à Pristina rien que pour le rencontrer. Aussi absurde que ça puisse paraître, il n'avait pas tort.
</p><p class="MsoNormal">En raison d'une forte demande, Fiola ne disposait plus du vêtement le plus recherché — un tailleur beige — à ma taille. À la place, j'ai opté pour le bleu foncé. Fiola m'a expliqué que des talons hauts s'imposaient pour celui-ci, comme le ferait Hillary.
</p><p class="MsoNormal">De nombreuses femmes d'affaires vont chez Hillary, qui est devenue l'une des boutiques les plus haut de gamme de Pristina. Tout est relatif, cependant : il faut tenir compte du fait que le Kosovo a l'un des plus hauts taux de chômage d'Europe. Pas surprenant que tout ce qui est proposé à la boutique soit fait de matières synthétiques.
</p><p class="MsoNormal has-image">
	<img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2015/05/05/boutique-hillary-clinton-kosovo-913-body-image-1430847939.jpg?resize=*:*&amp;output-quality=75" alt="" />
</p><p class="MsoNormal">Si les prix sont au-dessus des moyens de beaucoup de Kosovars, ils restent peu élevés pour le reste du monde occidental. Le premier ensemble que j'ai essayé coûtait un peu moins de 120 $.
</p><p class="MsoNormal">Comme je suis allergique aux talons hauts, j'ai demandé à Fiola de m'amener un autre ensemble dans l'espoir d'y échapper. Impossible. Qu'est-ce qu'un tailleur bleu marine sans des talons hauts? Du non-sens, selon Fiola.</p><p class="has-image">
	<img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2015/05/05/boutique-hillary-clinton-kosovo-913-body-image-1430847957.jpg?resize=*:*&amp;output-quality=75" alt="" />
</p><p class="photo-credit">
	<i>Une tenue assortie au drapeau américain</i>
</p><p class="MsoNormal">« Ne te tiens pas comme ça! » m'a-t-elle lancé alors que je trébuchais. « Hillary aurait le dos bien droit. »</p><p class="MsoNormal">J'ai demandé à Fiola ce qu'elle choisirait pour Hillary si elle revenait au magasin un jour. Sans une seconde d'hésitation, elle m'a apporté une chemise blanche, un pantalon bleu marine et un blazer rouge.<br><br><span id="docs-internal-guid-b853d86b-93b7-8156-d808-6ee590be35fe">« Les Américains aiment ça, n'est-ce pas? Ce sont les couleurs de leur drapeau. » J'ai demandé à Fiola ce qu'elle pensait de la candidature d'Hillary. « Je lui souhaite de réussir. J'espère qu'elle gagnera. »</span><br><br><span id="docs-internal-guid-b853d86b-93b7-bff4-6b9d-a54e7cd2a045">Plusieurs dames sont entrées dans la boutique. Certaines d'entre elles cherchaient des habits de soirées, d'autres des ensembles pour le travail. Je me rappelle que, plus tôt, Fiola m'avait dit que la plupart des politiciennes achetaient leur tailleur à Pristina</span>.</p><p class="MsoNormal">Au Kosovo, de nombreuses femmes veulent ressembler à des Américaines. Et, même si les vêtements de chez Hillary sont en majorité importés de Turquie, rien ne les fait se sentir plus américaines que ces blazers synthétiques.</p>
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<dc:creator>Petra Zivic</dc:creator>
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<category>fashion</category>
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<title>Avec de jeunes apprentis soldats des Premières Nations</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/avec-les-mini-soldats-amerindiens-du-canada-v10n4</link>
<pubDate>Fri, 24 Jun 2016 05:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Bobs camouflage et armes à feu : une formation militaire pour kids aux airs de colonie de vacances.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/04/14/avec-les-mini-soldats-amerindiens-du-canada-v10n4-body-image-1460627518-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=" data-original-width="1500" data-original-height="1000" data-model-id="167772" data-path="images/content-images/2016/04/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/04/14/" data-image-filename="avec-les-mini-soldats-amerindiens-du-canada-v10n4-body-image-1460627518.jpg" class="vmp-image"></p><p><em>Cet article est tiré du numéro </em>Vous nous avez manqué<em> du magazine VICE.</em></p><p>Bold Eagle est un programme de développement de la jeunesse organisé par l'Armée canadienne pour les jeunes Autochtones canadiens exclusivement. Depuis, tous les ans, l'Armée débourse près de 800 000 dollars pour le développement de quelque 90 jeunes.