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<title>VICE</title>
<link>http://www.vice.com</link>
<description><![CDATA[ RSS feed for VICE.com
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<language>fr</language>
<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 20:00:05 +0200</pubDate>
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<image><title>VICE </title>
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<title>Une enquête de fond sur le « S » que tout le monde dessinait à l’école</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole</link>
<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[J'ai tenté de déterminer ses origines grâce à ce fabuleux outil qu'est le journalisme d'investigation.
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469633993.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-model-id="208840" data-original-height="667" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469633993-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75">
</p><p class="MsoNormal">Je devais
avoir huit ans quand on m'a appris à dessiner ce S. Il suffisait de tracer deux séries de
trois lignes parallèles et de les relier diagonalement de gauche à droite, et
de dessiner des bouts pointus en haut et en bas. C'était un S fougueux,
sublime, et j'adorais le dessiner.
</p><p class="MsoNormal">Très vite, j'ai
noirci tous mes cahiers de ce fameux S. Je ne me suis jamais posé de question sur
son origine – je savais juste que je l'aimais de tout mon être. Et je n'étais
clairement pas le seul.
</p><p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469634106.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-model-id="208842" data-original-height="667" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469634106-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75">
</p><p class="MsoNormal">Récemment,
j'ai fait une recherche Google sur le S et découvert qu'il était excessivement
populaire, sans que qui que ce soit ne connaisse son créateur. Nombre de forums
Reddit lui sont consacrés et sont peuplés de personnes nostalgiques qui n'ont aucune information à son sujet. Certaines personnes l'appellent le
« S américain », d'autres le « 
	<a target="_blank" href="http://knowyourmeme.com/memes/super-s-stussy">Super S</a> ».
</p><p class="MsoNormal">Il semblerait
que le S se soit surtout répandu en Amérique, en Europe, en Asie, en Russie et
en Australie. Certaines personnes estiment qu'il a été créé dans les années
1990, d'autres disent l'avoir vu dès les années 1960. Il y a aussi des théories
suggérant que c'était le symbole d'un groupe de hair metal des années 1980.
D'autres pensent qu'il s'agit du logo original de la marque de vêtements Stussy,
tandis que certains estiment que c'est une variante de l'emblème de
Superman. Personne ne pouvait rien affirmer avec certitude. Je me suis donc
tourné vers des interlocuteurs de choix : mes collègues.
</p><p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635097.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-model-id="208845" data-original-height="667" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635097-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75">
</p><p class="MsoNormal">« C'est le S de Superman », a déclaré Ben, notre
graphiste. Je lui ai demandé si ce S figurait réellement dans les comics, ce à
quoi il a répondu par la négative. « Non, je crois juste que c'est à ça que les
enfants pensent quand ils le dessinent. S'ils le font, c'est parce que c'est
cool – rien de plus. »
</p><p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635175.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-model-id="208846" data-original-height="667" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635175-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75">
</p><p class="MsoNormal">J'ai passé un
coup de fil à DC Comics pour en savoir plus. Selon Benjamin LeClear, qui
travaille en tant qu'assistant à leur studio situé à Burbank, Californie,
le S n'a aucun rapport avec Superman.
</p><p class="MsoNormal">« Ce S ne
ressemble à aucun des emblèmes des vieux Superman », m'a-t-il assuré après
avoir fait un tour aux archives. « Son S ne se connecte jamais à lui-même,
il y a toujours eu un espace autour. »
</p><p class="MsoNormal">Benjamin m'a
également confié que j'avais piqué sa curiosité. Il a donc mené sa petite
enquête de son côté, sans rien trouver. « Je n'avais jamais réalisé à quel
point ce S était auréolé de mystère. J'aurais adoré que ce soit lié à Superman,
mais je doute que ce soit le cas. »
</p><p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635186.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-model-id="208847" data-original-height="667" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635186-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75">
</p><p class="MsoNormal">« C'est le Stussy S ! », s'est exclamée Ramona,
une de nos productrices. Tout comme Ben, elle ne pensait pas que cet emblème
était associé à la marque, mais elle refusait de croire qu'on puisse le
dénommer autrement. « Ça s'appelle le Stussy S, ça, j'en suis sûre »,
a-t-elle affirmé, avant de me dessiner sa version (définitivement moins bien que
la mienne).
</p><p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635197.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-model-id="208848" data-original-height="667" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635197-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75">
</p><p class="MsoNormal">Beaucoup de
forums mentionnent effectivement Stussy – une marque californienne de vêtements
surf/streetwear fondée dans les années 1980. Certaines personnes semblent
convaincues que ce S était un vieux logo Stussy. Je leur ai donc téléphoné pour
en savoir plus.
</p><p class="MsoNormal">« Non, ce
n'est pas un logo Stussy », a déclaré Emmy Coates, qui collabore avec
Shawn Stussy depuis 1985. « On me demande ça très souvent, mais les gens
dessinaient ce S bien avant la création de Stussy. Mais je trouve ça amusant
que les gens l'associent à la marque. » Quand je lui ai demandé ce que lui
évoquait ce symbole, elle m'a répondu qu'elle trouvait qu'il ressemblait au
logo de Suzuki.
</p><p class="MsoNormal has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635209.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-model-id="208849" data-original-height="667" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/une-enquete-de-fond-sur-le-s-que-tout-le-monde-dessinait-a-lecole-body-image-1469635209-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75">
</p><p>J'étais tenté d'appeler Suzuki, mais j'ai refréné mes ardeurs. Il fallait que
je voie plus grand. J'ai donc appelé un expert en symboles et en
sémiotique : Paul Cobley.
</p><p class="MsoNormal">Paul est
enseignant en langues et médias à l'université de Middlesex, à Londres. Selon
lui, la théorie du groupe de hair metal est tout aussi ridicule. « Ce
n'est clairement pas le logo de Saxon », a-t-il certifié, avant de me
fournir l'explication la plus probable et nulle qui soit : ce S est tout
simplement rigolo à dessiner.
</p><p>« Je pense que les enfants adorent ce dessin parce que c'est un ruban de Möbius », a-t-il ajouté. Je me suis dit qu'il tenait quelque chose. Comme la plupart des enfants de 9 ans sont incapables de dessiner correctement, il me semble logique que ces derniers soient ravis qu'on leur fournisse une recette magique pour esquisser un truc à peu près cool. D'autant plus que la forme du S a un côté sophistiqué et mathématique.
</p><p>Bref, pas grand-chose à conclure de cette enquête de fond, si ce n'est que le fameux S n'est ni un logo Stussy, ni un emblème de Superman, ni un cadeau provenant d'une civilisation extraterrestre – c'est juste le dessin le plus marrant à faire au monde, et j'espère qu'il a encore de beaux jours devant lui.<br>
</p><p class="MsoNormal"><br>
</p><p class="MsoNormal"><i>Julian est sur
	<a target="_blank" href="https://twitter.com/MorgansJulian?lang=en">Twitter</a>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Julian Morgans</dc:creator>
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<category></category>
</item>
<item>
<title>L’Histoire du gamin de 14 ans qui a grandi en prison</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/l-histoire-du-gamin-de-14-ans-qui-a-grandi-en-prison</link>
<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[En 1979, Ricky Olds a été condamné à la perpétuité pour complicité de meurtre. 37 ans plus tard, il va peut-être être enfin libéré.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/26/l-histoire-du-gamin-de-14-ans-qui-a-grandi-en-prison-1469546822.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p>Notre soif de
justice veut qu'à chaque offense corresponde une
punition adaptée. Voilà comment, selon
notre morale humaine, les fautes sont corrigées dans nos sociétés contemporaines.
Or, il arrive que le crime et le châtiment ne soient pas équilibrés. Voici l'une de ces histoires.
</p><p class="Corps">Le 9 octobre 1979,
Thomas Beitler, postier, travaille de nuit et profite de sa pause pour s'acheter des cigarettes et un soda. Le bureau de tabac de
Pittsburgh étant ouvert 24 heures/24, il
arrive aux alentours de 3h30 du matin – soit à la même heure que Ricky Olds, 14 ans, et son ami Todd Allen.
Quelques instants plus tard, Beitler meurt à la suite d'une blessure par balle. Un mois plus tard, Olds et Allen
sont placés en garde à vue.
Ni l'un ni l'autre
n'ont quitté la
prison depuis lors. Trente-six ans ont passé et Olds continue à payer
le prix de cette nuit-là.
	
</p><p class="Corps">Les deux ados s'étaient croisés par hasard le matin même. « J'étais censé aller
chez ma grand-mère, se souvient Olds. Dès que je suis sorti de chez ma mère, je suis tombé sur lui. »
	
</p><p class="Corps">Olds semblait idolâtrer Allen. « Il jouait bien au baseball, savait s'y prendre avec les filles... Il dansait vraiment
bien et savait faire plein de choses que je ne savais pas faire », raconte-t-il. Il s'avère qu'Allen
menait une vie difficile. Il faisait la navette entre Pittsburgh et Detroit – là où vivait son beau-père abusif, tandis que son père était parti depuis longtemps et que sa
mère était décédée deux ans auparavant. À 16 ans, il était donc complètement seul.
	
</p><p class="Corps">« Je sais qu'il a vécu des moments difficiles, raconte Olds. Souvent, je le
laissais entrer chez moi en cachette et il dormait par terre ou dans le lit.»
	
</p><p class="Corps">Ce 9 octobre 1979, le
duo a traversé la rivière
Allegheny pour choper un bus en direction d'un quartier nommé Homewood
afin d'y
retrouver un groupe d'ados plus âgés. L'un
d'eux était
Larry, le frère de Todd. Claude Bonner, son pote de
18 ans, possédait
une voiture. Tous les quatre sont allés au Music Bar, sur Liberty Avenue,
mais Olds a été refoulé à l'entrée.
	
</p><p class="Corps">Lors de son procès, on lui a demandé ce qu'il
avait fait pendant que ses amis étaient dans le bar, ce à quoi
il a répondu: « Je suis resté devant. »
	
</p><p class="Corps">Quelques heures plus
tard, Allen et Olds ont de nouveau croisé Bonner.
Il se rendait au nord de la ville. Ils sont montés
dans sa voiture et Olds a commencé à avoir
faim. Le bureau de tabac était le seul endroit ouvert à cette
heure de la nuit.
	
</p><p class="Corps">Alors qu'ils sortaient de la voiture, Allen a lancé : « Je vais voler dans le magasin. »
</p><p class="Corps">« Ouais, vas-y », lui a répondu Olds.
</p><p class="Corps">Son avocat a demandé lors
du procès ce qu'il
entendait par là. « C'était du sarcasme. Je ne pensais pas qu'il le ferait », a-t-il affirmé à la barre, expliquant qu'il pensait que son ami plaisantait, comme à son
habitude. Olds a pris un paquet de chips dans le magasin; Allen est resté devant.
Quand Olds est arrivé près de la caisse, il a rigolé à la blague du vendeur, qui disait de ne
pas salir le sol fraîchement balayé, et a payé ses chips. Il a ensuite regardé Todd
Allen suivre Beitler, le postier, hors du magasin. « À plus », lui a lancé Allen.
	
</p><p class="Corps">Olds l'a aperçu quelques secondes plus tard - il
menaçait le postier avec ce qui semblait être un flingue. Lors du procès
pour meurtre, l'avocat
d'Olds
a mis l'accent sur ce moment clé :
	
</p><p class="Corps"><strong><i>Q</i></strong><i></i><i>:
Qu'avez</i><i>-vous fait ou quelle a </i><i>é</i><i>t</i><i>é </i><i></i><i>votre r</i><i>é</i><i>action en voyant cette sc</i><i>è</i><i>ne</i><i></i><i>?</i><i></i>
</p><p class="Corps"><strong><i>R</i></strong><i></i><i>:
Je me suis mis 
	</i><i>à </i><i></i><i>courir.</i><i></i>
</p><p class="Corps"><strong><i>Q</i></strong><i></i><i>:
Pourquoi avez-vous couru
	</i><i></i><i>?</i><i></i>
</p><p class="Corps"><strong><i>R</i></strong><i></i><i>:
Parce que si c'é</i><i>tait un flingue, je ne voulais pas </i><i>ê</i><i>tre impliqu</i><i>é</i><i>.</i><i></i>
</p><p class="Corps">Un témoin se souvient avoir vu « un
homme de couleur et un homme blanc ». Ricky Olds était déjà parti.
	
</p><p class="Corps">Bonner a lui aussi
entendu le tir. Il a fait démarrer la voiture et a
rattrapé Olds. Allen n'était pas loin derrière et a grimpé dans
la voiture. Bonner a relaté la conversation qui a suivi:
	
</p><p class="Corps"><strong><i>Q</i></strong><i></i><i>:
Aprè</i><i>s </i><i>ê</i><i>tre
monté</i><i>s dans la voiture, qui a dit quoi</i><i></i><i>?</i><i></i>
</p><p class="Corps"><strong><i>R</i></strong><i></i><i>:
Todd a dit 
	</i><i>à </i><i></i><i>Ricky qu</i><i>'</i><i>il l</i><i>'</i><i>avait oblig</i><i>é </i><i></i><i>à </i><i></i><i>tirer sur cet homme. Ricky se
contentait de ré
	</i><i>pondre non.  a dit </i><i>à </i><i></i><i>Ricky que quand il a sorti le flingue, Ricky </i><i>é</i><i>tait cens</i><i>é </i><i></i><i>attraper le portefeuille.</i><i></i>
</p><p class="Corps"><strong><i>Q</i></strong><i></i><i>:
Qu'a</i><i> dit Ricky</i><i></i><i>?</i><i></i>
</p><p class="Corps"><strong><i>R</i></strong><i></i><i>:
Il n'a</i><i> rien dit. Il continuait de dire non.</i><i></i>
</p><p class="Corps">Bonner a fait un détour pour rentrer – « afin d'éviter la police », a-t-il précisé
plus tard – et
a déposé les deux garçons près de chez Olds. Ils n'avaient sur eux que le paquet de chips. Allen s'était enfui sans prendre le portefeuille de la victime.
	
</p><p class="Corps">Lorsque les deux
adolescents ont été arrêtés pour le meurtre de Beitler un mois
plus tard, les journaux ont mentionné des « jeunes
des quartiers nord » accusés
d'avoir tué un homme originaire
de Millvale. N'importe quel lecteur de Pittsburgh a
immédiatement compris que les ados étaient noirs et la victime blanche.
	
</p><p class="Corps">Olds et sa mère se souviennent que le jury était entièrement blanc. Il leur a fallu plus de cinq heures pour
parvenir à une
décision. Finalement, les jurés n'ont pas fait de distinction entre
Allen et Olds – les deux adolescents ont été condamnés
pour homicide volontaire sans préméditation.
	
</p><p class="Corps">Le cas de Ricky
Olds n'en est qu'un parmi des milliers. Récemment, il a fait l'objet d'une attention particulière suite à plusieurs décisions de la Cour suprême des États-Unis au sujet de la justice des mineurs.
Des études sur les cerveaux en développement ont confirmé ce que tous les parents savaient déjà : les enfants sont enclins à se
comporter de façon téméraire, sans réfléchir aux conséquences de leurs actes. Ces études ont été conduites par des experts et sont citées dans des
centaines de décisions
de justice.
	
</p><p class="Corps">En 2005, la Cour
suprême des États-Unis
a aboli la peine de mort pour les mineurs ; en 2010, elle a interdit la perpétuité sans possibilité de
libération pour les mineurs condamnés à d'autres crimes que le meurtre ; en 2012, elle a
interdit la perpétuité sans possibilité de
libération pour les mineurs en toutes
circonstances ; et en janvier dernier, elle a jugé que
les mineurs purgeant actuellement une peine à perpétuité devaient bénéficier d'une
nouvelle audience.
	
</p><p class="Corps">En pratique, cela
signifie que beaucoup de jeunes ayant été condamnés
à mourir en prison vont désormais faire l'objet d'une
deuxième enquête,
et beaucoup auront l'occasion de recouvrer la liberté. Cela a donné lieu à
un examen rétrospectif des cas datant de plusieurs
décennies, dont celui de Ricky Olds.
	
</p><p class="Corps">Olds n'aurait jamais imaginé avoir cette chance lorsqu'il a été condamné en 1981. À l'époque, la prison à vie sans possibilité de
libération conditionnelle s'appliquait à tous les condamnés pour meurtre en
Pennsylvanie. Ça
a mis Samuel Strauss, le juge qui a présidé le procès,
dans un sacré pétrin. S'il
avait déjà prononcé cette peine pour
Todd Allen, il était « mal
à l'aise » à l'idée de réserver
le même sort à Olds, qu'il
voyait comme un « moindre participant » à ce
crime. Strauss savait qu'il n'avait pas le choix – le jury avait déjà rendu son verdict. Il a néanmoins tenté de négocier
une peine plus douce avec le procureur alors même
que le procès était terminé et
que le délai d'une
telle négociation était dépassé depuis longtemps.
	
</p><p class="Corps">Robert Colville, le
procureur, a affirmé au 
	<i>Pittsburgh Press</i> que cette requête était « non seulement peu
orthodoxe, mais absurde. Les jurés savaient que la perpétuité s'appliquerait s'ils votaient un homicide volontaire non-prémédité, et je ne peux pas revenir sur leur décision. Qui plus est, la prison à vie
dans cet État ne veut pas dire prison pour le
reste de la vie. S'il se comporte bien, il pourra sortir
dans 17 ans, peut-être même
beaucoup plus tôt. »
	
</p><p class="Corps">Colville, procureur
du comté d'Allegheny de 1976 à1997,
aurait dû mieux se renseigner : en Pennsylvanie,
toutes les condamnations à perpétuité sont imposées sans possibilité de
libération, et ce depuis les années 1970. Au cours de l'audience, le procureur a tout de même pris en compte les préoccupations du juge et a reconnu la
différence
d'implication
entre le meurtrier et son « complice ».
	
</p><p class="Corps">De son côté, soulignant que la
cour n'avait « aucune marge de manœuvre quant à la
décision », Strauss a condamné Olds
à « subir une peine d'emprisonnement pour le reste de sa vie ». Il avait tout de même déclaré la chose suivante,
invitant les « personnes courageuses du comté » à le soutenir dans ses efforts:
</p><p>
</p><p class="Corps">« Je sais que
ça a été une
infraction horrible. Il ne fait aucun doute que ça a été un meurtre brutal, mais ce jeune homme était le plus jeune des trois.
Cela m'a dérangé.
Malheureusement, je ne peux rien faire, mis à part écrire une
lettre au Comité des grâces. »
	
</p><p class="Corps">Pourtant, le Comité des
grâces affirme n'avoir aucune trace d'une telle lettre. Strauss étant décédé en 1995, il n'y a aucun moyen de savoir s'il
l'a vraiment écrite. Lettre ou pas, l'inquiétude
du juge était palpable – ce dernier a mentionné à de nombreuses reprises le fait que
Ricky Olds était jeune. Mais, pas une fois, il n'a précisé son âge
lors de son arrestation. Il était manifestement réticent à l'idée de condamner un enfant de 14 ans à passer
sa vie entière entre les murs d'une prison.
	
</p><p class="pullquote">L'abolition de la peine de mort pour les mineurs a soulevé une autre question : si la peine de mort pour les mineurs
est inconstitutionnelle, la vie sans libération conditionnelle est-elle acceptable ?
</p><p class="Corps">Daisy Olds, la mère de Ricky, parle de son fils comme d'un enfant brillant. « Une fois, je l'ai emmené à l'hôpital pour un examen. Il lisait les
mots techniques sur les panneaux, raconte-t-elle. Ça a étonné le médecin
– il était si jeune. » Les dossiers scolaires de l'enfant
appuyaient ses propos. Ses enseignants l'ont décrit comme étant un élève excellent, qui apprenait très vite.
	
</p><p class="Corps">« Il était un peu agité, admet Daisy. Il n'exploitait pas tout son potentiel. Pour les enfants noirs, à l'époque, l'intelligence était source de moqueries. Ricky cherchait sans doute à masquer
son intelligence. »
	
</p><p class="Corps">Ses notes ont
commencé à chuter
en cinquième. L'année suivante, Olds a été à deux
doigts de redoubler. En troisième, son côté trublion l'a mené tout droit au tribunal pour enfants.
II a participé à une
bagarre qui a dégénéré, a cassé une fenêtre avec une brique et a volé neuf dollars dans
un magasin.
	
</p><p class="Corps">Puis il a été arrêté pour la dernière fois.
</p><p class="Corps">« Quand je suis arrivé en
prison, il n'y avait pas d'aile dédiée aux mineurs –j'ai été placé avec les adultes,
se souvient-il. Les gardiens me faisaient la misère
– pour eux, j'étais l'enfant qui avait tué le facteur. Les détenus, en revanche, ne comprenaient pas que je sois en
prison pour ça. Je n'appartenais
à aucun des deux mondes. »
	
</p><p class="Corps">En 1982, à l'âge de 17 ans, Olds a été réprimandé pour sept infractions – notamment
après
avoir refusé de suivre un ordre et après s'être battu. L'année suivante n'a pas été plus calme, mais Olds contestait
rarement ses infractions. Au lieu de cela, il plaidait coupable, comme s'il les
regrettait.
	
</p><p class="Corps">« J'ai perdu mon calme à plusieurs
reprises », avoue-t-il à présent.
	
</p><p class="Corps">Ricky Olds n'avait même pas 20 ans et ne savait pas comment
occuper ses journées interminables. Un rapport d'évaluation de la prison de 1984 décrit son attitude :
	
</p><p class="Corps">« Ce détenu est
relativement calme. Il est très intelligent, mais son plus gros problème est de
se motiver. Il a sans doute besoin d'intégrer une institution où il pourra poursuivre ses études. »
	
</p><p class="Corps">À
cet âge-là, la plupart des
gens possédant l'intelligence
de Olds vont à l'université ou
travaillent. Lui, non. L'infini
désert d'une vie passée au sein d'une institution pénitentiaire s'étendait devant lui.
Il lui fallait trouver une oasis – sinon, il ne s'en sortirait pas.
	
</p><p class="Corps">Ricky Olds est l'un des premiers adolescents à avoir été puni aussi durement. En 1944, George
Stinney, un Afro-Américain de 14 ans, était accusé du meurtre de deux
petites filles blanches à Alcolu en Caroline du Sud, en pleine ségrégation raciale. Il a été jugé coupable par un jury exclusivement composé de
blancs au cours d'un procès
qui a duré moins de trois heures. Il a été condamné à mort après de dix minutes de délibération. En raison de sa petite taille,
il ne tenait pas sur la chaise électrique. Une bible a été utilisée
comme siège d'appoint pour exécuter le garçon.
	
</p><p class="Corps">Soixante-dix ans
plus tard, la juge Carmen Mullen est revenue sur cette condamnation injuste.
Elle a méticuleusement examiné les
divers droits ayant été refusés
à Stinney et en a déduit qu'aucune véritable enquête n'avait
été menée.
	
</p><p class="Corps">Le plus troublant
reste que la vie du jeune homme lui a été enlevée à un âge étonnamment jeune. Comme Mullen l'écrit:
	
</p><p class="Corps">« Le huitième
amendement à la Constitution, qui proscrit les peines cruelles,
existait déjà en 1944. La condamnation à mort d'un enfant de 14 ans constitue bel et bien une peine cruelle. »
	
</p><p class="Corps">Mullen a disculpé Stinney, estimant qu'il avait été privéde ses droits
fondamentaux.
	
</p><p class="Corps">Au moment de la décision de Mullen, la Cour suprême des États-Unis venait d'interdire l'exécution des mineurs dans le cadre de l'affaire <i>Roper v.
Simmons
	</i> de 2005. La révolution de la justice des mineurs pouvait commencer.
</p><p class="Corps">
</p><p>Mais l'abolition de la peine de mort pour les mineurs a soulevé une autre question : si la peine de mort pour les mineurs
est inconstitutionnelle, la vie sans libération conditionnelle est-elle acceptable ? Cette question avait déjà été pressentie lors d'un échange entre l'avocat de l'État du Missouri et le juge de la Cour suprême Antonin Scalia lors de 
	<i>Roper
v. Simmons 
	</i>:
</p><p class="Corps">
</p><p class="Corps"><strong><i>Avocat </i></strong><i></i><i>:
Eh bien, je suppose que si la Cour d
	</i><i>é</i><i>cide que  sont </i><i>à </i><i></i><i>l</i><i>'</i><i>abri de la peine capitale, quelqu'un
va rench
	</i><i>é</i><i>rir et dire qu'ils doivent aussi </i><i>ê</i><i>tre </i><i>à </i><i></i><i>l</i><i>'</i><i>abri,
par exemple, de la d
	</i><i>é</i><i>tention </i><i>à </i><i></i><i>vie sans lib</i><i>é</i><i>ration conditionnelle.</i><i></i>
</p><p class="Corps"><strong><i>Juge
Scalia 
	</i></strong><i></i><i>: Je suis s</i><i>û</i><i>r que </i><i>ç</i><i>a va </i><i>ê</i><i>tre le cas.</i><i></i>
</p><p class="Corps">Cinq ans plus tard,
le problème de l'incarcération des mineurs était de nouveau au cœur des débats de la Cour suprême.
	
</p><p class="pullquote">La vie en prison sans possibilité de
libération conditionnelle ne laisse à l'individu
aucune chance de s'épanouir à l'extérieur de la prison, aucune chance de se réconcilier avec la société, aucun espoir. –Cour suprême des États-Unis
</p><p class="Corps">Aux États-Unis, il n'y avait
pas de distinction entre la prison à vie avec et sans libération conditionnelle avant un jugement de 2010. Dans l'affaire 
	<i>Graham v. Florida</i>, la Cour suprême a affirmé que « la vie en prison sans possibilité de
libération conditionnelle ne laisse à l'individu
aucune chance de s'épanouir à l'extérieur de la prison, aucune chance de se réconcilier avec la société, aucun espoir ».
	
</p><p class="Corps">L'arrêt <i>Graham</i> a conclu que l'État devait fournir au mineur « la chance d'être libéré en fonction de sa maturité et de sa capacité de réadaptation ». Mais il y avait une condition : cette décision serait appliquée uniquement aux enfants ayant commis
des infractions n'ayant pas entraîné la mort.
	
</p><p class="Corps">Ricky Olds a fait
appel sur la base de l'arrêt 
	<i>Graham</i> – après tout, il n'avait tué personne. Mais la Cour supérieure de Pennsylvanie
– dont était membre Robert
Colville –
a fait peu de cas de cet argument.
	
</p><p class="Corps">En parallèle, dans le cadre
de l'affaire 
	<i>Miller v. Alabama</i>, la
Cour suprême a introduit une nouvelle expression : « Les enfants sont différents. »
C'était
en 2012.
	
</p><p class="Corps">La Cour en est
venue à la conclusion que, puisque les
enfants étaient « moins coupables »
que les adultes, les juges devaient tenir compte de l'âge d'un mineur avant d'imposer une peine – surtout s'il s'agissait de la peine la plus sévère qu'un enfant puisse recevoir.
	
</p><p class="Corps">Cela ne voulait pas
dire que la perpétuité sans libération conditionnelle était écartée, mais plutôt qu'une telle peine deviendrait « exceptionnelle ».
	
</p><p class="Corps">Pour Ricky Olds, l'arrêt <i>Miller</i> a été la chance de sa vie. En effet, celui-ci
semblait avoir été rédigé en tenant compte de sa propre affaire.
	
</p><p class="pullquote">Des
centaines de détenus attendent toujours d'en savoir plus sur
leur sort.
</p><p class="Corps">En 1989, Camp Hill,
la prison surpeuplée de Pennsylvanie où Olds
avait séjourné pendant huit ans, a été réduite en cendres après trois jours d'émeutes. « Lors de l'incendie de Camp Hill, tout ce que je possédais a brûlé, raconte Olds. Ma grand-mère venait de me rendre visite et nous avions pris des
photos. Elles ont toutes brûlé. »
	
</p><p class="Corps">Olds n'a pas été impliqué dans les émeutes, mais tous les détenus ont dû être déplacés. Le jeune homme a passé 18 mois dans la légendaire prison fédérale de Leavenworth, au Kansas. « Je me sentais plus mature en arrivant à Leavenworth
– beaucoup de gens lisaient des livres et étaient capables de parler d'autres choses que de la prison », se souvient-il.
	
</p><p class="Corps">Quand il est revenu
en Pennsylvanie, Olds était un homme nouveau. Il a commencé à prendre des cours d'allemand, d'espagnol, d'italien, de biologie, de mathématiques
et de littérature à
l'université de Pittsburgh. Plus récemment, il a appris à se servir de Powerpoint, de Word et d'Excel.
</p><p>Les rapports
disciplinaires ont cessé. Le dernier remonte à 2009 – il avait parlé trop fort après la victoire de son équipe lors d'un championnat de softball.
</p><p class="Corps">
</p><p class="Corps">Olds n'est plus très loin de « célébrer »
sa quatrième décennie
derrière les barreaux.
	
</p><p class="Corps">« Pour ces gens , je suis un vieux, dit-il. Je n'ai pas l'impression d'en être un, mais pour eux, je suis un
ancien. Je penserais sans doute la même chose à leur
place. Après tout, qui peut bien rester en prison
aussi longtemps ? Ils ont du mal à le
comprendre. »
	
</p><p class="Corps">Même après l'arrêt <i>Miller</i>, les tribunaux du pays
ont eu du mal à décider si les mineurs condamnés à la perpétuité devaient se voir accorder la possibilité d'une
liberté conditionnelle. Finalement, en janvier
dernier, dans le cadre de l'affaire 
	<i>Montgomery v. Louisiana</i>, le juge Kennedy a réglé la question une bonne fois pour
toutes, estimant que tous les anciens délinquants mineurs devaient avoir l'opportunité de prouver que
leur crime ne relevait pas d'une « dépravation irréparable ». « S'il n'en
relève pas, a précisé le juge, alors leur espoir de passer quelques années en dehors des murs de la prison doit être restauré. » Marsha Levick, cofondatrice du
Juvenile Law Center et avocate dans l'affaire Montgomery, résume l'évolution de la justice des mineurs en
notant simplement que les tribunaux ont enfin « reconnu
que condamner des enfants à mourir en prison est un acte inhumain ».
	
</p><p class="Corps">Les décisions <i>Miller</i>
	et <i>Montgomery</i> ont précisé
que les condamnations de mineurs à la réclusion
criminelle à perpétuité sans libération conditionnelle devaient être rares. Or, déterminer quels enfants sont « dépravés »
n'est pas chose facile. Un certain
nombre d'États – y compris des États conservateurs comme le Texas, le Wyoming et le Nevada – ont aboli la peine à perpétuité sans libération conditionnelle pour les mineurs
pour tous les crimes futurs. D'autres, sans abolir cette peine, ont pris des
mesures afin de la limiter aux crimes les plus graves. La Pennsylvanie l'a abolie pour tous les crimes à l'exception des meurtres volontaires avec préméditation.
	
</p><p class="Corps">En attendant, des
centaines de détenus attendent toujours d'en savoir plus sur
leur sort, alors que les États
s'apprêtent
à reconsidérer
leur peine.
	
</p><p class="Corps">« À certains égards, la vie était plus facile avant l'arrêt <i>Miller</i>, explique Olds. On vivait au jour le jour. On ne pensait pas à l'avenir.
On ne pouvait pas. 
	<i>Miller</i> met à mal notre patience. Maintenant, tous
les détenus pensent qu'ils vont sortir. Tout
me tape sur les nerfs en ce moment. À présent, je peux espérer sortir – c'est ce qu'il y a de plus difficile, il ne me reste plus que cet
espoir. »
	
</p><p class="Corps">Sa mère, Daisy, ne peut s'empêcher de penser à sa
possible libération. L'arrêt 
	<i>Montgomery</i> a débouché sur de nouvelles audiences pour 500 détenus en Pennsylvanie. Olds pourrait se retrouver devant un
juge avant la fin de l'année – un juge qui aurait le pouvoir de le
libérer.
	
</p><p class="Corps">« J'ai prié.
Pendant toutes ces années, j'ai
prié », m'a déclaré sa mère.
	
</p><p class="Corps"><i>Marc Bookman est le
directeur de l</i><i>'</i>Atlantic
Center for Capital Representation 
	<i>à </i><i></i><i>Philadelphie.</i><i></i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/554637</guid>
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<dc:creator>Marc Bookman</dc:creator>
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<category>travel</category>
</item>
<item>
<title>On a demandé à une experte si les jeunes pouvaient dire adieu à leur retraite</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/experte-jeunes-dire-adieu-retraite-queisser</link>
<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[La réponse est non – du moins, tant que d'autres jeunes continueront à bosser pour la payer.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/26/experte-jeunes-dire-adieu-retraite-queisser-1469525496.jpg" type="image/jpg" length="1024"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/26/experte-jeunes-dire-adieu-retraite-queisser-body-image-1469525333-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1024" data-original-height="764" data-model-id="208110" data-path="images/content-images/2016/07/26/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/26/" data-image-filename="experte-jeunes-dire-adieu-retraite-queisser-body-image-1469525333.jpg" class="vmp-image">
<em><sub>Photo via l'utilisateur Flickr <a href="https://www.flickr.com/photos/pedrosimoes7/393217457/" target="_blank">Pedro Ribeiro Simoes</a> </sub></em><br>
</p><p>Si la situation semble s'être légèrement
« 
	<a href="http://www.boursorama.com/actualites/france-amelioration-lente-mais-sensible-du-systeme-de-retraite-b37cc535e8b863612e4ce856ed10e3d0" target="_blank">améliorée</a> »
ces derniers temps, le système de retraite français est toujours, ô surprise,
en déficit. Un bon nombre de 
	<a href="http://www.20minutes.fr/economie/1888171-20160712-pourquoi-repousser-age-retraite-fausse-bonne-idee" target="_blank">décideurs politiques</a> nous invitent fortement à traîner dans des open-spaces anxiogènes
de plus en plus vieux afin de pallier le problème de financement dudit 
	<a href="http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-1967.pdf" target="_blank">système</a>. Le <i>progrès</i> aidant, les anciens sont de plus
en plus nombreux à couler des jours heureux après avoir dit adieu aux affres du
monde professionnel. De plus, quiconque connaît un poil l'histoire du Vieux Continent sait que le 
	<a href="http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=ccc" target="_blank">baby-boom</a> des
années 1946 – 1965 est en train de nous revenir en pleine gueule sous la forme
d'un papy-boom explosif.
	
</p><p class="MsoNormal">Avec un système de retraite français fondé sur
la répartition et la solidarité intergénérationnelle, nos jeunes os pourraient
avoir du souci à se faire. Nous pourrions bien cotiser pour ne rien recevoir en
échange, ou très peu, en passant à un modèle d'épargne privée ou en voyant le
montant des retraites diminuer drastiquement au fil des décennies – avec une
modification de la valeur des « points », par exemple.
	
</p><p class="MsoNormal"><a href="http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1508" target="_blank">L'Insee</a>
	prévoit près de huit millions de départs à la retraite entre 2010 et 2020
– conséquence directe des bébés post-45 devenus âgés. 
	<a href="http://www.insee.fr/fr/themes/series-longues.asp?indicateur=esperance-vie-60ans" target="_blank">L'espérance de vie à 60 ans</a> est aujourd'hui de 27,3 années pour les femmes contre 22,9
années pour les hommes. D'ici à 2060, on pourrait compter 
	<a href="http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1319#inter7" target="_blank">200 000 centenaires</a> en France.
</p><p class="MsoNormal">Face à un tel constat, l'âge de départ à la
retraite est un enjeu politique majeur – entre critiques envers des
fonctionnaires « chouchoutés » et course à l'échalote de la part des 
	<a href="http://www.lejdd.fr/Politique/Aligner-les-retraites-du-public-sur-le-prive-l-idee-choc-d-Alain-Juppe-785675" target="_blank">candidats</a>
	à la primaire de la droite. Aujourd'hui, l'âge légal minimum de départ à la
retraite se situe selon les régimes 
	<a href="http://social-sante.gouv.fr/grands-dossiers/reforme-des-retraites/les-mots-de-la-retraite/article/age-legal-de-depart-a-la-retraite" target="_blank">entre 60 et 62 ans</a>. Le nombre de trimestres à cotiser pour espérer toucher une
pension pleine est quant à lui de 
	<a href="http://social-sante.gouv.fr/grands-dossiers/reforme-des-retraites/comprendre-le-systeme-des-retraites/article/les-modes-de-calcul-de-la-retraite" target="_blank">172 trimestres</a>, soit 43 ans.
</p><p class="MsoNormal">De leur côté, les jeunes ont de plus en plus de
mal à intégrer le marché du travail, et le font de plus en plus tard. Le taux
d'emploi au sein de la catégorie des 15-24 ans était de 28,4 % 
	<a href="http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=T16F046" target="_blank">en 2014</a>. La crise économique de 2008 a directement influencé l'âge d'entrée
dans la vie active. Comme l'atteste un 
	<a href="http://www.oecd-ilibrary.org/sites/eag_highlights-2010-fr/01/08/index.html?contentType=%2fns%2fChapter%2c%2fns%2fStatisticalPublication&itemId=%2fcontent%2fchapter%2feag_highlights-2010-10-fr&mimeType=text%2fhtml&containerItemId=%2fcontent%2fserial%2f20763956&accessItemIds=&option6=imprint&value6=http%3a%2f%2foecd.metastore.ingenta.com%2fcontent%2fimprint%2foecd" target="_blank">document de l'OCDE</a>, la scolarisation des 20-24 ans a augmenté de 0,9 point entre 2008
et 2009 – et de 0,3 point pour les 25-29 ans. Les jeunes de notre
génération étudient plus et plus longtemps, ce qui conduit logiquement à un
retard dans l'accumulation des trimestres de cotisation.
	
</p><p class="MsoNormal">Afin de mettre au clair quelques idées reçues
et de savoir à quoi m'attendre pour l'avenir, j'ai interrogé Monika Queisser, directrice
de la division des politiques sociales à l'OCDE, experte en matière d'analyse
des systèmes de pension et de retraite et membre du Conseil d'orientation des retraites
(COR).
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>VICE : Bonjour Madame Queisser. Pour commencer, pouvez-vous
m'en dire davantage sur votre travail au sein de l'OCDE et du COR ?<br>
	Monika Queisser :</strong> À l'OCDE, je suis en charge
de la division des politiques sociales. Nous effectuons des analyses et des recommandations
au sujet des politiques sociales venant en aide aux individus tout au long de
la vie, de l'enfance jusqu'à la retraite. Nous analysons également les problèmes
liés aux inégalités femmes/hommes et à la distribution des revenus. On publie
tous les deux ans un grand « Panorama des retraites », dans lequel on
compare les différents systèmes des pays de l'OCDE et du G20.
	<strong></strong>
</p><p class="MsoNormal">Le COR, quant à lui, est un conseil de consultation
français. Il réunit des représentants syndicaux et du patronat, des sénateurs, des
députés, des retraités, des représentants du gouvernement ainsi que des experts
– dont je fais partie.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>En travaillant au sein de l'OCDE, vous avez donc une vision
internationale du problème des retraites. Vous pensez quoi de la situation
française ?
	<br>
	</strong>Le système de retraite hexagonal a connu de nombreuses
réformes depuis les années 1990, contrairement à ce que l'on pense souvent à
l'étranger. Cependant, on constate une originalité française : si l'âge
moyen de départ a récemment augmenté, il reste assez bas par rapport aux autres
pays.
</p><p>L'âge effectif de sortie du marché du travail est l'âge auquel quelqu'un
arrête de travailler – pour des raisons différentes : incapacité, chômage,
ou inactivité. Il est donc différent de l'âge auquel les personnes prennent
leur retraite à proprement parler. En France, l'âge de sortie du marché du travail
est inférieur à 60 ans pour les hommes alors que dans la plupart des autres
pays il tourne autour de 65 ans. Les gens arrêtent donc plus tôt de travailler,
et ce indépendamment de l'âge de retraite minimum, fixé à 62 ans.
	
</p><p class="pullquote">Je pense que l'esprit de solidarité
entre travailleurs et anciens travailleurs est très fort en France. Le système
par répartition ne disparaîtra donc pas.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Les papy-boomers vont-ils mettre fin au système de répartition à la
française ?
	<br></strong>Tout d'abord, il ne faut pas oublier que la
France a la chance d'avoir un taux de natalité très élevé en comparaison
d'autres pays. Après, on assiste à un boom du nombre de retraités, c'est une évidence.
La population vieillissante présente un réel défi – notamment parce que les
gens vivent très longtemps après leur passage à la retraite, ce qui est une
bonne chose en soi.
</p><p class="MsoNormal">Avec un nombre croissant de retraités, on fait
face à un problème de financement, problème qui peut peser sur les nouveaux
entrants et les personnes déjà présentes sur le marché du travail. Du coup, on observe
une augmentation des charges pour les salariés – plutôt qu'une véritable mise à
mort du système par répartition, pas d'actualité.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>OK. Le problème du financement des retraites est donc un leurre, en
fait ?
	<br></strong>Pas forcément. Le fonctionnement du système
français dépend énormément de la croissance économique du pays. Si le chômage
est très bas, on ne rencontre pas de souci pour financer les retraites. S'il
est haut, cela se complique. C'est pareil en période de croissance molle. C'est
pourquoi il est essentiel d'améliorer le taux d'emploi des seniors et l'âge
effectif de sortie du marché du travail.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Le passage à un système d'épargne privée à l'anglo-saxonne est-il
envisageable en France selon vous ?
	<br></strong>Il y a quelques années, on constatait un fort
enthousiasme pour les solutions d'épargne privée. Les gens pensaient
qu'investir dans la bourse était le meilleur moyen de s'assurer des revenus
suffisants pour financer leur retraite. On a même vu de jeunes Allemands
demander qu'on leur rende l'argent de leurs cotisations. Avec la crise
financière, le soufflé est retombé.
</p><p class="MsoNormal">En France, à vrai dire, on a déjà un taux
d'épargne très élevé. Les assurances vie connaissent un franc succès dans la
préparation des retraites. Malgré cela, je pense que l'esprit de solidarité
entre travailleurs et anciens travailleurs est très fort en France. Le système
par répartition ne disparaîtra donc pas.
	
</p><p class="pullquote">Je pense que le problème des retraites ne sera
pas résolu par une politique spécifique aux retraites mais par des
politiques d'insertion sur le marché du travail et d'éducation.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Avec un taux de chômage très élevé et une précarité forte, peut-on affirmer
que les jeunes Français pauvres d'aujourd'hui seront les vieux Français pauvres
de demain ?
	<br>
	</strong>La précarité et le chômage des jeunes sont des
enjeux majeurs. L'entrée sur le marché du travail est difficile pour ces
derniers. Si, par le passé, le risque de pauvreté touchait davantage les
personnes âgées, il est aujourd'hui plus important chez les 18-35 ans résidant
dans les pays de l'OCDE. Se pose alors la question de comment favoriser l'insertion
des jeunes sans compromettre les progrès réalisés pour les vieux.
	
</p><p class="MsoNormal">Je pense que le problème des retraites ne sera
pas résolu par une politique spécifique aux retraites mais par des
politiques d'insertion sur le marché du travail et d'éducation. La France est
un pays où l'inégalité dans le système éducatif est très forte. Il a été démontré
que les inégalités présentes dès l'enfance ne font que se renforcer par la
suite, y compris durant la vie active.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Est-ce qu'on peut s'attendre à partir à la retraite à 85 ans pour
mourir à 100 ?
	<br>
	</strong>Je ne crois pas du tout à un tel scénario.
Contrairement à ce que l'on a tendance à penser, l'âge de la retraite a été
abaissé depuis les années 1950. On a cru que cela permettrait aux jeunes de
prendre plus facilement la place des retraités sur le marché du travail. Or, l'exemple
français prouve bien le contraire – avec un chômage des jeunes élevé et un âge
effectif de retraite relativement bas.
	<strong></strong>
</p><p class="MsoNormal">Après, la situation de la France est très
particulière. On assiste à un rejet global du recul de l'âge de départ à la
retraite. Lorsqu'il y a eu des réformes, on a vu des jeunes manifester. L'âge
des retraites en France semble presque intouchable. Pourtant, cette variable
pourrait faciliter l'accès à l'emploi des jeunes via une réduction des charges
salariales.
	
</p><p class="MsoNormal">Une telle position est culturelle. Je ne dis
pas que c'est une mauvaise chose, mais je pense que cela témoigne d'une vision
très noire de l'avenir en France. Les jeunes se disent qu'ils ont déjà du mal à
entrer sur le marché de l'emploi, ils ne veulent pas en plus perdre leur droit
à une retraite assez précoce. C'est une réaction somme toute très
compréhensible au regard de la situation des jeunes Français.
	<strong></strong>
</p><p><strong>Je vois. Merci Mme </strong><strong>Queisser.</strong></p><p class="MsoNormal"><i>Suivez Émilie sur <a href="https://twitter.com/efenaughty" target="_blank">Twitter</a>.
	</i>
</p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Émilie Fenaughty</dc:creator>
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<category>interviews</category>
</item>
<item>
<title>La soutenable légèreté de l’être</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/photos-clubs-londres-adam-friedman</link>
<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Quand les Londoniens faisaient la fête et n'en avaient rien à foutre.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-1469617566.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617619-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1519" data-model-id="208648" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617619.jpg" class="vmp-image">
</p>
<p class="MsoNormal">
</p>
<p class="MsoNormal">Les unes des magazines culturels britanniques se suivent et
se ressemblent. « 
	<a href="http://www.bbc.co.uk/newsbeat/article/33713015/uk-nightclubs-closing-at-alarming-rate-industry-figures-suggest" target="_blank">Les boîtes de nuit ferment les unes après les autres</a> », « <a href="http://www.telegraph.co.uk/men/thinking-man/11803257/Why-the-British-nightclub-is-dying-by-a-nightclub-owner.html" target="_blank">Pourquoi le milieu de la nuit britannique disparaît</a> », « <a href="http://www.dazeddigital.com/music/article/30748/1/how-can-we-save-london-s-club-scene" target="_blank">Peut-on sauver les clubs londoniens</a> ? » – tels sont les intitulés de
nombreux articles évoquant la disparition progressive des night-clubs du pays,
sous l'effet de l'augmentation du prix des loyers, des plaintes pour nuisance
sonore et des réglementations toujours plus draconiennes.
	
</p>
<p class="MsoNormal">Aujourd'hui, c'est un fait : outre-Manche, les clubs <a href="http://www.vice.com/en_uk/read/britain-at-night-who-killed-the-nightclub-788" target="_blank">ferment</a>
	plus rapidement qu'ils n'ouvrent. C'est une réalité à Londres, et dans le
reste du pays. À la fin de l'année dernière, le Royaume-Uni avait perdu 50 %
des clubs qu'il comptait en 2005. Grâce au travail de plusieurs photographes,
nous n'avons pas à nous contenter des remarques aigries de
quadragénaires bedonnants pour nous souvenir de ce à quoi ressemblait la vie nocturne
des Britanniques dans les années 1980 et 1990.
	
</p>
<p class="MsoNormal">« En fait, je ne désirais pas vraiment mettre l'accent
sur la musique ou la danse, mais plutôt sur la joie », précise 
	<a href="http://www.adam-friedman.co.uk/" target="_blank">Adam Friedman</a>, un photographe de 53
ans dont le travail fait partie du projet 
	<a href="http://www.youthclubarchive.com/about/" target="_blank">Youth Club</a>.
</p>

<p class="MsoNormal">Adam, qui rentre tout juste d'une « parenthèse »
de près de 30 ans qui l'a conduit à immortaliser les clubs new-yorkais, avoue que
rentrer à Londres équivaut à effectuer un pèlerinage dans un lieu qui ne
ressemble en rien à celui de son adolescence. À l'époque, lorsqu'il vivait dans
le nord de la capitale britannique, il était fasciné par le développement de la scène punk.
Quelques années plus tard, il passait ses journées à photographier des types
dans Manhattan – des mecs de Wall Street aux latinos du quartier – avant de
revenir au pays en 1987 pour documenter la brutalité du thatchérisme.
	
</p>
<p class="MsoNormal">« Tout le monde semblait usé, résigné », se
souvient-il. Malgré cela, les gens trouvaient toujours un moyen de se réunir
afin de recréer du lien : pendant la nuit, dans les clubs. « Parfois,
vers 3 heures du matin, on voit apparaître un regard sur le visage de
quelqu'un. Là, on comprend que quelque chose se crée. C'est incroyable à
documenter. » C'est en capturant de tels moments qu'Adam a créé une œuvre
singulière et cohérente.
	
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617686-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="545" data-model-id="208650" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617686.jpg" class="vmp-image">
</p>
<p class="MsoNormal">J'ai voulu comprendre ce que ressentait Adam quand il voyait
des centaines de gamins d'aujourd'hui accrochés à leur smartphone, se prétendant
photographes quand ça les arrange. « Ce que j'ai toujours aimé dans la
photographie, dit-il, c'est son côté égalitaire. Il faut savoir évoluer. »
Dans son cas, cette évolution prend la forme d'une immense mosaïque de visages,
chaque portrait correspond à un jour de l'année. Il a intitulé ce projet 
	<i>Key
of Joy
	</i>.
</p>
<p class="MsoNormal">Quant au futur des clubs, il ne semble pas vouloir trop
s'appesantir sur le sujet. « Je ne crois pas être bien placé pour en
parler, affirme-t-il. Ce qui arrive aux clubs est arrivé aux stations essence
de Londres, qui ont toutes été remplacées par des immeubles de bureaux. Il est
devenu impossible de lutter contre ce phénomène. »
	
</p>
<p class="MsoNormal"><i>Suivez Tshepo sur </i><a href="https://twitter.com/tnm___" target="_blank"><i>Twitter</i></a><i>.</i>
</p>
<p class="MsoNormal"><i>Des photos d'Adam Friedman,
Gavin Watson, Teddy Fitzhugh et David Swindells sont exposées du 7 juillet
au 22 août 2016 à Londres, au Hoxton Square Bar & Kitchen.
	</i>
</p>
<p class="MsoNormal"><i>Plus de photos d'Adam
et d'autres photographes ci-dessous.
	</i>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617733-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="720" data-model-id="208651" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617733.jpg" class="vmp-image">
	<sub>Le Dingwalls</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617749-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1449" data-model-id="208652" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617749.jpg" class="vmp-image">
	<sub>
	Le Pure Jam</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617760-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1519" data-model-id="208653" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617760.jpg" class="vmp-image">
	<sub>
	Le Trash</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617778-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="731" data-model-id="208654" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617778.jpg" class="vmp-image">
	<sub>
	Le Dingwalls</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617795-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1519" data-model-id="208655" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617795.jpg" class="vmp-image">
	<sub>
	Le Roller Disco</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617817-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="652" data-model-id="208656" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617817.jpg" class="vmp-image">
	<sub>
	The Lick Party</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617845-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1519" data-model-id="208658" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617845.jpg" class="vmp-image">
	<sub>
	Le Soup</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617859-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1523" data-model-id="208660" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617859.jpg" class="vmp-image">
	<sub>
	Fridays R Firin</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617875-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1519" data-model-id="208661" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617875.jpg" class="vmp-image">
	<sub>
	Le Trash</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617893-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1512" data-model-id="208662" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617893.jpg" class="vmp-image">
	<sub>
	L'Indigo</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617917-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1508" data-model-id="208663" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617917.jpg" class="vmp-image">
	<sub>Le Blue Martini</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617938-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1567" data-model-id="208664" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617938.jpg" class="vmp-image">
</p>
<p class="has-image"><i><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617955-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1518" data-model-id="208665" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617955.jpg" class="vmp-image"><br>
	<sub>Dave Swindells/Youth Club</sub></i><sub>
	</sub>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617972-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1495" data-model-id="208666" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617972.jpg" class="vmp-image">
	<i><sub>Gavin Watson/Youth Club</sub></i>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617987-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="670" data-model-id="208668" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469617987.jpg" class="vmp-image">

	<i><sub>Teddy Fitzhugh/Youth Club</sub></i>
</p>
<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469618001-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1620" data-model-id="208669" data-path="images/content-images/2016/07/27/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/27/" data-image-filename="photos-clubs-londres-adam-friedman-body-image-1469618001.jpg" class="vmp-image">
	<i><sub>Gavin Watson/Youth Club</sub> </i>
</p>