</p><p>Ce programme a débuté à la fin des années 80, quand des aînés des Premières Nations ont demandé à l'Armée de les aider à soutenir la jeunesse. Une formation militaire de base de cinq semaines a alors été mise en place. La première semaine est consacrée à l'enseignement culturel autochtone. Au cours de celle-ci, l'Armée se fait très discrète, et ce sont les aînés qui assurent des activités telles que la construction de tipis. C'est une ambiance de colonies de vacances.</p><p>J'ai rencontré une première fois les Micmacs quand ils luttaient contre la compagnie SWN Resources Canada, filiale d'une société pétrolière texane. J'ai gardé contact avec eux et, deux ans plus tard, j'ai entendu parler du programme Bold Eagle par une mère de famille autochtone, qui a publié sur Facebook une description du camp.</p><p>Pour 800 dossiers de candidature déposés, on a sélectionné 86 jeunes. Différents les uns des autres : certains connaissaient tout des esprits et parlaient la langue de leur nation; d'autres n'avaient jamais mis les pieds dans une hutte à sudation; mais tous étaient passionnés par ce que l'Armée avait à leur apprendre. Lorsque je leur demandais pourquoi ils avaient choisi de s'inscrire, les mêmes réponses revenaient sans cesse : le désir d'acquérir de la discipline, de prendre confiance en soi et de repousser ses limites.</p><p>Quelques-uns étaient aussi là pour leur communauté : ils estimaient que ce qu'ils étaient sur le point d'apprendre serait précieux et qu'ils pourraient ensuite rapporter ce savoir chez eux afin de le partager avec les autres.</p>
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<dc:creator>Joseph Gobin</dc:creator>
<media:category>travel</media:category>
<category>travel</category>
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<title>Cinq documentaires pour comprendre le punk</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/cinq-documentaires-pour-comprendre-le-punk</link>
<pubDate>Thu, 23 Jun 2016 12:15:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[On a fait notre liste (non exhaustive) des meilleurs documentaires punks qu'on peut voir en intégralité sur YouTube.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/06/22/cinq-documentaires-pour-comprendre-le-punk-1466630227.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p><span id="docs-internal-guid-1b481473-93c0-1f05-6d5b-3976706a5b5d">Immersion dans les squats graffés des années 80 avec les fans des Sex Pistols et les enfants de la première vague punk. i-D a fait sa liste (non exhaustive) des meilleurs documentaires punks qu'on peut voir en intégralité sur YouTube</span>.<br><br></p><span id="docs-internal-guid-750e3c79-79fe-e87f-b7ea-c54f7f43990c"><p dir="ltr"><strong>1. Huit ans et déjà punk<br></strong><span id="docs-internal-guid-1b481473-93c0-5cbf-47c9-ec2fe58ad982">Ce documentaire de 1981, réalisé pour la chaîne allemande VPRO, saisit la colère et l'ennui de toute une génération en suivant les ados énervés de San Diego et de Los Angeles. Si vous ne parlez pas allemand, vous pouvez passer l'intro et passer directement aux entrevues des groupes Suicidal Tendencies et The Germs qui sont, elles, en anglais. Spoiler : le documentaire commence avec la scène la plus touchante du monde, soit les cris de Venus DeBraun, la punk la plus jeune de l'histoire, qui, du haut de ses huit ans, formait le groupe Unit 3 and Venus avec ses parents. Ici, elle scande quatre mots en boucle « I don't like beer » dans une petite robe en velours</span>.</p><p dir="ltr"><br></p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/DpRpLQKeJ0o" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="648px" data-original-height="365px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><p dir="ltr"><strong>2. <span id="docs-internal-guid-1b481473-93c0-a971-4365-3bc12e89bb5c">Danse avec les rats dans les squats londoniens des années 80</span><br></strong><span id="docs-internal-guid-1b481473-93c1-2dc7-2ab9-f88907b59442">Le documentaire ouvre sur les mots d'un sage : « À quoi ressemble le punk moderne? À une sale gueule pour beaucoup, mais il est avant tout un véritable mouvement créatif et révolutionnaire. » Sorti en 1983, le documentaire suit les crêtes, les blousons de cuir et les errances des punks d'Islington à Londres, le long de King's Road, tandis qu'ils arrêtent les touristes et prennent la pose contre quelques pièces de monnaie. De retour dans leur squat, ils se confient, parlent de famille, de sexe, d'amour