]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/554885</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/27/photos-clubs-londres-adam-friedman-1469617566.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Adam Friedman ; Texte de Tshepo Mokoena</dc:creator>
<media:category>photo</media:category>
<category>photo</category>
</item>
<item>
<title>Faut-il coucher avec son colocataire ?</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/faut-il-coucher-avec-son-colocataire</link>
<pubDate>Wed, 27 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[On a demandé à plusieurs personnes pourquoi copuler avec quelqu'un qui partage votre frigo peut s'avérer délicat, ou salvateur.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/22/faut-il-coucher-avec-son-colocataire-1469202518.jpg" type="image/jpg" length="640"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/22/faut-il-coucher-avec-son-colocataire-body-image-1469202569.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="640" data-original-height="480" data-model-id="207243" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="faut-il-coucher-avec-son-colocataire-body-image-1469202569.jpg" class="vmp-image"><i><sub>Photo via
l'utilisateur Flickr 
	</sub><a href="https://www.flickr.com/photos/imnotquitejack/183039012/" target="_blank"><sub>Jon Collier</sub></a></i>
</p><p lang="fr-FR">Trouver
un colocataire n'a jamais été aussi facile. Aujourd'hui, il est devenu inutile
d'expliquer à quel point les jeunes ont de plus en plus
de mal à dénicher un 
	<a href="http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1156" target="_blank">logement</a>
	à un prix décent – ce qui explique le recours massif à la
	<a href="http://www.bprfrance.com/premier-barometre-de-la-colocation-en-france/" target="_blank">colocation</a>.
</p><p lang="fr-FR">Celle-ci,
qui est souvent l'occasion de partager bien plus que votre simple
facture Internet, peut s'avérer désastreuse si vous ne prenez pas
garde à établir certaines barrières – du genre, « tu ne
voleras point la bouffe de ton prochain » ou « tu ne
convoiteras point la personne qui vit dans la chambre d'à côté ».
On a donc demandé à plusieurs personnes pourquoi coïter avec quelqu'un
qui peut à tout moment vous emprunter du fromage râpé peut s'avérer être une idée assez désastreuse, ou plutôt réconfortante. </p><h2 lang="fr-FR">Kathleen,
42 ans
</h2><p lang="fr-FR">
	Dans les années 1990, mon colocataire AJ et moi-même avions pour
habitude de passer notre temps à fumer des joints. Un jour, défoncés,
on s'est dit que coucher ensemble n'était pas <em>si </em>grave. C'est comme ça
que tout a commencé.
</p><p lang="fr-FR">
	On était très proches – on pouvait accéder à nos comptes en
banque respectifs. Un beau jour, il m'a trahie. Il est sorti avec une
amie en commun, qui s'est avérée être une vraie psychopathe. Elle
a détruit notre amitié. Elle a parcouru ma boîte mail et n'a pas
manqué de crever mes pneus plusieurs fois.
</p><p lang="fr-FR">
	AJ était un mec bien, avant que quelqu'un ne lui dise que les mecs
comme lui ne sortaient jamais avec les filles qu'ils désiraient.
C'est là qu'il s'est mis à se servir de moi. Coucher avec ce mec a
été une très mauvaise idée. Aujourd'hui, je suis célibataire, et
très heureuse de l'être.
</p><h2 lang="fr-FR">Heath,
25 ans
</h2><p lang="fr-FR">
	J'avais 19 ans à l'époque. Je venais tout juste de quitter le
Kentucky pour m'installer à Portland. C'était la première fois que
je m'éloignais de mes parents, et je voulais rencontrer des gens,
m'amuser. J'utilisais Scruff, une application de rencontres pour
gays, pour me faire des amis.
</p><p lang="fr-FR">
	C'est comme ça que j'ai rencontré Chris. Aujourd'hui, il a 51 ans et j'en ai 25. Au début, j'étais inexpérimenté, et on couchait
ensemble comme ça. Il sortait avec Lance, et je me suis mis à
coucher avec ce dernier en même temps. Un jour, ils m'ont dit que je
pouvais emménager avec eux.
</p><p lang="fr-FR">
	Au final, Lance a quitté Chris, et nous n'étions plus que deux dans la
maison. Je vis dans une chambre séparée depuis près de cinq ans.
Ça fait trois ans qu'on ne couche plus ensemble, mais on a toujours
plein de choses en commun. On mate des matches de rugby et de hockey.
</p><p lang="fr-FR">
	Je suis transgenre et j'ai longuement souffert de moqueries pendant
mes années lycée. Chris m'a permis de me reconstruire. Il m'a
fourni un lieu accueillant. Il vient tout juste de se marier et nous
cherchons une nouvelle maison avec un sous-sol, qui pourrait devenir
ma chambre. J'ai grandi sans père, on peut donc dire qu'il remplace
cette figure manquante dans ma vie.
</p><p lang="fr-FR">
	Aujourd'hui, j'ai un bon job et je passe un diplôme d'analyste de
données. Je couche avec des mecs, mais mes goûts ont évolué. Je
cherche quelqu'un de plus jeune, ayant mon âge.
</p><h2 lang="fr-FR">
Lauren, 27 ans</h2><p lang="fr-FR">
	Quand j'étais étudiante à Oxford, je passais mon temps à lire,
écrire et baiser. Mes colocataires, uniquement des mecs, passaient
leurs journées à boire des pintes et bouffer des fish and chips.
</p><p lang="fr-FR">
	Un jour, j'ai couché avec Tommy, l'un d'entre eux. On se murgeait la
gueule et on finissait par baiser. C'était l'un des meilleurs coups
de ma vie. Me faire prendre en levrette un peu partout dans l'appart
en essayant de rester discrète était très fun. Aujourd'hui, je ne le
vois plus. Avec du recul, je me dis que coucher avec son colocataire
est une très mauvaise idée à la longue, car ça devient vite très
bizarre, et ça met tout le monde mal à l'aise.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/faut-il-coucher-avec-son-colocataire-body-image-1469202620-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="750" data-model-id="207244" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="faut-il-coucher-avec-son-colocataire-body-image-1469202620.jpg" class="vmp-image"><sub><em>Illustration de </em></sub><a href="https://twitter.com/hamburgerphone" target="_blank"><sub><em>Jamie Loftus</em></sub></a></p><h2 lang="fr-FR">Scott,
50 ans
</h2><p lang="fr-FR">
	Je vis à Denver et bosse dans l'industrie touristique. Je vis seul
mais l'année dernière, j'ai accueilli un colocataire pendant six
mois. Je l'avais rencontré sur Grindr mais il n'était pas intéressé
à l'idée que l'on couche ensemble. Il avait besoin d'une chambre,
donc je l'ai accueilli chez moi pour 400 dollars par mois.
</p><p lang="fr-FR">
	Il venait du Pakistan et cuisinait comme un dieu, ce qui était assez
cool à vivre. Après le dîner, je préparais du thé à l'anglaise
et on matait un soap opera célèbre au Pakistan. Je ne comprenais
pas un mot mais le scénario était tout de même limpide. Après, je
lui massais les pieds et il filait au lit. On était comme un couple
marié, en fait – on ne couchait pas ensemble. Notre relation était
tendre, agréable, sans tension sexuelle pour la pervertir – c'est
sans doute pour ça que j'en garde un excellent souvenir.
</p><p lang="fr-FR">
	Avec du recul, je peux dire que j'ai pris un grand plaisir à vivre
avec lui. Aujourd'hui, il me manque. Quand il a déménagé, j'ai
choisi de ne pas accueillir d'autre colocataire. Ça fait partie de
ces étapes qui vous marquent à jamais.
</p><h2 lang="fr-FR">Amanda,
28 ans
</h2><p lang="fr-FR">
	Je suis serveuse et je vis à Bushwick, dans Brooklyn. Auparavant, je
vivais dans un appart très punk, où les rats proliféraient sans
problème. C'est là où j'ai rencontré Nate. On était nombreux à
vivre dans cet endroit. Pendant des années, Nate était un ami, rien
de plus.
</p><p lang="fr-FR">
	Une nuit, alors que nous étions super bourrés, on a rejoint sa
chambre – située tout près de la cuisine, et donc très
vulnérable aux rats. On a commencé à coucher ensemble, mais il a
vu un rat débouler dans la pièce, et il est devenu fou. Il a couru
avec son pantalon au niveau de ses chevilles. On n'a plus jamais
couché ensemble après ça. </p><p><i>Suivez
Conor sur 
	<a href="https://twitter.com/conortv" target="_blank">Twitter</a>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
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<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/22/faut-il-coucher-avec-son-colocataire-1469202518.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Conor Bezane</dc:creator>
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<category>stuff</category>
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<title>Grandir en France: Grandir au Havre, entre ennui, routine et ciel gris</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/grandir-au-havre</link>
<pubDate>Wed, 27 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Quartiers périphériques, usines et promiscuité des habitants : la plus grande ville de Normandie a tout de la capitale ouvrière française.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/22/grandir-au-havre-1469173186.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/grandir-au-havre-body-image-1469173207-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="900" data-model-id="206880" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="grandir-au-havre-body-image-1469173207.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p2"><span class="s1">Le pont de Tancarville passé, l'A131 et sa destination finale offrent un paysage contrasté. À droite : des patelins, des vaches et de la verdure – une Normandie comme on aime à se l'imaginer. Sur la gauche, la zone industrialo-portuaire et ses dizaines de kilomètres enfumés par seize sites classés <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Directive_Seveso" target="_blank"><span class="s2">Seveso</span></a>, qui alimentent la région et une partie de l'Île-de-France en essence et électricité. Puis, viennent Sandouville et l'usine Renault, première source d'emploi du bassin. Le Havre constitue le point d'orgue de cette partition grisée.</span></p><p class="p2"><span class="s1">L'énorme centrale EDF marque l'entrée dans la plus grande ville de Normandie. Un festival de barres délabrées et d'entrepôts s'ensuit, égayé par la vue du récent Stade Océane, pour une ville tout de même classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Un faible tribut pour avoir été rasé de la carte en 1944, puis reconstruite, essentiellement avec du béton, par Auguste Perret.</span></p><p class="p2"><span class="s1">J'ai passé mon enfance dans la partie haute de la ville, vaste zone composée de quartiers périphériques où ont été agglutinées les populations dites « défavorisées »<i>. </i>Une cité perdue de province qui n'a rien à envier à celles du territoire francilien.</span></p><p class="p2"><span class="s1">En grandissant, tu remarques un profil sociologique type </span>« ville-haute » : filles et fils d'ouvriers pour la plupart, immigrés pour une partie et tous dans le même sac. Une réalité qui tranche avec le dynamisme de la partie basse et particulièrement son centre-ville touristique. Sans oublier  la « côte  » – la ville de Sainte-Adresse et le quartier Félix Faure –, où résident les « réussites » made in Le Havre et les Parisiens fortunés. Une nuance importante dans la perception de la ville.</p><p class="p2"><span class="s1">À l'adolescence, c'est entre le collège, le city stade et les après-midis à l'épicerie que s'écoulent les journées. Le manque d'infrastructures, la piscine incendiée et l'isolement du reste de la ville t'importent peu. Le gris ambiant n'atténue pas l'énergie et l'enthousiasme des années collège, malgré l'ennui. Globalement, tu attends, et, pour passer le temps, tu te dépenses. Tu traînes en équipe réduite et tu allumes des feux, lances des œufs sur la fenêtre du gros con du 5ème ou fais exploser des déodorants Axe dans les poubelles de ton collège. En bref, tu galères.</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/grandir-au-havre-body-image-1469173227-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="900" data-model-id="206881" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="grandir-au-havre-body-image-1469173227.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p2"><span class="s1">En sortant du lycée, si tu as la chance d'être scolarisé sur la « côte », tu te surprends à kiffer la vue sur mer et les usines à l'horizon, puis la « ville basse » et ses lumières qui attirent l'œil. </span></p><p class="p2"><span class="s1">Tu t'y aventures. L'unique centre commercial du centre-ville attire toute la plèbe, ville haute et basse confondues. Sur 300 mètres, tu peux croiser à la fois ton ex, tes grands-parents et ce gosse avec qui tu mangeais de la glu par le nez à la maternelle – un vernis de diversité qui s'effrite facilement. En y réfléchissant, tu te rends compte que tu côtoies de près ou de loin les mêmes personnes depuis que tu arrives à aligner deux mots. Le Havre est un microcosme de grisaille où l'ouverture des Docks – le nouveau centre commercial – et l'implantation d'un KFC sont les seules réjouissances récentes. Pour certains, la routine et la promiscuité des habitants sont rassurantes, pour d'autres étouffantes.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Si tu es de ces derniers, la plage est une bonne option. À un détail près : les kilomètres de galets remplacent le sable fin qui fait habituellement la réputation des bords de mer. Vouloir profiter du soleil ressemble alors plus à un trek qu'à un réel moment de détente.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Et gare à toi si l'idée te prend de boire un verre. Bien sûr, il y a toujours ces quelques échoppes où les clients ont l'air aussi usés que la devanture, mais si tu ne souhaites pas te fondre dans le paysage jaune-ricard du « Señora » et autres lieux exotiques, le choix est restreint. Trois à quatre bars tiennent plutôt la route et tout le monde le sait, résultat : tu retrouves encore les mêmes personnes.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Les sorties havraises me font penser au parcours de la <a href="http://www.france24.com/fr/20160623-direct-manifestation-loi-travail-syndicats-paris-bastille-cgt-fo-liveblog-police" target="_blank"><span class="s2">manif du 24 juin</span></a> dernier contre la loi Travail à Paris : tu tournes en rond et la boucle est à son paroxysme minuit passé. L'heure fatidique signe généralement le début d'une envie effrénée d'exhiber ces pas de danse répétés devant la Wii toute la journée. Vient alors la question qui fâche : où aller ? </span></p><p class="p2"><span class="s1">Au Havre, la question ne se pose pas. Depuis la fermeture de la seule boîte de nuit du centre-ville, tous les « dancefloors » – terme encore usité dans la région – se trouvent dans le quartier des Docks, dans d'anciens entrepôts. La convergence des forces vives de la ville en un endroit des plus austères débouche une fois sur deux sur une bagarre générale, souvent entre des protagonistes que tu connais, ce qui te laisse le sentiment d'assister à un déchirement familial digne de <i>Game Of Thrones</i>. La boucle est bouclée : tu repars chez toi, avec l'impression de ne l'avoir jamais quitté. Le lendemain, comme chaque matin, tu attends que quelque chose se passe.</span></p><p class="p2"><span class="s1">À force d'attendre, tu es aussi spectateur de choses moins agréables. Comme ces fois où le père d'un de tes voisins, lapidant son allocation-chômage au PMU, s'allonge sur la table de ping-pong du quartier en plein après-midi, explosant son record d'alcoolémie de la veille. Ou encore les bagarres de « crack-heads » près du quartier des Neiges, ou les regroupements de transsexuels qui rabattent la nuit tombée place Danton.</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/grandir-au-havre-body-image-1469173241-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="900" data-model-id="206882" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="grandir-au-havre-body-image-1469173241.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p2"><span class="s1">Bien sûr, quand tu parles d'emploi et de précarité, les mauvaises langues et néophytes arguent la présence du deuxième port de France. Certes, il irrigue l'économie du bassin, mais pas ses habitants. Le port, c'est un peu comme ce cousin germain au troisième degré : on entend parler de sa réussite à tout va, tes parents le respectent ou l'idolâtrent, mais on le voit rarement. Sauf lorsqu'il fait les gros titres pour des saisies records de stups ou qu'une connaissance est tombée sur le bon conteneur.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Ceux qui sont à son contact sont les plus chanceux – tout comme les employés des grandes industries, couramment critiqués et communément qualifiés de « planqués ». Conteneurs bourrés de cocaïne et trafics en tous genres mis de côté, les bougres ont montré qu'à force d'organisation et de solidarité, le rapport de force avec le patronat pouvait s'inverser et le prolétariat en sortir vainqueur.</span></p><p class="p2"><span class="s1">En parlant de ce dernier, il est omniprésent mais loin d'être roi. La ville est connue pour sa longue tradition ouvrière, avec son chômage et sa précarité comme variables fixes. Quand tu sais qu'un jeune sur cinq est sans emploi et qu'une large partie de ceux qui bossent sont précaires, la délinquance qui en découle te semble presque excusable.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Le Havre, c'est aussi ça : une vision paradoxale avec le décor servi aux Parisiens à la recherche d'air frais. Une sorte de Baltimore français qui donne l'impression qu'il n'y a pas de juste milieu, un néant entre les mains noires de l'ouvrier et les cols blancs des CSP+.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Quant aux études, le choix est aussi limité que pour les sorties, à moins de vouloir s'orienter dans le domaine maritime – tous métiers confondus –, le BTP ou l'industrie. Alors, tu te laisses aller, tu suis ces études parce qu'elles débouchent sur un emploi, même précaire. Tu te rends victime d'une vie qui te satisfait. Comme un vieux meuble, la poussière s'amoncèle sur ton immobilisme.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Grandir au Havre n'a pas été une expérience traumatisante en soi. La ville est à l'image de ses cousines de taille moyenne, noyées dans un océan d'ennui, d'où l'on voit Paris comme un phare. Grandir dans la « ville-haute », par contre, a été instructif et m'a permis d'être très tôt confronté aux génies de l'urbanisme français.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Alors que la ville et son architecture évoluent, les habitants ne changent pas. Bien loin de l'image de vieux beaufs normands qui leur colle à la peau, on y trouve une solidarité rare et attachante malgré des faits divers incongrus qui agitent le quotidien. Grisé par le gigantisme parisien et la liberté qui en découle, ce lopin de terre et son microcosme me rassure. J'y reste profondément attaché et il est indéniable que cette ville m'a marqué – une description qui pourrait sortir de la bouche d'un vieux con aigri et qui est en quelque sorte à l'image de mon amour vache pour cette ville.</span></p><p><a href="https://twitter.com/alexgaliciaa" target="_blank">@alexgaliciaa</a></p>
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<dc:creator> Alexis Denous</dc:creator>
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<title>En patrouille avec une milice anti-braconnage d’Afrique du Sud</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia</link>
<pubDate>Wed, 27 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Si j'ai eu la chance d'en sortir vivant, ce n'est pas le cas de tous mes collègues.
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/14/saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457510-size_1000.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="600" data-model-id="203682" data-path="images/content-images/2016/07/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/14/" data-image-filename="saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457510.jpeg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit">Photos de Rohan Nel/Wild and Free Foundation</p><p>Allongés dans la terre, nous essayons de nous cacher du mieux possible. Notre chef d'équipe est occupé à réparer un vieux fusil à verrou. On a tiré à la courte paille l'équipe qui aurait la chance d'avoir les semi-automatiques. On a perdu, et c'est ainsi que cette vieille arme est devenue notre seul moyen de défense face à ceux qu'on attend : des braconniers bien souvent équipés de AK-47.</p><p class="p2">Nous sommes en Afrique du Sud, sur le territoire des lions. Afin de lutter contre le sommeil, nous avalons des graines de café par poignées. Sur le papier, le plan était simple. Nous devions attendre l'arrivée du véhicule de nos collègues anti-braconnage qui, nous avait-on prévenus, pourrait avoir été capturé par des braconniers. Si nous détections des intrus dans le véhicule, nous avions pour charge de les capturer tandis que notre chef d'équipe nous couvrait. Mais son arme était toujours inutilisable.</p><p class="p2">On a soudain entendu le camion. « Siffle si tu en vois », m'a chuchoté le chef. Mais cela aurait ruiné tout effet de surprise. Il fallait trouver un moyen plus discret. Au lieu de ça, j'ai enroulé un bout de corde autour de mon poignet et lui ai donné l'autre extrémité. Tirer la corde serait mon signal. Le véhicule s'est approché et, après quatre échecs, l'arme était enfin chargée. Mon éventuel geste déclencherait le début de l'embuscade. Allais-je avoir à tirer sur la corde ?</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/14/saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457575-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="601" data-model-id="203683" data-path="images/content-images/2016/07/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/14/" data-image-filename="saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457575.jpg" class="vmp-image"></p><p>J'ai rejoint l'unité anti-braconnage Protrack il y a seulement deux mois. Depuis le confort de mon appartement de Sydney, j'ai lu que la demande en cornes de rhinocéros était telle que leur valeur avait dépassé celle de l'or ou de la cocaïne. Selon les estimations, les braconniers pourraient avoir décimé la totalité de la population de rhinocéros d'Afrique du Sud d'ici une dizaine d'années.</p><p class="p1">Fort de mes expériences dans la réserve de l'Armée australienne et dans le service de protection animale de Sydney, cette association avait donc tout pour me plaire. Aussi, pour être honnête, apprendre à traquer des types armés dans la jungle attisait davantage mon imagination que mon boulot de barman.</p><p class="p1">Dès le départ, j'avais été averti que Protrack n'était pas à proprement parler une ONG. Il s'agissait plutôt d'une milice privée devenue la plus grande force armée contre le braconnage en Afrique, dans laquelle se côtoyaient militants pour les droits des animaux, mercenaires et anciens soldats unis contre l'extinction de certaines espèces animales.</p><p>J'ai quand même eu quelques craintes au moment de quitter mon ancien boulot. Allais-je être capable d'effectuer des patrouilles aussi longues qu'un marathon et de supporter la faim et la discipline militaire ? Mais je me posais les mauvaises questions. La seule question que j'avais désormais à me poser était : allais-je avoir à tirer sur la corde ?</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/14/saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457610-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="600" data-model-id="203684" data-path="images/content-images/2016/07/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/14/" data-image-filename="saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457610.jpg" class="vmp-image"></p><p>L'entraînement dans une milice anti-braconnage est assez ardu. Près de la moitié des postulants n'ont pas été retenus pour la formation. Lors du premier jour, on m'a rasé la tête et je me suis pesé – la balance indiquait 85 kilos. Mon supérieur, le sergent Zoro, m'a indiqué que cette valeur changerait rapidement. Âgé d'une cinquantaine d'années, il était l'un des premiers majors noirs à avoir intégré l'armée sud-africaine. Les larges cicatrices sur ses bras laissaient deviner les brûlures au phosphore blanc dont il avait jadis été victime en Angola.</p><p class="p1">Et il avait raison concernant mon poids : l'entraînement et la privation de nourriture m'ont fait perdre 17 kilos en seulement six semaines. Durant cette période, on nous a formés au combat rapproché et aux techniques d'extraction d'un individu qui se trouve dans un véhicule. On nous a aussi appris à manipuler des armes, à mener une embuscade, à nous comporter sur des scènes de crime et au contact de bêtes sauvages – une leçon qui s'est avérée d'autant plus utile quand on appris qu'un militant anti-braconnage s'était fait bouffer par des lions peu avant notre arrivée.</p><p>On a aussi appris à voler. Plusieurs journalistes de CNN venus faire un reportage l'ont d'ailleurs appris à leur dépens. On a fouillé leurs affaires alors que quelques collègues souriaient à leurs caméras. Mais quand tu sens que ton corps est littéralement prêt à t'abandonner par manque de nourriture, voler ne pose plus aucun problème de conscience.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/14/saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457419-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1002" data-original-height="310" data-model-id="203681" data-path="images/content-images/2016/07/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/14/" data-image-filename="saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457419.jpg" class="vmp-image"></p><p class="photo-credit"><i>De gauche à droite : des cloques, un campement et une punition de groupe en pleine nuit. Photos de l'auteur</i></p><p>Trois mois après avoir signé mon contrat avec Protrack, je me suis retrouvé dans la Thornybush Game Reserve, au nord-est du pays. Mon corps squelettique reprenait peu à peu de l'épaisseur. J'étais à bord d'un van qui fonçait à vive allure en direction d'un hélicoptère qui disparaissait à l'horizon. Le véhicule transportait l'un des meilleurs vétérinaires de la région et s'en allait s'occuper d'un rhinocéros blessé par des braconniers.</p><p class="p1">Bien que réputé pour sa bonne volonté, le docteur s'était fait attaquer plus tôt dans la journée par un guépard blessé. Son bras droit était recouvert d'un bandage et, afin de rester attentif, il avait refusé de prendre des anti-douleurs. Nous avons commencé à suivre les empreintes de l'animal à l'arrivée de l'hélicoptère. Le médecin avait préparé un puissant tranquillisant lors du voyage – cela n'a pas empêché le rhinocéros de courir sur une bonne distance avant de s'écrouler.</p><p>Quand nous sommes arrivés à lui, nous avons découvert que les braconniers lui avaient tiré dans le cou. Sa blessure était aussi grosse qu'une assiette. Sans traitement, l'animal aurait attrapé une septicémie. J'ai parcouru son corps avec un détecteur à métaux afin de détecter des impacts de balles.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/14/saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457655-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="600" data-model-id="203685" data-path="images/content-images/2016/07/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/14/" data-image-filename="saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468457655.jpg" class="vmp-image"></p><p>Pressé par le temps, le vétérinaire a tenté de stopper l'hémorragie, avant de recoudre la peau. Au milieu de l'opération, il a rappelé que nous devions mettre le rhinocéros dans une différente position. Vous avez déjà dormi une nuit entière sur votre bras ? Ajoutez à ça quelques tonnes, et vous êtes sûr de vous retrouver avec un membre paralysé – ce qui équivaut à une mort certaine dans la savane.</p><p class="p1">L'intervention aura nécessité six hommes, chargés de pousser et de creuser avec leurs mains et jambes. L'animal était si lourd que nous avons eu à créer des mouvements de va-et-vient avec son corps, de sorte à créer une dynamique. Lors de l'un de ces mouvements, un ranger qui s'est trop avancé s'est retrouvé le pied coincé sous le poids de la bête. On a compté jusqu'à trois avant de soulever à nouveau le rhinocéros et de libérer notre collègue, alors que le vétérinaire finissait ses points de suture. Après avoir reçu une nouvelle injection de sorte à le réveiller, l'animal s'est remis sur pied – il était ronchon, mais bien vivant. Maintenant à l'abri d'une infection, il restait toujours menacé par les braconniers qui, nous le savons, allaient certainement revenir.</p><p class="p1">Grâce à des moments comme celui-ci, la faim et la douleur semblent comme plus faciles à vivre. Mais quand Protrack explique ne pas être une ONG, ce n'est pas pour rien. Je pensais avoir compris cela à Sydney, mais je ne m'attendais pas pour autant à participer à une embuscade, accroché à un bout de ficelle qui allait déterminer l'instant lors duquel je pourrais me lancer avec un simple couteau sur des braconniers.</p><p>Alors, pouvais-je tirer sur la corde ?</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/14/saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468455524-size_1000.png?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="562" data-model-id="203677" data-path="images/content-images/2016/07/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/14/" data-image-filename="saving-the-rhino-from-poachers-accidentally-joining-a-private-african-militia-body-image-1468455524.png" class="vmp-image"></p><p>Je n'ai jamais eu à le faire. Le véhicule est passé devant nous, et seuls des rangers l'occupaient. Il n'y avait pas d'intrus. Selon notre service de renseignements, les braconniers avaient été informés qu'on les traquait. J'étais déçu. J'étais parti en Afrique pour montrer ce dont j'étais capable, et ma chance m'a échappé. Mais entre cette nuit allongé dans les brousses et aujourd'hui, j'ai réalisé la chance que j'avais eue.</p><p>Wisani Baloyi, un ranger qui avait participé à la formation qui précédait la mienne, n'a jamais eu cette chance. Non pas car elle lui a échappé, mais plutôt car on la lui a volé alors qu'il était en patrouille. Il s'est retrouvé dans une embuscade avec sept braconniers, qui lui ont tiré dans l'artère fémorale. Les braconniers ont attendu qu'il entre dans la<i> kill zone</i> pour lui tirer dessus sans avertissement. Il lui a fallu seulement trois minutes pour succomber. Il avait 20 ans.</p><p><em>Suivez Rohan Nel sur </em><a href="https://twitter.com/rohannel" target="_blank"><em>Twitter</em></a></p>
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<dc:creator>Samuel Foy</dc:creator>
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<title>La Vie des autres: Dans la vie d&#039;un coutelier de l&#039;Amérique rurale</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/first-person-shooter-knife-blade-maker</link>
<pubDate>Wed, 27 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Quand il ne taille pas ses couteaux, Adam s'amuse à découper des pastèques avec ses sabres.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/14/first-person-shooter-knife-blade-maker-1468521939.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/14/first-person-shooter-knife-blade-maker-body-image-1468521898-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="667" data-model-id="204082" data-path="images/content-images/2016/07/14/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/14/" data-image-filename="first-person-shooter-knife-blade-maker-body-image-1468521898.jpg" class="vmp-image">
</p><p>Depuis cinq ans, Adam est coutelier en Caroline du Nord. À la tête de la marque <a href="http://biltsharp.com/" target="_blank"><span class="s1">Biltsharp</span></a>, il vend ses couteaux à des chefs cuisiniers et des collectionneurs du monde entier. Récemment, on lui a filé deux appareils photo pour qu'il nous montre à quoi ressemblait son quotidien.</p><p class="p3">Ainsi, avec son collègue Jackie, il s'est photographié alors qu'il fabriquait, taillait ou aiguisait des lames. Fier de ses œuvres, il a posé en compagnie de quelques-unes. Il en a aussi profité pour rendre visite à Zoe, son ami ferronnier, avant de se mettre à découper des pastèques. On a voulu lui poser quelques questions sur son boulot.</p><p class="p3"><strong>VICE : Quelles sont les différentes étapes dans la fabrication d'un couteau ?<br></strong><strong>Adam, le coutelier :</strong> On démarre avec des morceaux d'acier et de bois. On choisit le modèle du couteau, puis on commence la découpe avec une scie à ruban. J'utilise ensuite une ponceuse à bandes afin de définir la forme du couteau. Une fois que les trous sont percés et les rayures nivelées, la lame est mise à durcir au four à une température et une durée spécifiques. Une fois que les lames ont durci, je termine avec du papier à poncer très fin.</p><p class="p3">Nous fabriquons la poignée du couteau avec autant d'attention que la lame. Le plus amusant est de travailler sur des matières comme du bois exotique, de la fibre de carbone, de la fibre de verre et des plastiques synthétiques, ce qui donne des pièces uniques. On fait de nombreuses lames similaires, mais chaque poignée est différente.</p><p class="p3"><strong>Combien de temps nécessite la fabrication ?<br></strong>Environ une semaine. On essaye de fournir la boutique sur une base hebdomadaire. Je travaille simultanément sur plusieurs couteaux étant donné que, pour certaines étapes de fabrication comme le traitement thermique ou le ponçage de la poignée, on gagne du temps si on travaille sur plusieurs en même temps.</p><p class="p3"><strong>Qui achète vos couteaux ?<br></strong>J'ai travaillé avec de nombreux chefs, des pilotes automobiles, des survivalistes, des gens qui bossent dans des papeteries... Ma mission préférée a été la reproduction de l'épée de la série <i>Rising Red</i> pour son auteur Pierce Brown. Nous faisons du haut de gamme et des pièces artistiques de sorte à ce que notre clientèle inclut des collectionneurs et des gens qui comprennent ce qu'est la qualité.</p><p class="p3"><strong>Comment arrive-t-on à se faire une place dans l'industrie du couteau ?<br></strong>Mon conseil aux jeunes est de se lancer, tout simplement. Cela ne nécessite pas forcément un gros investissement. J'ai commencé avec de vieux outils dans un immeuble de South Philly. Les outils modernes sont très chers mais, si vous vous en servez correctement, ils sont vraiment efficaces. La communauté de la coutellerie est incroyable. On vit dans une ère où la connaissance se démocratise et dans laquelle, grâce aux réseaux sociaux, on peut échanger avec les plus grands talents. Il ne faut jamais avoir peur de demander des conseils.</p><p class="p3"><strong>Y a-t-il des risques à fabriquer un couteau ?<br></strong>Travailler avec ce genre d'outils peut en effet être risqué. Se couper est néanmoins plus rare que ce qu'on pourrait croire ; se brûler est bien plus fréquent. La chose la plus dangereuse dans l'atelier reste la poussière – on doit porter des masques pour éviter de chopper un cancer du poumon.</p><p><i>Rendez-vous sur le site de la </i><a href="http://biltsharp.com" target="_blank"><i>boutique</i></a><i> d'Adam pour en savoir plus.</i></p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/553831</guid>
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<dc:creator>Julian Master</dc:creator>
<media:category>photo</media:category>
<category>photo</category>
</item>
<item>
<title>Comment devenir un as du mensonge</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/comment-devient-on-un-as-du-mensonge</link>
<pubDate>Tue, 26 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[On a demandé à un flic infiltré, une dominatrice, un graffeur et un avocat de nous expliquer comment ils arrivent à tromper tout le monde.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/21/comment-devient-on-un-as-du-mensonge-1469107807.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p>Votre
boss ne vous a pas cru quand vous lui avez dit que vous aviez
rendez-vous chez le médecin en ce vendredi matin du mois de juillet.
Vos parents n'ont pas été naïfs quand vous avez feint de ne pas
savoir pourquoi vos vêtements puaient la clope quand vous rentriez
du lycée. Vos amis savent pertinemment que vous ne rentrez pas chez
vous à une heure du matin parce que vous êtes « fatigué ».
</p><p>En
fait, tout cela résulte du fait que vous mentez très mal. Non pas
que l'on puisse dire qu'un 
	<i>bon
	</i>menteur
existe. L'important est d'être compétent et de savoir quand un
mensonge est préférable à la vérité – notamment quand il
s'agit de ne pas peiner vos proches. Quoi qu'il en soit, on peut
dire sans trop se mouiller que tout le monde a déjà menti – même
si certains sont devenus des spécialistes de la tromperie.</p><p>Afin
d'apprendre à mieux mentir, on a demandé quelques conseils à une
dominatrice professionnelle, un flic infiltré, un graffeur et un
avocat – des métiers qui nécessitent de raconter des bobards à
un moment donné.
</p><h2>Paige
– Dominatrice
</h2><p>Je
bosse dans l'industrie du sexe depuis trois ans. Je suis
dominatrice à plein temps, ce qui veut dire que j'offre des
services sexuels. Je travaille avec pas mal de gens qui ont, disons le
clairement, des « problèmes ». La dimension
thérapeutique est inhérente à mon métier. J'adorerais ne pas
bosser donc, logiquement, je passe mon temps à mentir à mes
clients. Mais il y a autre chose – je dois dissimuler mes
sentiments tout le temps.
</p><p>Certaines
personnes acceptent mon métier, et je suis plutôt honnête avec
elle car je sais qu'elles me comprennent – comme mon père, qui a
déjà visité mon donjon. Par contre, mes grands-parents
conservateurs croient que je suis prof de yoga – ce que je suis de
temps en temps. Sinon, je prétends auprès de mes amis que ma
pratique de la domination n'est pas sexuelle – ce qui est faux.
J'ai tendance à affirmer que je m'engage dans des jeux de rôle
avec des clients, ce qui est vrai, mais j'occulte volontairement la dimension sexuelle de la chose. Dès que vous avouez à quelqu'un
que vous bossez dans l'industrie du sexe, c'en est fini. Cette
personne est persuadée que vous êtes une femme en souffrance. Je
mens pour que les gens ne me jugent pas, en fait.
</p><p><a name="_GoBack"></a>Afin
de faire tourner mon business sans problème, je prétends que mon
donjon est une salle de yoga, et que je donne des cours particuliers. Le yoga se situe dans une zone grise
qui convient parfaitement à ma situation – il ne s'agit pas d'un
sport au sens premier du terme, et il n'est pas considéré comme une
activité médicale. Vous n'avez pas besoin de matériel spécifique,
et les pouvoirs publics n'effectuent aucun contrôle. Si posséder un
donjon était une activité légale, je paierais mes taxes comme tout
le monde. Comme ce n'est pas le cas, je m'arrange avec la loi comme
je peux. Je mens constamment aux autorités, ce qui est un peu
effrayant quand on connaît les peines encourues aux États-Unis.
</p><p>Lors
de ma déclaration de revenus, je précise que je voyage énormément,
ce qui explique mes locations de chambres d'hôtel – là
où je rencontre de nombreux clients. Il est toujours amusant de se
rendre plusieurs fois dans le même hôtel. Les mecs de la réception
finissent par vous reconnaître et savent que vous trimballez votre
matériel de dominatrice dans votre sac.
</p><p>En
fait, j'essaie toujours de mentir le moins possible. Lorsque l'on me
donne rendez-vous dans un hôtel que je ne connais pas, je vais faire
un tour sur Google et sur le site officiel afin de savoir où se
trouvent les ascenseurs. Comme ça, je n'ai pas besoin d'aller à la
réception et de mentir aux employés. Je n'ai pas à subir des
questions du genre : « Êtes-vous une escort ? »
L'important est votre langage corporel, qui doit indiquer que vous
savez où vous allez.
</p><p>Mais
parfois, une merde arrive. Un truc tombe de mon sac. J'ai oublié le
numéro de la chambre. Dans un tel cas de figure, il faut être
confiante et ne pas perdre ses moyens. Une fois, un réceptionniste
m'a dit agressivement : « Qu'est-ce que vous faites
ici ? » Je lui ai répondu : « Je suis ici pour
baiser le collègue de mon père », avant de tourner les
talons. Si vous ne vous laissez pas faire, il ne peut rien vous
arriver. Il ne faut jamais hésiter, voilà tout.
</p><p>Le
menteur idéal est celui qui sait jouer avec les différentes
facettes de sa personnalité. Quand vous êtes avec vos parents, vous
vous comportez de telle manière. Quand vous êtes au bar, vous
modifiez votre comportement. Vous devez vous adapter constamment.
J'ai mis un certain temps à savoir comment jouer différents rôles.
Pour ce faire, je n'ai pas hésité à m'entraîner devant un miroir,
et à modifier ma façon de bouger.
</p><p>Pour
mentir, il faut absolument croire en ce que vous dites, et oublier
que vous êtes en train de mentir – il faut donc faire preuve de
dissociation. Si, à un moment, vous prenez conscience que vous
mentez, il est déjà trop tard. Tout s'effondre.
</p><h2>DEK
2DX – Graffeur
</h2><p>Quand
je suis au contact d'autres graffeurs, mon surnom correspond à mon
identité réelle. En revanche, quand je suis au boulot, quand je passe
mon temps avec des gens qui ne font pas partie de cette sous-culture,
il m'est très difficile de dissimuler cette partie de moi. Le
principal est de ne jamais trop en révéler. L'information est la
clé – si vous en dites trop à propos de vous, les gens qui vous
entourent auront toutes les cartes en mains.
</p><p>Pour
garder mon identité de graffeur secrète, je me sers de nombreux
petits mensonges, qui forment un ensemble cohérent. Je prétends
avoir une copine quand je n'en ai pas, je mets en place
des alarmes qui ressemblent à ma sonnerie de téléphone afin de me
donner une excuse pour quitter un rendez-vous, etc. </p><p>Il
y a quelque temps, alors que je taguais un train situé dans une partie assez
craignos de ma ville, je me suis rendu compte que j'avais ma carte
d'identité dans mon sac. La police a débarqué, elle m'a poursuivi
et là, j'ai calculé que j'avais oublié mon sac près du train.
J'ai appelé un commissariat afin de reporter le vol de mes affaires,
prétendant que des jeunes m'avaient agressé avant de me dépouiller.
Quelques jours plus tard, la police de New York m'a passé un coup de
fil pour me dire qu'ils avaient retrouvé mon sac, avec pas mal de
choses à l'intérieur.
</p><p>J'ai
passé plusieurs heures au commissariat, avec des flics qui
essayaient de me faire avouer que mon sac ne m'avait pas été volé
– il y avait des bombes de peinture à l'intérieur ! Au final, je
m'en suis sorti tant bien que mal, parce que je m'étais préparé à
cette situation.
</p><p>Par
le passé, je me suis déjà fait choper après avoir volé. J'ai
toujours réussi à échapper au pire car je sais être l'homme le
plus adorable au monde quand cela est nécessaire. Quand on est au
pied du mur, on est capable de tout.
</p><p>Avec
ma famille et mes proches, c'est plus difficile. Quand vos parents
vous demandent ce que vous faites de vos soirées, c'est dur de leur
mentir. Il m'est arrivé de révéler certaines choses sur ma vie
cachée – juste assez pour ne pas avoir à mentir constamment.
</p><h2>Neil
Woods – Flic infiltré
</h2><p>Pendant
14 ans, j'ai bossé comme détective infiltré en Grande-Bretagne.
J'ai menti à des gangsters et à des dealers. Ma plus grosse
opération a eu lieu il y a moins d'un an, quand j'ai infiltré un
gang de trafiquants. Mentir à de tels types est chose ardue. Ces
mecs en connaissent un rayon sur la façon dont les flics essaient de
les choper. À partir d'un certain niveau d'organisation, les flics
infiltrés sont le seul recours pour la police dans le cadre de la
lutte contre le trafic. La violence inhérente à des organisations
criminelles rend le travail des flics infiltrés très périlleux.
</p><p>Si
vous souhaitez être le meilleur menteur possible, vous devez être
incroyablement méticuleux quant à l'observation des gens qui vous
entourent. Avant d'être infiltré, je passais mon temps à analyser
la façon dont les gens tentent de mentir – c'est le meilleur moyen
de mentir vous-même.
</p><p>Quand
vous mentez, vous ne raisonnez pas de la même manière. C'est là où
réside le danger. Si vous hésitez trop longtemps, si vous parlez
trop vite, si vous révélez trop d'informations, si vous vous mouvez
de manière inhabituelle, si vous regardez vers le sol – tout cela
peut vous trahir. J'ai appris à ne pas faire tout cela, à agir
instinctivement, sans réfléchir. Quand vous réfléchissez trop à
votre mensonge, quand vous avez conscience que vous mentez, vous vous
mettez sous pression et la tromperie devient évidente.
</p><p>En infiltration, l'adrénaline me permettait de penser avec
plus de clarté. J'avais l'impression que le temps « ralentissait ».
J'étais détendu, et je ne jouais pas un rôle. J'étais quelqu'un
d'autre, en fait.
</p><p>Quand
vous devez convaincre quelqu'un que vous n'êtes pas la personne que
vous êtes en réalité, les deux premières minutes sont
essentielles. Vous devez créer une relation en faisant preuve
d'empathie, en mettant le doigt sur un ennemi commun, une peur
commune. Vous devez également tout connaître sur l'objet de vos
discussions – dans mon cas, la drogue. Je devais savoir comment
fabriquer de la drogue, connaître la valeur de ces drogues sur le
marché, etc.
</p><p>Parfois,
mon mensonge était à deux doigts d'être découvert. Il faut être
capable de gérer un tel problème, qui est inévitable. En fait, il
faut se mettre à la place de la personne qui est sur le point de
découvrir votre secret, afin de s'adapter au mieux.
</p><p>Si
vous souhaitez devenir un menteur hors pair, il vous faut pratiquer
l'art du mensonge, afin qu'il devienne naturel. Le mieux est de ne
jamais trop s'éloigner de la vérité. Imaginons que je prétende
avoir volé une bagnole la semaine dernière. Pour être convaincant,
je vais décrire la zone dans laquelle je l'ai volée – par
conséquent, je choisis un endroit que je connais par cœur.
</p><p>Après,
il faut bien avoir conscience que mentir peut devenir addictif. Il
faut le reconnaître. À la fin de ma carrière de flic infiltré, je
prenais beaucoup de plaisir à mentir. Abandonner cela pour recouvrer
une vie normale est un véritable défi.
</p><p><span lang="zxx"><a href="https://www.penguin.co.uk/books/1110612/good-cop-bad-war/" target="_blank">« Good Cop, Bad War »</a></span><i>
	de Neil Woods avec JS Rafaeli sera publié par Ebury le 18 août.</i>
</p><h2><a href="http://www.hgreenberglawfirm.com/" target="_blank">Howard Greenberg</a>
– Avocat</h2><p>
	Le
droit pénal va de pair avec le mensonge. Ce dernier est omniprésent
dans le champ judiciaire. Pour démarrer, les témoins sont soumis
aux pressions plus ou moins évidentes des procureurs – qui
n'hésitent pas à orienter leurs réponses, voire à les menacer
directement de poursuites. Il faut sans cesse observer le
comportement des témoins, leur communication non-verbale. Quand je
discute avec des témoins, je n'hésite pas à leur rappeler que
mentir sous serment est un crime. Parfois, ça les fait réagir.
</p><p>
	Pour
les flics, il en va de même. Mentir fait partie du job. Je mets en
évidence cela quand j'arrive à coincer les flics qui témoignent. À
un moment donné, quand ils se mettent à répéter : « Je
ne me souviens pas », la partie est gagnée. Dès que leur
amnésie devient absurde et défie les lois de la logique, tout le
monde comprend qu'ils mentent.
</p><p>
	Parfois,
vous posez une question, et le flic fait exprès de digresser afin de
construire sa réponse. Dans un tel cas de figure, j'expose
frontalement sa tactique, et je lui dis qu'il gagne du temps. Le juge
aura beau me dire d'arrêter d'affirmer cela, l'important est de
convaincre le jury que le flic ment.
</p><p>
	En
fait, si la police se contentait de dire la vérité, un avocat comme
moi n'aurait plus rien à faire. Il deviendrait impossible de
remporter un procès pour la défense. Dès que je mets en évidence
un seul et unique mensonge, toute la parole de la police s'effondre.
Plus personne n'y croit, même s'ils disent la vérité.
</p><p>
	Le
mensonge le plus récurrent dans le système judiciaire est la
présomption d'innocence. Personne n'y croit. Je l'ai appris à mes
dépens. Un accusé est considéré comme présumé coupable.
Certains jurés n'hésitent pas à affirmer qu'ils ont confiance en
la parole des policiers, et qu'ils ne la remettent pas en cause. De
plus, ils partent du principe tout bête que c'est à l'accusé de se
défendre, alors que c'est à l'accusation d'apporter les preuves de
la culpabilité.
</p><p>
	Personne
ne veut admettre que le système est vicié. Du point de vue de
l'avocat de la défense – c'est-à-dire moi – il est essentiel
de mettre en évidence les mensonges. J'ai consacré ma vie à cela.
Quand vous êtes avocat, la notion de « vérité » n'est
limitée que par votre imagination. Cela s'explique par votre
obligation de l'emporter. Dans ce système ô combien amoral, vous
devez être le meilleur.
</p><p><i>Suivez
Zach sur 
	</i><span lang="zxx"><a href="https://twitter.com/zachsokol?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor" target="_blank">Twitter</a></span><i>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/553350</guid>
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<dc:creator>Zach Sokol</dc:creator>
<media:category>stuff</media:category>
<category>stuff</category>
</item>
<item>
<title>Être gay dans une secte chrétienne</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/etre-gay-dans-une-secte-chretienne</link>
<pubDate>Tue, 26 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Pour les huttérites, l'homosexualité est un péché démoniaque.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/22/etre-gay-dans-une-secte-chretienne-1469193473.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p>L'Épiphanie
de Tyrone Hofer s'est produite lorsqu'il est tombé sur un numéro du magazine
	<i>People</i>. À l'époque, il avait 16 ans. Il vivait au sein d'une 
	<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Huttérisme" target="_blank">communauté huttérite</a> située dans le sud du Manitoba, l'une des provinces
méridionales du Canada. Dès son plus jeune âge, Tyrone savait
qu'il était différent des autres garçons. Il se souvient avoir
discuté du mariage à l'âge de sept ans avec l'une de ses amies, et
avoir dit avec conviction : « Je ne veux pas épouser
une fille. »
</p><p lang="fr-FR">« Je
l'ai annoncé comme ça, sans réfléchir », m'a précisé
Tyrone Hofer, aujourd'hui âgé de 26 ans. En 2006, le jeune homme a
débusqué un exemplaire de 
	<i>People </i>dans
le salon de ses parents. La couverture était sans équivoque :
Lance Bass, ancien membre du boys band NSYNC – qui a lancé la
carrière de Justin Timberlake – affirmait sans détour : « 
	<a href="http://www.billboard.com/photos/stylus//1136949-lance-bass-gay-people-617-409.jpg" target="_blank">Je suis gay</a>. » Hofer s'est tourné vers sa mère, qui passait
ses journées à la maison et contribuait à l'entretien de la
cuisine et du potager de la communauté, et lui a demandé ce que
voulait dire le terme « gay ». Elle a répliqué sans
attendre : « C'est dégoûtant. Ce n'est pas bien. »
</p><p lang="fr-FR">Après
avoir terminé l'article, Tyrone Hofer a compris que ce mot désignait
tout ce qu'il ressentait au fond de lui. « Après m'être rendu
compte de cela, j'ai su qu'il ne fallait surtout pas que j'en parle à
ma famille », m'a-t-il précisé.
</p><p lang="fr-FR" class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/22/etre-gay-dans-une-secte-chretienne-body-image-1469193335.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="800" data-original-height="1200" data-model-id="207114" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="etre-gay-dans-une-secte-chretienne-body-image-1469193335.jpg" class="vmp-image"><br><i><sub>Tyrone
Hofer. Photo de Steven Ackerman
	</sub></i>
</p><p lang="fr-FR">Hofer
fait partie d'un petit groupe d'huttérites désireux d'assumer
publiquement leur homosexualité au sein d'une communauté qui ne
reconnaît qu'à demi-mot l'existence de celle-ci et qui, bien
évidemment, ne l'accepte absolument pas. Depuis des centaines
d'années, les gays et lesbiennes de la collectivité n'ont d'autre
choix que de dissimuler leur penchant, ou de couper définitivement
les ponts avec leur famille.
</p><p lang="fr-FR">Les
huttérites, aux racines allemandes et autrichiennes, sont des
chrétiens anabaptistes comparables aux amish et aux mennonites. Ils
ont immigré dans le nord de l'Amérique au cours du XIXe siècle,
tout d'abord aux États-Unis, avant de prendre la direction du Canada
en 1918 – leur pacifisme, leur refus de participer à la Première
Guerre mondiale et leur utilisation de la langue allemande leur ayant
valu de nombreuses critiques et persécutions dans le pays de Woodrow
Wilson. Les colonies se sont installées en Alberta, dans le
Saskatchewan et dans le Manitoba. Aujourd'hui, on dénombre 480
colonies huttérites, la plupart au Canada, pour près de 50 000
fidèles. Isolés du reste de la société, ces derniers survivent
grâce à l'agriculture et croient en la « communauté de
biens ». Tout est partagé équitablement entre les 100 à 150
résidents. Les colonies étant très isolées à tous les points de
vue, il est rare que l'un des membres décide de partir.
</p><p lang="fr-FR">« Sur
place, vous n'avez pas à vous en faire, tout est prévu », m'a
précisé Hofer, qui s'exprime avec un léger accent allemand.
</p><p lang="fr-FR">Chez
les huttérites, les hommes portent des chemises et des bretelles,
les femmes des robes et des foulards noirs sur la tête – il leur
est interdit de porter un pantalon. Un pasteur dirige la colonie et
jouit d'une large autorité dans le domaine économique et spirituel.
Les hommes sont chargés de ramener de l'argent au sein de la
communauté via des jobs pénibles, tandis que les femmes s'occupent
de différentes taches, de la couture à la cuisine en passant par le
potager et l'enseignement. Au sein de certaines colonies, elles n'ont pas le droit de conduire et de voter.
</p><p lang="fr-FR">De
manière générale, les huttérites se rendent à l'église une fois
par jour, et même deux fois le dimanche.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/etre-gay-dans-une-secte-chretienne-body-image-1469193353-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="666" data-model-id="207115" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="etre-gay-dans-une-secte-chretienne-body-image-1469193353.jpg" class="vmp-image"><i><sub>Photo
de Kelly Hofer
	</sub></i>
</p><p lang="fr-FR">Selon
Tyrone Hofer, grandir au sein d'une fratrie comportant quatre frères
et deux sœurs était « très fun ». Sa colonie,
Starlite, est située à 50 kilomètres à l'est de Winnipeg.
</p><p lang="fr-FR">Dès l'adolescence, il travaillait quotidiennement. À l'époque, il s'occupait des cochons, des charpentes, des travaux mécaniques,
avant de porter assistance au trésorier de la colonie. Il désirait
rejoindre une université afin d'obtenir un diplôme dans
l'enseignement supérieur, mais sa demande a été rejetée à de
nombreuses reprises par le pasteur de Starlite. Selon les colonies,
la position envers l'enseignement « classique » varie,
mais certains huttérites contactés par VICE ont affirmé que
l'éducation n'est pas une priorité pour les adultes – l'accès au
lycée n'est même pas garanti. C'est en partie pour cela que Tyrone
a décidé de quitter sa colonie – même si le problème le plus
prégnant était tout autre.
</p><p lang="fr-FR">Il m'a expliqué comment, il y a quelques années, alors qu'il visitait une
colonie voisine et traînait avec une fille – comme le veut la
tradition pour les garçons de son âge – il s'était senti très mal
à l'aise quant à la pression qu'on lui imposait pour qu'il
l'embrasse. « En rentrant chez moi en voiture, j'étais
écœuré », m'a dit le jeune homme avec amertume. « Les
gens n'arrêtaient pas de prier pour que je "change". Les crises
de larmes étaient nombreuses. »
</p><p lang="fr-FR">Tyrone
Hofer a quitté Starlite le 24 avril 2011 pour rejoindre
l'université de Winnipeg. Après cette date, il a mis près de trois
ans à affirmer publiquement son homosexualité – une décision
lourde de sens, car elle a conduit à son excommunication.
</p><p lang="fr-FR">Quelques
jours avant sa participation à la marche des fiertés de la région,
Tyrone a reçu un SMS de son petit frère – le seul membre de sa
famille acceptant encore de lui parler. Il disait la chose
suivante : « Tout ce que je peux dire, c'est que
les huttérites auront disparu avant d'accepter qu'être gay est
normal. »
</p><p lang="fr-FR">Ce
9 juillet 2016, Tyrone s'exprime devant une foule considérable
– près de 3 000 personnes – réunie devant la mairie de
Steinbach. Autour de son cou, il porte un collier original, mêlant
croix traditionnelle et perles arc-en-ciel. Son chapeau est d'un
violet éclatant.
</p><p lang="fr-FR">Il
disserte sur la haine de soi, qu'il ressentait lors de son
adolescence, et réprime quelques larmes au moment d'évoquer les
commentaires cruels émis par les membres de sa communauté au sujet
des homosexuels. « Le pire, c'est que je ne pouvais pas me
défendre, précise Tyrone. Je devais courber l'échine et accepter
ces insultes. »
</p><p lang="fr-FR">Il
m'a confié avoir envoyé à ses parents un petit essai l'été
dernier, dans lequel il tentait de leur prouver qu'il n'y avait
aucun problème à être gay et chrétien à la fois. Leur réponse ?
Aucune. « Je ne sais même pas s'ils l'ont lu », m'a-t-il
dit. Il a alors décidé de partager ce texte sur Facebook, ce qui
lui a valu de nombreux commentaires de soutien de la part d'amis, et
de nombreuses insultes de la part d'huttérites. « Ma
communauté avait extrêmement honte », a-t-il avancé.
</p><p lang="fr-FR">Sa
mère a alors pris la décision de se rendre directement à son
appartement, alors qu'il lui avait dit qu'il n'était pas prêt à
discuter avec elle. Par la suite, elle lui a envoyé une lettre
pour lui faire part de son ressenti. « Ça a été d'une
violence extrême », m'a précisé Tyrone. Il n'a pas souhaité
s'étendre là-dessus car il espère encore pouvoir se réconcilier
avec sa mère. Il m'a malgré tout confié que sa mère lui avait
écrit qu'être gay « est pire qu'être mort ». Cela fait
un an qu'il n'a aucune nouvelle de ses parents. Sa tante lui a
affirmé qu'il n'était pas homosexuel mais qu'il avait subi « un
lavage de cerveau ». Elle a ajouté qu'il n'aurait jamais
l'occasion de revoir ses proches, à moins qu'il change.
</p><p lang="fr-FR">Le
pasteur de la colonie Starlite, Jacob Hofer – l'oncle de Tyrone –
semblait furieux que je l'appelle pour en savoir plus sur sa vision
de l'homosexualité. « Nous n'enseignons pas l'homosexualité.
Nous défendons une vision du couple comprenant un homme et une
femme. Le reste n'est que luxure, et la luxure vous conduit en
enfer. » J'ai voulu savoir si Tyrone lui manquait ne serait-ce
qu'un peu. « Nous l'avons élevé, nourri, et il a décidé de
se mettre au service du diable », s'est-il contenté de
répondre. Il m'a également précisé que le retour de son neveu au
sein de la communauté ne serait possible que s'il renonçait à son
homosexualité et promettait de ne « plus jamais faire ça ».
Selon ses dires, les huttérites se sont volontairement mis au ban de
la société afin de ne pas voir leurs valeurs chrétiennes être
corrompues. « Nous ne savons pas ce qui se passe dans le monde,
et nous ne voulons pas le savoir, car tout ce qui se fait va à
l'encontre de notre mode de vie », a-t-il poursuivi. Par la
suite, Jacob Hofer a contacté un avocat, qui a demandé à VICE de
ne plus jamais l'appeler.
</p><p lang="fr-FR">De
son côté, Zach Waldner, pasteur de la colonie de Maple Grove, a
déclaré à la BBC que les huttérites « désiraient éviter
la tentation ». Et Waldner de poursuivre : « Ce que
les yeux voient et la chair désire, c'est cela que nous désirons
éviter. »
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/etre-gay-dans-une-secte-chretienne-body-image-1469193420-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="558" data-model-id="207116" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="etre-gay-dans-une-secte-chretienne-body-image-1469193420.jpg" class="vmp-image"><i><sub>Garett
Wipf regarde par la fenêtre en direction de son ancienne colonie.
Photo de Jordan Molaro</sub></i></p><p lang="fr-FR">Si
l'on met de côté le rythme particulier de sa voix, Garett Wipf
ressemble à s'y méprendre à n'importe quel mec de 18 ans élevé
dans une grande ville. Quand je l'ai rencontré devant la mairie de
Steinbach, il portait un jean assez fin, une chemise et des pompes
rouges. Ami de Tyrone Hofer, il a participé à la marché des fiertés
par solidarité avec ce dernier. Il a quitté sa colonie il y a plus
d'un an et demi, après avoir eu une discussion avec sa mère au
sujet de son homosexualité. Elle lui a dit que c'était «inacceptable »
et qu'elle avait le cœur « brisé ». Une semaine plus tard, Garett
quittait sa colonie.</p><p lang="fr-FR">Âgé
seulement de 16 ans à l'époque, il a eu beaucoup de mal à trouver un job à
Winnipeg, mais a fini par bosser dans le secteur de la construction.
Il n'est jamais retourné sur les lieux de son enfance. S'il précise
avoir des nouvelles de sa famille proche, il a perdu près de 200
amis sur Facebook quand il a annoncé publiquement qu'il était gay.
</p><p lang="fr-FR">« Là-bas,
tout le monde me déteste désormais, m'a-t-il dit. J'imagine qu'il
me serait impossible d'y retourner. »
</p><p lang="fr-FR">Si
Garett admet avoir été molesté par d'autres gamins quand il était
enfant à cause de sa « féminité » – il jouait avec
des poupées – il m'a précisé que certains aspects de la vie en
communauté lui manquaient, notamment les liens étroits entre les
membres du groupe. De nombreux huttérites défendent cette
solidarité, qui unit une colonie et pousse ses membres à s'occuper
les uns des autres.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/etre-gay-dans-une-secte-chretienne-body-image-1469193437-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="673" data-model-id="207117" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="etre-gay-dans-une-secte-chretienne-body-image-1469193437.jpg" class="vmp-image"><i><sub>Photo
de Kelly Hofer</sub></i></p><p lang="fr-FR">Kelly
Hofer n'a aucun lien de parenté avec Tyrone, ou Jacob. Il est le
porte-parole des huttérites gays en Amérique du Nord. Aujourd'hui
âgé de 23 ans, il a révélé son homosexualité il y a quatre ans
via un post Facebook très largement partagé – ce qui a eu pour
conséquence de choquer nombre d'huttérites, qui n'avaient jamais
compris que l'homosexualité existait parmi eux.
</p><p lang="fr-FR">Depuis,
il est très présent dans les médias – d'un documentaire de la
	<a href="http://www.bbc.com/news/magazine-21683022" target="_blank">BBC</a> à des citations pour le 
	<i>Guardian. </i>S'il a reçu des dizaines de
messages haineux après son coming out, Kelly, aujourd'hui
photographe à Calgary, m'a dit qu'il n'avait pas manqué de créer
un groupe privé sur Facebook réunissant des huttérites gays –
groupe qui compte aujourd'hui 19 membres. « Ça a permis à tous ces gens
de s'exprimer librement, de demander des conseils les uns aux
autres », m'a précisé Kelly Hofer.
</p><p lang="fr-FR">VICE
a eu l'occasion de discuter avec certains. La plupart sont des
hommes qui partagent des histoires similaires – à savoir,
ce tiraillement entre la communauté, qui refuse d'admettre leur
sexualité, et leur propre liberté.
</p><p lang="fr-FR">En
ce qui concerne les droits des homosexuels, Kelly m'affirme que les
huttérites ont un demi-siècle de retard en comparaison du reste du
Canada. « Le thème de l'égalité n'est jamais abordé,
dit-il. Aujourd'hui, on voudrait au moins qu'ils reconnaissent que
les homosexuels existent. »
</p><p lang="fr-FR">Tyrone
Hofer et Garett Wipf m'ont précisé avoir entendu parler de Kelly
lors de son coming out – c'est d'ailleurs pour cela qu'ils ont
avoué publiquement leur homosexualité, afin de convaincre d'autres
huttérites de s'affirmer.
</p><p lang="fr-FR">« Il
y a toujours de nombreux huttérites qui se cachent et qui ont peur de ce qu'ils ressentent, peur de faire honte à leur
famille, peur d'être maltraités, voire excommuniés, m'a dit Tyrone.
Nous essayons de les convaincre qu'ils devraient être fiers. »
</p><p><i>Suivez
Manisha Krishnan sur 
	<a href="https://twitter.com/ManishaKrishnan" target="_blank">Twitter</a>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/553717</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/22/etre-gay-dans-une-secte-chretienne-1469193473.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Manisha Krishnan</dc:creator>
<media:category>travel</media:category>
<category>travel</category>
</item>
<item>
<title>Mais qui êtes-vous, les types qui traînent sur les plages avec des détecteurs de métaux ?</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/mais-qui-etes-vous-les-types-qui-trainent-sur-les-plages-avec-des-detecteurs-de-metaux</link>
<pubDate>Tue, 26 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[On a demandé à Jean Paul Carlot, prospecteur, pourquoi il passait son temps à errer sur les côtes hexagonales.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/22/mais-qui-etes-vous-les-types-qui-trainent-sur-les-plages-avec-des-detecteurs-de-metaux-1469175333.jpg" type="image/jpg" length="793"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/mais-qui-etes-vous-les-types-qui-trainent-sur-les-plages-avec-des-detecteurs-de-metaux-body-image-1469117819.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="783" data-original-height="643" data-model-id="206686" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="mais-qui-etes-vous-les-types-qui-trainent-sur-les-plages-avec-des-detecteurs-de-metaux-body-image-1469117819.jpg" class="vmp-image">
<em><sub>Les photos ont été fournies par Jean-Paul Calot.</sub></em><br>
</p><p>Alors
que la fin de l'été sera synonyme de désertion dans la majorité
des stations balnéaires de France, des individus continueront
d'arpenter encore et encore les plages hexagonales. Qu'importe les saisons, ils
marcheront sur le sable d'un pas lent et méthodique, empoignant
fermement leur détecteur de métaux. Eux, ce sont les prospecteurs.
Ou les 
	<i>détectoristes</i>. Ou les chasseurs de trésors, pour le
grand public. En vérité, il n'existe pas de terme exact pour les
désigner.
</p><p>Difficile
de déterminer leur nombre exact en France, étant donné qu'aucune
déclaration officielle n'est nécessaire pour s'adonner à la
recherche d'objets planqués sous le sol – s'il s'agit d'un
simple loisir. On sait simplement qu'ils sont de plus en plus
	<span lang="zxx"><a href="http://www.lejdd.fr/Societe/Chasseurs-de-tresors-la-nouvelle-lubie-des-Francais-648457" target="_blank">nombreux</a></span>,
souvent motivés à l'idée de s'enrichir facilement en récoltant
de l'argent, voire quelques grammes d'or – ce qui s'avère être
très souvent illusoire.
</p><p>Histoire
d'en apprendre un peu plus sur cette pratique sibylline et sur ses
amateurs, j'ai posé quelques questions à Jean-Paul Calot,
retraité et président de l'association Web Détection 62, qui
réunit environ 80 prospecteurs dans la défunte région
Nord-Pas-de-Calais.
</p><p><strong>VICE :
Bonjour Jean-Paul. Pour commencer, pouvez-vous m'expliquer d'où
vous vient cet intérêt pour la détection d'objets ?
	<br></strong><strong>Jean-Paul
Calot : 
	</strong>À
l'âge de sept ans, je suis tombé sur un reportage à la
télévision qui évoquait les fouilles archéologiques de Karnak, en
Égypte. Je me rappelle qu'à la fin de l'émission, je me suis
tourné vers mon père et lui ai dit que moi aussi, je voulais être
archéologue.
</p><p>Bon,
finalement, je n'en ai pas fait mon métier puisqu'à mon époque,
archéologue n'était pas vraiment un « métier ». À
la place, j'ai travaillé dans l'immobilier. Je réalisais des
expertises sur la valeur de biens immobiliers pour le compte d'un
cabinet notarial. Mais, en parallèle, la passion ne m'a jamais
quitté. Régulièrement, je prenais un mois de vacances pour
participer bénévolement à des fouilles archéologiques dans toute
la France.
</p><p><strong>Qu'est-ce
qui vous pousse à continuer, depuis toutes ces années ?
	<br></strong>La
découverte ! Et puis maintenant, je suis président d'une
association. Mon rôle est également de faire respecter la loi. Par
exemple, il faut savoir qu'il est interdit de faire de la détection
sur des sites archéologiques ou classés – idem sur des terrains
privés.
</p><p><strong>J'ai
d'ailleurs cru comprendre que les prospecteurs avaient parfois une
réputation de pillards 
	</strong><span lang="zxx"><a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/02/un-site-archéologique-pillé-près-de-noyon.html" target="_blank"><strong>à cause de certains faits divers</strong></a></span><strong>.
Comment gérez-vous cela ?
	<br></strong>On
peut comparer notre situation à celle des chasseurs.
Dans la chasse, vous avez ceux qui respectent les lois et les normes
environnementales, et les autres – qui ne font que du braconnage.
Eh bien, chez les prospecteurs, c'est la même chose. Il faut
connaître les limites. Certains se fichent de la loi et vont
directement piller des sites archéologiques. Dans notre club, nous
respectons les règles et les transmettons aux nouveaux.
</p><p><strong>Quand
vous vous baladez sur les plages, que ramassez-vous ?
	<br></strong>Surtout
des déchets, en fait. C'est dingue tout ce que les gens laissent
traîner ! Et puis sinon, pas mal de téléphones. Des pièces
aussi, en plus ou moins bon état. Plus rarement des bijoux comme des
bagues, ou des gourmettes.
</p><p><strong>Et
quand vous trouvez des objets de valeur, vous les gardez ?
	<br></strong>On
ramasse tout ce qu'on trouve, y compris les déchets. Dans le cas
des objets de valeur, on essaie systématiquement de retrouver leur
propriétaire – dans la mesure du possible.
</p><p>Prenons
un exemple. L'autre jour, nous avons trouvé une alliance dans le
sable. Grâce au prénom indiqué à l'intérieur, nous avons pu
rechercher et trouver la personne à laquelle elle appartient.
Concernant l'argent, s'il est encore en bon état, on le garde,
mais ce ne sont jamais des sommes importantes. Ma dernière sortie à
La Panne  m'a permis de
récolter 12 euros.
</p><p><strong>Les
gens font-ils parfois appel à vous pour retrouver des objets qu'ils
ont perdus ?
	<br></strong>Oui,
ça arrive régulièrement. Les municipalités nous contactent
également pour tenter de dépolluer certains sols en période
estivale, ou juste après.
</p><p><strong>OK.
Sinon, vous arrivez à trouver des métaux jusqu'à quelle
profondeur ?
	<br></strong>En
principe, nos détecteurs peuvent trouver des objets situés jusqu'à
30 centimètres sous le sol, pas plus. Au-delà, je ne creuse plus de
toute façon.
</p><p><strong>Pour
quelle raison ?
	<br></strong>Tout
simplement parce
qu'on peut tomber sur des armes de guerre ou des obus, et que là,
ça devient dangereux. C'est donc réservé aux archéologues.
D'autant plus que nous vivons dans une région qui a été
particulièrement touchée par les deux grandes guerres.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/mais-qui-etes-vous-les-types-qui-trainent-sur-les-plages-avec-des-detecteurs-de-metaux-body-image-1469118021.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="789" data-original-height="741" data-model-id="206687" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="mais-qui-etes-vous-les-types-qui-trainent-sur-les-plages-avec-des-detecteurs-de-metaux-body-image-1469118021.jpg" class="vmp-image"></p><p><strong>L'engouement
autour de la prospection doit vous surprendre, non ? Vous
parvenez à l'expliquer ?
	<br></strong>Les
détecteurs de métaux vendus aux particuliers sont apparus sur le
marché après la Seconde Guerre mondiale. On parle d'objets très chers et très lourds, assez difficiles à se
procurer. Ce n'est qu'à partir des années 1980 qu'on a vu
apparaître des détecteurs à la portée des amateurs. Depuis, ils
n'ont cessé de se perfectionner et de voir leur prix baisser.
Aujourd'hui, l'engouement est terrible. À cause de certaines
publicités, les gens s'imaginent qu'ils vont trouver de l'or
alors que c'est très rare !
</p><p><strong>Imaginons
que je souhaite vous rejoindre dans la prospection. Je dois investir quelle somme pour avoir du bon matériel ?
	<br></strong>Pour
un débutant, je dirais que 300 euros suffisent pour acheter un
bon détecteur. Ensuite, on peut monter jusqu'à 1 400 euros
pour un appareil avec de nombreux paramètres.
</p><p><strong>N'est-il
pas difficile de cohabiter avec les plagistes lorsque vous faites vos
recherches ?
	<br></strong>En
général, on fréquente les plages tôt le matin ou en fin de
journée afin d'éviter de gêner les personnes venues se détendre
sur le sable. Après, quand on croise quelqu'un, oui, il est plutôt
curieux. Il va nous demander si nous avons trouvé des « trésors »,
ce genre de choses.
</p><p><strong>Vous
arrive-t-il de découvrir des objets surprenants ?<br></strong>Il
y a un certain temps, j'ai trouvé un penny irlandais datant du
XIIIe siècle. Il avait été transformé en bijou, avec des petites pierres de couleur. C'était très touchant.</p><p>Sinon,
il nous
arrive de tomber sur des sachets de marijuana. En fait, on trouve
souvent des capsules de bière à côté des sachets, ce qui explique
que nos détecteurs signalent quelque chose et qu'on finisse par
tomber dessus.
</p><p><a name="_GoBack"></a><strong>Et
vous en faites quoi ?
	<br></strong>On
les jette à la poubelle !
</p><p><strong>Ça
marche. Merci Jean-Paul !
	</strong>
</p><p><i>Jean-Paul
Calot est le coauteur d'un livre autoédité qui évoque les
boucles anciennes : 
	</i><span lang="zxx"><a href="http://www.thebookedition.com/fr/l-histoire-en-boucles-p-121222.html" target="_blank">L'Histoire en boucles</a></span><i>.</i>
</p><p><i>Suivez
Grégory sur 
	</i><span lang="zxx"><a href="https://twitter.com/gregory_oiv" target="_blank">Twitter</a></span><i>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/553431</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/22/mais-qui-etes-vous-les-types-qui-trainent-sur-les-plages-avec-des-detecteurs-de-metaux-1469175333.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Grégory Vieau</dc:creator>
<media:category>interviews</media:category>
<category>interviews</category>
</item>
<item>
<title>En concert avec les fans invétérés de Johnny Hallyday</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/en-concert-avec-les-fans-inveteres-de-johnny-hallyday</link>
<pubDate>Tue, 26 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Quelques photos du Stade Océane du Havre et des 15 000 personnes venues fêter leur idole.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/25/en-concert-avec-les-fans-inveteres-de-johnny-hallyday-1469458280.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNoSpacing has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="en-concert-avec-les-fans-inveteres-de-johnny-hallyday-body-image-1469458718.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/25/" data-path="images/content-images/2016/07/25/" data-model-id="207892" data-original-height="800" data-original-width="1200" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/25/en-concert-avec-les-fans-inveteres-de-johnny-hallyday-body-image-1469458718-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><br><sub>
	<i>Toutes les photos sont de Guillaume
Taillard
	</i>
	</sub>
</p><p class="MsoNoSpacing">Plus de 50 ans de scène,
des concerts par centaines et des tournées gigantesques : Johnny Hallyday
est incontestablement une légende de la chanson française. En dépit de ses excès
et de ses occasionnelles fautes de goût, une part non négligeable de la
population française l'a élevé au rang d'idole. Un statut qui, après son
opération de 2009, s'est rapproché de celui de martyr, voué à mourir le vent en
poupe, épuisé par les « scènes violentes et les lumières bizarres ». Du
haut de ses 73 ans, Johnny Hallyday semble accepter ce destin.
Depuis 2015, il arpente les routes de France et de Navarre avec une tournée justement
intitulée « Rester vivant ». Lundi 11 juillet, plus de 15 000
personnes se sont réunies au Stade Océane du Havre pour accueillir leur star.
</p><p class="MsoNoSpacing">De Gruchet-La-Valasse à
Yvetot, tous les patelins sont représentés aux abords du stade. Certains viennent
d'encore plus loin, s'octroyant le plaisir d'assister une énième fois à un
concert de Johnny. Les personnes qui s'attroupent autour du stade sont à
l'image de l'idole – un brin vieillissantes, mais loin d'être sur le déclin.
Aux alentours de 18 h 30, la foule s'agglutine, guidée par la voix
des stadiers mobilisés pour l'occasion. L'entrée E est immédiatement prise
d'assaut par ceux qui campent depuis vendredi aux abords du stade. Bière,
frites et sandwichs à la main, ils échangent fébrilement leurs expériences et
anecdotes sur l'artiste pour passer le temps.
</p><p class="MsoNoSpacing">Renald, Gilbert et Anne
sont les premiers fans que je rencontre. Anne, Havraise « aussi âgée que
le pastis » est une inconditionnelle depuis le romantisme de l'ère Sylvie
Vartan. Gilbert déclare avoir été bercé trop près des 45 tours de Johnny par sa
nourrice – depuis, il n'a jamais décroché. De son côté, Renald est moins
loquace ; mais à l'instar de ses confrères, il est affublé de la panoplie
complète des aficionados de Johnny.
</p><p class="MsoNoSpacing has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="en-concert-avec-les-fans-inveteres-de-johnny-hallyday-body-image-1469458903.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/25/" data-path="images/content-images/2016/07/25/" data-model-id="207896" data-original-height="1800" data-original-width="1200" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/25/en-concert-avec-les-fans-inveteres-de-johnny-hallyday-body-image-1469458903-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75">
</p><p>Au-delà des nuques
longues et des blousons en cuir, la foule est très diverse : on y trouve
des hommes et des femmes de tous horizons, ainsi que pas mal de jeunes. Cela
s'explique en partie par le prix des places, allant de 25 € à 450 €. Certains assistent à un concert de Johnny pour la première fois. « Je suis fan depuis tout petit mais je n'ai jamais eu
l'occasion d'assister à un concert, c'était trop cher », m'explique
Guillaume, 59 ans, accompagné de sa fille pour l'occasion.
</p><p class="MsoNoSpacing">Quand on demande aux fans
de nous expliquer ce que représente Johnny Hallyday, on se rend compte qu'ils
n'attendent pas forcément un spectacle que l'artiste n'est plus à même de
donner. Symbole de grandeur, de virilité et de liberté, la rock star est la
relique d'une période révolue. Et ses fidèles s'y accrochent avec nostalgie,
perdus dans notre « époque où tout fout le camp ». Il n'y a qu'à voir
la ferveur quasi religieuse que fait naître le monstre sacré. Johnny Hallyday
n'a presque pas eu à chanter durant son concert, porté par une foule qui a scandé
son œuvre toute la nuit.
</p><h2><i>Plus de
photos ci-dessous
	</i></h2>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/554279</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/25/en-concert-avec-les-fans-inveteres-de-johnny-hallyday-1469458280.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Guillaume Taillard ; texte : Alexis Denous</dc:creator>
<media:category>music</media:category>
<category>music</category>
</item>
<item>
<title>J’ai tenté de réduire ma consommation d’alcool à coups de décharges électriques</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/jai-tente-de-reduire-ma-consommation-d-alcool-coups-de-decharges-eectriques</link>
<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Puis j'ai commencé à boire pour le plaisir de m'électrocuter.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/20/jai-tente-de-reduire-ma-consommation-d-alcool-coups-de-decharges-eectriques-1469015330.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/jai-tente-de-reduire-ma-consommation-d-alcool-coups-de-decharges-eectriques-body-image-1469015362-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="660" data-model-id="206014" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="jai-tente-de-reduire-ma-consommation-d-alcool-coups-de-decharges-eectriques-body-image-1469015362.jpg" class="vmp-image"><sub><i>Les photos sont de
l</i><i>'</i></sub><i><sub>auteur.</sub></i>
</p><p class="Corps">Comme tous ceux qui
ont grandi avec 
	<i>Jackass</i>, j'ai toujours été fasciné par l'électrocution auto-infligée. Enfant, je léchais des batteries de 12 volts. Une fois, à la
fac, mes potes et moi avons joué à un
jeu d'alcool du style chaises musicales, où les
perdants se faisaient électrocuter par 
	<a href="https://www.amazon.com/Lightning-Reaction-Reloaded-Shocking-Game/dp/B0006B2Q50" target="_blank"><span class="Hyperlink0">cette chose</span></a>. Donc, lorsque je suis tombé sur
	<a href="http://www.vice.com/en_uk/read/i-wore-an-electric-shock-bracelet-for-two-weeks-to-help-me-kick-my-bad-habits-666" target="_blank">un article</a> de VICE UK qui mentionnait un
appareil capable de vous envoyer une décharge pour vous aider à lutter
contre vos mauvaises habitudes, j'ai immédiatement
été intrigué.
	