et d'animaux de compagnie, tous cachés derrière une couche de maquillage de quelques centimètres. Bumbox, Scumbag, Animal, autant de personnalités incroyables qu'on découvre au gré des interventions du narrateur. « Impossible de savoir quel groupe est plus susceptible d'être porteur d'une maladie infectieuse, les punks ou les rats. »</span></p><p dir="ltr"><br></p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/c0IZdP3x66Y" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="648px" data-original-height="365px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><p dir="ltr"><strong>3. L'histoire du punk contée par Don Lett<br></strong><span id="docs-internal-guid-1b481473-93c1-9f2e-0f3b-b66986c47a4a">Sorti en 2005, le documentaire Punk : Attitude de Don Lett revient sur les origines et les nombreuses mues du punk, des années 70 à aujourd'hui. Parsemé d'images d'archives rares des Stooges, des Ramones et des Clash, le documentaire présente un tour d'horizon de la révolution punk, du garage au psyché en passant par la vague glam rock et leurs influences dans le paysage musical actuel. Sans oublier les apparitions des Talking Heads, Siouxsie Sioux, Henry Rollins, Jello Biafra, Jim Jarmush et Thurston Moore</span>.<br><br></p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/bsstTHcUPF4" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="648px" data-original-height="365px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><p dir="ltr"><strong>4. <span id="docs-internal-guid-1b481473-93c4-3225-8f91-4b69a36d86b1">Les films punks faits maison de Captain Zip</span><br></strong><span id="docs-internal-guid-1b481473-93c2-0697-62ac-cd305fca282a">Vous retrouverez des images inédites de la scène punk londonienne des seventies, filmées au Super 8 et signées Captain Zip, aussi connu sous le nom de Phil Munnoch. Après le boulot, Munnoch a passé toutes ses soirées immergé dans le mouvement punk et l'a documenté sans relâche. Une double vie qui lui a permis d'accumuler une des plus belles collections de films et d'images des enfants de Chelsea, alors en pleine rébellion punk, collier de chien au cou. Un des documentaires les plus authentiques, bruts et réalistes qui soit</span>.<br><br></p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/IgAlpM0-340" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="648px" data-original-height="365px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><p dir="ltr"><strong>5. <span id="docs-internal-guid-1b481473-93c4-5ba6-6f07-f9d2fb0cf3fa">Punks et politiques en face à face à la BBC</span><br></strong><span id="docs-internal-guid-99ccbbf2-93c4-978b-f91d-24d3a8244f9d">En 1977, la BBC diffusait une série de documentaires : Bass Tracks, des épisodes d'une heure sur la dimension sociale et politique de la vague punk qui s'étendait sur toute l'Angleterre et provoquait une véritable panique morale dans tout le pays. « Pour beaucoup de gens, le punk menaçait le style de vie traditionnel anglais davantage que le communisme ou l'inflation pouvaient le faire », explique Brian Trueman face à la caméra. Le documentaire présente de nombreuses entrevues et interventions des acteurs de l'époque, de « freaks » et de « fauteurs de troubles », ainsi que des images de la salle de concert la plus emblématique de Manchester, l'Electric Circus. En bonus, des face-à-face entre politiciens et punks et un entretien avec un pasteur tentant de répandre la volonté de Dieu auprès des punks de son quartier</span>.<br><br></p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/o652W7IfGvE" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="648px" data-original-height="365px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div></span>
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<dc:creator>Alice Newell-Hanson</dc:creator>
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<title>VICE du jour: On prend l&#039;autobus avec des militants pro-vie</title>
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<pubDate>Wed, 22 Jun 2016 21:01:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[La Marche nationale pour la vie rassemble chaque année à Ottawa des milliers de personnes qui veulent restreindre l'accès à l'avortement.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p>La Marche nationale pour la vie rassemble chaque année à Ottawa des milliers de personnes qui veulent restreindre l'accès à l'avortement. Brigitte Noël a pris l'autobus vers la capitale avec un groupe de Montréal afin de rencontrer les jeunes du mouvement pro-vie.</p>