</p><p class="Corps">La société à l'origine de ce produit, <a href="http://pavlok.com/hello.php" target="_blank"><span class="Hyperlink0">Pavlok</span></a>, propose un bracelet connecté assez
semblable au Fitbit. Sauf qu'au lieu de compter vos pas et vos
calories, le Pavlok (qui tient son nom du psychologue Ivan Pavlov, le père du 
	<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conditionnement_classique" target="_blank"><span class="Hyperlink0">conditionnement classique</span></a>)
vous délivre une décharge électrique à chaque
écart de conduite. Si l'on en croit la société, le bracelet vous permet d'associer votre mauvaise manie à un choc électrique douloureux, et ce, même quand vous ne porterez plus le bracelet.
	
</p><p class="Corps">Sims McGrath,
directeur du marketing et des relations publiques chez Pavlok, m'a expliqué que les gens utilisaient ce dispositif
pour venir à bout de toutes sortes de mauvais comportements,
et qu'« utiliser Pavlok pour réduire la dépendance au porno est bien plus
courant qu'on pourrait le croire ». Heureusement (ou malheureusement),
je n'ai pas ce problème. En fait, je me porte assez bien : je ne fume pas,
je mange sainement et je fais du sport régulièrement.
La seule chose sur laquelle je dois travailler est ma consommation d'alcool, qui s'élève à environ dix verres par semaine,
parfois plus – ce qui suffit pour être considéré comme un « 
	<a href="http://www.npr.org/sections/thesalt/2014/11/20/365500037/moderate-drinker-or-alcoholic-many-americans-fall-in-between" target="_blank"><span class="Hyperlink0">buveur excessif</span></a> ».
</p><p class="Corps">Je ne suis pas
alcoolique, mais je sais que mon corps (comme mon portefeuille) pourrait en bénéficier. De leur côté, les créateurs de Pavlok affirment que les résultats sont visibles en seulement cinq jours.
	
</p><p class="Corps">Je ne savais pas à quoi m'attendre, mais j'ai été déçu d'apprendre qu'il me fallait appuyer sur un bouton à chaque
fois que je buvais et, de ce fait, choisir de m'électrocuter
de mon propre chef. Cela rend le prix de 200 dollars quelque peu scandaleux – ne
pourrais-je pas me contenter de faire claquer un élastique
en caoutchouc autour de mon poignet gratuitement?
	
</p><p class="Corps">Après avoir chargé l'appareil, je l'ai installé afin de le tester. Le premier choc ne m'a pas fait l'effet escompté – à savoir
celui d'un taser – et ce même après avoir augmenté l'intensité.
C'était une sensation étrange, bien sûr, mais qui ne faisait pas vraiment
mal.
	
</p><p class="Corps">« La décharge
n'est pas douloureuse, mais elle définitivement désagréable.
Les gens ont peur d'activer le bracelet au début, mais une fois qu'ils ont la chance de l'essayer – et de l'ajuster
au niveau qui leur convient – tous s'accordent
à dire que leur comportement se modifie », m'a affirmé McGrath.
	
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/jai-tente-de-reduire-ma-consommation-d-alcool-coups-de-decharges-eectriques-body-image-1469015453-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="663" data-model-id="206015" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="jai-tente-de-reduire-ma-consommation-d-alcool-coups-de-decharges-eectriques-body-image-1469015453.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="Corps">J'ai passé les jours suivants à boire
et à presser le bouton à chaque
gorgée. Au bout d'un certain temps,
quelque chose d'étrange a commencé à se produire. Je ne redoutais plus l'arrivée de la décharge – au contraire, je l'attendais avec impatience. La sensation pourrait se définir comme un mélange entre le coup de boost d'un rail de coke et le vertige que vous obtenez en tournant
sur vous-même, quand vous n'êtes encore qu'un gamin.
	
</p><p class="Corps">Je ne suis pas le
seul à prendre du plaisir dans la stimulation
électrique. La communauté BDSM
utilise l'électrostimulation depuis Edison. C'est désormais
une pratique relativement sûre, basée sur la neurostimulation électrique transcutanée (TENS), conçue à des fins thérapeutiques.
	
</p><p class="Corps">Mais le plaisir que
ces chocs me procuraient n'était pas d'ordre sexuel – j'en suis certain. J'aimais juste la sensation. Dans une 
	<a href="http://www.theatlantic.com/health/archive/2014/07/people-prefer-electric-shocks-to-being-alone-with-their-thoughts/373936/" target="_blank"><span class="Hyperlink0">étude réalisée en 2014</span></a>, des chercheurs de l'université de Virginie ont donné aux
participants le choix de s'asseoir en silence ou de s'administrer un choc électrique. Deux tiers des hommes ont
opté pour le choc. Un mec a même appuyé sur le bouton 190 fois en 15 minutes.
Peut-être suis-je un peu comme lui.
	
</p><p class="Corps">Après m'être électrocuté pendant
quelques jours, j'ai réussi
à modérer ma consommation d'alcool avec succès. En fait, l'alcool ne me manquait pas le moins du monde. La seule chose
qui me manquait, c'était d'avoir
une excuse pour m'électrocuter avec le bracelet. Au
final, au lieu d'appuyer sur le bouton à chaque
fois que je buvais une gorgée, je m'électrocutais
à chaque fois que j'entendais ou voyais le mot « alcool ».
	
</p><p class="Corps">J'ai ajusté les paramètres de l'application afin qu'une pression sur le bouton corresponde à « une décharge
de 100 pour cent » – à savoir 340 volts, en cinq coups. Un
taser, en comparaison, délivre 50 000 volts. Ensuite, j'ai décidé de me soumettre à un
dernier test de terrain : une fête.
	
</p><p class="Corps">Le vendredi soir,
je suis donc allé à une
soirée dans un appartement où l'alcool coulait à flots. De temps à autre,
je déclenchais mon bracelet et me délivrais une décharge électrique,
tandis que mes amis profitaient en tout état de cause de leurs boissons
alcoolisées.
	
</p><p class="Corps">La plupart des gens
se sont montrés réticents quand je leur ai proposé d'essayer le Pavlok, mais quelques âmes sœurs ont semblé apprécier l'expérience autant que moi. J'ai testé l'appareil sur dix
personnes. Une jeune fille m'a imploré d'électrocuter son cou – ce que j'ai fait – avant de me
demander si j'avais déjà essayé sur ma bite, ce que
j'avais fait.
	
</p><p class="Corps">Et là, alors que la fête battait son plein, mon Pavlok a
cessé de fonctionner.
	
</p><p class="Corps">J'ai essayé de le recharger et de le remettre à zéro – rien n'y
faisait. La société m'affirme que quelque chose s'est détaché à l'intérieur
du module. Elle m'a promis de m'en envoyer un nouveau mais, au bout de deux semaines, l'appareil de remplacement n'était
toujours pas arrivé.
	
</p><p class="Corps">Quand je l'ai finalement reçu, l'utiliser
me semblait inutile. Je buvais moins qu'avant le début du traitement
et mes envies de choc s'étaient quelque peu estompées. J'ai enfilé le bracelet une dernière fois et j'ai appuyé sur le bouton à pleine
puissance. Le choc était différent, moins intense, comme s'ils m'avaient renvoyé une version amoindrie de l'appareil.
	
</p><p class="Corps">Pavlok a bel et
bien freiné ma consommation d'alcool, donc je
suppose que l'expérience a été un succès.
Mais, si vous comptez claquer du fric dans ce gadget afin de réduire vos péchés, dites-vous que vous pourriez
remplacer votre mauvaise habitude par une autre.
	
</p><p class="Corps"><i>Suivez Justin
Caffier sur 
	</i><a href="https://twitter.com/JustinCaffier" target="_blank"><span class="Hyperlink0"><i>Twitter</i></span></a><i>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/552977</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/20/jai-tente-de-reduire-ma-consommation-d-alcool-coups-de-decharges-eectriques-1469015330.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Justin Caffier</dc:creator>
<media:category>tech</media:category>
<category>tech</category>
</item>
<item>
<title>Charmant Juif recherche charmante Juive pour amitié et plus si affinités</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/charmant-juif-recherche-charmante-juive-pour-amitie-et-plus-si-affinites</link>
<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[À l'heure des swipes effrénés sur Tinder, les rencontres communautaires ont de beaux jours devant elles.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/21/charmant-juif-recherche-charmante-juive-pour-amitie-et-plus-si-affinites-1469105452.jpg" type="image/jpg" length="2048"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/21/charmant-juif-recherche-charmante-juive-pour-amitie-et-plus-si-affinites-body-image-1469105556-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2048" data-original-height="1365" data-model-id="206562" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="charmant-juif-recherche-charmante-juive-pour-amitie-et-plus-si-affinites-body-image-1469105556.jpg" class="vmp-image">
	<em><sub>Image via l'utilisateur Flickr <a href="https://www.flickr.com/photos/mrcolantuono1/15587243135/" target="_blank">Jason Corey</a> </sub></em><br>
</p><p>Le
célibat, quelle merveilleuse chasse au trésor ! Quel bonheur
que d'avoir devant soi une multiplicité de choix ! Trouver sa
moitié est le challenge ultime de plus de 
	<a href="http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=nattef02311" target="_blank">15 millions</a>
	de célibataires en France. Un « célibat-boom » dont
l'étendard est porté par des antihéros au cinéma et dans des séries comme « Undateable ». Mais la réalité du
célibat 2.0 est plus rude que celle que l'on observe à longueur de
journée sur les écrans.
</p><p>Force
est de constater que les sites de rencontres, qui ont connu des
heures plus que glorieuses dans cette jungle du rendez-vous galant,
sont devenus obsolètes. Trop contraignants, aux interfaces
rébarbatives, ils reposent désormais au cimetière des éléphants
du dating. À l'époque bénite où Tinder
nous a appris à swiper et matcher, seuls Meetic et Adopte Un Mec ont
survécu au naufrage.
</p><p>Là où
le problème se corse pour les âmes seules, c'est lorsqu'il s'agit
de trouver la perle rare à l'intérieur de votre communauté.
Musulmans, juifs, protestants et catholiques – au sein de toutes
les religions, il existe une pression parentale traditionaliste qui
vous pousse à vous marier avec « quelqu'un de chez vous ».
Mais quelles sont les options restantes lorsque vous avez déjà
rencontré tous les enfants des amis de vos parents, tous les potes
de vos potes et globalement tous les célibataires juifs du quartier ? C'est en partant de ce postulat que Joe
Shapira a créé 
	<a href="http://www.jdate.fr/" target="_blank">Jdate</a> – un site
de rencontres communautaire pour les juifs en recherche de
partenaire.
</p><p>En 1979,
cet Israélien, vétéran de la guerre de Kippour, s'installe à
Los Angeles pour entamer sa carrière d'entrepreneur. Rapidement,
la réalité le rattrape et le frappe en pleine gueule : « J'ai
toujours voulu me marier avec une fille juive mais, après avoir écumé tous les bars de L.A, je ne savais plus où
chercher, me précise-t-il.
Quand tu rencontres une nana, tu ne peux décemment pas lui demander
"Vous êtes juive ?" après le deuxième verre. »</p><p>Le
judaïsme, la condition 
	<i>sine
qua non 
	</i>pour
de nombreuses personnes en quête du grand amour<i>.
	</i>« Je
veux être avec un homme juif. C'est un critère indispensable »,
me confie Hannah*, une avocate de 27 ans qui swipe entre deux
plaidoiries. « Tinder est trop chronophage, car je dois deviner
qui est juif et qui ne l'est pas. Du coup, les "Tinder juifs"
sont bien plus pratiques. »
</p><p>Face à
l'émergence de 
	<a href="http://jswipeapp.com/" target="_blank">JSwipe</a>, un
Tinder pour feujs, Joe Shapira a réagi et a adapté son offre en
créant 
	<a href="http://jfiix/" target="_blank">JFiix</a>. La rencontre religieuse en
vue d'un mariage est un marché de niche sur lequel le site s'est
évidemment positionné. « Au
départ, je voulais lutter contre l'assimilation, explique Shapira.
Mais même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais pas pensé
que ça cartonnerait comme ça. »
</p><p>Dans
cette niche se cachent encore d'autres niches, comme le prouve le
site <a href="http://www.jwed.com" target="_blank">JWed</a>, un site de rencontres pour juifs orthodoxes – les jupes
longues et les chapeaux noirs omniprésents en sont la preuve. Il s'agit d'un tout
petit monde, dans lequel on n'est pas là pour rigoler mais pour se
marier.
</p><p class="pullquote">« C'est un
marché. Il y a une offre et une demande. Et nous, nous
sommes des produits de consommation. » –Hannah 
</p><p>Si les
utilisateurs s'en défendent, Hannah le confirme : choper n'a
jamais autant revêtu les atours de la sphère économique, dont la
dimension agonistique n'est plus à prouver. Car nombreux sont les
trentenaires qui sont en recherche active. Alors, pour évaluer
la « concurrence », Hannah change parfois son profil pour
aller observer les autres filles sur le site. « C'est un
marché, avoue-t-elle. Il y a une offre et une demande. Et nous, nous
sommes des produits de consommation. »
</p><p>Joe
Shapira l'a bien compris. Il a d'ailleurs programmé l'algorithme
de son application en ce sens. Si une fille discute avec un mec, cet
algorithme va analyser le contenu de la conversation et lui proposer
d'autres types ayant échangé sur les mêmes sujets avec d'autres
nanas. Puis, ce même algorithme va trouver sans peine quelles sont
les autres filles qui papotent avec ce mec. Ces autres filles
discutent elles aussi avec
différents garçons – garçons qui seront proposés en priorité à
la nana initiale.
</p><p>Cette
logique, assez flippante, ne fait que prouver un fait que tout le
monde connaît depuis un petit moment, mais que personne n'ose
vraiment affirmer : le Grand Amour n'a jamais été le fruit du
hasard.
</p><p class="pullquote">« Ce n'est pas parce qu'il s'agit d'un site communautaire que
l'on n'est pas confronté à des profils très 
	<i>bordeline</i>. Tous les mecs prétendent être là pour se marier mais,
comme sur Tinder, tu tombes sur des types qui passent leur temps à
dévoiler leur bite. » –Aurora 
</p><p>De son
côté, Shapira
n'œuvre pas pour le bien-être de la communauté juive – du moins,
là ne réside pas son intérêt. Car pour lui, le nerf de la guerre,
c'est l'argent : « Je ne gagne de l'argent que si les
utilisateurs restent sur le site, précise-t-il. Or, ils n'y
restent que s'ils ont l'impression d'avoir en permanence des
matchs qui leur correspondent. À la limite, s'ils trouvent l'âme
sœur, ça m'arrange moins. »
</p><p>Aurora*
swipe avec un grand sourire. Elle a 35 ans et bosse dans un grand
groupe bancaire. Elle est tiraillée entre la pression sociale que
lui impose son entourage, son horloge biologique et sa « jewishmum »<i>.
	</i>Elle est inscrite sur
JSwipe et cherche un mec ayant les mêmes attentes qu'elle. Quand
on lui reproche son statut de célibataire, elle montre les dents :
« Ce n'est pas comme si je faisais exprès, mais il devient
difficile de trouver quelqu'un de bien, s'exclame-t-elle. Et quand je
dis bien, je cherche juste une personne 
	<i>normale</i>,
qui me corresponde. »
</p><p>Elle ne
manque pas d'être critique à l'encontre de ces applications qui,
comme toutes les autres, regorgent de tarés.
« Ce n'est pas parce qu'il s'agit d'un site communautaire que
l'on n'est pas confronté à des profils très 
	<i>bordeline</i>,
dit-elle. Tous les mecs prétendent être là pour se marier mais,
comme sur Tinder, tu tombes sur des types qui passent leur temps à
dévoiler leur bite. »
</p><p>À
la table de Shabbat, Aurora est confrontée à la sempiternelle
conversation autour de son célibat. « T'as vu, Lionel* est
en couple. Il s'est battu pour trouver quelqu'un, lui »,
a-t-elle entendu récemment. Ça ne l'empêche pas de se marrer :
« Ma mère peut bien dire ce qu'elle veut, Lionel, je l'ai
vu sur JSwipe. Et le pire, c'est que je connais sa meuf ! Les
mecs n'ont peur de rien. »
</p><p>Les
applis de rencontres sont-elles la solution miracle au mariage
intracommunautaire ? Rien n'est moins sûr. Aurora estime que
le problème est le même en ligne que dans la « vraie vie ».
« Les
types, je les connais déjà tous, affirme-t-elle. Si je vois un
nouveau profil, c'est suspect. » Une
pénurie quasi inéluctable dont elle aurait trouvé la parade :
« Mon
profil est en anglais. J'espère encore tomber sur un bel étranger
qui me tirera de mon monde de merde. »
Un doux rêve à la Walt Disney auquel des milliers juifs
s'accrochent, convaincus de pouvoir trouver leur moitié au sein de
leur communauté.
</p><p><i>*Tous
les prénoms ont été modifiés.
	</i>
</p><p><i>Suivez
Sarah sur 
	<a href="https://twitter.com/sarahkoskievic" target="_blank">Twitter</a>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/553339</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/21/charmant-juif-recherche-charmante-juive-pour-amitie-et-plus-si-affinites-1469105452.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Sarah Koskievic</dc:creator>
<media:category>stuff</media:category>
<category>stuff</category>
</item>
<item>
<title>J&#039;ai échangé une Mercedes contre la célèbre radio du cul de Ryan Dunn</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/mercedes-contre-celebre-radio-du-cul-de-ryan-dunn-jackass</link>
<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[En 2007, un avocat a offert une voiture à la star de Jackass en échange de la radiographie de son rectum.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/20/mercedes-contre-celebre-radio-du-cul-de-ryan-dunn-jackass-1469020321.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/mercedes-contre-celebre-radio-du-cul-de-ryan-dunn-jackass-body-image-1469020343-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="667" data-model-id="206050" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="mercedes-contre-celebre-radio-du-cul-de-ryan-dunn-jackass-body-image-1469020343.jpg" class="vmp-image"><i><sub>La radio en question. Photo de Frederieke van der Molen</sub></i>
</p><p class="Corps">Fin 2007, une Mercedes 420 SEC datant de 1989 est expédiée
aux États-Unis depuis Amsterdam. Au même moment, une enveloppe contenant une
radiographie fait le chemin inverse.
	
</p><p class="Corps">La Mercedes appartenait à Aernoud Bourdrez – avocat,
écrivain et galeriste basé à Amsterdam. Quelques semaines plus tôt, il était
parvenu à un accord avec le propriétaire de la radio, Ryan Dunn, la star de 
	<i>Jackass</i>
	– aujourd'hui disparu. C'est sans doute l'un des accords les plus étranges de
l'histoire contemporaine ; ces mecs ont convenu d'échanger une radio contre
une voiture. Vous connaissez probablement la radio dont je parle, puisqu'elle a
occupé une place importante dans 
	<i>Jackass, le film.</i> Elle a été prise
juste après que Ryan Dunn a enfoncé une voiture miniature dans son rectum.
	
</p><p class="Corps">La photo est arrivée à Amsterdam quelques jours plus tard.
En revanche, Dunn n'a jamais pu conduire la Mercedes. Les douanes américaines ont
refusé son entrée aux États-Unis car elle ne répondait pas aux critères de
sécurité du pays.
	
</p><p class="Corps">Bien entendu, Dunn s'est fâché et a menacé de poursuivre
Bourdrez s'il ne renvoyait pas immédiatement la radiographie. Désireux de la
garder, l'avocat a proposé à Dunn une DAF 46 – une voiture néerlandaise qui
roule aussi vite en marche arrière qu'en marche avant. Dunn a accepté, la DAF a
passé la douane avec succès et Bourdrez a pu conserver la photo.
	
</p><p class="Corps">Quatre ans après, Dunn a trouvé la mort dans un tragique
accident de la route. La radio est toujours exposée dans la galerie de Bourdrez
à Amsterdam, mais elle est désormais en vente. J'ai demandé à Bourdrez ce qui
l'avait poussé à échanger deux voitures contre la radio d'un rectum.
	
</p><p class="Corps"><strong>VICE : Salut Aernoud. Pourquoi voulais-tu cette image
en premier lieu ?
	<br></strong><strong>Aernoud Bourdrez :</strong> Dans ma vie,
j'ai vu certaines choses qui m'ont poussé à me demander : « Mais
qu'est-ce que c'est que ça ? » 
	<i>Jackass</i> fait partie de ces
choses. Quand j'ai maté 
	<i>Jackass, le film</i>, je me suis dit qu'il fallait
absolument que je mette la main sur cette radio. En tant qu'avocat, je suis
spécialiste des droits d'auteur, et la radio de Dunn en est un exemplaire
unique. Normalement, les radiographies ne sont pas protégées par des droits
d'auteur, mais celle-ci l'est.
</p><div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/YxGgsZMYGCo" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="420px" data-original-height="315px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><p class="Corps"><strong>Comment tu t'y es pris pour l'acquérir ?<br></strong>J'ai envoyé une lettre à Ryan Dunn. Il est facile d'obtenir
ce que l'on veut quand on a de l'argent. Le problème, c'est que les mecs de 
	<i>Jackass</i>
	ne se soucient pas beaucoup de l'argent. Dunn n'avait pas l'air emballé par mon
offre. J'ai donc essayé de trouver quelque chose qui susciterait sa curiosité.
</p><p class="Corps">Grâce à mon travail, j'ai appris qu'en racontant une
histoire aux gens, on peut obtenir beaucoup plus qu'en leur donnant simplement
de l'argent. J'avais acheté cette Mercedes sur un coup de tête, mais je m'en
étais lassé. Je lui ai donc proposé d'avoir la voiture en échange de l'image,
et Dunn a pensé que c'était une bonne affaire.
	
</p><p class="Corps"><strong>Mais la Mercedes n'a jamais passé la douane.<br></strong>Non, en effet. Apparemment, les voitures aux États-Unis
doivent avoir un autre type de pare-chocs. Il y avait également un problème
avec les ceintures de sécurité. J'aurais pu la faire réparer pour 8 000 dollars,
mais j'ai trouvé ça trop cher. J'ai eu l'idée de proposer la DAF à Dunn. Je lui
ai envoyé une vidéo de course automobile en marche arrière et il a adoré.
</p><p class="Corps"><strong>As-tu récupéré la Mercedes ?<br></strong>Beaucoup de gens me demandent ça. Je ne l'ai pas récupérée,
mais je n'y tenais pas particulièrement. Elle a sans doute été vendue aux
enchères. Quelqu'un quelque part aux États-Unis doit être en train de la
conduire. Peut-être devrais-je essayer de la retrouver, ça pourrait être drôle.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/mercedes-contre-celebre-radio-du-cul-de-ryan-dunn-jackass-body-image-1469020566-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="667" data-model-id="206052" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="mercedes-contre-celebre-radio-du-cul-de-ryan-dunn-jackass-body-image-1469020566.jpg" class="vmp-image"><em><sub>Aernoud devant sa gallerie</sub></em></p><p class="Corps"><strong>Es-tu fan de <i>Jackass</i> ?<br></strong>Je trouve ça génial.
</p><p class="Corps"><strong>Quelle est la cascade la plus stupide de ta vie ?<br></strong>Quand j'étais plus jeune, je m'accrochais en rollers ou en
VTT à l'arrière des voitures dans les rues d'Amsterdam et de New York. C'était
vraiment dangereux, et une fois, j'ai failli mourir. Une voiture a heurté l'une
de mes roues et j'ai failli rester coincé sous la caisse. Mais je ne fais plus
ce genre de choses.
</p><p class="Corps"><strong>Sinon, pourquoi as-tu décidé de vendre la radio ?<br></strong>J'ai l'impression que
mon rôle dans l'histoire de cette radiographie est terminé. Je ne pense pas que
son voyage est terminé, cependant. Espérons que quelqu'un va me faire une offre
intéressante. Jusqu'à présent, un mec m'a proposé d'échanger la radio contre
une Porsche. J'ai trouvé ça très drôle, parce que l'histoire a commencé par une
voiture de sport allemande. De cette façon, elle pourrait aussi se terminer
avec une voiture de sport allemande ! Une bonne anecdote vaut bien plus
qu'une grosse somme.
</p><p><strong>Je vois. Merci Aernoud.</strong><br>
</p>
]]></content:encoded>
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<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/20/mercedes-contre-celebre-radio-du-cul-de-ryan-dunn-jackass-1469020321.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Nils de Lange</dc:creator>
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<category>stuff</category>
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<title>Avec les pro et les anti-Trump </title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/avec-les-pro-et-les-anti-trump</link>
<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Une étude photographique des citoyens américains réunis lors de la Convention républicaine à Cleveland.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/22/avec-les-pro-et-les-anti-trump-1469176736.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/22/avec-les-pro-et-les-anti-trump-body-image-1469176873-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="1500" data-model-id="206905" data-path="images/content-images/2016/07/22/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/22/" data-image-filename="avec-les-pro-et-les-anti-trump-body-image-1469176873.jpg" class="vmp-image"></p><p>La Convention républicaine, qui s'est tenue la semaine dernière à Cleveland, a désigné Donald Trump comme candidat officiel du parti. Le gouverneur Mike Pense complète le ticket et prétendra au poste de vice-président lors des élections qui se tiendront le 8 novembre prochain. Comme on pouvait s'y attendre, cette nomination a provoqué une sacrée controverse, divisant jusqu'en son sein le Parti républicain.</p><p>Si <a href="http://abonnes.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/07/21/presidentielle-americaine-j-109-l-affront-de-ted-cruz-a-donald-trump_4972619_829254.html" target="_blank">Ted Cruz</a> a refusé de soutenir officiellement le magnat de l'immobilier, il n'est pas le seul à avoir exprimé son hostilité. Devant l'entrée de la Convention, de nombreux sympathisants républicains ont prouvé que le premier amendement était en parfaite santé aux États-Unis, en affirmant haut et fort leur haine ou leur amour pour Donald Trump. </p><p><em>Allez faire un tour sur le site de <a href="http://www.peterlarsonphoto.com/" target="_blank">Peter Larson</a>. </em></p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/553581</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/22/avec-les-pro-et-les-anti-trump-1469176736.jpg"></media:thumbnail>
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<category>photo</category>
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<title>Toutes les choses affreuses que les Riches font pendant leurs vacances</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/toutes-les-choses-affreuses-que-les-riches-font-pendant-leurs-vacances</link>
<pubDate>Fri, 22 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Majordomes méprisés et sexualité débridée – lorsqu'ils ne bossent pas, les nantis se comportent comme des merdes.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/19/toutes-les-choses-affreuses-que-les-riches-font-pendant-leurs-vacances-1468940170.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/19/toutes-les-choses-affreuses-que-les-riches-font-pendant-leurs-vacances-body-image-1468940273-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="607" data-model-id="205624" data-path="images/content-images/2016/07/19/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/19/" data-image-filename="toutes-les-choses-affreuses-que-les-riches-font-pendant-leurs-vacances-body-image-1468940273.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="MsoNormal">Cela ne surprendra personne
mais, parfois, les riches sont de véritables cons. Il est toujours difficile
d'éprouver de la sympathie pour des mecs qui parlent de K-euros et de montres.
Comment ne pas mépriser un type qui débarque dans un bar en costume cravate
alors qu'il aurait eu la possibilité de se changer entre-temps ? Mais les riches
peuvent être encore plus insupportables quand ils décident de prendre des
vacances – tout occupés qu'ils sont à déverser leurs deniers
engrangés à la face du monde.
	
</p><p class="MsoNormal">Nous avons demandé à
plusieurs de nos amis, qui bossent dans l'industrie touristique grecque,
française et espagnole, de nous raconter leurs pires expériences avec les
nantis.
	
</p><h2>Christophe, réceptionniste et responsable d'un golf ­­
– Deauville
</h2><p class="MsoNormal">Il y a quelque temps, un
banquier américain d'une quarantaine d'années a déboulé à l'hôtel en compagnie
de son majordome, un Noir. Ce banquier ne levait pas le petit doigt, sauf
lorsqu'il jouait au golf. Au début, je pensais que le majordome s'en sortait
plutôt bien et gagnait correctement sa vie – surtout au vu de la richesse
incroyable de son patron. Sauf qu'un jour, j'ai assisté à une scène qui m'a
prouvé le contraire. Alors que ce type jouait au golf, sa balle a atterri dans
les bois. Il s'est tourné vers moi et m'a dit : « Je vais dire à mon
labrador d'aller le chercher. » Là, le majordome s'est rué dans les bois
pour ramener la balle.
	
</p><p class="MsoNormal">Une autre fois, un Allemand
a réservé une suite et trois chambres pour ses gardes du corps. Lors de son
arrivée, il m'a demandé si l'on pouvait lui faire visiter le domaine autour de
l'hôtel avec une voiturette de golf. Il s'est assis dans le véhicule, a mis une
bouteille de vin entre ses jambes, et a ordonné à ses hommes de courir derrière
la voiturette – alors qu'il y avait encore deux places à l'intérieur. Ils ont
couru pendant 45 minutes. De temps à autre, il me demandait d'accélérer
uniquement pour forcer ses gardes du corps à sprinter – il était plié de rire
pendant toute la visite.
	
</p><h2>Gloria, assistante personnelle – Madrid</h2><p class="MsoNormal">Je me souviens de l'histoire
d'une famille russe venue à Madrid pour célébrer l'anniversaire de leur
benjamine. Dès leur arrivée – avant même de récupérer les clés à l'hôtel – ils
m'ont demandé de louer un hélicoptère susceptible de venir les récupérer sur le
toit de leur hôtel afin de visiter la ville par les airs. Lors du vol, ils
souhaitaient lancer des ballons dans le ciel – ballons sur lesquels ils
auraient écrit des messages à destination de leur fille chérie. Au final, ils
ont passé la chanson préférée de leur gamine en boucle. Bien entendu, il était
impossible de leur dire non, et ils étaient prêts à dépenser une somme faramineuse.
	
</p><h2>Michael, skipper – principalement dans les Cyclades</h2><p class="MsoNormal">Quatre types, des Russes,
avaient réservé deux de nos bateaux pour effectuer une croisière dans les îles
grecques. L'un des yachts était pour eux, l'autre pour des femmes – qu'ils
avaient également louées. Tout cela s'est rapidement transformé en orgie. Dès notre départ du port, les types se promenaient à poil devant l'équipage,
et n'ont pas tardé à baiser devant nous. J'étais super mal à l'aise mais, dans
les faits, le bateau ayant été loué par les clients, nous ne pouvions rien dire
– tant qu'ils ne nous demandaient pas de participer.
	
</p><p class="MsoNormal">Tous les matins, le bateau
des Russes se transformait en baisodrome. Tout cela durait jusqu'à la nuit
tombée, quand les filles étaient renvoyées sur leur yacht en canot pneumatique.
Le but de l'entreprise pour laquelle je bosse est de rendre heureux les clients. Dans ce cas-là, on
peut dire que ça a marché.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/19/toutes-les-choses-affreuses-que-les-riches-font-pendant-leurs-vacances-body-image-1468940298-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="607" data-model-id="205625" data-path="images/content-images/2016/07/19/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/19/" data-image-filename="toutes-les-choses-affreuses-que-les-riches-font-pendant-leurs-vacances-body-image-1468940298.jpg" class="vmp-image">
</p><h2>María, responsable des clients dans un hôtel – Madrid</h2><p class="MsoNormal">L'hôtel qui m'emploie
propose des services personnalisés aux clients susceptibles de passer pas mal
de temps chez nous. Cela inclut de changer les tapis, les canapés et les
rideaux, afin que les visiteurs se sentent comme chez eux. Mais c'est devenu
hors de contrôle avec l'afflux de très riches familles en provenance des pays
du Golfe. Une famille nous a forcés à changer la baignoire afin d'en installer
une sertie de diamants.
	
</p><h2>Sophie, capitaine en second sur des navires –
principalement dans les Caraïbes et les Cyclades
</h2><p class="MsoNormal">Chaque été, je bosse sur des
bateaux de luxe valant plusieurs millions de dollars. Mon job est de maintenir
un certain équilibre entre les impératifs de navigation et les attentes des
clients – et de surveiller le comportement des membres de l'équipage.
	
</p><p class="MsoNormal">Un jour, un Anglais a loué
un immense bateau et a invité ses amis à passer la semaine dessus. On parle
d'un groupe de mecs issus de la finance, ayant une cinquantaine d'années, et étant
accompagnés de jeunes femmes siliconées. Ils étaient marrants et aimaient
faire la fête – ce qui veut dire qu'à leurs yeux, il était tout à fait normal
d'avoir une grande quantité de cocaïne sur eux. Avant de quitter le port, ils
avaient pris soin d'en cacher un peu partout dans le bateau. Au début, faire la
fête avec eux était un plaisir – même s'il était difficile de les suivre. Mon
boss passait tout son temps à sniffer en leur compagnie. Ça a duré quelques
semaines. Un beau jour, j'ai découvert des drogues bien plus
« dures » sur le bateau. C'en était trop pour moi. J'ai fait mes
affaires et ai décidé de quitter le bateau.
	
</p><h2>Manos, groom – Mykonos</h2><p class="MsoNormal">Les riches veulent des
femmes et de la drogue. Si vous ne voulez pas tomber dans ce business, vous
n'avez qu'à donner quelques contacts à ces types. Trouver de la drogue est
chose aisée – contrairement aux femmes, plus rares. Mais mon expérience la plus
étrange n'implique ni femme ni drogue. Non, je vais vous parler d'un P.-D.G.
serbe, chrétien affirmé.
	
</p><p class="MsoNormal">Lors de son premier jour à
l'hôtel, il m'a demandé de réarranger les meubles, de lui graver quelques CD de
musique byzantine et d'ouvrir plusieurs bouteilles de champagne – chacune
valant 1 700 euros. Il m'a également demandé de l'accompagner partout
où il allait – à la plage, au restaurant, en soirées. Je ne le quittais pas
d'une semelle – ce qui, pour être honnête, ne me dérangeait absolument pas. Une
nuit, alors que nous rentrions d'une soirée assez folle, il a eu une envie
soudaine : aller brûler un cierge sur l'île de Tinos, située à une heure
de Mykonos, là où nous étions. Il a loué un énorme bateau, et vers 7 heures
du matin nous étions à Tinos, entourés par des vieilles qui tentaient de
rejoindre l'église 
	<a href="http://www.vice.com/read/the-greek-orthodox-pilgrimage-to-our-lady-of-tinos-876" target="_blank">sur leurs genoux</a>.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/19/toutes-les-choses-affreuses-que-les-riches-font-pendant-leurs-vacances-body-image-1468940330-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="607" data-model-id="205626" data-path="images/content-images/2016/07/19/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/19/" data-image-filename="toutes-les-choses-affreuses-que-les-riches-font-pendant-leurs-vacances-body-image-1468940330.jpg" class="vmp-image">
</p><h2>Dimitra, serveuse sur un yacht – surtout en mer
Ionienne
</h2><p class="MsoNormal">Le pire job de ma vie a été
de bosser pour une agence de location de yacht quand j'avais 20 ans. C'était le
début de l'été et je me disais qu'il serait génial d'être payée tout en
naviguant dans les îles grecques. Un ami m'a cooptée, et j'ai trouvé un job
dans une agence. Je devais être disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur
7, pour le plus grand bonheur des clients. Je ne devais jamais me plaindre – étant payée 750 euros par semaine, je n'en avais pas l'intention.
	
</p><p class="MsoNormal">On m'a envoyée sur un bateau
de luxe, loué par deux couples russes âgés de plus de 70 ans. La location du
navire revenait à plus de 70 000 euros par semaine. À ce prix, ils
avaient engagé un équipage – un cuisinier, une autre serveuse, le capitaine,
une femme de ménage, et moi-même. Nous devions naviguer vers les îles Ioniennes
– Paxos, Leucade et Céphalonie, surtout.
	
</p><p class="MsoNormal">Dès le départ, les Russes se
sont avérés être de véritables frustes. Le premier repas était assez
simple : des pâtes aux crevettes. L'une des femmes m'a demandé de les lui
décortiquer. Dès la fin du repas, l'autre femme septuagénaire a exigé que je
lui masse les pieds. J'ai répondu que j'étais là pour leur servir des boissons
et les repas, et ils ont directement appelé l'agence pour se plaindre. J'ai
démissionné, mais je devais tout de même attendre que l'on arrive à Leucade
pour descendre du bateau et être remplacée. À chaque fois que les Russes
avaient un coup dans le nez, l'une des femmes me traitait de « petite
salope ».
	
</p><p class="MsoNormal">Elle ne manquait pas de
sonner la petite cloche au beau milieu de la nuit pour lui servir un verre
d'eau, et me faisait cuisiner tout le temps. Elle balançait du vin par terre pour que je passe la serpillière. Les
mecs n'arrêtaient pas de me peloter. C'est toujours comme ça avec les vieux. Comme
ils comprennent qu'il ne leur reste plus longtemps à vivre, ils deviennent de
véritables connards. Au final, j'ai quitté le bateau, et n'ai jamais été payée.
	
</p><h2>Gustavo, sommelier – Barcelone</h2><p class="MsoNormal">Je bossais comme sommelier
dans un hôtel cinq étoiles. Les clients très riches avaient tendance à exiger
leur vin préféré – même s'il ne faisait pas partie de la carte. Ça ne poserait
pas problème si le vin en question ne se situait pas souvent à l'autre bout de
la planète. Je discutais tous les jours avec des types situés à Paris, Londres,
New York ou Buenos Aires afin de trouver la bouteille idéale – dont le prix
variait entre 2 000 et 7 000 euros. Un jet privé était loué
simplement pour que la bouteille arrive à temps à Barcelone pour le dîner.
	
</p><h2>Émilie, réceptionniste – Paris</h2><p class="MsoNormal">Parfois, des hommes mariés
flirtent avec moi. Ils me proposent un verre au bar et me filent leur numéro de
téléphone, mais ça ne va généralement pas plus loin. Je dois avoir des
centaines de numéros d'hommes d'affaires connus et de politiciens. Parfois, ils
m'invitent dans leur chambre. Je me souviens d'être tombée sur un père de
famille, qui était entré dans le hall de l'hôtel en compagnie de ses deux
filles, des adolescentes. Il désirait deux chambres – l'une pour ses filles,
l'autre pour lui. Je lui ai donné ses clés, et il m'a filé un pourboire de 80 euros.
Le soir venu, j'ai compris pourquoi. Après le dîner, le père a demandé à ses
filles de monter se coucher. Il est venu directement à la réception et m'a
dit : « Si vous vous ennuyez, vous savez où me trouver. » Il
m'attend encore.
	
</p><p class="MsoNormal">Parmi les riches, on trouve
de nombreux voleurs. Une femme de ménage a rapporté qu'une cliente avait volé
les coussins et un tableau de l'une de nos suites. J'ai dû lui retirer le
montant directement sur son compte, et je l'ai appelée pour la prévenir. Au
lieu de nier, elle m'a répondu : « Oui, pas de problème. Je ne suis
pas une voleuse, je voulais juste ce tableau. » J'imagine qu'à ses yeux,
un hôtel n'est pas si différent d'un centre commercial.
	
</p><p class="MsoNormal"><i>Suivez Dan Evans sur </i><a href="https://twitter.com/dan_draws" target="_blank"><i>Twitter</i></a><i>. </i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/552720</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/19/toutes-les-choses-affreuses-que-les-riches-font-pendant-leurs-vacances-1468940170.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>VICE Staff, Illustrations de Dan Evans</dc:creator>
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<category>stuff</category>
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<title>À l’entraînement avec les footballeurs sourds du Val-de-Marne</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/football-sourds-chennevieres</link>
<pubDate>Fri, 22 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Loin des terrains de l'Euro, l'Olympique de Chennevières vient de célébrer son accession en première division sourde.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/20/football-sourds-chennevieres-1469032764.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/football-sourds-chennevieres-body-image-1469032789-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="798" data-model-id="206199" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="football-sourds-chennevieres-body-image-1469032789.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p1"><span class="s1">Le ballon rebondit d'une chaussure à l'autre. Les passes suivent les grands appels de bras. Dans ce calme relatif, la balle file d'un petit but à l'autre sur le terrain d'entraînement de Chennevières. Sur les hauteurs de cette commune située en bord de Marne, les membres des deux équipes continuent cet affrontement silencieux à quatre contre quatre, observés par une colonie de pigeons. Explication du silence : tous sont des footballeurs de l'Olympique des Sourds de Chennevières, un des sept clubs sourds de la région parisienne.</span></p><p class="p1"><span class="s1">Si les cris sont nettement moins nombreux qu'entre entendants, la pratique reste exactement la même. « La seule différence, c'est qu'avec les sourds, on doit enlever nos appareils auditifs et l'arbitre a souvent un drapeau en plus de son sifflet », décrit Christopher, malentendant de 29 ans habitué à jouer dans les deux catégories et meilleur buteur de Chennevières. Avec les sourds, lors du signalement d'une faute par le juge central, il n'est ainsi pas rare que le jeu continue jusqu'à une trentaine de secondes, le temps que tous les acteurs visualisent la fin de l'action.</span></p><p class="p1"><span class="s1">Alors que j'échangeais avec Christophe Colas, l'entraîneur adjoint de l'équipe, son pote d'enfance Sébastien Trimel n'a pu s'empêcher de l'afficher en se replongeant dans leur mémoire commune : « En cadets, nous étions partis en Hollande pour un tournoi. Sur un match, Christophe avait fait un gros tacle à l'entrée de sa surface pour récupérer la balle. Sans entendre le coup de sifflet de l'arbitre, il avait remonté tout le terrain et marqué sur une terrible frappe de 40 mètres, puis était parti dans un tour du terrain les bras en l'air... avant de se rendre compte que le jeu avait été arrêté ! » Si le souvenir semble dur à vivre pour l'intéressé, la scène provoque toujours le rire de ses partenaires.</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/football-sourds-chennevieres-body-image-1469032802-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="798" data-model-id="206200" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="football-sourds-chennevieres-body-image-1469032802.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p1"><span class="s1">Plus de 20 ans après, l'ancien défenseur malentendant se fait encore chambrer. Entre sourds et entendants, pas de cadeaux. Même lorsque l'AS Franprix de Sébastien Trimel affronte l'OS Chennevières de Christophe Colas lors d'un habituel match amical de début de saison. « La cohabitation se passe bien, ce sont des gens très respectueux, et nos rencontres, même sans enjeu, sont plutôt engagées, détaille le co-responsable de l'équipe entreprise du coin. Mais on n'a encore jamais perdu contre eux ! »</span></p><p class="p1"><span class="s1">À le croire, les sourds de Chennevières auraient une affection particulière pour le jeu physique. « Une fois, notre gardien a reçu une espèce de semelle d'un des attaquants adverses, se souvient Sébastien Trimel. Si jamais certains de nos joueurs n'osent d'abord pas y aller à fond, leur réaction est rapide quand ils voient l'intensité déployée en face d'eux ! » À défaut de pouvoir se faire des appels de balle oraux, les footballeurs sourds, moins techniques, doivent nettement plus lever la tête pour se demander le ballon à base de grands signes.</span></p><p class="p1"><span class="s1">Créée au début du XXe siècle, la discipline rassemble les sourds et malentendants qui ont une déficience d'à minima 54 décibels selon les règlements de la Commission fédérale du football des sourds, qui dépendent plus de la Fédération française handisport (FFH) que de la Fédération française de football (FFF). Dans l'hexagone, ils sont ainsi 1 200 pratiquants licenciés, répartis dans 36 clubs, dont 12 disposent de sections féminines. Mais de nombreux sourds jouent uniquement avec les entendants.</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/football-sourds-chennevieres-body-image-1469032812-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="798" data-model-id="206201" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="football-sourds-chennevieres-body-image-1469032812.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p1"><span class="s1">Du haut de sa trentaine de footballeurs, l'OS Chennevières vient pour sa part d'accéder à la première division sourde, après son titre à l'échelon inférieur, acquis à Rennes fin mai dernier. Fondée en 2011, la formation du Val-de-Marne a d'abord pour vocation de donner leur chance aux joueurs les moins utilisés des autres effectifs parisiens. « Il y a beaucoup de sourds et beaucoup d'écoles pour sourds, mais peu de clubs de foot. Aussi, bon nombre de pratiquants jouent peu, insiste Alexandre Tonus, le président, entraîneur et trésorier à l'origine de l'aventure. On a commencé avant tout pour le plaisir, puis on s'est pris au jeu. »</span></p><p class="p1"><span class="s1">S'il rassemble des joueurs venant du 77, du 93, du 94 ou encore du 92, l'ancien gardien de 33 ans a décidé voilà cinq ans de baser son club chez lui. « Tout le monde se connaît, s'entraide ici, avance Alexandre Tonus, ambulancier dans le civil. Mais pour avoir des aides, ça n'a pas été facile. » Désormais adjointe à la mairie de la commune, sa mère l'a aussi accompagné. « Elle milite surtout pour ne pas ignorer les handicaps », coupe-t-il.</span></p><p class="p1"><span class="s1">Pour atteindre son budget annuel de 8 000 à 10 000 euros – nécessaires pour financer les nombreux déplacements de l'équipe aux diverses compétitions dans lesquelles elle est engagée –, le club peut ainsi compter sur le soutien de la municipalité de Chennevières, du département du Val de Marne, ou encore de la fédération départementale handisport. « Mais les entreprises nous ignorent encore, regrette le créateur et responsable de l'OSC. Pourtant, </span>en nous soutenant, elles pourraient bénéficier de déductions fiscales. »</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/football-sourds-chennevieres-body-image-1469032823-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="798" data-model-id="206203" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="football-sourds-chennevieres-body-image-1469032823.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p1"><span class="s1">Titré en deuxième division, finaliste de la coupe d'Île-de-France, demi-finaliste de la coupe Rubens – du nom d'un des fondateurs des Olympiades sourdes –, et deuxième de sa poule en futsal (la pratique hivernale, qui a lieu entre la phase aller et retour du championnat), l'OS Chennevières vient de réaliser sa plus belle saison. Le club continue aussi à gagner en visibilité, meilleur moyen d'attirer de bons joueurs.</span></p><p class="p1"><span class="s1">Néanmoins, étant donné que les clubs de sourds n'ont pas le droit d'engager deux équipes en compétition, Chennevières ne veut pas forcément compter plus de 30 footballeurs. « Depuis 2004, on encourage la création de clubs pour développer la pratique, justifie Brice Allain, directeur sportif de la Commission. On n'a pas intérêt à avoir deux équipes par club ;  on préfère que chaque ville développe une structure. » Ainsi, la formation du Val-de-Marne s'inscrit parfaitement dans cette pratique.</span></p><p class="p1"><span class="s1">La bonne ambiance de l'OS Chennevières commence également à faire sa réputation. En ce doux soir de fin de printemps, après l'entraînement, les joueurs trinquent aux whiskies-coca et aux bières aromatisées au rhum. « C'est notre moment à nous, explique Christophe Colas, carriste chez Sanofi. On se comprend. On discute de choses et d'autres. Après des journées où on ne comprend pas tout, ça fait du bien ! Et encore, moi je parle, j'entends un peu. »</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/football-sourds-chennevieres-body-image-1469032834-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="798" data-model-id="206204" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="football-sourds-chennevieres-body-image-1469032834.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p1"><span class="s1">Petit cigare à la bouche, cet ancien défenseur central aujourd'hui gardien « pour dépanner » est plus sobre qu'aux débuts du club. « Pendant la première année, la troisième mi-temps durait parfois jusqu'à 4 ou 5 heures du matin. C'était top pour la cohésion du départ, mais on a vite ralenti. » Face aux mythiques ESS Vitry et CSSM Paris – tous les deux centenaires –, la mission pour le maintien s'annonce désormais cruciale dans la zone Nord de la D1.</span></p><p class="p1"><span class="s1">« On aura clairement besoin de plus d'expérience à plusieurs postes, valide Christophe Colas. Et puis, il y en a certains qui arrêtent, d'autres qu'on ne veut pas forcément garder, et d'autres encore qui veulent revenir et qu'on teste en ce moment. Tout cela est en discussion. » Chez les sourds, la période des transferts dure jusqu'au 30 août, mais des recrues de Lyon, de Noisy-Le-Grand ou encore de Boulogne sont d'ores-et-déjà enregistrées.</span></p><p class="p1"><span class="s1">L'OS Chennevières pourra également compter sur quelques talents pour mener l'équipe. Particulièrement vanneur à l'entraînement, le polyvalent atout offensif Moussa Sané a connu à 22 ans sa première sélection en équipe de France sourde. Le joueur venu de Lille voilà deux ans concède son ambition : « J'espère être pris pour la Turquie en 2017. » Là-bas, la France jouera les Deaflympics, sorte de JO pour les sourds pour lesquels les footeux viennent de se qualifier.</span></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/football-sourds-chennevieres-body-image-1469032843-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1200" data-original-height="798" data-model-id="206205" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="football-sourds-chennevieres-body-image-1469032843.jpg" class="vmp-image"></p><p class="p1"><span class="s1">« Le niveau de la sélection a baissé depuis mon époque », complète Christophe Colas, qui compte plus de 50 sélections au poste de défenseur. La croissance des compétitions de foot pour sourds aurait entraîné une diminution de la technicité, en les enfermant parfois entre eux. « C'est vrai que, lorsqu'on informe un joueur d'une sélection, on l'encourage à évoluer aussi avec les entendants pour acquérir un certain niveau », reconnaît Brice Allain. Les meilleurs jouent ainsi parfois deux fois par week-end : avec les sourds le samedi, puis les entendants le dimanche.</span></p><p class="p2">« Néanmoins, certains sportifs sourds ne s'entraînent plus avec les entendants à cause de problèmes de communication, regrette Brice Allain, champion d'Europe avec les Bleus en 2007. C'est dommage, car le footballeur sourd est pénalisé au niveau physique pour entrer en équipe de France des sourds. » L'autre problème de la discipline est son clair manque de visibilité, et donc de reconnaissance. Est-ce qu'un titre mondial de la France aux Deaflympics en 2017 pourrait permettre de changer la donne ? « Peut-être qu'on en parlera au sein du monde handisport, mais il n'y aura pas de plus grande incidence, estime le directeur sportif de la Commission de la discipline. Il ne faut pas rêver, Hollande ne viendra pas nous féliciter. »</p><p><a href="https://twitter.com/poussardbruno" target="_blank">@PoussardBruno</a></p>
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<dc:creator>Bruno Poussard</dc:creator>
<media:category>sports</media:category>
<category>sports</category>
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<title>Dans l’Antre d’un mort</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/dans-lantre-dun-mort-nettoyeur-post-mortem</link>
<pubDate>Fri, 22 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[L'histoire de Colin, de ses étranges fantasmes et de ma journée passée à balancer à la poubelle sa vie entière.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/things-you-find-going-through-a-dead-strangers-house-body-image-1468303122-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="667" data-model-id="202645" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="things-you-find-going-through-a-dead-strangers-house-body-image-1468303122.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="photo-credit">Illustrations par Michael Dockery
</p><p>Je n'oublierai jamais l'odeur. Je peux seulement la décrire comme une odeur de « peau ». L'appartement avait été désinsectisé trois jours auparavant. Des milliers de mouches mortes jonchaient la moquette. Une tache noire visqueuse en forme de corps humain se dessinait au beau milieu du salon. C'est là que le cadavre de Colin s'était décomposé pendant trois mois.</p><p class="p1"><span class="s1">Il y a un an, je bossais pour une agence d'intérim qui m'a proposé un boulot dans une entreprise de nettoyage. Les temps étaient difficiles et je ne pouvais pas faire la fine bouche. </span></p><p class="p1"><span class="s1">En règle générale, l'entreprise est contactée par des compagnies d'assurance pour nettoyer les maisons endommagées par un incendie ou une inondation. Vous arrivez en camionnette, vous nettoyez le bordel, et vous repartez. Mais dès ma première semaine, on a été confronté à un « cas exceptionnel ».</span></p><p class="p1"><span class="s1">Un propriétaire nous a demandé de nettoyer son appartement afin qu'il puisse entreprendre des rénovations – il voulait refaire la moquette et repeindre le tout. Son but était de réaménager l'endroit de sorte à ce qu'on ne puisse pas deviner qu'il avait abrité un cadavre. Notre travail consistait à trier les affaires de Colin. Il fallait garder ses effets personnels dits « sentimentaux » et jeter les autres dans la benne.</span></p><p class="p1"><span class="s1">L'intérieur était exactement comme Colin l'avait laissé avant de tomber raide mort dans son salon – c'est-à-dire dans un état de « crasse vivable ». Si on n'a jamais trouvé ses papiers d'identité, des ordonnances médicales nous ont appris qu'il avait dans les 70 ans.</span></p><p>J'ai vite été intrigué par la personnalité du vieil homme. Une miniature du vaisseau Enterprise de Star Trek était mise en évidence dans le salon et l'affiche d'un documentaire sur l'Egypte antique était encadrée au mur. Dans la cuisine, sur le frigo, des aimants « Souvenez-vous du Vietnam » soutenaient des images de femmes en bikini. Puis mon collègue James et moi avons entrepris le nettoyage de la chambre à coucher, et les choses sont devenues de plus en plus étranges.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/things-you-find-going-through-a-dead-strangers-house-body-image-1468303267-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="667" data-model-id="202646" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="things-you-find-going-through-a-dead-strangers-house-body-image-1468303267.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="photo-credit"><i>La marque laissée sur le sol par le cadavre de Colin</i></p><p>La couette de Colin ne couvrait qu'un côté du lit et le tiroir de la table de chevet était ouvert. Des photos de femmes et des couvertures du magazine <i>Woman's Weekly</i> étaient encadrées au mur.<i></i> Il faut croire que Colin appréciait une femme en particulier, car elle apparaissait quatre fois.</p><p class="p1"><span class="s1">Un autre cadre a attiré l'attention de James. Il faisait la taille d'une carte de crédit et était rangé dans le tiroir de la table de chevet. C'était une photo tirée d'un magazine porno, qui mettait en scène un jeune homme avec une bite dans la bouche. Colin avait plusieurs facettes.</span></p><p class="p1"><span class="s1">C'est à ce moment-là que mon voyeurisme a fait place à l'amertume. J'ai pris conscience de la réalité de ce que nous faisions. James et moi étions dans la maison de Colin afin de nettoyer son existence. Sa vie entière allait être jetée à la poubelle.</span></p><p class="p1"><span class="s1">Auparavant, James avait reçu un appel de la fille de Colin, qui n'était qu'un bébé quand ce dernier l'a abandonnée. James et moi étions d'accord pour dire que Colin n'était sûrement qu'un con. Aucun membre de sa famille n'avait été en contact avec lui pendant des décennies.</span></p><p>Nous sommes allés dans une autre chambre, où se trouvaient des boîtes remplies de vieilles cassettes vidéo. Une perruque blonde dépassait du couvercle d'une boîte. James l'a ouvert et a été pris de vertige. À l'intérieur se trouvait la plus grande collection personnelle de vidéos porno que j'avais jamais vue. Chaque couleur du spectre sexuel y était représentée. Gay, hétéro, trans – pour n'en nommer que quelques-uns. Certains films étaient spécifiquement rangés par ethnie et poids corporel.</p><p class="pullquote">James et moi étions d'accord pour dire que Colin n'était sûrement qu'un con. Aucun membre de sa famille n'avait été en contact avec lui pendant des décennies.</p><p class="p1"><span class="s1">James se marrait. J'essayais tant bien que mal de voir le côté comique de la situation – le Colin excentrique de la chambre précédente était désormais un vrai <i>creep</i>. Voilà ce qui arrive à un homme abandonné auquel il ne reste plus rien. James et moi avons décidé de tout faire disparaître avant que sa fille n'arrive.</span></p><p class="p1"><span class="s1">La fille de Colin a débarqué accompagnée par ses voisins. Tout ce que nous avions mis de côté avait été déposé sur le porche de Colin. Ses trésors de guerre, ses uniformes, ses revues et ses livres étaient soigneusement alignés. Ils ont récupéré les DVD et se sont organisés pour que quelqu'un puisse passer prendre le réfrigérateur plus tard dans la journée. Et ce fut tout.</span></p><p class="p1"><span class="s1">James et moi avons fait de notre mieux pour paraître empathiques, hochant la tête et parlant doucement. Personne n'ouvrait la bouche, à l'exception du vieil homme que la fille de Colin avait ramené. Il tenait absolument à jeter un coup d'œil à l'intérieur de la maison. Le vieux cinglé nous a ensuite expliqué que la majeure partie du processus de décomposition avait lieu au cours des deux premiers jours – à savoir l'explosion de l'estomac et ainsi de suite. Il adorait ça.</span></p><p>Ils sont repartis en taxi. James et moi avons fêté leur départ en fumant une cigarette sur le porche. Tous les biens de Colin étaient désormais dans la benne et la maison était vide. J'ai parcouru une pile de vieux papiers qui s'étaient échappés de la poubelle et ai constaté qu'il s'agissait d'une collection de lettres manuscrites. Elles étaient déchirantes.<br></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/things-you-find-going-through-a-dead-strangers-house-body-image-1468356968-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="777" data-model-id="203120" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-image-filename="things-you-find-going-through-a-dead-strangers-house-body-image-1468356968.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="photo-credit"><i>Un poème que j'ai trouvé parmi ses lettres</i></p><p>Le thème commun était : « L'amour est un mensonge. » Colin écrivait au sujet de l'escroquerie de l'amour et de la vie. J'ai repensé à sa collection de porno et à son énergie sexuelle débordante. J'ai réalisé, en voyant ses pensées les plus intimes, qu'il était complètement en désaccord avec lui-même. Ses écrits étaient brutalement honnêtes et reniaient l'amour.</p><p>Je ne connaîtrai jamais Colin. En une seule journée, la vie entière d'un vieil homme solitaire a été détruite sous mes yeux. Je pense que James et moi connaissons désormais Colin mieux que quiconque. Si bien que ce soir-là, j'ai bu une bière en pleurant le vieil homme, juste au cas où personne ne l'aurait fait. Ça me paraissait être la meilleure chose à faire.
</p><p><i>Plus d'illustrations de Michael sur son </i><a href="http://michaelcdockery.tumblr.com/" target="_blank"><span class="s2"><i>Tumblr</i></span></a><i>. </i></p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Michael Dockery</dc:creator>
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<category>stuff</category>
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<title>Le Jour où Nadine Morano a croisé un adepte du tuning et une meuf qui lit « Mein Kampf » </title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini</link>
<pubDate>Fri, 22 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[La cinquième mouture de <i>Franky et Nicole</i>, la meilleure compilation française de BD, est enfin disponible – on vous file quelques extraits.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030559-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2008" data-original-height="2835" data-model-id="206182" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030559.jpg" class="vmp-image">
	<em><sub>Toutes les illustrations sont tirées de </sub></em><sub>Franky et Nicole 5</sub><em><sub>. (c) <a href="http://www.lesrequinsmarteaux.com/livres" target="_blank">Les Requins Marteaux</a> </sub></em><br>
</p><p>Sur la plage, on trouve plusieurs catégories de lecteurs. Certains,
serviette délicatement posée sur le sable chaud de la côte Atlantique, s'adonnent
aux joies des lectures-rattrapages – à savoir, les bouquins que l'on ne prend
pas le temps de lire pendant l'année parce que l'on sait pertinemment qu'ils ne
sont pas 
	<i>si bien que ça</i>, mais qu'il
faut quand même connaître, genre le dernier Franzen, ou Harper Lee. D'autres,
perturbés par les cris stridents de mômes en bas âge ivres de destruction, se
contentent d'une littérature légère – moquée par les lecteurs de 
	<i>Télérama</i>. Les derniers, enfin, tout
enorgueillis de leur admission en classe préparatoire AL ou BL, se repaissent
d'œuvres 
	<i>classiques </i>– Homère,
Montaigne, Madame de Staël, mais surtout pas Bernanos.
	
</p><p class="MsoNormal">En réalité, ma taxinomie exclut volontairement une quatrième catégorie –
pleine de types interlopes, phobiques de la lumière, ou dotés d'un sens de
l'humour non étiqueté 
	<i>Libération</i>.
Ceux-là ne sont pas comptabilisés parmi les lecteurs hexagonaux. Pourtant, dans
leurs mains trône le Saint des saints – le dernier numéro de 
	<i><a href="http://www.lesrequinsmarteaux.com/album/franky-et-nicole-num%C3%A9ro-5" target="_blank">Franky et Nicole</a></i>, la revue de bande dessinée pensée, échafaudée et éditée par <a href="http://www.lesrequinsmarteaux.com/livres" target="_blank">Les Requins Marteaux</a>.
</p><p class="MsoNormal">Dans cette cinquième mouture, on retrouve des grands noms de la BD
française et internationale – dont 
	<a href="http://www.vice.com/fr/read/lhomme-qui-massacrait-des-terroristes-et-passait-son-temps-baiser" target="_blank">Benjamin Marra</a> – mais aussi des dessinateurs moins connus, plus ou moins jeunes et tout aussi
régressifs. On a décidé de sélectionner quelques-unes des nombreuses BD du
bouquin, et de demander aux auteurs de nous livrer leur regard sur leur
création.
	
</p><h2>Hippolyte Hentgen – duo de deux dessinatrices</h2><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/19/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1468924347-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="205485" data-path="images/content-images/2016/07/19/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/19/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1468924347.jpg" class="vmp-image">
</p><p>« On avait adoré le dernier
numéro de 
	<i>Franky</i>, à l'humour
transgressif et exutoire. Il nous avait fait le même effet que 
	<i>Squeak the
Mouse
	</i> de Massimo Mattioli. Quand on aime quelque chose, on désire se
l'approprier. L'envie de dessiner des séquences narratives était là depuis bien
longtemps. Nos 
	<i>strips</i> sont
découpés en six cases, une grille, ce qui nous offre un format parfait
pour inventer des histoires courtes.
</p><p class="MsoNormal">Dans la planche que tu as choisie,
on a commencé par griffonner une case où des gants de Mickey tentent un jeu
d'ombres chinoises. D'expérience, on sait que ce dans ce genre de jeu, si la
dextérité ne suit pas, il vaut mieux être un fin narrateur pour faire croire à
l'audience qu'un lapin est en train de lécher une banane. Voilà comment sont
nées les cases suivantes. »
	
</p><p class="MsoNormal"><i>Allez
faire un tour sur le Tumblr 
	<a href="http://hippolytehentgen.tumblr.com/" target="_blank">d'Hippolyte Hentgen</a>.</i>
</p><h2>Stephen Vuillemin
</h2><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109623.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="600" data-original-height="327" data-model-id="206596" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109623.jpg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109635.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="600" data-original-height="982" data-model-id="206597" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109635.jpg" class="vmp-image"></p><br><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109644.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="600" data-original-height="327" data-model-id="206598" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109644.jpg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109661.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="600" data-original-height="600" data-model-id="206599" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109661.jpg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109672.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="600" data-original-height="327" data-model-id="206601" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109672.jpg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109682.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="600" data-original-height="327" data-model-id="206602" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109682.jpg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109696.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="600" data-original-height="491" data-model-id="206604" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109696.jpg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/21/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109708.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="600" data-original-height="524" data-model-id="206605" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469109708.jpg" class="vmp-image"></p><p>« L'idée
m'est venue l'été dernier au bord d'une piscine, alors que j'étais en vacances
en France. J'ai réalisé la BD très rapidement en rentrant à Londres.
</p><p class="MsoNormal">Pour le design
de la fille, je voulais qu'elle ait une coupe particulière et des lunettes –
afin que l'on comprenne qu'il s'agit du même personnage en tenue de ville et en
uniforme SS. J'ai pensé à une connaissance dont j'aimais bien la coupe de
cheveux et qui porte justement des lunettes. Je suis allé l'espionner sur
Facebook pour m'en inspirer. Au final, mon personnage lui ressemble tellement qu'en
publiant la BD en ligne, la fille s'est reconnue. Je crois qu'elle a trouvé ça
vraiment bizarre qu'un mec qu'elle connaissait à peine la représente en nazie
sans prévenir. »
	
</p><p class="MsoNormal"><i>Allez faire un tour sur le <a href="http://acevee.tumblr.com/" target="_blank">Tumblr</a> et le site de <a href="http://stephenvuillemin.com/" target="_blank">Stephen</a>.</i>
</p><h2>Matti Hagelberg
</h2><p class="MsoNormal has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/19/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1468924576-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="205491" data-path="images/content-images/2016/07/19/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/19/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1468924576.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="MsoNormal">« J'ai
réalisé cette planche en réponse aux actes racistes qui ont touché la
Finlande lors de l'arrivée de réfugiés syriens. Un type n'a rien trouvé de
mieux que de manifester avec un drapeau finlandais et une capuche du Ku Klux
Klan. Bon, ces comportements ne touchent pas uniquement mon pays, mais
également l'ensemble de l'Europe. J'ai souhaité mettre en lumière la stupidité
inhérente au racisme et au nationalisme. Actuellement, on met en avant des
solutions simplistes et racistes à des problèmes complexes, qui mériteraient
d'être traités sous l'angle de l'éducation et de la culture. »
	<i> </i>
</p><p class="MsoNormal"><i>Allez faire un tour sur le site de <a href="http://mattihagelberg.blogspot.fr/" target="_blank">Matti</a>.</i>
</p><h2>Victor Mellini
</h2><p class="MsoNormal has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030093-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206164" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030093.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030104-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206165" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030104.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030112-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206166" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030112.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030138-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206167" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030138.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030148-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206168" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030148.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030157-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206169" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030157.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030169-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206170" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030169.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="MsoNormal">« Au
moment de dessiner cette BD, cela faisait quelques mois que je m'étais découvert une véritable passion pour le monde automobile. J'avais même regardé 
	<i>Turbo</i> sur M6 avec plaisir, ce qui était
plutôt surprenant.
	
</p><p class="MsoNormal">Au début, je me
représentais un retraité du tuning voulant empêcher les fous du volant de
polluer son village en les battant dans une course de drift – à bord d'une
chaise roulante hyper futuriste mais écologique. Au final, je trouvais
plus amusant de dessiner un type tellement idiot qu'il préfère tuer tous les
conducteurs de son village dans une course-poursuite afin de venger la mort de
son ami Johnny – décédé à cause de la pollution engendrée par toutes ces bagnoles
tunées.
	
</p><p class="MsoNormal">Dans le dessin,
je me suis inspiré de plusieurs choses assez éloignées – 
	<i>Mad Max</i>, la série animée <i>Initial
D
	</i>, le jeu vidéo <i>Need for Speed Underground
2
	</i>, les jouets <i>Hot Wheels </i>pour les
bagnoles.
	<i> </i>Dessiner les voitures a d'ailleurs
été le truc le plus cool à réaliser. »
</p><p class="MsoNormal">
</p><p class="MsoNormal"><i>Allez faire un tour sur le site de <a href="http://victor-mellini.blogspot.fr/" target="_blank">Victor</a>.</i>
</p><h2>Willem
</h2><p class="MsoNormal has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030396-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206171" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030396.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030406-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206172" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030406.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030432-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206173" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030432.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030442-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206174" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030442.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030452-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206175" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030452.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030473-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206176" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030473.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030486-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206177" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030486.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030496-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206178" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030496.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030506-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206179" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030506.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="has-image"><strong><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030518-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1003" data-original-height="1417" data-model-id="206181" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="franky-nicole-5-requins-marteaux-willem-hentgen-vuillemin-hagelberg-mellini-body-image-1469030518.jpg" class="vmp-image"></strong>
</p><p class="MsoNormal">« En fait,
j'ai toujours pensé que Madame Morano possède les qualités d'une héroïne de BD,
voilà tout. Peut-être aura-t-elle de nouvelles aventures. Je n'en sais rien. »
	
</p><p class="MsoNormal"><i>Procurez-vous </i><a href="http://www.lesrequinsmarteaux.com/album/franky-et-nicole-num%C3%A9ro-5" target="_blank">Franky et Nicole 5</a> <i>sans attendre.</i>
</p><p class="MsoNormal"><i>Suivez Romain sur <a href="https://twitter.com/romain_gonzo?lang=fr" target="_blank">Twitter</a>.
	</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/552600</guid>
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<dc:creator>Romain Gonzalez</dc:creator>
<media:category>comics</media:category>
<category>comics</category>
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<title>À la rencontre d&#039;un surveillant de plage français </title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/profession-surveillant-de-plage</link>
<pubDate>Thu, 21 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Lunettes de soleil et sifflet à la bouche : chaque été, Gwen Lefranc veille à ce que vous reveniez en vie de vos séjours à la mer.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/21/profession-surveillant-de-plage-1469098708.jpg" type="image/jpg" length="3009"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/21/profession-surveillant-de-plage-body-image-1469098641-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="3009" data-original-height="2063" data-model-id="206472" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="profession-surveillant-de-plage-body-image-1469098641.jpg" class="vmp-image"></p><p><a href="http://www.lefigaro.fr/conso/2016/05/18/05007-20160518ARTFIG00161-les-francais-vont-consacrer-2233-euros-pour-leurs-vacances-d-ete.php" target="_blank">Comme environ 57% des Français</a>, vous envisagez peut-être de partir en vacances cet été. Toujours selon
les mêmes statistiques, votre choix devrait naturellement se porter vers les
côtes françaises – Hossegor, Quiberon, ou Port Leucate, selon vos affinités et
vos inclinations. Là, entouré de vos potes, vous vous prélasserez sur votre
serviette, enchaînerez les commentaires mesquins sur vos voisins de plage, lirez
des livres de qualité médiocre et pratiquerez toutes sortes d'activités plus ou
moins humiliantes dans l'eau.
	
</p><p class="MsoNormal">Mais, quoi qu'il arrive, un homme ou une
femme veillera sur vous. Dans le sable chaud ou sur les mers agitées, les
surveillants de plage sont l'équivalent le plus proche de Dieu, ou de votre
mère – à supposer que Dieu ou votre mère en aient quelque chose à foutre de
votre intégrité physique.
	