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<dc:creator>Brigitte Noël</dc:creator>
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<title>VICE du jour: Le stéroïde des musiciens classiques</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/video/le-steroide-des-musiciens-classiques</link>
<pubDate>Wed, 22 Jun 2016 20:11:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Pour contrôler la nervosité, de nombreux musiciens font appel aux bêta-bloquants, des médicaments utilisés en cardiologie pour réduire le rythme cardiaque.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les musiciens classiques, les places dans les grands orchestres sont rares. Pour accéder à ces postes de prestige, ça demande énormément de préparation. Mais le jour de l'audition, le stress peut prendre le dessus et tout faire planter. Pour contrôler la nervosité, de nombreux musiciens font appel aux bêta-bloquants, des médicaments utilisés en cardiologie pour réduire le rythme cardiaque. VICE du jour a rencontré deux musiciens classiques montréalais qui ont utilisé à plusieurs reprises ce médicament, parfois surnommé le stéroïde de l'interprète</p>
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<dc:creator>Simon Coutu</dc:creator>
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<title>À Rio, l’Australie va distribuer des capotes à ses athlètes pour prévenir Zika</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/rio-laustralie-va-distribuer-des-capotes-ses-athletes-pour-prevenir-zika</link>
<pubDate>Wed, 22 Jun 2016 18:33:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Le Comité olympique australien a décidé de fournir aux athlètes qui se rendront à Rio pour les Jeux olympiques des préservatifs et du lubrifiant.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p>La transmission du virus Zika par voie sexuelle inquiète les autorités australiennes. Le Comité olympique australien a décidé de fournir aux athlètes qui se rendront à Rio pour les Jeux olympiques des préservatifs et du lubrifiant. Le but est de leur permettre de se changer les idées tout en prévenant tout risque d'infection.
</p><p>La principale cause d'infection reste la piqûre de moustique. Mais la transmission sexuelle est considérée comme un facteur de risque dans la propagation du virus en dehors du Brésil.

<br><br>En 2012 à Londres, près de 150  000 préservatifs avaient été distribués aux athlètes pour qu'ils s'envoient en l'air sans risque au village olympique, où les partys des sportifs peuvent être arrosées.
</p>
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<dc:creator>Rédaction VICE Sports </dc:creator>
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<title>La fille qui a quitté l’Europe pour combattre l’État islamique</title>
<link>http://www.vice.com/fr_ca/read/la-fille-qui-a-quitt-leurope-pour-combattre-ltat-islamique-qc</link>
<pubDate>Wed, 22 Jun 2016 15:00:00 -0400</pubDate>
<description><![CDATA[Elle trouve que les soldats du groupe État islamique (EI), contrairement aux troupes de Bashar al-Assad, sont « faciles à tuer ».
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/20/la-fille-qui-a-quitt-leurope-pour-combattre-ltat-islamique-qc-body-image-1466387142-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="798" data-model-id="193960" data-path="images/content-images/2016/06/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/20/" data-image-filename="la-fille-qui-a-quitt-leurope-pour-combattre-ltat-islamique-qc-body-image-1466387142.jpg" class="vmp-image"></p><p><strong>Joanna Palani avait seulement 22 ans quand elle a quitté sa vie confortable d'étudiante au Danemark pour se joindre aux forces armées kurdes sur les lignes de front de la guerre en Irak et en Syrie. Elle trouve que les soldats du groupe État islamique (EI), contrairement aux troupes de Bashar al-Assad, sont « faciles à tuer ».</strong></p><p>L'appel à la guerre sainte contre les « infidèles » a convaincu plus de 27 000 combattants étrangers venant de 81 pays différents de rejoindre la Syrie et l'Irak — la vaste majorité d'entre eux combattent désormais aux côtés de l'EI. Joanna Palani, elle, est partie combattre aux côtés des Kurdes, d'abord avec les Unités de protection du peuple (Yekîneyên Parastina Gel, abrégé en YPG), puis avec les peshmergas, la branche armée du Gouvernement régional du Kurdistan. Les peshmergas (littéralement « ceux qui affrontent la mort ») ont joué un rôle important dans le renversement de Saddam Hussein et dans la capture d'Oussama Ben Laden, et remportent lentement des batailles importantes face à l'EI en Irak.