</p><p class="MsoNormal">Pourtant, et vous vous en doutez, ce
sont des gens comme vous et moi qui officient dans les postes de secours, de Juan-les-Pins
à Perros-Guirec. Pour avoir une petite idée de ce à quoi ressemble la vie d'un
surveillant de plage – du sauvetage d'enfants à la dérive aux longues heures
passées à scruter le large – je suis allé interroger l'un d'eux.
</p><p> Gwen Lefranc a
40 ans. Il a passé la moitié de sa vie en tant que nageur-sauveteur
professionnel sur les plages hexagonales. Il est également formateur bénévole au
sein de la Société Nationale des Sauveteurs en Mer (SNSM). Gwen a accepté de
répondre à mes questions et m'a fait part de ses meilleurs souvenirs de parents
irresponsables. Il en a également profité pour m'en dire plus sur l'évolution
de sa profession et son amour du basket.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>VICE : Bonjour
Gwen. Pour commencer, racontez-moi comment vous êtes devenu nageur-sauveteur.
	<br></strong><strong>Gwen
Lefranc : 
	</strong>En fait, mon frère l'était déjà. Je
viens de Lorient. Là-bas, on a l'habitude de passer beaucoup de temps dans
l'eau, de faire face aux vagues. Je voulais combiner cette passion à mon envie d'aider
les autres. Et puis, comme j'aimais beaucoup le basket, c'était un moyen de
retrouver l'esprit d'équipe de ce sport tout en exerçant une autre activité.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Votre job a
pourtant l'air assez solitaire. J'imagine toujours le sauveteur comme étant un
mec qui reste assis sur sa chaise haute pendant des heures sans dire un mot.
	</strong><br>
	En vérité, il est très dur de réaliser une opération de sauvetage par soi-même. J'ai
beau mesurer 1 mètre 95 et peser près de 90 kg, j'ai du mal à sortir
quelqu'un de l'eau tout seul. Je suis heureux de savoir qu'un coéquipier veille
sur moi – qu'il peut me prêter main-forte.
	
</p><p class="MsoNormal">Il arrive également que cinq personnes
soient entraînées par le courant au même moment. Dans ce cas, il faut savoir
s'organiser. C'est pour cela qu'on retrouve dans notre métier des principes de
cohésion et des dispositifs propres aux sports collectifs.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Pensez-vous
que quelqu'un d'un peu « faible » physiquement puisse devenir
nageur-sauveteur ? 
	</strong><br>
	Le plus important est d'aimer l'eau et d'avoir envie de donner aux autres. Surveiller
une plage implique un côté social. Vous répondez aux questions que peuvent vous
poser les gens, et ce n'est pas grave si vous n'êtes pas « une force de la
nature ». Il y a des postes de secours où la majorité des activités
consiste à récupérer des planches à voile ou des dériveurs en pneumatique. Comme
je le disais, nous travaillons en équipe. Les compétences de chacun se
complètent.
	
</p><p class="pullquote">Je
n'arrive pas à imaginer qu'en France, un acte terroriste puisse avoir lieu sur
une plage. Je me plais à imaginer les plages comme des lieux de plaisir
éloignés de la violence.
</p><p class="MsoNormal"><strong>En 20 ans,
votre métier a dû beaucoup évoluer, non ?
	</strong><br>
	Au niveau des méthodes de travail, pas vraiment – c'est surtout le matériel qui
a changé. Quand j'ai commencé, on n'utilisait pas de combinaisons. Elles
n'étaient ni confortables, ni performantes. On travaillait en short et en
maillot. D'ailleurs, il m'arrivait de terminer des journées frigorifié.
	
</p><p class="MsoNormal">Aujourd'hui, c'est beaucoup mieux. On utilise
des bateaux pneumatiques plus rapides et maniables, des jet-skis, des
défibrillateurs, etc. De nouveaux outils apparaissent chaque année – avec plus
ou moins de succès. Cet été, l'utilisation de drones va être expérimentée au
niveau de Biscarrosse . Est-ce que
c'est le futur ? Je n'en sais rien. Je n'y crois pas trop. Mais peut-être suis-je
déjà trop vieux pour m'ouvrir à ces technologies.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Cet été, les CRS en
charge de la surveillance des plages sont armés. Qu'en pensez-vous ?
	</strong><br>
	Avant, ils avaient
déjà sur eux une partie de leur matériel – comme les menottes. Là, ça marque
une escalade dans la violence. Est-ce légitime ? Difficile à dire. Je
n'arrive pas à imaginer qu'en France, un acte terroriste puisse avoir lieu sur
une plage. Je me plais à imaginer les plages comme des lieux de plaisir
éloignés de la violence.
	
</p><p class="MsoNormal">Bien sûr, il arrive que la tension monte avec certaines personnes. Dans de
tels cas, on ferme la zone de bain et on se regroupe entre sauveteurs pour
faire face. C'est généralement assez dissuasif. Dans le pire des cas, on
appelle la police municipale. Aujourd'hui, ça me rend triste de savoir que les
choses peuvent s'aggraver.
	
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/21/profession-surveillant-de-plage-body-image-1469098687-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="3828" data-original-height="2695" data-model-id="206474" data-path="images/content-images/2016/07/21/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/21/" data-image-filename="profession-surveillant-de-plage-body-image-1469098687.jpg" class="vmp-image"></p><br><p><strong>Vos relations
avec les vacanciers ont-elles évolué en 20 ans ?
	<br>
	</strong>Ce sont surtout les activités qui ont changé. Aujourd'hui, le kitesurf est
très présent sur certaines plages – tout comme le surf, dont la pratique a
explosé. Ce sont des activités auxquelles on doit s'adapter parce qu'elles
créent de nouveaux types d'accidents. Dans le Sud-Ouest, des arrêtés ont été
instaurés afin de réguler les pratiques et limiter les risques.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Quels sont les
accidents les plus courants sur la plage ?
	<br>
	</strong>Ce sont très souvent des personnes emportées par le courant, qu'il faut
aller chercher. Sinon, beaucoup de « bobologie » : des petites
blessures causées par des cailloux ou des vagues.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Certaines
personnes ont tendance à vous énerver ?
	</strong><br>
	Ceux qui ne respectent pas les règles de sécurité. Exemple très simple : quand
on hisse le drapeau rouge, certains vont quand même se baigner. Là, non
seulement ils se mettent en danger, mais ils mettent également en danger la vie
des sauveteurs – qui devront peut-être les secourir.
	
</p><p class="MsoNormal">Il y a aussi les parents qui ne font pas
attention à leurs gamins. Je me souviens d'un jour où nous avons dû récupérer
deux enfants – un frère et une sœur de 10 et 8 ans – qui avaient été entraînés vers
le large alors qu'ils étaient assis sur une planche de bodyboard. Heureusement,
on a fini par les ramener sains et saufs sur la plage. Après un temps de
recherche, on a retrouvé leur mère, occupée à bronzer sur le sable. Celle-ci
nous a engueulés ! Dans ces moments-là, on prend sur nous et on essaie de rester
calme. Les sauveteurs ne sont pas des nounous présentes pour assumer le rôle
des parents. Nous avons une plage à surveiller.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Je vois. Hormis
les mères irresponsables, quelles sont les autres difficultés du métier ?
J'imagine que rester assis pendant des heures ne doit pas faciliter la
concentration.
	</strong><br>
	Je dirais que l'une des qualités d'un nageur-sauveteur est de savoir s'ennuyer.
Il faut être capable de rester vigilant pendant des heures malgré le bruit, la
chaleur, le froid, la foule, etc. Il m'arrive de passer quatre ou cinq heures
sur une plage sans rien faire à part me les geler. Dans ces cas-là, il faut
gérer son corps : se désaltérer au bon moment, faire des étirements, se nourrir
pour reprendre des forces. Comme des sportifs de haut niveau, en somme.
	
</p><p class="pullquote">Parfois, vous encaissez bien le choc.
Une, deux, trois fois. Et puis, la quatrième fois, vous craquez parce que la
victime est un enfant ou une personne de votre âge à laquelle vous pouvez vous
identifier.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Vous devez parfois
être confronté à des choses difficiles, comme la mort, non ?
	</strong><br>
	Ça m'est arrivé, mais pas souvent – heureusement. Notre job est avant tout préventif.
Autrement dit, éviter qu'un danger ne survienne. Mais il peut arriver qu'une
personne décède en mer malgré la prévention et les secours. Nous devons être
prêts à faire face.
	
</p><p class="MsoNormal">Parfois, vous encaissez bien le choc.
Une, deux, trois fois. Et puis, la quatrième fois, vous craquez parce que la
victime est un enfant ou une personne de votre âge à laquelle vous pouvez vous
identifier. Si ça va mal, on peut bénéficier de l'aide d'un psychologue. Il y a
aussi des stages proposés par la SNSM pour apprendre à gérer ces difficultés.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Pour revenir
à des choses plus légères, est-ce qu'être surveillant de plage est un bon plan
pour la drague ? 
	</strong><br>
	J'imagine que ça aide, oui. Un peu comme chez les pompiers. Mais je ne suis pas
le mieux placé pour en parler. Je pense néanmoins que ceux qui nous apprécient
le plus, ce sont les enfants. Chaque été, il y en a qui viennent nous voir exprès
pour être pris en photo à nos côtés.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>OK. Des
conseils à donner à ceux qui fréquentent les plages cet été ?
	</strong><br>
	Il faut bien se renseigner sur les risques liés à la plage que vous fréquentez,
se baigner dans la zone de bain et respecter les consignes de sécurité. Et bien
sûr, prendre du plaisir !
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Merci Gwen.
Promis, on suivra vos conseils.
	</strong>
</p><p><i>Suivez Grégory sur </i><a href="https://twitter.com/gregory_oiv" target="_blank"><i>Twitter.</i></a>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/552348</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/21/profession-surveillant-de-plage-1469098708.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Grégory Vieau</dc:creator>
<media:category>interviews</media:category>
<category>interviews</category>
</item>
<item>
<title>VICE Special: Être poupée</title>
<link>http://www.vice.com/fr/video/etre-poupee</link>
<pubDate>Thu, 21 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Quand des hommes bien sous tous rapports décident de se transformer en poupées de latex.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/18/etre-poupee-1468857259.jpg" type="image/jpg" length="1920"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p>Le female masking est un phénomène qui a vu le jour en Europe dans les années 1980. Il compte actuellement des milliers d'adeptes – principalement des hommes hétérosexuels d'un certain âge qui aiment se transformer en poupées de latex vivantes.</p><p class="p1">Pour ce faire et afin d'être le plus ressemblant possible, ils utilisent des costumes de silicone, des prothèses mammaires et des masques. Si beaucoup de passionnés ressentent le besoin de garder leur lubie secrète, d'autres se rencontrent lors de rassemblements de female masking. La communauté est aussi très active sur Internet.</p><p>VICE Allemagne est allé à la rencontre de ces hommes qui se muent en poupées et de vétérans du female masking.</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/552396</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/18/etre-poupee-1468857259.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>VICE Staff</dc:creator>
<media:category>travel</media:category>
<category>travel</category>
</item>
<item>
<title>J&#039;ai avalé un taz douteux et depuis, ma vue est chroniquement granuleuse</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/vue-granuleuse-ecstasy-douteux</link>
<pubDate>Thu, 21 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Avec le syndrome post hallucinatoire persistant, le monde autour de vous ne semble être qu'un bruit statique généré par un écran de télévision.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/13/vue-granuleuse-ecstasy-douteux-1468412941.jpg" type="image/jpg" length="970"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="CorpsA has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="vue-granuleuse-ecstasy-douteux-body-image-1468412962.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-model-id="203378" data-original-height="604" data-original-width="970" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/vue-granuleuse-ecstasy-douteux-body-image-1468412962.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><i><sub>Photo de l'Alexanderplatz
par Christian Wolf via 
	</sub></i><sub><a target="_blank" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Alexanderplatz#/media/File:Alexanderplatz_in_Berlin_-_Panorama.jpg"><span class="Hyperlink0"><i>Wikimedia</i></span></a><i> (modifiée). Pour avoir un aperçu de
ce que vit une personne atteinte du HPPD, rendez-vous sur 
	</i><a target="_blank" href="http://visualsnow.eu"><span class="Hyperlink0"><i><span lang="EN-US">visualsnow.eu</span></i></span></a>
</sub></p><p class="CorpsA">À
la fin du mois de juillet 2015, après une belle journée ensoleillée, Luuk et trois de ses amis se sont baladés dans Berlin. Ils voulaient visiter la ville pour découvrir tout ce qu'elle avait à offrir et, surtout, pour faire la fête. Comme c'était leur avant-dernier soir, ils ont
décidé de sortir au club techno Tresor.
</p><p class="CorpsA">Ils étaient d'humeur à prendre de la drogue, mais il y avait
un petit problème : ils n'en avaient pas apporté avec eux, ils ne connaissent pas de
dealer à Berlin
et ils ne voulaient pas se faire arnaquer par le premier venu. Des amis leur
avaient dit que certains clubs berlinois laissaient les dealers vendre en face du club, afin d'être sûr
que seules des drogues de qualité ne circulent à
	<span lang="IT">l'int</span>érieur
– mais peut-être n'était-ce qu'une rumeur.
</p><p class="CorpsA">Après quelques heures passées à boire de l'alcool, ils sont tombés sur un mec qui disait pouvoir les aider. Ils lui ont
acheté de l'ecstasy
et du speed. Peu de temps après avoir avalé les pilules, ils
ont commencé à sentir que quelque chose n'allait pas. Il était clair que les taz n'était pas exactement ceux annoncés. Ils ont décidé d'y aller doucement pour le reste de la
soirée – rien de grave ne s'est passé ce soir-là.
</p><p class="CorpsA">Le lendemain matin,
Luuk se sentait toujours mal. Il était détaché
	<span lang="IT">, peu concentr</span><span lang="IT">é</span><span lang="IT"> et avait l</span><span lang="IT">'</span><span lang="IT">impression de </span>vivre dans un autre monde. En plus, sa vision était floue – il voyait du bruit statique, comme
celui que l'on voit à la télévision lorsque la réception est mauvaise. Ça ne disparaissait pas : de retour à la
maison avec ses parents, le bruit statique est devenu si intense que les
meubles semblaient se déplacer. « Je
ne comprenais pas ce qui m'arrivait 
	<span lang="IT">»</span>, m'a expliqué Luuk. « J'ai eu peur de faire une psychose.
Quelque chose n'allait pas dans ma tête. » Il a fait des recherches sur ses
symptômes et a appris qu'il souffrait du
syndrome post hallucinatoire persistant (HPPD en anglais).
</p><p class="CorpsA">Selon le <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_diagnostique_et_statistique_des_troubles_mentaux"><span class="Hyperlink0">Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux</span></a>, les personnes atteintes de ce syndrome revivent un ou
plusieurs des symptômes perceptifs qu'ils ont expérimentés sous l'influence
de la drogue. Le symptôme le plus courant est la neige
visuelle, mais certaines personnes peuvent également souffrir d'aberrations visuelles (des ombres en mouvement dans le
champ de vision), de palinopsie (une persistance anormale d'images visuelles),
et peuvent voir des halos de lumière autour des objets environnants.
</p><p class="CorpsA"><span lang="IT">Il existe diff</span>é<span lang="EN-US">rentes th</span>éories sur les causes du HPPD, mais
tous les patients ont une chose en commun : ils ont pris de la drogue. Le Dr
Gerard Alderliefste, spécialiste de la toxicomanie, travaille
pour une ligne d'information néerlandaise qui aide les personnes
souffrant de problèmes médicaux
chroniques après avoir consommé des drogues récré<span lang="IT">atives. Il avance
que
	</span> le problème provient sans doute d'une fluctuation de la
neurotransmission – la communication entre les nerfs : « Cela peut mettre fin au filtrage des signaux. Mais on ne
sait pas exactement quel rôle les drogues jouent dans ce domaine.
La majorité des patients atteints de HPPD ont
consommé de la drogue au moins 50 fois au cours
de leur vie – que ce soit de l'ecstasy, du speed du LSD ou du cannabis.
Mais certaines personnes ont développé le HPPD dès la troisième prise. »
</p><p class="CorpsA">Peu de recherches
ont été menées sur le HPPD. Alderliefste pense que
cela est dû au fait que peu de gens connaissent
cette maladie. « Beaucoup de médecins ne reconnaissent pas le HPPD, ce qui mène à
	<span lang="IT">un diagnostic
erron</span>é de leurs patients, explique-t-il. Et
surtout, le nombre de personnes souffrant de cette maladie est relativement
faible. Il est donc plus difficile de lever des fonds pour la
recherche », poursuit-il.
</p><p class="CorpsA has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="vue-granuleuse-ecstasy-douteux-body-image-1468413127.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-model-id="203379" data-original-height="544" data-original-width="900" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/vue-granuleuse-ecstasy-douteux-body-image-1468413127.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><i><sub>Photo via </sub></i><sub><a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Matter_dancefloor_2009.JPG"><span class="Hyperlink0"><i>Wikimedia</i></span></a><i> (modifi</i><i>é</i><i>e).</i>
</sub></p><p class="CorpsA">Lorsque Luuk a fait
de plus amples recherches en ligne sur son problème,
ses inquiétudes n'ont
fait que grandir 
	<span lang="EN-US">: </span>« La plupart des gens racontent que c'est devenu de pire en pire : parfois, il leur a fallu des
années pour s'en remettre, parfois, le problème n'a jamais disparu ». Il s'est
dit qu'il allait devoir apprendre à vivre avec pour le reste de sa vie.
Quand il est entré en contact avec Brijder – une organisation spécialisée
dans le traitement de la toxicomanie – le médecin
lui a proposé un rendez-vous d'admission pour
discuter d'un traitement. « J'ai refusé.
Je voulais vraiment essayer de guérir sans aucun médicament. » Le médecin
lui a ensuite proposé un programme basique pour aller mieux
: pas d'alcool, pas de cigarettes, une alimentation saine et beaucoup de sport.
</p><p class="CorpsA">En octobre, la
situation de Luuk a commencé à empirer.
« J'ai essayé de
vivre selon ce programme, mais parfois, j'avais l'impression
qu'il ne marchait pas. Il m'arrivait de ne pas boire d'alcool
pendant trois semaines et de craquer complètement le week-end. » Pensant que sa situation était
désespéré<span lang="IT">e, il a commenc</span><span lang="IT">é </span>à souffrir
de dé<span lang="IT">pression.</span>
</p><p class="CorpsA">Lors de ses
rencontres avec le spé<span lang="NL">cialiste de
Brijder, Luuk a parl</span><span lang="NL">é </span><span lang="NL">de son sentiment de d</span><span lang="NL">é</span><span lang="NL">tachement de
lui-m</span><span lang="NL">ê</span><span lang="NL">me </span><span lang="NL">–</span><span lang="NL"> le monde lui
semblait d</span><span lang="NL">é</span><span lang="NL">sormais irr</span>éel. En plus du HPPD, on lui a
diagnostiqué un trouble de la dépersonnalisation. Ce trouble dissociatif est un mécanisme de dé<span lang="EN-US">fense qui prot</span><span lang="EN-US">è</span>ge
la personne des stimuli négatifs ou mena<span lang="PT">ç</span>ants. Alderliefste explique : « Cette réaction est souvent comorbide avec un
traumatisme – et un <em>bad trip</em> est susceptible de
causer un traumatisme. » Le
trouble de la dépersonnalisation rend le patient moins
anxieux, mais aussi vide de toute émotion. Lorsque vous ne vous sentez
pas connecté aux gens autour de vous, les liens
affectifs avec les amis et la famille peuvent disparaître. « Ce fait en lui-même effraie beaucoup les patients, ce qui dé<span lang="IT">clenche </span>à nouveau
le mécanisme. C'est un cercle vicieux. Les patients deviennent souvent dépressifs
	<span lang="RU">.</span><span lang="RU"> »</span>
</p><p class="CorpsA"><span lang="EN-US">Luuk a commenc</span><span lang="EN-US">é</span> à chercher un psychologue pour en
parler, mais les 20 praticiens qu'il a contactés ont tous refusé de le traiter en apprenant que sa
situation était liée
à la drogue. « J'ai eu l'impression que personne ne
voulait m'aider, alors j'ai arrêté de chercher. Ça a été une terrible erreur, mais j'étais déprimé et je ne voulais
plus faire d'efforts. »
Pour Alderliefste, il est é<span lang="PT">trange que Luuk
ait 
	</span>été rejeté
autant de fois. « Les psychologues ne devraient jamais
refuser de traiter les gens – ils devraient plutôt demander les informations nécessaires
dans les centres de traitement de la toxicomanie afin d'être en mesure de traiter ces patients. Ils pourraient ainsi
les aider à se détendre,
à se distraire et à aborder
certaines craintes. 
	<span lang="IT">»</span>
</p><p class="CorpsA">Luuk est finalement
tombé sur un rapport écrit par un ancien patient qui a complètement guéri du HPPD au bout de trois mois. Dans
le rapport, il décrit ce qu'il a fait pour aller mieux,
et Luuk a décidé de suivre ses étapes à la lettre et de ne pas abandonner,
cette fois-ci. Il a arrêté de fumer et de boire, a travaillé au moins quatre fois par semaine et n'a mangé que des produits naturels. « Je n'ai pas remarqué de changements au premier abord, mais
si je compare ma situation actuelle à celle d'il y a deux mois, il est clair
qu'il y a une grande différence. Surtout par rapport à mon état
d'esprit. »
Bien décidé à considérer le HPPD comme une affliction temporaire, il a pu faire
face et voir la vie de manière positive. Pour l'instant, il n'a
pas encore guéri, mais sa situation s'améliore progressivement et il tient fermement à mener un rythme de vie plus sain. « Ce n'est
pas fini, mais je suis bien déterminé à me remettre complètement. »
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/551051</guid>
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<dc:creator>Jari Goedegebuure</dc:creator>
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<category>stuff</category>
</item>
<item>
<title>Une brève histoire de la musique dans les films porno</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/musique-dans-les-films-porno</link>
<pubDate>Thu, 21 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Entretien avec Jonny Trunk, maitre incontesté du « porn groove ».
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/20/musique-dans-les-films-porno-1469014698.png" type="image/png" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/20/musique-dans-les-films-porno-body-image-1469014719-size_1000.png?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="563" data-model-id="205995" data-path="images/content-images/2016/07/20/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/20/" data-image-filename="musique-dans-les-films-porno-body-image-1469014719.png" class="vmp-image"><br><i>Cet article vous est présenté par les OFFRES CANAL. </i><span class="s2"><i><a href="http://pubads.g.doubleclick.net/gampad/clk?id=280286565&iu=/16916245/vice.com" target="_blank">Retrouvez les OFFRES CANAL en cliquant ici.</a></i></span>
</p><p class="p3"><span class="s1">Jonny Trunk œuvre depuis toujours pour le sexe, le porno et la musique. Fondateur du label Trunk Records, l'homme a été parmi les premiers à remettre un coup de projecteur sur le porn groove et les instrus de films porno antiques en ressortant la séminale BO du célèbre <i>Gorge Profonde</i>. S'il n'est pas forcément le mieux placé pour savoir si la musique joue un rôle quelconque quand vous regardez un porno, il connaît sur le bout des doigts tous les morceaux que vous avez entendus devant un film du genre, puisqu'en plus d'en éditer certains, il les collectionne tous.</span>
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>VICE : Raconte-nous comment tu as découvert ce qu'on appelle aujourd'hui le « porn groove », cette musique typique des films porno.<br></strong></span><strong>Jonny Trunk :<i> </i></strong>J'ai dû découvrir ça à 16 ans en matant un porno. Je crois que c'était <i>La Fille à Tout Faire </i>de Gérard Kikoïne...
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>On vient justement de </strong><a href="http://www.vice.com/fr/read/l-age-d-or-du-x-francais-vu-gerard-kikoine-909" target="_blank"><span class="s2"><strong>l'interviewer</strong></span></a><strong> !<br></strong></span>C'était du vieux porno français, qui était assez drôle à l'époque, mais je me souviens avoir été plus attiré par la musique que par le film. Je n'avais jamais rien entendu de tel et c'est là que ça a commencé à éveiller ma curiosité. Je me souviens que, sur la même cassette, il y avait un tas de bandes-annonces du même éditeur et chacune était entrecoupée d'un petit jingle. Une sorte de ligne de basse synthétique hyper intense qu'on entendait un peu partout dans ce genre de trucs à l'époque. J'étais fasciné.
</p><p>
	<iframe allowfullscreen="" src="//player.ooyala.com/static/v4/stable/4.4.11/skin-plugin/iframe.html?ec=1vOGg3NDE6WKwp2kiK5ICedWmlGZmVtX&pbid=YjMwNmI4YjU2MGM5ZWRjMzRmMjljMjc5&pcode=JqcWY6ikg5nwtXilzVurvI-vU6Ik" frameborder="0" height="360" width="640">&amp;amp;amp;amp;amp;amp;lt;span id="selection-marker-1" class="redactor-selection-marker" data-verified="redactor"&amp;amp;amp;amp;amp;amp;gt;&amp;amp;amp;amp;amp;amp;lt;/span&amp;amp;amp;amp;amp;amp;gt;&amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;lt;span id="selection-marker-2" class="redactor-selection-marker" data-verified="redactor"&amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;gt;&amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;lt;/span&amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;amp;gt;
	</iframe>
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong><br>C'est à ce moment-là que tu as commencé à en acheter ?<br></strong></span>Que j'ai essayé, oui, mais c'était délicat à l'époque d'aller demander ça dans des boutiques... Je pense que la première BO que j'ai trouvée était celle de <i>Gorge Profonde</i>, par Sandy Hook. À partir de là, je n'ai pas arrêté de traîner dans une boutique spécialisée dans les BO – 58 Dean Street Records, à Londres. Dès que je trouvais un truc vaguement érotique – qui ne coûtait vraiment rien à l'époque –, je le chopais direct. C'est là que j'ai commencé à comprendre l'histoire de cette musique, comment elle était composée, d'où elle venait et comment elle était utilisée.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>C'est-à-dire ?<br></strong></span>Dans les années 90, quand on a commencé à redécouvrir les disques d'illustration sonore, on s'est rendu compte que beaucoup de morceaux de porn groove venaient de là, de labels comme KPM. C'est de là que venait <i>Gorge Profonde</i>. C'est aussi de là que venait la BO de <i>Debbie Does Dallas</i>.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Dans ton boulot, ça rend les choses beaucoup plus difficiles à sourcer et à éditer, non ?<br></strong></span>Pas forcément, parce qu'aujourd'hui, un label comme Conroy appartient à une grosse major qui gère plein de petits labels de ce genre, donc on peut s'y retrouver assez facilement. En revanche, c'est pour payer les droits que ça peut devenir chaud. Certains n'hésitent pas à t'assommer. D'autres sont plus généreux. Après, tu peux aussi compter sur les nombreux bootlegs qui sont apparus au fil du temps.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Quand tu écoutes du porn groove, ce qui te frappe, c'est la qualité musicale ou la qualité érotique des morceaux ?<br></strong></span>Sexuellement parlant, je ne dirais pas que ça m'excite d'en écouter. Dans les films, je ne dis pas, mais je pense que l'image a un plus grand rôle à jouer. Ceci-dit, si la musique est bien placée, c'est clairement un plus et ça emporte vraiment la scène ailleurs. Du coup, ça joue sur les deux plans : musical et érotique.
</p><p><strong>À ton avis, laquelle de ces deux qualités devrait prévaloir ?<br></strong>Si la musique est censée accompagner une scène érotique, elle se doit d'être excitante avant tout. Et si c'est une musique assez excitante, j'ai du mal à imaginer qu'elle puisse être mauvaise... Ça arrive de tomber sur de mauvais morceaux, mais des années 60 aux années 80, c'est vraiment rare de tomber sur des trucs pas bons. Ils avaient souvent des super compositeurs. Au final, je ne ferais pas passer une qualité avant l'autre.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Peux-tu nous faire une playlist de morceaux particulièrement excitants ?<br></strong></span>Sélection porn groove de Jonny Trunk :
</p><p class="p3"><span class="s1">
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/BmkIZA1WJIo" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="150px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><span class="s1"><i>Femina Ridens</i> - Stelvio Cipriani (1969)<br></span>La seule BO de Stelvio Cipriani pour un porno arty. Le morceau est très représentatif de son époque, à cheval entre la décennie du mouvement psychédélique et celle à venir de la libération sexuelle.</span>
</p><p class="p3"><span class="s1">
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/bg-HMdpRpFs" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="150px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><i>Vampyros Lesbos</i> - Manfred Hübler & Siegfried Schwab (1971)<br></span>Musique allemande tripante pour aventures sexadéliques. BO d'un film de Jess Franco.
</p><p class="p3"><span class="s1">
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/L0x8F7TQbpQ" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="150px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><i>Tema Amore</i> - Rino De Filippi (1972)<br></span>Album tiré d'un petit label d'illustration sonore. Rino De Fillipi vous fait vivre le grand amour à l'horizontale.
</p><p class="p3"><span class="s1">
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/Ur314UZXFD8" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="150px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><i>Vergogna Schifosi</i> - Ennio Morricone (1969)<br></span>Ennio Morricone qui compose pour un film avec des gens à poil. Légendaire.
</p><p class="p3"><span class="s1">
	<div class="resp-video-wrapper youtube-wrapper"><iframe src="//www.youtube.com/embed/I4HPq1-miis" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="150px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><i>School Daze</i> - Patrick Cowley (1970-80)<br></span>Du porn groove gay récemment exhumé. Impeccable avec ses séquences courtes et répétitives... Très hypnotique.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui commence à s'intéresser à la musique de films érotiques et porno ?<br></strong></span>Je dirais que les BO italiennes demeurent les plus accessibles. Elles sont régulièrement rééditées et, en plus, elles sont super groovy. Un peu kitsch parfois... Mais c'est un bon point de départ. Les Italiens ne faisaient pas beaucoup de porno à l'époque, mais ils ont fait pas mal de films un peu coquins et sexy, et la musique est à l'image de ces films. Légère et marrante. En revanche, si vous en voyez passer, ne traînez pas, parce qu'elles disparaissent vite des bacs ! La demande n'est pas énorme, mais les clients sont là !
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>En entendant un morceau de porn groove, tu es capable à l'oreille de déterminer son origine ? En gros, est-ce que les Français, les Allemands ou les Américains illustraient le sexe différemment d'un point de vue musical ?<br></strong></span>Oui, clairement. Les Italiens ont un côté romantique, lié à leur héritage culturel. Les musiques sont très opératiques, très belles, mais elles peuvent aussi virer d'un coup au psychotique. Les musiques allemandes sont plus mécaniques et le plus souvent issues de labels d'illustration. Les anglaises sont un peu plus débiles, un peu grivoises. Étonnamment, les musiques françaises sont un peu plus tribales. Il reste un côté yéyé, un peu groovy qui vire parfois au rock tendance psyché. Mais les Italiens ont toujours été plus prolifiques.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Comment est-ce que la musique a évolué au fil des ans ? Est-ce qu'elle a suivi la tendance vidéo bas de gamme que l'on peut retrouver sur Internet ?<br></strong></span>Oui, probablement. Si vous regardez les porno underground américains des sixties, la musique est plus cool, plutôt groovy, un peu bizarre. Les Américains avaient leurs propres compositeurs. Je pense notamment à Jack Justis. Puis, dans les années 1970, ils ont commencé à piocher dans les labels d'illustration européens. Les Italiens avaient leurs propres compositeurs, il me semble que les Français aussi. Une compilation de Patrick Cowley est sortie en 2013. Tout le monde ne regardera pas forcément les porno gay qu'elle accompagnait, mais tout le monde devrait écouter <i>School Daze</i>. C'est très bon et c'est un classique du porno vidéo du début des années 1980 : des séquences courtes et répétitives, très hypnotiques, mais parfaites pour illustrer ce qu'elles illustraient.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Est-ce qu'un bon film de cul est toujours accompagné d'une bonne musique ?<br></strong></span>Pas toujours. Ça dépend beaucoup du réalisateur. Un film peut être très bien monté, mais si la musique n'accompagne pas bien ce montage, ça ne colle pas, la musique n'a pas sa place et vous repousse presque. En attendant, si le film est bien fait, c'est très dur de se planter sur la musique.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Et est-ce que de la bonne musique rend la baise plus agréable ?<br></strong></span>Sans aucun doute.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Quels sont les éléments fondamentaux d'une bonne musique de film porno ?<br></strong></span>Étonnamment, je trouve que les sons plutôt durs et des musiques très percussives fonctionnent très bien. J'ai le souvenir de pas mal de films de John Holmes qui marchaient avec ce principe et c'était très adapté. Ensuite, évidemment, une basse bien ronde adoucit bien les choses et sera plus appropriée pour des scènes plus douces. Je dirais que ce n'est pas forcément une question de forme. Le sexe peut être rapide ou être lent... Il faut que la musique soit capable de s'adapter à ces différents rythmes. Il n'y a pas de règles particulières.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Tu parles beaucoup de labels d'illustration, dont les musiques sont rarement créditées, mais est-ce qu'on connaît quelques noms qui ont bossé dans la musique de films érotiques ou porno ?<br></strong></span>J'ai déjà parlé de Patrick Cowley, et je pense à tous les compositeurs italiens dont on connaît les noms, mais dont on ne sait pas forcément qu'ils ont signé des trucs pour ce genre de films – parfois à leur insu, d'ailleurs. Par exemple, Alessandro Alessandroni, Bruno Nicolai ou Stelvio Cipriani sont tous passés par le cinéma érotique.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>La BO de <i>Gorge Profonde</i>, que tu as rééditée à une époque, est connue comme un des fleurons du porn groove, mais aussi comme une BO à marquer d'une pierre blanche. Pourquoi ?<br></strong></span>Simplement pour son aspect un peu psychédélique, mais je dirais que ce n'est pas ça qui est important. Il se trouve que c'est la musique de <i>Gorge Profonde</i>, et que le film est à marquer d'une pierre blanche, comme à peu près tout ce qui y touche de près ou de loin. Si tu la sépares du film, c'est juste de la musique.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Mis à part le porn groove, quel genre de musique illustre le mieux le sexe ?<br></strong></span>Je vais être un peu redondant, mais je pense qu'en tapant dans les labels d'illustration, on ne peut pas se tromper pour la bonne raison qu'on y trouve de tout. Vous voulez du funk, vous en aurez. Des trucs groovy, vous en trouverez. Des trucs plus bizarroïdes... Il y a de tout. Tu parles toi-même d'illustrer le sexe. Sexe ou pas, c'est justement pour ça que cette musique existe et certains l'ont très bien fait. Que vous ayez une scène dans un ascenseur ou une scène dans une voiture, tapez dans l'illustration, quelle que soit son origine, vous aurez votre compte !
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Un film à voir pour sa musique ?<br></strong></span><i>Camille 2000 </i>de Radley Metzger, avec la musique de Piero Piccioni. Enfin, n'importe quel morceau de Radley Metzger, en réalité. Et <i>Femina Ridens</i>. Incroyable bande originale de Stelvio Cipriani. On passe d'une musique parfaitement romantique à un truc complètement psychédélique. On ne sait plus où donner de la tête. C'est brillant.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Si tu réalisais un porno, tu ferais appel à quel musicien ?<br></strong></span>J'ai tenté l'aventure en réalisant un clip sur le morceau <i>Plug Me In </i>d'Add N to X. Ça marchait plutôt pas mal. D'ailleurs, on a ensuite réalisé une version hardcore de 45 minutes. Mais si je le refaisais, je m'occuperais moi-même de la musique. Pas question de faire confiance à quelqu'un d'autre pour ça.
</p><p class="p3"><span class="s1"><strong>Tu utiliserais quels instruments ?<br></strong></span>Un ordinateur ! J'utiliserais une chiée de samples dans tous les sens. Et je rajouterais probablement un peu de piano. J'utiliserais du vieux pour faire du neuf.
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</p>
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<dc:creator>Virgile Iscan</dc:creator>
<media:category>music</media:category>
<category>music</category>
</item>
<item>
<title>Quelques histoires de vengeance de la part d’ex humiliés</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/quelques-histoires-de-vengeance-de-la-part-d-ex-humilies</link>
<pubDate>Wed, 20 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Quand la haine de votre ancien partenaire vous pousse à lui envoyer des spoilers de Game of Thrones.
]]></description>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/18/quelques-histoires-de-vengeance-de-la-part-d-ex-humilies-body-image-1468846030-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="562" data-model-id="205108" data-path="images/content-images/2016/07/18/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/18/" data-image-filename="quelques-histoires-de-vengeance-de-la-part-d-ex-humilies-body-image-1468846030.jpg" class="vmp-image"><sub> <i>Photo </i><a href="https://www.youtube.com/watch?v=B3eAMGXFw1o" target="_blank"><i>via</i></a></sub><i><sub> YouTube</sub></i></p><p class="MsoNormal">Si vous avez déjà connu les
affres caractéristiques de la fin d'une relation amoureuse, vous savez qu'à un
moment donné, le cerveau humain est tel qu'il ne peut s'empêcher de penser à se
venger. Mieux vaut ne jamais oublier ses fringues préférées chez son ex, sous
peine de voir votre précieux sweat partir en charpie. Certains sont plus
imaginatifs que d'autres, comme le prouve l'histoire de cette jeune femme
trompée, qui a décidé d'envoyer à son ex-copain des 
	<a href="http://www.dailymail.co.uk/femail/article-3605789/Scorned-girlfriend-s-Khaleesi-level-vengeance-Woman-sends-cheating-ex-Game-Thrones-spoilers-week-watch-show.html" target="_blank">spoilers</a>
	de <i>Game of Thrones </i>chaque semaine.
</p><p class="MsoNormal">Afin de sonder avec
précision les mystères et tourments de l'âme humaine, on a demandé à plusieurs
personnes de nous raconter la façon dont elles s'étaient vengées de leur ex.
	
</p><h2>Bea*, 22 ans
</h2><p class="MsoNormal">Je suis sorti avec ce type
pendant quelques années. Un jour, j'ai découvert qu'il me trompait. Il m'a
avoué qu'il ne m'avait jamais aimée et qu'il avait toujours menti. Il m'a
quittée pour une autre fille, qui était une amie. Quelques mois plus tard, il
l'a larguée après avoir partagé une vidéo d'elle en train de le sucer. </p><p class="MsoNormal">Une nuit, j'étais avec cette
fille, à discuter de choses et d'autres. On a fini par imaginer un moyen de le
faire arrêter. Je savais que ruiner sa réputation me permettrait d'aller de
l'avant. Son ex a alors rendu visite à la police pour leur parler de la vidéo. De mon
côté, j'ai appelé son coach – il pratique la boxe – pour lui avouer que son
élève séchait les entraînements pour être avec moi. Il a été suspendu de
l'équipe et interrogé par les flics.
	
</p><p class="MsoNormal">Toutes les filles du coin
savent désormais de quoi ce type est capable, et c'est un pestiféré
aujourd'hui.
	
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/18/quelques-histoires-de-vengeance-de-la-part-d-ex-humilies-body-image-1468846443-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="650" data-model-id="205110" data-path="images/content-images/2016/07/18/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/18/" data-image-filename="quelques-histoires-de-vengeance-de-la-part-d-ex-humilies-body-image-1468846443.jpg" class="vmp-image"><i><sub>Illustration de Polly Williams</sub></i></p><h2>Jing, 25 ans
</h2><p class="MsoNormal">Nous nous sommes rencontrés
lors d'une journée portes ouvertes dans une université, et avons rapidement
sympathisé. Il n'a pas réussi à accéder à Oxford et a choisi d'intégrer une fac
londonienne à la place. Il a emménagé dans un appartement que mes parents
avaient acheté dans Londres. Nos deux premières années ensemble étaient
agréables, même si le sexe était quasi-absent. Au début, je faisais tout mon
possible pour le tenter, mais j'ai rapidement abandonné. Au bout de la
troisième année, j'en avais plus qu'assez de devoir jongler entre mon mémoire
et un stage, tandis qu'il passait ses journées à jouer aux jeux vidéo dans son
lit.
	
</p><p class="MsoNormal">J'ai fini par découvrir
qu'il me trompait avec une fille de son cursus. Je n'en pouvais plus, mais plutôt
que de l'engueuler, j'ai décidé de me venger patiemment. J'ai passé de longues
soirées à jouer avec lui à la console, ce qui l'empêchait de travailler avec
assiduité. L'été arrivant, il a obtenu un stage chez JP Morgan – avant qu'on ne
lui propose un job, à condition qu'il obtienne une mention « Bien » à
l'examen. Bien entendu, il ne l'a pas obtenue. Je l'ai viré de l'appartement le
jour même.
	
</p><h2>Sarah, 24 ans
</h2><p class="MsoNormal">Je suis sortie avec un vrai
connard, qui n'arrêtait pas de me rabaisser. Lorsque nous croisions une fille
canon dans la rue, il la matait et me disait que je devrais m'habiller de la
même manière. Pendant le sexe, il m'incitait à faire des trucs que je détestais
– il le savait parfaitement. Un jour, j'ai fouillé dans son historique Facebook
et j'ai découvert qu'il envoyait des messages salaces à trois autres filles
depuis au moins un an.
	
</p><p class="MsoNormal">Je savais qu'il adorait sa
mère. J'ai fait plusieurs captures d'écran de ses messages, et les ai tous
envoyés à sa tendre maman.
	
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/18/quelques-histoires-de-vengeance-de-la-part-d-ex-humilies-body-image-1468846472-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="650" data-model-id="205111" data-path="images/content-images/2016/07/18/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/18/" data-image-filename="quelques-histoires-de-vengeance-de-la-part-d-ex-humilies-body-image-1468846472.jpg" class="vmp-image"><i><sub>Illustration de Polly Williams</sub></i></p><h2>Ruth, 22 ans
</h2><p class="MsoNormal">Je suis quelqu'un d'assez
croyante. Il y a deux ans, je sortais avec un étudiant étranger. Il avait
l'habitude de balancer des remarques homophobes qui me foutaient super mal à
l'aise – ce qui m'empêchait de lui avouer que j'étais bisexuelle, en fait. Je
lui en voulais chaque jour un peu plus, tout en étant dépendante de lui
financièrement, car mes parents avaient coupé les ponts.
	
</p><p class="MsoNormal">Il m'arrivait très souvent
de vouloir le quitter, mais il revenait sans cesse avec des cadeaux et des
invitations au restaurant – j'avais beaucoup de mal à lui dire non. Du moins,
jusqu'à ce que je rencontre Laura*, ma copine actuelle. Au même moment, j'ai
appris par quelqu'un que ce type sortait avec moi dans l'espoir d'obtenir un
passeport britannique, nécessaire afin de satisfaire ses « ambitions
politiques ». J'aurais aimé me venger de manière bien plus fracassante,
mais lui avouer que j'aimais une fille et que j'allais sortir avec elle s'est
avéré amplement suffisant.
	
</p><h2>Robert, 34 ans
</h2><p class="MsoNormal">C'était ma première relation
sérieuse. Elle a duré neuf ans. Au cours de ces années, j'ai passé tout mon
temps à bosser comme un esclave dans une boîte spécialisée en droit des
sociétés. Nous nous étions mis d'accord : après avoir obtenu son diplôme
d'infirmière, j'étais censé me mettre en free-lance afin de créer ma propre
société. Le problème, c'est qu'une fois son diplôme en poche, elle n'a fait
aucun effort pour trouver un job. Elle ne m'a jamais proposé de payer sa part
du loyer non plus. À chaque fois que j'évoquais ce problème, elle devenait
hystérique.
	
</p><p class="MsoNormal">Je me suis mis à préparer
mon départ en économisant afin de m'acheter mon propre appartement. Elle l'a
découvert, et a tenté de me convaincre de mettre son nom sur l'acte d'achat en
compagnie du mien. J'ai refusé et ai décidé de faire venir ma mère – gravement
malade – chez nous afin de la forcer à quitter les lieux, ce qu'elle a fait.
Aujourd'hui, je n'ai plus de petite amie, mais j'ai un appart dans le nord de
Londres.
	