</p><p>Joanna, 23 ans, étudie la philosophie à Copenhague. Cette fille et petite-fille de combattants peshmergas est née en 1993 dans un camp de réfugiés de l'ONU à Ramadi, en Irak. Sa famille a fui son pays durant la guerre du Golfe et a emménagé à Copenhague lorsqu'elle était petite. Elle y a mené une « vie normale et confortable ». Ses passe-temps favoris étaient la lecture et le tir. Après avoir touché son premier fusil en Finlande à l'âge de neuf ans, elle en est devenue obsédée.</p><p>« J'adore ça, déclare-t-elle, c'est ma vie. Il est tout à fait normal pour une Kurde d'apprendre à utiliser des armes. » Joanna rit beaucoup quand elle raconte son histoire et m'appelle « M'dame ».</p><p>En 2014, elle a quitté le pays pour rejoindre les Kurdes en Syrie. Elle voulait les aider à vaincre l'EI et Bashar al-Assad. « Le 14 novembre 2014, je suis partie en Irak, puis à Rojava, en Syrie. Je suis restée avec les YPG pendant six mois, puis avec les peshmergas les six mois suivants. J'ai combattu pendant un an. »</p><p>En novembre 2014, l'armée de Bachar al-Assad avait déjà à son actif trois longues années de meurtres arbitraires de civils. Elle avait accumulé une multitude d'armes et de munitions, dont des armes chimiques utilisées contre son propre peuple. Quant à l'EI, il confirmait son expansion dans le nord de l'Irak.</p><p>La première expérience de Joanna sur la ligne de front a été pour le moins brutale. Alors qu'elle patrouillait aux côtés d'un combattant suédois, ils ont été attaqués par un tireur d'élite qui avait repéré la fumée d'une cigarette. Il a tiré une balle pile entre les deux yeux de son camarade. Elle se souvient que la cigarette de ce dernier se consumait alors qu'il était mort, et que son sang se répandait sur son nouvel uniforme.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/20/la-fille-qui-a-quitt-leurope-pour-combattre-ltat-islamique-qc-body-image-1466387442-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1220" data-original-height="847" data-model-id="193961" data-path="images/content-images/2016/06/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/20/" data-image-filename="la-fille-qui-a-quitt-leurope-pour-combattre-ltat-islamique-qc-body-image-1466387442.jpg" class="vmp-image"></p><p>« Je lui avais bien dit de ne pas fumer, il ne m'a pas écoutée. Je n'étais pas prise au sérieux en arrivant là-bas, avoue-t-elle. Mais ça a changé après la première attaque. »</p><span id="docs-internal-guid-440d185f-6b7d-aa75-4174-b6ab0870342f"><p dir="ltr"><br></p><p dir="ltr">En Syrie, elle s'est découvert un don pour tirer au bon moment et garder le silence au bon moment — selon elle, les deux qualités essentielles d'un bon soldat. Son combat contre l'armée d'Assad allait être le plus difficile de sa carrière. Elle avait eu vent d'attaques au chlore, aux bombes barils et même aux bombes aérosol — toutes interdites par le droit international. Le régime d'Assad est jugé responsable de la mort de 81 000 civils. Il fait désormais l'objet d'enquêtes pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.</p><p dir="ltr">« Les combattants de l'EI sont très faciles à tuer, Madame, déclare-t-elle en riant. Ils sont très bons pour se sacrifier eux-mêmes. Mais les soldats d'Assad sont de vraies machines de guerre. »</p><p dir="ltr">Joanna raconte avec fierté son rôle dans la formation des jeunes combattantes kurdes. « Les jeunes filles sont incroyables. Elles sont euphoriques lorsqu'elles reviennent du front. Elles sont vraiment courageuses, bien plus que je l'étais à leur âge. »</p><p dir="ltr" class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/20/la-fille-qui-a-quitt-leurope-pour-combattre-ltat-islamique-qc-body-image-1466387488-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1152" data-original-height="798" data-model-id="193962" data-path="images/content-images/2016/06/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/20/" data-image-filename="la-fille-qui-a-quitt-leurope-pour-combattre-ltat-islamique-qc-body-image-1466387488.jpg" class="vmp-image"></p><p dir="ltr"><br></p><span id="docs-internal-guid-440d185f-6b7e-4e57-06a6-5276c7acd27a"><p dir="ltr">Les YPG ont également aidé les familles yézidies à évacuer clandestinement leurs proches hors du territoire de l'État islamique. « Même si je suis une combattante, c'est difficile pour moi de lire l'histoire d'une fillette de dix ans qui meurt des séquelles d'un viol », confie-t-elle. Les lettres et témoignages de tortures sexuelles ont commencé à affluer à partir d'octobre 2014. Joanna s'est vu confier une nouvelle mission début 2015 : elle a découvert, dans un village près de Mossoul, un groupe de fillettes détenues par des militants de l'EI. C'était une « maison de détention » où les jeunes filles étaient enfermées, violées et prêtées aux combattants.</p><span id="docs-internal-guid-440d185f-6b7e-958e-cbfd-ce99be14ed41"><p dir="ltr"><br></p><p dir="ltr">« Toutes les filles avaient moins de 16 ans. Certaines étaient vraiment jeunes. À l'hôpital, j'ai rencontré une chrétienne syrienne de 11 ans. Je lui tenais la main quand elle est décédée, parce qu'elle était enceinte de jumeaux. Son petit visage était tellement enflé. C'était injuste. Je me souviens du médecin qui pleurait et nous criait dessus. » Elle a dû le convaincre qu'ils n'étaient pas responsables du viol qui a mené à sa grossesse et causé sa mort.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/20/la-fille-qui-a-quitt-leurope-pour-combattre-ltat-islamique-qc-body-image-1466387601-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1220" data-original-height="813" data-model-id="193964" data-path="images/content-images/2016/06/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/20/" data-image-filename="la-fille-qui-a-quitt-leurope-pour-combattre-ltat-islamique-qc-body-image-1466387601.jpg" class="vmp-image"></p><br></span><p dir="ltr">Mais même si son père et sa mère à Copenhague craignaient pour la vie de leur fille, Joanna a trouvé le bonheur au combat. « Je n'ai jamais eu envie de rentrer chez moi. Pour être honnête, j'ai eu peur par moments. J'espérais survivre. Mais je n'ai jamais voulu rentrer chez moi. Je savais que j'étais au bon endroit. »</p><p dir="ltr">Sa carrière militaire semblait florissante. Puis, l'année dernière, elle est rentrée voir sa famille. « Les peshmergas m'avaient accordé 15 jours de vacances. Quand je suis arrivée au Danemark, la police m'a envoyé un courriel pour m'informer que mon passeport n'était plus valide et qu'il me serait retiré si je tentais de quitter le pays. Je risquais six ans de prison. J'ai déçu beaucoup de monde. Je formais des filles au combat. Ça revenait à les laisser tomber. »</p><span id="docs-internal-guid-440d185f-6b7f-1d9a-ef3f-929bf6fc4dfc"><p dir="ltr"><br>Elle en veut énormément au gouvernement danois de lui avoir confisqué son passeport en vertu de lois destinées à empêcher les jeunes pro-EI de prendre part au conflit — ce qu'elle décrit comme une « trahison ». Elle a dû choisir entre renoncer à son passeport ou attendre à Copenhague que la loi soit modifiée pour ne plus être vue comme une combattante djihadiste. « Je dois me souvenir de ce que j'ai vu au combat et des gens que j'ai laissés là-bas », me dit-elle en songeant à ce qu'elle peut faire.</p><p dir="ltr">« Ces petites filles, les esclaves sexuelles, je ne peux pas les ignorer, en tant qu'être humain, mais surtout en tant que fille kurde. Ce n'est pas parce que j'ai une vie tranquille au Danemark que je peux ignorer ce qu'ils font à ces filles au Kurdistan. »</p><span id="docs-internal-guid-440d185f-6b7f-7457-c8dc-a5e2119c8b3f"><p dir="ltr"><br>Mais elle est tout aussi réticente à l'idée de perdre les libertés que l'Europe lui offre. Pour l'instant, elle est coincée à Copenhague. Au lieu de combattre avec ses « sœurs » peshmergas, elle étudie à contrecœur la philosophie au Danemark, où le gouvernement paie pour ses études universitaires.</p><p dir="ltr">« Je suis une fille kurde européenne. La plupart de mes convictions et idées sont européennes. Je n'aurais pas pu vivre au Kurdistan plus d'un ou deux ans — en tant que femme, ce n'est pas l'idéal pour moi. Je donnerais ma vie pour l'Europe, pour la démocratie, pour la liberté et pour les droits des femmes. J'ai l'impression d'avoir été trahie par ceux pour qui j'étais prête à sacrifier ma vie. »</p></span></span></span></span>
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<dc:creator>Lara Whyte</dc:creator>
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