</p><p><em>*Les prénoms ont été modifiés. </em><br></p><p class="MsoNormal"><i>Suivez Salma sur </i><a href="https://twitter.com/its_me_salma" target="_blank"><i>Twitter</i></a><i>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/552319</guid>
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<dc:creator>Salma Haidrani</dc:creator>
<media:category>stuff</media:category>
<category>stuff</category>
</item>
<item>
<title>MATTE: Là où dorment les morts</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/yes-death-photos-by-rachel-stern</link>
<pubDate>Wed, 20 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[En plus d'être le refuge des ados goths, le cimetière-jardin public est avant tout le lieu privilégié d'un rendez-vous galant entre la vie et la mort.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-1466139726.jpg" type="image/jpg" length="2000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><i><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/08/yes-death-photos-by-rachel-stern-body-image-1467963382-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="714" data-model-id="201533" data-path="images/content-images/2016/07/08/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/08/" data-image-filename="yes-death-photos-by-rachel-stern-body-image-1467963382.jpg" class="vmp-image" style="font-size: 1em; font-style: normal; line-height: 1.5em; color: rgb(102, 102, 102);"></i>
</p><p><i>« Oui, de la Mort, cela doit être si beau ! Se reposer dans la molle terre brune, pendant que les herbes se balancent au-dessus de votre tête, et écouter le silence ! N'avoir pas d'hier, pas de lendemain. Oublier le temps, oublier la vie, être dans la paix. » – Oscar Wilde</i>
</p><p>Au 19e siècle, les cimetières-jardins sont devenus la nouvelle tendance architecturale aux États-Unis et en Europe. Conçus tels des parcs où les riverains pourraient venir y pique-niquer et se détendre parmi les morts, ils ont toujours abrité d'impressionnantes concessions et monuments qui semblent avoir poussé tout seul. Si les architectes d'alors n'avaient sûrement pas envisagé que des ados goths viendraient, deux siècles plus tard, y fumer des joints et vider des bières, l'artiste new-yorkaise Rachel Stern aime toujours voir ces endroits comme le lieu d'un rendez-vous galant entre la vie et la mort. <i>– Matthew Leifheit</i></p><div class="resp-video-wrapper vimeo-wrapper"><iframe src="//player.vimeo.com/video/171041215" width="100%" height="100%" frameborder="0" scrolling="no" data-original-width="640px" data-original-height="360px" webkitallowfullscreen webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowfullscreen></iframe></div><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139344-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1800" data-original-height="2520" data-model-id="193378" data-path="images/content-images/2016/06/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/17/" data-image-filename="matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139344.jpg" class="vmp-image"></p><p class="has-image"><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139375-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="2800" data-model-id="193379" data-path="images/content-images/2016/06/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/17/" data-image-filename="matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139375.jpg" class="vmp-image"></em>
</p><em><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139402-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="2800" data-model-id="193380" data-path="images/content-images/2016/06/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/17/" data-image-filename="matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139402.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139472-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1800" data-original-height="2520" data-model-id="193381" data-path="images/content-images/2016/06/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/17/" data-image-filename="matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139472.jpg" class="vmp-image">
</p></em><p class="has-image"><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139496-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1429" data-model-id="193382" data-path="images/content-images/2016/06/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/17/" data-image-filename="matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139496.jpg" class="vmp-image"></em>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139520-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1428" data-model-id="193383" data-path="images/content-images/2016/06/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/17/" data-image-filename="matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139520.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139583-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="2800" data-model-id="193385" data-path="images/content-images/2016/06/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/17/" data-image-filename="matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139583.jpg" class="vmp-image">
</p><em><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139609-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="2800" data-model-id="193386" data-path="images/content-images/2016/06/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/17/" data-image-filename="matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139609.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/17/matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139627-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1429" data-model-id="193387" data-path="images/content-images/2016/06/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/17/" data-image-filename="matte-rachel-stern-yes-death-body-image-1466139627.jpg" class="vmp-image">
</p></em>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Rachel Stern</dc:creator>
<media:category>photo</media:category>
<category>photo</category>
</item>
<item>
<title>« J’ai l’impression d’être un imposteur » : Confessions d’une avocate résignée</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/jai-limpression-dtre-un-imposteur-confessions-dune-avocate-rsigne</link>
<pubDate>Wed, 20 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[À la sortie de la fac de droit, j'ai juré d'améliorer la condition des femmes battues. J'ai échoué.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/19/jai-limpression-dtre-un-imposteur-confessions-dune-avocate-rsigne-1468946986.jpg" type="image/jpg" length="2000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p>J'ai
toujours essayé de me faire vomir avant une affaire de violences conjugales. Je
pensais que ça m'aiderait à me sentir mieux.
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Ça se
produisait par à-coups, lors des jours qui précédaient le procès. J'étais
assise à mon bureau, en train de déjeuner ou de me sécher les cheveux, et tout à
coup, j'étais prise de nausées. Je pensais au procès imminent, visualisais le
visage de la victime et ressentais comme un coup de pied dans l'intestin. Puis,
ça passait. Ça recommençait la veille du procès ; après avoir peaufiné mes
questions, pratiqué ma plaidoirie et examiné les éléments de l'affaire pour la
septième fois d'affilée. J'essayais de ne pas y penser, mais cette sensation
était toujours présente. Dans la matinée, je me douchais, enfilais mon tailleur
et grimpais dans ma voiture. Ce sentiment ne faisait que s'amplifier. C'était
un mélange de peur, d'appréhension et d'indigestion. Il envahissait ma cage
thoracique et engloutissait mon cœur, avant de frapper le fond de ma gorge – ce
sentiment très particulier qui vous rend malade.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Contrairement
à la plupart des autres affaires, un procureur qui se lance dans un cas de violences
conjugales se résigne dès le départ à perdre – même s'il demeure dans le déni,
afin de se protéger. Personne ne tient à mener une bataille perdue d'avance. La
vérité, c'est que gagner une affaire de violences conjugales relève du pur
miracle. Il faut pour cela que la police soit efficace, la victime convaincue, le
juge équitable, l'avocat de la défense respectueux, le jury semi-intelligent et
le procureur compétent. Dans la majorité des affaires, vous pouvez gagner avec
au moins deux ou trois de ces éléments. Dans une affaire de violences conjugales,
il vous les faut tous. Même avec ça, vous risquez grandement d'échouer.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">La première
fois que j'ai entendu un président du jury annoncer « non-coupable »,
j'avais oublié ce que le terme signifiait. Quand j'ai compris que j'avais perdu,
j'ai eu l'impression que quelqu'un tordait mes intestins. Comme si ce n'était
pas assez difficile à supporter, dans les cas de violences conjugales, l'avocat
doit ensuite s'entretenir à huis clos avec la victime pour lui annoncer qu'il a
échoué. En dépit de tous mes efforts, aucun jury ne voulait la croire. Tandis
qu'elle pleurait et essuyait ses larmes avec sa manche, je lui ai expliqué que
son mari n'avait pas été condamné après l'avoir pourtant poussée, étouffée et
frappée.
	</span>
</p><p class="pullquote">J'ai pleuré
sur le trajet de retour. Quand je suis arrivée chez moi, je n'arrivais même pas
à sortir de la voiture. Quand mon mari m'a trouvée dans le garage, je n'ai fait
que crier : « J'ai perdu. »
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Il y a dix
ans, fraîchement diplômée du lycée et déterminée à me démarquer, j'avais fait
des violences à l'encontre des femmes ma cause personnelle. J'ai alors réalisé
un projet qui m'a valu une mention à l'université – une pièce intitulée 
	<i>The
Jane Doe Project</i>, qui racontait l'histoire de victimes de violences
conjugales et d'agression sexuelle. Ça a été un succès. Un blog de gauche, 
	<i>MediaMouse</i>, en a parlé. C'est le premier
résultat qui apparaît quand on tape mon nom sur Google. C'est l'événement qui
me définit le mieux.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Pourtant, aujourd'hui,
j'ai l'impression d'être un imposteur.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Je suis
devenue procureure en sortant de l'école de droit. Je savais que c'était ce que
je voulais faire. Je pensais mener le bon combat : je voulais donner la
parole aux personnes qui ne l'avaient pas. J'ai obtenu un poste dans un petit
comté du Michigan. J'ai démissionné un an plus tard – je ne savais plus comment
défendre les droits de ces femmes.
	</span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Ma première
affaire a été compromise par une victime réfractaire et des collègues défaitistes.
J'étais nouvelle. Je devais faire mes preuves. J'étais convaincue que je pouvais
changer le monde si je parvenais à aider cette femme.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Voilà ce qui
s'est passé. Les membres d'une même famille – le fils, la fille, la mère et le
beau-père – se sont battus. L'origine de la querelle n'est pas importante, d'autant
plus qu'elle varie en fonction de qui vous en parle. Le père a été accusé de
coups et blessures sur le fils et de violences conjugales sur la mère. Tout le
monde a vu quelque chose de différent.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">J'ai décrit
les événements lors de l'ouverture du procès : l'accusé a saisi le fils
par le poignet et l'a projeté contre un mur. Ils ont commencé à se battre.
L'accusé a frappé le fils à l'estomac. La mère a essayé de protéger son fils.
Ensuite, l'accusé a serré ses mains autour de la gorge de la mère.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Ils
formaient pourtant une jolie famille. On entend souvent dire que les violences
conjugales ne dépendent ni du revenu ni du lieu d'habitation, mais personne n'y
croit réellement. En tout cas, je n'y croyais pas vraiment avant de rencontrer
cette quadragénaire blanche, mince et mère de trois enfants. Elle était
kinésithérapeute. Elle venait d'emménager avec son nouveau mari. Ce n'était pas
dans un appartement miteux avec un matelas par terre, mais dans une maison avec
plusieurs chambres – qu'ils avaient prévu de repeindre et de remettre à leur
goût. Son fils aîné et sa fille étaient les enfants d'un autre homme – ils
aimaient les bonbons et riaient souvent. L'accusé était un mec costaud, mais
pas intimidant pour autant. Il portait des lunettes et avait une barbiche
taillée. Ces gens ressemblaient à beaucoup de familles que je connaissais.
	</span>
</p><p class="CorpsA has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/19/jai-limpression-dtre-un-imposteur-confessions-dune-avocate-rsigne-body-image-1468947020.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="609" data-original-height="496" data-model-id="205684" data-path="images/content-images/2016/07/19/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/19/" data-image-filename="jai-limpression-dtre-un-imposteur-confessions-dune-avocate-rsigne-body-image-1468947020.jpeg" class="vmp-image"><i><sub>L'auteure,
après la première performance du « Jane Doe Project »
	</sub></i>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Ils étaient
tellement normaux.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Durant les
semaines qui ont précédé le procès, la mère s'est montrée peu coopérative. Elle
a modifié sa version de l'histoire et a annoncé à l'avocat de la défense
qu'elle ne voulait plus témoigner. Elle désirait que son mari rentre à la
maison. Elle était furieuse de ne pas pouvoir le voir à cause de l'ordonnance mise
en place par le juge à ma demande. En y repensant, j'ai fait ce qui a sans
doute été la pire chose pour elle.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Elle est
venue dans mon petit bureau étroit – que je partageais avec un autre avocat.
Pendant que ses enfants attendaient dans le couloir, elle me regardait, le
visage impassible. Elle serrait la mâchoire et gardait ses mains sur ses
genoux. Elle était habillée comme une maman, vêtue d'un jean et d'un t-shirt,
les cheveux bouclés.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">La voix
tremblante, je lui ai expliqué pourquoi je souhaitais lui parler. Je voulais
revenir sur son témoignage. Elle regardait le mur, en secouant la tête de
manière saccadée. Elle voulait tout arrêter. Elle ne voulait pas de procès.
Elle l'aimait. Elle disait ça sans même me regarder dans les yeux. J'ai pris
une profonde inspiration et lui ai expliqué ce que j'avais répété à plusieurs
reprises dans ma tête le matin : « Ce qu'il a fait n'était pas bien. »
Je lui ai dit qu'elle valait mieux que ça. Il n'aurait jamais dû lever la main
sur elle. Mais elle était résolue. Ses grands yeux sombres continuaient
d'éviter mon regard insistant.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Peut-être
aurais-je dû la laisser tranquille. Ça m'était impossible. Ce n'était pas par
pur altruisme. Je ne me disais pas que ce que je faisais était juste, mais je
voulais me prouver quelque chose, et surtout, je voulais battre un avocat de la
défense que je détestais.
	</span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">J'ai fait
monter ses enfants. Je leur ai dit qu'ils méritaient mieux et qu'ils ne
devraient pas voir leur mère dans cet état. Elle m'a enfin regardée pour de
vrai. Elle s'est mise à pleurer. D'abord des larmes de frustration, puis des
larmes d'embarras. Elle a admis que son mari avait déjà été violent par le
passé. Elle voulait seulement protéger son fils. Elle a décrit une scène qui
semblait tirée d'un film. Elle voulait être une nouvelle personne. Elle voulait
le quitter.
	</span>
</p><p class="CorpsA has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/19/jai-limpression-dtre-un-imposteur-confessions-dune-avocate-rsigne-body-image-1468947036.jpeg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="628" data-original-height="612" data-model-id="205685" data-path="images/content-images/2016/07/19/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/19/" data-image-filename="jai-limpression-dtre-un-imposteur-confessions-dune-avocate-rsigne-body-image-1468947036.jpeg" class="vmp-image"><i><sub>L'avocate
prête serment.
	</sub></i>
</p><p class="CorpsA">Cela <span class="Aucun">n'a pas eu
d'importance. Pendant le procès, la défense a fait défiler les amis et la
famille dans la salle d'audience pour qu'ils disent : « Jamais de ma
vie je n'ai vu cet homme se fâcher. » Et alors que j'entendais mensonge
sur mensonge, j'avais juste envie de me lever et de crier. L'ensemble du procès
s'est transformé en un ramassis de conneries. Les mensonges ont continué ;
les amis ont dit à plusieurs reprises que le fils s'était battu avec un autre membre
de la famille. Le juge n'avait pas confiance en moi, et l'avocat de la défense
a utilisé cela à son avantage.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">J'ai perdu.
La femme que je voulais sauver m'a regardée, confuse. Ses yeux étaient creusés.
Elle ressemblait à toutes les mamans que je connaissais. Les murs entre la
salle d'audience et la salle d'attente étaient minces ; elle avait entendu
les mensonges de ceux qu'elle appelait les membres de sa famille. Elle voulait
savoir que faire ensuite. Tout ce que je pouvais lui conseiller était d'obtenir
une ordonnance de protection personnelle.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">J'ai pleuré
sur le trajet de retour. Quand je suis arrivée chez moi, je n'arrivais même pas
à sortir de la voiture. Quand mon mari m'a trouvée dans le garage, je n'ai fait
que crier : « J'ai perdu. » Je m'étais vraiment investie dans
cette affaire. Je voulais qu'elle soit en sécurité.</span></p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">C'était il
y a trois ans. J'ai regardé le profil Facebook de la mère il y a quelques
jours. Elle est de nouveau avec l'homme qui a abusé d'elle et a attaqué son
fils. Elle a posté des photos de toute la famille faisant des grimaces. Des
photos d'eux à la plage, des photos d'eux sous un arbre de Noël, l'année
suivant le procès. Si je ne savais rien d'elle ou de son histoire, je dirais qu'elle a l'air d'aller bien. De nombreuses études se penchent sur ces femmes qui
restent dans des relations abusives – mais je ne comprends pas leurs raisons.
Si j'en crois son Facebook, elle s'est remise avec lui deux mois seulement
après le procès.
	</span>
</p><p class="CorpsA has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/19/jai-limpression-dtre-un-imposteur-confessions-dune-avocate-rsigne-body-image-1468947055-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="800" data-model-id="205686" data-path="images/content-images/2016/07/19/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/19/" data-image-filename="jai-limpression-dtre-un-imposteur-confessions-dune-avocate-rsigne-body-image-1468947055.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Quand
j'étais procureure, on m'engueulait souvent. Parfois, il s'agissait des avocats
de la défense. Parfois, des personnes qui ne payaient pas leur PV pour excès de
vitesse. Mais les victimes de violences conjugales m'ont crié dessus plus que
quiconque.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Essayer de
me rappeler exactement ce qu'elles m'ont dit revient à tenter de déchiffrer les paroles d'une chanson en langue étrangère. Tous ces propos tourbillonnent
en une seule grande masse, comme un chœur étrange. Une fois, une femme m'a dit
qu'elle voulait abandonner les charges parce que son copain avait les clés de
sa voiture et qu'elle devait aller travailler. Comme si la situation était un
inconvénient plutôt qu'un crime.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">J'ai
souvent entendu : « Il ne voulait pas vraiment faire ça », « je
n'aurais pas dû appeler les flics », « ça a pris une trop grande ampleur,
ce n'est pas un si gros problème ».
	</span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">À les
entendre, je ruinais leur vie. Je ne connaissais pas leur partenaire. Je ne
pouvais pas comprendre leur relation. Un grand nombre de fois, j'ai été
soulagée quand elles ne répondaient pas au téléphone.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">J'ai passé
des semaines à traquer une victime, histoire de trouver son adresse pour que
les officiers lui donnent une citation à comparaître. Quand je l'ai finalement
eue au téléphone, elle m'a fait comprendre que je ferais mieux de me mêler de
mes affaires.
	</span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Son cas est
quand même passé au tribunal. Elle n'est jamais venue. L'avocat de la défense
m'énervait tellement que j'ai quand même essayé de gagner l'affaire. Je pensais
avoir une chance. Deux jours plus tôt, un témoin inquiet avait appelé la
police. Il avait vu la femme quitter sa maison. Elle lui avait dit qu'elle
avait peur et elle avait l'air terrifiée. Je pensais pouvoir faire quelque
chose avec ça. Mais quand ce gars aux bras tatoués a été appelé à la barre, il
n'a rien dit du tout. Il a développé une sorte d'amnésie sélective et a
prétendu ne l'avoir jamais vue.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">J'ai été à
sa rencontre pendant une pause déjeuner. Il m'a dit qu'il avait eu peur, que
l'accusé avait une certaine réputation et qu'il ne voulait pas être impliqué.
	</span>
</p><p class="pullquote">Il est
souvent arrivé qu'une femme vienne dans mon bureau ou m'appelle en hurlant et
en pleurant. Mais qu'est-ce qui me donnait le droit de décider ce qui était le
mieux pour cette personne ? Qui étais-je pour la traîner au tribunal ?
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Au moment de
ma démission, je n'étais pas simplement fatiguée des cris ; j'étais
fatiguée d'évaluer une relation entière en lisant un simple rapport de police.
J'étais blasée par les mensonges.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Il est
souvent arrivé qu'une femme vienne dans mon bureau ou m'appelle en hurlant et
en pleurant. Mais qu'est-ce qui me donnait le droit de décider ce qui était le
mieux pour cette personne ? Qui étais-je pour la traîner au tribunal ?
Qui étais-je pour permettre aux services de protection de l'enfance de venir
chez elle ? Il m'était facile de juger ces relations pour faire de la « sensibilisation ».
C'était une tout autre histoire d'influer directement sur la vie des personnes
impliquées.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">J'ai retiré
le 
	<i>Jane Doe Project</i> de mon CV avant de quitter le bureau du procureur.</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA">À<span class="Aucun"> Pâques l'année
dernière, alors que je rentrais de chez mes parents sur une route à deux voies,
j'ai vu un couple au bord de la route. Ils avaient tout juste la vingtaine et
agitaient les bras.
	</span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Mon mari a
ralenti, mais ne s'est pas arrêté. Nous les avons regardés de plus près. </span>Je me suis
demandé si nous devions nous arrêter. Nous ne l'avons pas fait. Puis, le
mec a mis un coup de poing à sa copine et mon mari a fait demi-tour.</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Mon mari a
beau être procureur, et moi une ancienne procureure, nous avons hésité à
intervenir quand nous avons vu le couple se battre. Était-ce important ?
Fallait-il s'impliquer ? Nous avons appelé la police, mais nous n'étions
pas sûrs de nous. Je savais déjà que ça se terminerait en un rapport de police inutile
avec une fille qui ne voudrait pas témoigner contre le mec qu'elle aimait.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Nous avons
attendu que la police arrive et je les ai regardés se battre depuis la voiture.
De temps en temps, le mec s'en allait et elle le suivait. Il se retournait, lui
criait dessus et repartait. Et elle le suivait de nouveau.
	</span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Puis, elle
a cessé de le suivre et a pris la direction inverse. Son legging noir était
couvert de poussière.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Le mec a
filé à travers le champ. Nous avons attendu avec la fille au bord de la
route qu'un agent arrive, prenne nos identités, et nous dise de partir. Nous avons
filé quand la mère de la jeune fille est arrivée. Elle hurlait sur sa
fille : elle lui avait bien dit que ce garçon n'était pas bien.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA"><span class="Aucun">Il y a dix
ans, je n'aurais jamais hésité à appeler la police. C'était une équation
simple. Des cris et de la violence physique voulaient dire que la femme devait
mettre un terme à la relation.
	</span><span class="Aucun"></span>
</p><p class="CorpsA">Mai<span class="Aucun">s aujourd'hui,
tout n'est que questions et hésitations. Je me souviens simplement avoir entendu
la jeune fille crier à sa mère : « Je ne vais pas aller en justice
juste pour ça ! »
	</span>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/552763</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/19/jai-limpression-dtre-un-imposteur-confessions-dune-avocate-rsigne-1468946986.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Cheyna Roth</dc:creator>
<media:category>stuff</media:category>
<category>stuff</category>
</item>
<item>
<title>Profession : créatrice de vêtements metal pour bébés</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/creatrice-de-vetements-metal-pour-enfants-pop-n-baby</link>
<pubDate>Wed, 20 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Selon la gérante du site Pop'n'baby, il n'y a pas d'âge pour revendiquer son amour d'Iron Maiden.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/13/creatrice-de-vetements-metal-pour-enfants-pop-n-baby-1468415519.jpg" type="image/jpg" length="800"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="creatrice-de-vetements-metal-pour-enfants-pop-n-baby-body-image-1468415545.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-model-id="203385" data-original-height="600" data-original-width="800" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/creatrice-de-vetements-metal-pour-enfants-pop-n-baby-body-image-1468415545.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><br><sub>
	<i>Photo : </i><i>Everstreet/popnbaby</i>
	</sub>
</p><p class="MsoNormal">Aurélie Vallée est la créatrice du site <a target="_blank" href="http://www.popnbaby.com/fr/">Pop'n'baby</a>, où se côtoient tétines
léopard, bodys Metallica et poussettes à motif tête de mort. Elle y vend des
vêtements pour bébés et pour enfants, aux antipodes des turbulettes pastel et
des bavoirs Walt Disney habituellement réservés aux tout-petits. Pour cette mère de deux enfants, les vêtements sont avant tout faits pour s'amuser et laisser
libre cours à l'originalité et l'imagination. C'est pourquoi son garçon et sa fille, jouent les mannequins depuis leur plus jeune âge, avec
une fougue bien à eux.
</p><p class="MsoNormal">Grâce à son expérience de styliste, de vendeuse et de mère, Aurélie
rappelle que s'habiller est un jeu, et que le relier à un style musical est
d'abord une histoire de transmission. Comme de nombreux enfants, les siens ont
grandi au son de la musique qu'elle et son compagnon écoutaient. J'ai pu la rencontrer au Hellfest, où elle tenait un stand – l'occasion de discuter de
de son parcours, de son amour du metal, et surtout de ses enfants.
</p><p class="MsoNormal"><strong>VICE : Bonjour
Aurélie. Comment est né le concept de Pop'n'baby ? 
	<br>
	Aurélie Vallée :</strong> Je suis styliste de formation, et je travaillais dans la
mode bien avant Pop'n'baby, qui existe depuis 2006. À la naissance de mon fils,
en 2002, je me suis rendu compte de la difficulté à trouver des vêtements
correspondant à mes goûts – ainsi qu'à sa petite taille, vu qu'il est né
prématuré. Partout, il n'y avait que du vert anis, des lapins et du bleu
layette... Je me sentais en décalage avec ce que les commerces proposaient, et me
suis donc mise à bidouiller des vêtements pour mon fils dans mon coin. De fil
en aiguille, des amies ont apprécié mes créations et ont commencé à m'en
réclamer, comme cadeau de naissance ou d'anniversaire pour leurs enfants. Puis,
à l'arrivée de ma fille, en 2005, j'ai voulu monter ma propre boîte. Mes deux
enfants avaient des problèmes de croissance, quelques soucis de santé. J'avais
ce désir d'être présente pour eux, de passer plus de temps avec eux. En fait,
Pop'n'baby, c'est un peu la faute de mes enfants !
</p><p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="creatrice-de-vetements-metal-pour-enfants-pop-n-baby-body-image-1468415976.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-model-id="203397" data-original-height="800" data-original-width="600" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/creatrice-de-vetements-metal-pour-enfants-pop-n-baby-body-image-1468415976.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><br><sub>
	<i>Photo : </i><i>popnbaby</i>
	</sub>
<br></p><p class="MsoNormal"><strong>Tu écoutais déjà
beaucoup de metal ? 
	<br>
	</strong>Oh
oui, je suis tombée dedans quand j'étais petite. J'étais une grande fan
d'Aerosmith. Je suis aussi de l'époque de Guns N'roses, de Nirvana... Du punk au
hardcore, je suis passée par pleins de courants musicaux. Quant aux fringues,
pour moi, c'est fait pour s'amuser. Du coup, ça m'amuse de dessiner des vêtements
en lien avec la musique.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Comment a évolué
Pop'n'baby ? 
	<br>
	</strong>On
a d'abord eu une boutique sur Paris, avec mon compagnon. Puis on a souhaité se
concentrer sur le site internet, qui a bien marché dès le début. Très vite,
j'ai contacté des maisons de disques, pour pouvoir utiliser les noms de groupe,
avoir une belle qualité de produit et le copyright sur les tee-shirts. Il y a
des clients qui vérifient que le tee-shirt enfant est bien copyrighté, et qu'il
aura donc bien le même qu'eux, pas une contrefaçon. Ils tiennent à cette
qualité. Puis on a contacté des amis graphistes, et aussi des créateurs
français et espagnols.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Justement, qui sont
tes clients ? 
	<br>
	</strong>Il
y a de tout ! Des gens qui n'y connaissent rien, la mamie sympathique qui
vient acheter une poussette tête de mort pour faire un cadeau, des jeunes qui
veulent des vêtements metal pour embêter leurs parents, et beaucoup d'oncles et
de tantes qui aiment faire des cadeaux farfelus ! C'est très touchant de
voir un groupe d'amis se cotiser pour acheter une tétine tête de mort. Ou bien
de constater que derrière chaque achat se profile une anecdote musicale, un
souvenir d'enfance... Ce ne sont pas des cadeaux anodins, sur un coup de tête.
</p><p class="MsoNormal">J'entends souvent « je voudrais le tee-shirt Hendrix car mon frère
est un fan » ou bien « on cherche un tee-shirt AC/DC, en souvenir de
nos beuveries adolescentes... » Les personnes qui cherchent ce genre de
vêtements se prennent la tête pour un cadeau. Ils veulent que ce soit LE cadeau
dont les gens vont se souvenir. Avec l'idée d'inculquer une bonne culture
musicale au passage, ce qui n'est pas négligeable ! Au Hellfest, nous
avons beaucoup de papas, qui dépensent parfois sans compter. Ce sont souvent
eux qui nous envoient par la suite des photos avec leur enfant, portant le
tee-shirt acheté, le même que le leur. Il y a un côté émouvant à voir ces
hommes en bracelets de cuir, en tee-shirt metal, fiers de montrer leurs enfants.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Ce sont ces mêmes
papas qui achètent le tee-shirt Aerosmith rose avec tête de mort blanche à
paillettes, non ? 
	<br>
	</strong>Oui,
car ils ont ce souci de faire attention au regard des autres, plus pour leur
enfant que pour eux-mêmes d'ailleurs. Ils veulent trouver un vêtement d'enfant
d'un groupe qu'ils affectionnent, mais pas forcément du noir, et surtout ils ne
veulent pas que leurs enfants en pâtissent en société. Derrière tout ça, il y a
l'idée d'accepter l'autre. Les clients nous parlent de ça au Hellfest, du
regard de l'autre. Alors faire porter à sa fille un tee-shirt Aerosmith, oui,
mais les papas le veulent rose à paillettes. D'abord parce que ça passe mieux,
et avouent-ils, aussi parce que c'est mignon ! Car les gens sont encore
dans le jugement. Une maman qui vit dans un petit village, en milieu rural,
avec ses cheveux bleus et ses corsets, m'a avoué que la maîtresse de ses
enfants lui adressait à peine la parole ! Moi, à côté de Paris, cela a mis
du temps aussi, mais avec les années, les gens comprennent qu'on est
« normaux ». Une maman de l'école m'a dit un jour « mais vous
êtes sympa en fait ! » Je ne sais pas à quoi elle associait mon look...
Les gens en viennent donc à s'interdire des choses, alors que les vêtements
sont faits pour s'amuser. Mais ce qui relie ces vêtements à un style musical particulier
est encore complexe aujourd'hui. Pour moi, la gamme Pop'n'baby apprend donc à
voir au-delà des apparences. J'ai envie de dire aux détracteurs : ce
ne sont 
	<i>que</i> des vêtements. Et ce
n'est 
	<i>que </i>de la musique.
</p><p class="MsoNormal has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="creatrice-de-vetements-metal-pour-enfants-pop-n-baby-body-image-1468415754.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-model-id="203390" data-original-height="935" data-original-width="640" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/creatrice-de-vetements-metal-pour-enfants-pop-n-baby-body-image-1468415754.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><br><sub>
	<i>Aurélie et sa fille. Photo : </i><em>P-mod.com</em></sub><sub><i></i>
	</sub>
</p><p class="MsoNormal"><strong>Avec votre stand,
vous avez fait de nombreux festivals, y a-t-il toujours autant d'enfants dans
les festivals ? 
	<br>
	</strong>Oui,
pendant plusieurs années, on a fait la tournée des festivals, Wacken en
Allemagne, le Bethune retro, le Graspop Metal festival... Il faut savoir qu'au
Hellfest comme ailleurs, la présence des enfants est assez récente. Il y a sept
ans, on me regardait bizarrement lorsque je m'y promenais avec ma fille en poussette !
Maintenant, il y a 
	<a target="_blank" href="http://noisey.vice.com/fr/blog/les-enfants-du-hellfest-2014">beaucoup d'enfants au Hellfest</a>, et plus personne ne trouve ça étrange. En
Angleterre, on voit peu d'enfants en festival, en Allemagne beaucoup plus, mais
c'est bien au Hellfest qu'on en voit le plus. Aujourd'hui, on ne fait plus de
festival. Nous n'avons gardé que le Hellfest, uniquement parce qu'on l'aime
d'amour !
	<i> </i>Au market, il y a un
bon feeling entre les commerçants, et nous sommes très bien traités par le
festival en tant qu'exposants.
</p><p class="MsoNormal"><strong>Alors, le metal,
c'est une histoire de famille chez vous ? 
	<br>
	</strong>Pas
vraiment ! Le papa est branché hip-hop, plutôt 
	<i>old school</i>, et nos enfants ont des goûts très éclectiques. Le
grand, qui a 14 ans, fait du break avec ses potes, avec son tee-shirt Iron
Maiden et ses cheveux longs, qu'il assume depuis toujours. Il a un faible pour
les rappeurs Orelsan ou Biffty. Mais pas Maître Gims, heureusement ! Quant
à notre fille, à 11 ans, elle peut autant fredonner du Black Sabbath que ce
qu'on entend actuellement à la radio. La seule chose qui leur est interdite,
c'est de critiquer Aerosmith.
	<b>
	<b>
</p><p class="MsoNormal"><em>Elsa est sur <a target="_blank" href="https://twitter.com/elsa_gambin">Twitter</a>.</em>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/551064</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/13/creatrice-de-vetements-metal-pour-enfants-pop-n-baby-1468415519.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Elsa  Gambin</dc:creator>
<media:category>fashion</media:category>
<category>fashion</category>
</item>
<item>
<title>Moustache factice et pénis en coton : avec les drag-kings français</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais</link>
<pubDate>Mon, 18 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[‪Une journée avec des femmes qui se griment pour s'affirmer.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/13/moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-1468418181.jpg" type="image/jpg" length="2555"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/13/moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-body-image-1468418125-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2555" data-original-height="2304" data-model-id="203442" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-body-image-1468418125.jpg" class="vmp-image">
	<em><sub>Louise de Ville (au centre) en compagnie de deux participantes à l'atelier. Toutes les photos sont de l'auteure. </sub></em><br>
</p><p>La
scène s'éclaire et la salle devient silencieuse. Sur l'estrade,
la silhouette d'un jeune homme brun se détache. Il porte un bleu
de travail et des chaussures de sécurité. Sous les ricanements de
la foule, il mime des pompes puis s'embrasse les biceps. Peu à
peu, ses gesticulations se font lascives. La voix nasillarde d'un
chanteur aux intonations country s'élève dans la pièce :
« Shake
it for me girl. » Le bleu de travail tombe au sol pour révéler des porte-jarretelles
– qui soulignent les jambes d'une femme sculpturale. À l'issue
du strip-tease, les chaussures de chantier sont remplacées par des
talons aiguilles – qui résonnent quand la jeune femme quitte la scène
et met fin à mon premier spectacle de drag-kings.
</p><p>Pendant
féminin des drag-queens, les drag-kings interprètent un personnage
masculin le temps d'une soirée, ou d'une performance. La
pratique est 
	<span lang="zxx"><a href="http://www.barbieturix.com/2013/11/07/10-drag-kings-que-vous-devriez-connaitre/" target="_blank">ancienne</a></span><span lang="zxx">
	–</span>
	l'émergence
de scènes dédiées en France, un peu moins.
</p><p>Samedi
25 juin, un atelier drag-king est justement organisé à Pigalle
par 
	<span lang="zxx"><a href="http://cabinetsdecuriosites.fr/" target="_blank">le cabinet de curiosité féminine</a></span>,
une association dédiée aux multiples sexualités. Aujourd'hui,
c'est Louis – l'alter ego masculin, tout en moustache et
perruque garçonne, de 
	<span lang="zxx"><a href="http://louisedeville.com/" target="_blank">Louise de Ville</a></span><span lang="zxx">
	–</span>
	qui
sera chef d'orchestre. Louise est Américaine. Cette comédienne,
performeuse burlesque et activiste queer est devenue maîtresse dans
l'art de se travestir.
</p><p>À
l'intérieur, ça se fout à poil sans vergogne, ça se compare les
seins sans gêne. « De toute façon, moi, j'ai trop de
poitrine et trop de cheveux pour être un mec », peste Alexia,
tout en fourrant sa crinière dans une casquette. Louise, petite et
menue, jure en anglais et sautille impatiemment afin d'attirer
l'attention de ses ouailles. Nous sommes une petite dizaine à
vouloir tenter l'expérience – de tous les âges, de tous les
milieux, animées par la même envie de « faire comme si ».
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/13/moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-body-image-1468417853-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1786" data-original-height="2188" data-model-id="203435" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-body-image-1468417853.jpg" class="vmp-image">
	<em><sub>Louise de Ville</sub> </em><br>
</p><p>Beaucoup
sont ici après avoir vu 
	<span lang="zxx"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=d2lHVsS5YIo" target="_blank"><em>Parole de king</em></a></span>,
un documentaire réalisé par 
	<span lang="zxx"><a href="https://twitter.com/chrisslag" target="_blank">Chriss Lag</a></span> – que je rencontre dans un café à Châtelet. Alors que la réalisatrice suivait Louise de Ville pour
le tournage d'un moyen-métrage intitulé 
	<a href="https://www.youtube.com/watch?v=7zCWeAAMHrU" target="_blank"><span lang="zxx"><i>Portrait d'une bad girl</i></span></a>, elle l'a surprise en pleine conversation avec une autre artiste.
Cette dernière ne parvenait pas à comprendre le choix de Louise d'intégrer des numéros drag-kings dans sa routine
burlesque. Chris m'affirme que c'est là qu'elle a réalisé que « ce n'était pas seulement quelque chose de fun, mais
qu'il y avait également un véritable enjeu politique ».
</p><p>La
suite des évènements donnera raison à la réalisatrice, puisque le
tournage se déroulera pendant les débats entourant le mariage pour
tous – débats souvent agrémentés de polémiques autour de la
notion de genre, polémiques alimentées par la Manif pour Tous. « Le
king est une méthode illustrée au sujet de la construction sociale
du genre, insiste Chriss. C'est pour ça que les ateliers sont si
importants. Ça permet de le vivre dans son corps, de l'expérimenter.
On n'est plus dans la théorie. »
</p><p>Du
côté de Pigalle, Louise renchérit : « Toutes les femmes
devraient faire ça au moins une fois dans leur vie. » Pour
l'heure, elle prévient : « Je ne réduis pas les hommes
aux archétypes que l'on va explorer. Il faut aller loin pour
commencer. Les mecs ne sont pas tous des machos, mais nous,
aujourd'hui, si. »
</p><p>« Le
drag-king est un personnage qui est dans l'exagération du masculin
et des codes de la masculinité. Il flirte avec le ridicule, sans
complètement y tomber, sinon il perd en crédibilité », me
précise 
	<span lang="zxx"><a href="http://www.barbieturix.com/2014/09/19/side-in-side-out-tom-nanty-remonte-sur-les-planches/" target="_blank">Tom Nanty</a></span>,
auteur, artiste plasticien et comédien. Connu pour ses spectacles de
drag-king, il étudie les questions d'identité de genre – en
évoquant notamment son expérience d'homme transgenre.
</p><p><a name="_GoBack"></a>« Il n'y a personne avec du maquillage ou du vernis à ongles ? Il nous faudrait une base neutre », s'inquiète Louise en début
de journée. Sans se démonter, notre Monsieur Loyal lance les
hostilités. Le programme sera martelé tout au long de l'atelier :
cap sur les 3B. Première étape : le 
	<i>binding</i>.
Deux par deux, nous nous bandons les seins. L'action demande un
certain doigté : il faut tirer notre poitrine vers nos
aisselles et comprimer autant que possible, sans étouffer. Louise
passe dans les rangs, encourage, réajuste et enchaîne les blagues
pour détendre l'atmosphère. « Tout doit disparaître les
mecs, on ne veut surtout pas de 
	<i>monoboobs</i>
	hein ! », dit-elle en riant. Déjà, les épaules
s'ouvrent, les dos se redressent, la façon de marcher se fait
différente. « Plus rigide, plus masculine ! »,
exhorte Louise.
</p><p>Nous
nous attaquons ensuite à la barbe – le deuxième B. D'un geste
théâtral, la maîtresse de cérémonie nous désigne une table où
se bousculent crèmes, postiches, crayons et mascara, fièrement
rebaptisé 
	<i>manscara</i>
	pour l'occasion. « Moi, je trouve ça subversif d'utiliser
du maquillage pour se transformer en mec », exulte Louise,
hilare. L'odeur entêtante mais douce de la crème qu'on étale
sur les mâchoires contraste avec la rugosité des faux poils posés
dessus. Certaines participantes optent pour la moustache, d'autres
se dessinent une barbe de trois jours directement au fard. « Ça m'a permis d'accepter mon duvet », m'affirme Louise.
</p><p>Sous
les coups de pinceau, les sourcils se font plus épais, les petits
cheveux se transforment en pattes. Devant la glace, les réactions
sont viscérales. « Merde, on dirait mon frère ! »,
s'exclame Cécile*. Margot*, elle, fait la moue. « Je ne suis
pas très beau », constate-t-elle, comme déçue. </p><p>De son côté,
Tom se marre. « Moi, tu vois, ce que je trouve jouissif, c'est
de s'autoriser à être moche. J'adore l'idée d'être un mec
un peu dégueulasse, pas hyper soigné. »
</p><p>Louise
met tout le monde d'accord avec l'annonce du troisième et
dernier B. « C'est l'heure de la bite, claironne-t-elle. Un
carré de coton que vous allez séparer en deux boules aérées
constituera vos couilles. Un autre, que vous allez rouler en
forme de cône, servira de sexe. » Elle se marre et commente la
taille des engins. « Je vous préviens, comme je suis
Américaine, vous êtes tous circoncis d'office ! » Le
faux sexe termine sa course dans un collant, que l'on vient glisser
dans son pantalon. « Mais ça se voit à peine »,
s'exclame Anne*, déçue.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/13/moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-body-image-1468417929-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2998" data-original-height="2304" data-model-id="203437" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-image-filename="moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-body-image-1468417929.jpg" class="vmp-image">
	<em><sub>Un pénis factice, confectionné à partir de coton</sub></em><br>
</p><p>Vient
le moment de passer aux choses sérieuses. « À partir de
maintenant, les mecs, on ne sourit plus », ordonne Louise. Se
déplacer, s'asseoir, saisir des objets, interagir – tout est à
revoir. C'est là que l'on se raconte sa petite histoire, et que
l'on détermine qui on a envie de devenir. « Il faut savoir qui
est son personnage, quel est son rapport avec son corps, s'il est
macho », me détaille Tom. Il se marre et ajoute : « Et
même savoir comment ça se passe avec sa mère ! »
</p><p>Parfois,
il arrive que notre alter ego masculin s'impose de lui-même.
Elvira de Bord est performeuse burlesque depuis des années. Mais
c'est en Augustin que je la rencontre à la 
	<span lang="zxx"><a href="http://yagg.com/sortir/evenement/prude-pride-party-3-kiss-my-prude-and-take-my-pride/" target="_blank">Prude Party</a></span>.
Regard canaille et moustache frétillante, elle m'explique son
parcours. « La première fois que j'ai fait une soirée en
king, ma moustache n'arrêtait pas de se décoller, avoue-t-elle.
J'étais obligée de remonter le coin de ma bouche. Ça a donné un
côté un peu crapule, et c'est resté, même sur scène. »
</p><p>Et
Augustin de poursuivre : « Pour moi, ce qui définit le
mieux les drag-kings, c'est leur ouverture. On s'en fout de
savoir si tu es hétéro, lesbienne, si tu as envie de 
	<i>transitionner</i>.
Ce qui compte, c'est ce que tu exprimes ».
</p><p>Tom
ne dit pas le contraire : « Même moi, en tant que mec
trans, avec mon apparence masculine, je peux venir questionner ce que
c'est qu'être un homme. Il y a à la fois un aspect personnel
thérapeutique, très jouissif, et une façon d'aller délivrer un
message sans que ce soit moralisateur, dans une dimension un peu
loufoque. » Augustin, encore : « Les drag-kings sont multiples. Certaines font ça juste en soirée, d'autres
se produisent sur scène. » Sauf que les espaces dédiés se
font rares.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/17/moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-body-image-1468759531-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2685" data-original-height="2304" data-model-id="204860" data-path="images/content-images/2016/07/17/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/17/" data-image-filename="moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-body-image-1468759531.jpg" class="vmp-image">
<sub><em>Le <i>binding</i></em></sub><br>
</p><p>En
2012, Louise de Ville et la journaliste et écrivaine Camille
Emmanuelle ont créé les soirées 
	<span lang="zxx"><a href="https://www.facebook.com/groups/534673766551552/?fref=ts" target="_blank">Garçonnes</a></span>,
afin d'ouvrir au plus grand nombre l'expérience drag-king.
Depuis ? Pas grand-chose de régulier, même si les soirées
	<span lang="zxx"><a href="https://www.facebook.com/PrettyPropaganda/" target="_blank">Pretty Propaganda</a></span>
	inscrivent souvent des spectacles de drag-kings au programme.
</p><p>Également
rencontré à la Prude Party, le drag-king britannique Mr Golden
Balls me confirme que la scène est bien plus dynamique à Londres.
Quand il l'a croisé, Tom se souvient avoir pensé : 
	<i>Putain,
ce serait génial de faire un échange, comme au collège !
	</i>
</p><p>Pour
l'heure, Chriss Lag et Louise de Ville ont lancé 
	<span lang="zxx"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=lXHNcmcOgfw" target="_blank">Kabaret Kings</a></span>,
des représentations autour des kings qui témoignent dans le film.
« Le documentaire a réussi a créé du lien », se
réjouit Chriss. « Il a éveillé une conscience de groupe
– la conscience qu'on n'est pas tout seul à faire ça, ajoute
Tom. C'est un peu comme une bande de potes qui se retrouvent pour
porter la moustache, en fait ! »
</p><p>*<i>Ces
prénoms ont été modifiés dans un souci de confidentialité.
	</i>
</p><p><i>Si
vous souhaitez consulter une vidéo réalisée pendant l'atelier
drag-king, allez sur le site de 
	<a href="http://www.erostick.fr" target="_blank">Rachel Hipszman</a>.</i>
</p><p><i>Suivez
Morgane sur 
	<a href="https://twitter.com/mfabrebouvier" target="_blank">Twitter</a>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/551087</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/13/moustache-factice-et-penis-en-coton-avec-les-drag-kings-francais-1468418181.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Morgane Fabre-Bouvier</dc:creator>
<media:category>stuff</media:category>
<category>stuff</category>
</item>
<item>
<title>Comment j’ai perdu une partie de moi après être revenu d’entre les morts</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/comment-jai-perdu-une-partie-de-moi-apres-etre-revenu-dentre-les-morts</link>
<pubDate>Mon, 18 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[C'est arrivé près de chez moi, en Arizona. J'ai été complètement submergé par l'obscurité. J'étais mort.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/13/comment-jai-perdu-une-partie-de-moi-apres-etre-revenu-dentre-les-morts-1468411790.jpg" type="image/jpg" length="604"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="comment-jai-perdu-une-partie-de-moi-apres-etre-revenu-dentre-les-morts-body-image-1468411845.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-model-id="203374" data-original-height="403" data-original-width="604" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/13/comment-jai-perdu-une-partie-de-moi-apres-etre-revenu-dentre-les-morts-body-image-1468411845.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><br><em><sub>Guido (à droite) au Guatemala. Photo : Noah Dailey-McIlrath<br></sub></em><br><em>Guido, 75 ans, est un ami de ma famille. Il a été beaucoup de choses dans la vie – le membre d'un groupe d'autodéfense, un guérisseur, un artiste visuel de renommée mondiale. Quand j'étais petit, il venait souvent chez mes parents, muni d'une arme chargée et dissimulée dans la ceinture de son short. Il vivait au Guatemala, mais a récemment emménagé en Arizona pour décompresser. Je lui ai rendu visite et il m'a parlé du jour où il a quitté le monde des vivants.</em><br>— River Donaghey<br><br>Je suis mort le 19 août 2011. C'est arrivé près de chez moi, en Arizona. J'ai été complètement submergé par l'obscurité. C'est tout ce qu'il s'est passé. Je n'étais pas mon corps, je n'étais pas avec mon corps, je ne faisais pas partie de mon corps – mais pendant un instant, j'en étais encore conscient. C'était noir, agréable, et rien d'autre. J'étais mort. C'était tout.<br><br>Ce jour-là, je travaillais dans un parc sur Hobson Street et j'ai perdu connaissance sur le trajet du retour. J'ai réussi à me relever et à m'asseoir au bord d'une table de pique-nique. J'ai gardé la tête baissée en espérant que mon vertige passe. Je me suis réveillé au son des sirènes.<br><br>« Quelqu'un a dû te voir tomber et a pensé que tu étais bourré. La personne a sûrement appelé une ambulance ou les pompiers », ai-je pensé. Je savais qu'il valait mieux éviter tout ça. Peu importe ce qu'il m'arrivait – peut-être un hématome sous-dural – je pourrais gérer ça seul à la maison. Je me suis levé et suis parti.<br><br>Je me souviens avoir traversé Hobson Street, la rue qui sépare le parc de mon pâté de maisons. J'ai enfin rejoint ma rue. J'étais content de m'en être bien tiré. Je ne me rappelle pas avoir perdu connaissance une deuxième fois.<br><br>Après ça, j'ai le souvenir d'avoir été un animal en dehors de moi-même. J'ai cherché un lieu de nidification pour y laisser mon corps mou. J'ai décidé de le cacher derrière un panneau d'affichage, pour le mettre en sécurité. Cela a semé la confusion dans mon esprit, sachant qu'il n'y a pas de panneaux d'affichage sur Hobson Street. Néanmoins, je me souviens avoir bordé mon vieux corps derrière ce panneau imaginaire. Puis, je me suis détendu pendant que tout devenait noir autour de moi. Tout était confortable, sombre et doux. C'était aussi bon que de donner du plaisir à une femme, et Dieu sait qu'il n'y a presque rien de comparable à ça.<br><br>Un long moment après, dans les profondeurs de cette noirceur, j'ai réalisé que quelqu'un avait déterré mon corps de sa cachette. Des gens le tiraient de derrière le panneau. J'ai aussitôt sombré une nouvelle fois dans le noir et je n'ai rien remarqué pendant une longue période.<br><br>Tout d'un coup, j'ai pris conscience que quelqu'un ponctionnait mon corps. J'ai senti une sorte de bâton aiguisé pointé sous ma cage thoracique. Ce fut un sentiment horrible, surtout comparé à la noirceur dans laquelle j'étais plongé une minute auparavant.<br><br>« Mon Dieu, ce sont des putain de sauvages. Qui ferait une chose pareille ? », me suis-je dit. Mais ça n'a fait qu'empirer. Quelqu'un avait commencé à frotter ma poitrine avec une brosse métallique. Je pouvais sentir ma peau qui s'enlevait. Un deuxième bâton aiguisé était planté dans l'autre côté de ma cage thoracique ; un autre dans ma cuisse. « Qui sont ces connards ? Pourquoi ne laissent-ils pas mon corps là où je l'ai laissé ? », ai-je pensé. J'ai de nouveau sombré dans le noir, ignorant les éraflures et les coups de couteau. Mais ces agitations autour du corps que je pensais avoir caché sont devenues si fréquentes que je me suis dit : « Je dois revenir à la réalité pendant une seconde et tirer cette affaire au clair. Ensuite, je pourrais retrouver la noirceur. »<br><br>J'ai ouvert les yeux pour voir un homme penché sur moi – un premier intervenant, à en croire l'insigne sur sa chemise. J'ai été premier intervenant dans le passé, donc je savais très bien ce qu'il faisait. Il a crié : « Reste avec moi mon pote, reste avec moi, ton pouls est encore seulement à 13 ». Il a commencé à me poser un tas de questions. Il voulait savoir mon adresse et mon numéro de téléphone. Il m'a prévenu que si je fermais les yeux, il recommencerait à m'envoyer des décharges électriques. Je me suis souvenu de mon expérience de premier intervenant – je savais que le seul moyen de mettre fin à cette torture était de faire exactement ce qu'il me disait.<br><br>Ses collègues et lui sont allés chercher ma copine à la maison. J'espérais qu'elle leur dise : « Il a beaucoup d'expérience médicale. Il sait ce qu'il fait. Laissez-le rentrer ». J'espérais qu'ils me laissent tous tout seul, pour que je puisse enfin retourner à l'endroit noir. Mais non, au lieu de ça, elle leur a demandé de m'emmener à l'hôpital.<br><br>Les gens qui évoquent une lumière blanche racontent des conneries. Ils inventent. Peut-être qu'ils ne sont même pas vraiment morts. Moi ? Je suis bel et bien mort. Mes reins étaient pleins de sang. Mon pantalon était plein de merde et de pisse. Mon cœur ne pompait plus. Le sang n'affluait plus dans mon cerveau. Ils m'avaient injecté de l'atropine et m'avaient enfoncé ces bâtons dans la cage thoracique pour essayer d'atteindre mes reins. La sensation de brosse métallique s'est avérée être le défibrillateur, qu'ils utilisaient pour forcer mon cœur à pomper l'atropine à travers mon système et que le sang atteigne mon cerveau.<br><br>Je sais que j'étais mort parce que depuis que je suis revenu, ma vie n'a plus été la même. J'ai perdu quelque chose au cours de ce processus. Une partie de moi n'est pas revenue de la noirceur. Mon entourage ne le remarque pas, mais moi, je le sais. Je ne suis pas aussi agressif et passionné que je l'étais auparavant. Quelque chose d'essentiel est parti. Je ne sais pas si je retrouverais cette chose ou si je l'ai perdue à jamais.<br><br>Je garde désormais une petite carte orange « Ne pas réanimer » dans mon portefeuille. Je ne sors plus de chez moi sans elle. Je sais que les intervenants d'urgence commencent par dégager les voies respiratoires. Ensuite, ils vérifient dans votre portefeuille pour savoir qui vous êtes. Je veux être sûr qu'ils trouvent cette carte. La prochaine fois, je veux qu'ils me laissent dans la noirceur. Peut-être que je pourrais alors récupérer la partie de moi que j'ai perdue.<br>
</p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>River Donaghey</dc:creator>
<media:category>stuff</media:category>
<category>stuff</category>
</item>
<item>
<title>Des polyamoureux nous ont expliqué comment fonctionnaient leurs relations</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/des-polyamoureux-nous-ont-explique-comment-fonctionnaient-leurs-relations</link>
<pubDate>Tue, 19 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Avoir plusieurs partenaires – et ne pas tous les rendre tristes – est une tâche difficile. Voilà comment certaines personnes y arrivent.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/13/des-polyamoureux-nous-ont-explique-comment-fonctionnaient-leurs-relations-1468420170.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="Corps">Si certains s'accommodent sans problème
de la monogamie, d'autres finissent par tromper leur partenaire en essayant – et
en échouant lamentablement – d'adhérer à ce concept. D'autres choisissent le
polyamour, une alternative qui se décline en 
	<a target="_blank" href="http://i.imgur.com/xPacZwN.jpg"><span class="Hyperlink0">plusieurs variétés</span></a>.
Considérée par les médias comme une nouvelle 
	<a target="_blank" href="http://www.rollingstone.com/feature/millennial-sexual-revolution-relationships-marriage"><span class="Hyperlink0">révolution sexuelle</span></a>, l'ouverture aux arrangements
non-exclusifs 
	<a target="_blank" href="http://www.vice.com/en_us/read/are-young-people-really-more-open-to-polyamory-or-do-we-just-like-to-cheat"><span class="Hyperlink0">ne cesse de gagner en popularité</span></a>.
</p><p class="Corps">VICE a rencontré
des personnes polyamoureuses afin de comprendre les nuances de leurs relations
et savoir pourquoi elles n'envisagent pas la monogamie comme une option viable.
</p><p class="Corps"><strong>Maria*, 24 ans</strong><br>Je suis
actuellement dans une relation libre, mais je n'ai encore rien fait de sérieux
avec une personne autre que mon copain. Si j'ai envie de baiser avec un autre mec,
nous en discutons d'abord ensemble. Mon ex n'a jamais vraiment couché avec d'autres
filles. Certains mecs avec qui j'ai été n'osaient pas le faire, même quand ils
en avaient l'occasion, parce qu'ils ressentaient une certaine pression. Ce qui
est étrange, puisqu'ils se fichaient que je couche avec d'autres personnes. Mon
ex et moi avons fait quelques partouzes et il était d'accord pour que je fasse
mes trucs de mon côté. Il était heureux que je sois heureuse. C'est juste que
lui, ça ne le branchait pas.
</p><p class="Corps">Les relations
polyamoureuses sont difficiles à entretenir dans le sens où les
règles ne sont pas établies par notre société. Une relation hétérosexuelle et normative est bien plus
simple, car elle comporte des règles – ça, c'est
tromper, ça, ce n'est
pas tromper. Il y a tout ce que les médias et la société nous dictent. Dès que l'on s'aventure
hors de ce type d'engagement, il faut souvent se
justifier. Il faut imposer des limites.
</p><p class="Corps">Dans mes relations
récentes, le problème majeur était mon côté impulsif. Généralement, la règle veut que vous préveniez votre partenaire avant de
passer à l'acte. Sauf que j'aime me laisser porter, et si une opportunité se
présente, je la saisis. Récemment, je suis allée dans un club avec mon copain. J'ai dansé sur la scène et j'ai littéralement
agité ma chatte devant un mec. Je portais
une jupe et je me suis assise sur son visage, en plein milieu du club. J'ai sauté de la scène
et l'ai embrassé. Il était une heure du matin, le club
fermait à 2 heures, et je ne voulais pas perdre du
temps à demander l'avis de mon copain – sachant qu'on pourrait avoir cette conversation dans une heure. Dès que le club a fermé, je l'ai
rejoint et nous sommes partis.
</p><p class="Corps">Plus tard, j'aimerais faire partie de deux couples ou d'un trio. Si c'est un trio, je préfère que ce soit moi, une fille et un
mec; si c'est deux couples, je préfère que les deux couples soient composés d'un homme et d'une femme. Je voudrais vivre comme ça jusqu'à la fin de mes jours.
</p><p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="des-polyamoureux-nous-ont-explique-comment-fonctionnaient-leurs-relations-body-image-1468420932.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-model-id="203486" data-original-height="666" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/13/des-polyamoureux-nous-ont-explique-comment-fonctionnaient-leurs-relations-body-image-1468420932-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75"></p><p class="Corps"><strong>Dan*, 35 ans</strong><br>J'ai rencontré ma copine lors d'une soirée échangiste. Nous sommes ensemble depuis
un an et demi. Les règles évoluent
constamment. Le seul piège dans lequel je tombe parfois, c'est de supposer que ce qui me dé<span lang="DA">range </span>la dérange
elle aussi. Du coup, nous avons commencé à mettre
nos règles par écrit.
</p><p class="Corps">Une fois, j'ai pris trop de MDMA et j'ai
complètement oublié sa
présence. Nous avons eu une conversation à ce
sujet ensuite, et nous avons décidé de ne plus prendre de drogue lorsque nous
comptons coucher avec une autre personne, histoire de ne pas blesser notre
partenaire.
</p><p class="Corps">Jusqu'au mois dernier, nous avons toujours fait les choses ensemble. Son fantasme était de coucher avec une fille. Nous avons fait un plan à trois
avec une fille qui a ensuite découvert que les mecs n'étaient pas son truc. Seulement, ma copine voulait continuer
à la voir, donc nous avons accepté de
voir d'autres personnes . Notre règle est de se dire les choses avant de passer à l'acte, sans non plus aller dans les détails. Nous n'avons pas forcément envie d'entendre : « Nous avons fait ça, ça et ça », mais plutôt : « Oui, je vais coucher avec cette
personne ce soir ».
</p><p class="Corps">Nous n'allons pas coucher avec quelqu'un dans le lit conjugal si l'un
de nous n'est pas présent. Je préfère faire l'amour en groupe, parce que je trouve ça moins émotionnel qu'entre deux personnes, mais ma copine n'est pas de cet avis – c'est la seule chose qui nous différencie.
</p><p class="Corps">Il faut apprendre à gérer les différences de préférences. Voilà pourquoi
nous écrivons nos règles – parfois, on se rend compte que l'on n'est pas d'accord avec les mêmes choses. Nous discutons surtout des
personnes impliquées. Je sais que ça peut sembler bizarre de dresser une liste et de dire : « Je suis d'accord que tu vois telle personne, mais
pas celle-là ». Mais c'est
comme ça que les choses marchent.
</p><p class="Corps"><strong>Hannah, 26 ans</strong><br>Quand vous êtes
polyamoureux, il y a toujours un moment où vous êtes amené à dire, pendant un
rencard : « Il faut que tu saches qu'à l'avenir, il se peut que j'aie
envie de voir d'autres personnes que toi. Il faut que tu sois d'accord avec ça
si tu veux sortir avec moi. » Quand ma copine et moi avons commencé à nous
fré<span lang="ES-TRAD">quenter</span>, il s'est avéré que nous étions toutes les deux
polyamoureuses, bien que nous ne voyions personne d'autre à ce moment-là.
Depuis, je n'entretiens pas d'autre relation à proprement parler, mais j'ai des
partenaires dans le kink. Par exemple, il y a une personne que je vois régulièrement,
avec qui je pratique le bondage.
</p><p class="Corps">Pour moi, c'est un concours de circonstances. Avec le kink, cela est
amené à se
produire quoiqu'il arrive – j'en ai besoin dans ma vie. En termes de relations
amoureuses, je ne sors qu'avec une seule personne en ce moment,
parce que je suis super amoureuse d'elle et que je ne ressens ça pour personne d'autre. Il m'est arrivé d'avoir plusieurs 
	<span lang="EN-US">relations </span>en
même temps dans le passé. Par exemple, j'ai fréquenté un
mec marié. Des fois, je passais du temps avec
lui et toute sa famille, d'autres fois, nous avions des rencards
en tête-à-tête. S<span lang="DA">a femme </span>et lui étaient
tous deux polyamoureux.
</p><p class="Corps">Cela requiert
beaucoup de communication – certains affirment que c'est la clé, et ils ont tout à fait raison. Quand les problèmes surviennent, proportionnellement, vous en avez plus à gérer. Je ne m'identifie pas comme étant polyamoureuse mais polyamoureuse
	<span lang="IT"> solo, </span>ce qui est un peu moins connu. Avec le
polyamour solo, au lieu de rechercher une relation de couple, vous conservez
votre autonomie. Vous pouvez avoir votre propre appartement
	<span lang="PT"> ou </span>votre propre chambre dans un endroit que
vous partagez avec vos partenaires. Cela permet d'éviter
la hiérarchie. Une fois que la nouvelle énergie de la relation se calme, il me faut beaucoup de
temps pour moi-même. C'est
ce qui fait fonctionner ma relation d'une manière
bizarre.
</p><p class="Corps"><strong><span lang="EN-US">Samantha, 36</span>
	ans</strong><br>Je suis avec mon
mari depuis 15 ans, et avec mon copain depuis un an et demi. Dans m<span lang="EN-US">es relations ant</span>érieures, les choses étaient plus hiérarchisées,
mais pour moi, quand vous êtes ensemble depuis si longtemps, le
premier se positionne naturellement, surtout quand vous ajoutez un mariage, une
voiture et une maison.
</p><p class="Corps">Nous sommes libres
depuis 2006, donc j'ai eu plusieurs partenaires ; lui de même. Mon mari n'est sorti avec personne depuis un
moment, donc les règles sont un peu différentes en ce moment. Cela fait quelques années, donc nous commenç<span lang="EN-US">ons </span>presque à partir
de zér<span lang="IT">o quand il </span>sort avec des gens, alors que je vois d'autres personnes en permanence. Les règles sont différentes en fonction de qui vous êtes, le tout est d'être flexible. Il y a deux façons de faire : vous pouvez établir des règles pour commencer et voir si vous êtes OK avec certaines
	<span lang="EN-US"> choses</span>, histoire de diminuer les règles, ou vous pouvez vous lancer sans règles et voir ce qui fonctionne. Nous fonctionnons plutôt de la première façon.
</p><p class="Corps">Vivre une rupture est
à la fois ce qu'il y a de pire et de meilleur. Le pire parce que c'est une rupture, mais que vous devez continuer à vivre
votre vie et donner de l'attention à votre
partenaire restant. D'un autre côté, vous avez encore une relation avec
un partenaire – c'est comme si votre meilleur ami était là pour vous soutenir.
</p><p class="Corps">J'ai eu beaucoup de ruptures désastreuses.
J'ai vécu
beaucoup de situations dans lesquelles . Certains aiment
l'idée au départ,
mais quand ils sont confrontés à sa réalité, ils prennent peur. J'ai été avec des gens qui pensaient vraiment
vouloir franchir ce pas<span lang="PT">, mais </span>d'un coup, ils ont flippé et ont dé<span lang="ES-TRAD">cid</span>é de
rester monogames, quitte à tromper leur partenaire, parce qu'ils
ne supportaient pas de vivre de façon « anormale ».
Le problème, c'est
qu'on ne sait jamais qui vont être ces gens.
</p><p class="Corps">J'ai écrit <a target="_blank" href="http://samanthafraser.com/"><span class="Hyperlink0">un livre sur la polygamie</span></a>, donc je pourrais continuer à en
parler encore longtemps, mais j'ai appris que c'était avant tout une question d'égalité. Les gens peuvent développer beaucoup de ressentiment en voyant leur partenaire
faire certaines
	<span lang="EN-US"> chose</span>s.
Le tout étant de se rendre compte que tant que
chacun satisfait ses besoins et ses dé<span lang="EN-US">sirs individuels, </span>peu
importe si ceux-ci sont
	<span lang="EN-US"> diff</span>é<span lang="EN-US">rents.</span>
</p><p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="des-polyamoureux-nous-ont-explique-comment-fonctionnaient-leurs-relations-body-image-1468421470.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/13/" data-path="images/content-images/2016/07/13/" data-model-id="203489" data-original-height="666" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/13/des-polyamoureux-nous-ont-explique-comment-fonctionnaient-leurs-relations-body-image-1468421470-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><i><sub>Photo via l</sub></i><sub><i>'</i><i>utilisateur Flickr </i><a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/8220911@N08/"><span class="Hyperlink0"><i>the_quick_nick</i></span></a>
</sub></p><p class="Corps"><strong><span lang="PT">Janet, 33</span></strong><strong> ans</strong><br>J'ai toujours été non-monogame – même dans mes relations soi-disant monogames. Lorsque j'ai entendu parler du « polyamour », je me suis immédiatement sentie soulagée – ça me correspondait complètement. Même si j'ai
eu des relations monogames au lycée, j'ai
toujours commis de petites incartades.
</p><p class="Corps">Avec mon partenaire
actuel, j'ai été très claire quant au fait qu'il m'est impossible de n'aimer qu'une seule personne. Nous avons suivi
les règles du polyamour, mais nous avons
trouvé ça difficile à gérer sans se faire de mal. J'ai lu le livre 
	<i>The Ethical Slut, </i>qui m'a donné une idée
sur la façon de faire fonctionner les choses. Il
nous a été plus facile d'entretenir une relation libre une fois mariés. 
	<span lang="EN-US">Nous </span>étions
solides et nous retrouvions tous les soirs, ce qui nous a permis de nous amuser
tout en sachant que nous étions encore fous l'un de l'autre.
</p><p class="Corps">Nous avons commencé à voir un ami proche avec qui j'ai<span lang="PT"> eu </span>une amourette pendant plus de dix ans.
Nous avons fini par faire l'amour à trois et avons passé des
nuits amusantes, mais ça n'a finalement pas marché.
	<span lang="EN-US">Nous </span>sommes allés dans un club échangiste<span lang="PT">, mais </span>nous finissions souvent par avoir des relations sexuelles
ensemble, à côté d'autres personnes. En ce moment, je
suis enceinte et j'encourage mon mari à sortir et à s'amuser autant qu'il le souhaite, mais
il n'a pas encore trouvé le temps.
</p><p class="Corps">Le fait que nous
ayons tous deux carte blanche pour sortir et voir d'autres personnes permet de solidifier notre connexion et
notre
	<span lang="EN-US"> relation. </span>Souvent, après avoir passé du
temps avec d'autres personnes, nous nous disons : 
	<i>Oh mon Dieu,
je suis tellement chanceux de t</i><i>'</i><i>avoir</i><span lang="PT"> ou </span><i>Tu es tellement mieux que les autres</i>. Pour moi, cela change tout d'avoir
la permission d'« aller jouer dehors» et de choisir de ne pas le faire parce
que j'aime mon mari.
</p><p class="Corps"><strong>Jaime*, 34 ans</strong><br>Mon copain et moi
sommes ensemble depuis douze ans, mariés depuis deux. Nous avons commencé  lors de notre
premier anniversaire de mariage. J'étais très
curieuse et l'ai emmené dans un club échangiste ; nous avons commencé très doucement. Je n'ai jamais vraiment cru en la monogamie, ni
au fait d'avoir un seul mec toute ma vie. Je
savais que nous étions sur la même longueur d'onde et que nous avions confiance l'un en l'autre, donc j'ai voulu essayer. L'objectif était
petit au premier abord
	<span lang="IT">: il suffi</span>sait de trouver une fille [dans un
club échangiste] qui veuille pratiquer le
sexe oral avec moi. Ça
a commencé comme ça, puis ça a évolué.
</p><p class="Corps">Désormais, nous sommes à l'aise avec le fait de voir d'autres
personnes, que ce soit ensemble ou séparément. La première règle, quand nous avons commencé, était de demander la permission à l'autre – et c'était
oui ou non, sans 
	<span lang="EN-US">explication. </span>« Puis-je coucher
avec cette personne? » Oui ou non. Si c'était non, on passait à autre chose. Toujours se protéger, c'est certainement la base. Ensuite, nous avons des règles « de vacances » : on ne peut pas rester avec quelqu'un
pendant plus de 48 heures et on doit s'appeler avant d'aller dormir. Les règles changent tout le temps ; il faut toujours
discuter de ce qui nous met à l'aise ou pas. Surtout que tout dépend de si vous débuter ou si vous faites ça depuis dix ans. Au début, nous avions interdit les câlins et les 
	<span lang="DE">baisers</span>. Finalement, nous avons décidé que c'était une question d'intimité <span lang="IT">et non </span>d'amour. Il est difficile d'exciter
une personne sans l'<span lang="PT">embrasser, </span>si bien que nous avons vite laissé tomber
cette règle.
</p><p class="Corps">Je crois que je préfère coucher avec d'autres personnes de mon côté en ce moment, mais il nous arrive encore de coucher avec d'autres personnes ensemble. C'est
toujours amusant d'intégrer son partenaire, mais nous sommes
ensemble depuis si longtemps qu'il est agréable d'avoir une relation intime avec
quelqu'un de nouveau. À un moment donné[mon
mari et moi] ne voulions pas nous raconter l
	<span lang="ES-TRAD">es d</span>étails – c'était une autre règle. Maintenant, les détails nous excitent.
</p><p><br></p><p class="Corps"><i>*Les noms ont </i><i>é</i><i>t</i><i>é</i><i></i><i> chang</i><i>é</i><i>s afin de pr</i><i>é</i><i>server l</i><i>'</i><i>anonymat.</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/551116</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/13/des-polyamoureux-nous-ont-explique-comment-fonctionnaient-leurs-relations-1468420170.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Allison Tierney</dc:creator>
<media:category>stuff</media:category>
<category>stuff</category>
</item>
<item>
<title>Les mecs de Magnum: Businessmen pressés et Belges bourrés</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/interview-harry-gruyaert-magnum</link>
<pubDate>Mon, 18 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[De l'URSS à l'Inde en passant par la Courneuve, Harry Gruyaert a parcouru une grande partie du Monde.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/14/interview-harry-gruyaert-magnum-1468503313.jpg" type="image/jpg" length="1052"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><sub><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589243-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1338" data-model-id="204498" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589243.jpg" class="vmp-image"></em></sub>
<sub><em>La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. </em></sub><i><sub>Toutes les photos sont d'Harry Gruyaert/Magnum Photos.</sub></i><em><sub></sub></em>
</p><p lang="fr-FR">Là,
un drap rouge trône dans une rue de New York. Une femme au regard
hagard contemple l'objectif. Son imperméable est rouge, lui
aussi. Plus loin, des murs ocre encadrent une ouverture laissant
deviner quelques vêtements. On est en Inde, ou dans un tableau de
Juan Gris, c'est selon. Ici, l'ombre envahit la ville côtière
d'Ostende. On se croirait au crépuscule de la société
industrielle, qui a fait naître des immeubles impersonnels avant
de comprendre qu'ils finiraient par être emportés par la montée
inéluctable des océans. Toutes ces facettes du Monde ont un seul point en commun : la personne qui les a immortalisées.
</p><p lang="fr-FR">Né
en 1941 à Anvers, Harry Gruyaert aura passé sa vie à capturer
l'éventail infini des tonalités terrestres, des teintes
métalliques les plus sèches aux horizons les plus inépuisables –
en passant par les devantures diaphanes de simples troquets. À
rebours des photographes contempteurs de la couleur, Gruyaert aura
embrassé la multiplicité de celle-ci en traversant les continents.
</p><p lang="fr-FR">Face
à une carrière longue de cinq décennies, et alors que le
photographe de l'agence Magnum rejette toute idée de « concept »
régissant son travail, il aurait été évident de
concentrer l'intégralité de notre rencontre sur le qualificatif de
« coloriste », qu'on lui appose fréquemment. Les
vicissitudes de notre conversation auront conduit Harry Gruyaert à
évoquer l'addiction des jeunes à Internet, l'opposition entre Las
Vegas et l'URSS, ou encore le galvaudage du terme « artiste »
– et cela pour mon plus grand bonheur.
</p><p class="has-image"><span lang="fr-FR"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589465-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1333" data-model-id="204499" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589465.jpg" class="vmp-image"><br><sub><em>Province de Brabant, en Belgique. Commémoration de la bataille de Waterloo. 1981</em></sub><br></span><span lang="fr-FR"><i></i></span>
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>VICE :
Bonjour Harry. Quand
vous étiez jeune, vous avez voulu quitter la Belgique le plus
rapidement possible. Pourquoi ? 
	<br>Harry Gruyaert : </strong></span><span lang="fr-FR">Vous
savez, à l'époque, la Belgique était un désert culturel. Au
cinéma, il ne se passait rien. Les villes créatives étaient
Londres, Paris, ou New York. Ça a énormément changé depuis,
à tous les niveaux.
	</span>
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>Je
vois. Dès lors, vous avez énormément voyagé.
Arrivez-vous encore à être dépaysé ? 
	<br></strong></span><span lang="fr-FR">Oui,
totalement ! Là, je rentre de Chine et du Japon, et j'ai eu
l'impression de découvrir de nouvelles choses – même s'il
paraît évident que les différences liées à la géographie et aux cultures s'atténuent
peu à peu.
	</span>
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589724-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1333" data-model-id="204502" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589724.jpg" class="vmp-image">
<em><sub>Un café sur la plage d'Ostende, en Belgique. 1988</sub></em><br>
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>Pensez-vous
que l'uniformisation actuelle des modes de vie puisse faire
disparaître totalement les particularismes ? 
	<br></strong></span><span lang="fr-FR">C'est
difficile à dire. Ce que je vois aujourd'hui m'intéresse
toujours autant, mais il est vrai que la situation est différente. Avant, quand on traversait la frontière entre la Belgique
et la Hollande, on changeait complètement d'environnement.
Aujourd'hui, on trouve de nombreuses similarités au niveau des
vêtements, des habitudes alimentaires, des mentalités, etc.
	</span>
</p><p lang="fr-FR">Autrefois,
les décalages entre les différents pays européens étaient
très excitants – ce qu'on ne trouvait pas du tout en Amérique
quand on passait d'un État à un autre, par exemple. Mais cette réalité s'atténue peu à peu.
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>Quand
vous avez pris la direction du Maroc, c'est ce « décalage » qui
vous a permis d'enrichir votre travail ? 
	<br></strong></span><span lang="fr-FR">Partir
là-bas, c'était une excitation très différente. Dès qu'on
commence à trouver les choses « normales », c'est là que ça
ne va plus. C'est pour ça qu'il est très difficile de
travailler dans un environnement que l'on connaît par cœur. Il
faut arriver à être totalement ouvert. C'est d'ailleurs pour
cela que je débranche tous mes moyens de communication quand je me
déplace – téléphone, Internet, etc. Je ne veux pas m'occuper
d'autre chose. Je veux 
	</span><span lang="fr-FR"><i>être
là 
	</i></span><span lang="fr-FR">physiquement,
mentalement. Je ne veux pas être emmerdé par Magnum ou ma
famille. 
	</span>
</p><p><span lang="fr-FR">Les moyens de communication rétrécissent le monde et
deviennent des obsessions pour pas mal de monde. Je suis parti en
Inde avec mes filles, pour leur montrer le pays. Elles étaient
obnubilées par le fait d'avoir le wifi à l'hôtel afin de
pouvoir communiquer avec leurs amis. Ça en dit long.
	</span>
</p><p class="has-image"><em><sub><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589772-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1335" data-model-id="204503" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589772.jpg" class="vmp-image"></sub></em>
<em><sub>New York, aux États-Unis.</sub></em>
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>Internet
a complètement modifié le rapport des jeunes à la réalité,
mais également à l'art, non ? 
	<br></strong></span><span lang="fr-FR">Le
problème pour les plus jeunes c'est qu'aujourd'hui, il y a
beaucoup trop d'informations. Il est devenu tout à fait banal de
tomber sur des copies de copies. Quand j'ai commencé à prendre
des photos, publier un livre était extrêmement rare. On pouvait
attendre des années avant de parcourir un bel ouvrage.
Aujourd'hui les publications s'enchaînent, les images sont
omniprésentes. 
	</span>
</p><p><span lang="fr-FR">Vous savez, il y a quelques années, j'ai fait
partie d'un jury. Les photographes étaient souvent talentueux,
mais il était évident qu'ils étaient tous influencés par le
travail d'autres photographes. Pour moi, c'est un problème. Je
répète tout le temps aux jeunes photographes qu'il ne faut
surtout pas qu'ils essaient de copier leurs aînés, même s'ils
connaissent leurs œuvres par cœur. Ils doivent trouver leur propre
voie, de manière indépendante.
	</span>
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>Et
que pensez-vous de la multiplication des individus se disant «
photographes » sur Internet ?
	<br></strong></span><span lang="fr-FR">Aujourd'hui,
tout le monde se prétend « artiste ». Ça me paraît ridicule.
On est artiste, où on ne l'est pas. J'ai beaucoup plus de
respect pour des professionnels qui n'ont pas la prétention
d'être des artistes que pour des types qui se prétendent
artistes alors que leur travail ne pèse pas lourd. 
	</span>De jeunes photographes veulent tout de suite exposer dans une galerie – sans attendre, alors que le métier et l'expérience sont pour moi des choses importantes.
</p><p><span lang="fr-FR">Personnellement,
j'ai besoin de créer des images – c'est une né
	</span><span lang="fr-FR">cessité
vitale. Si je ne prends pas de photos pendant un certain temps, je ne
me sens pas très bien. 
	</span>
</p><p class="has-image"><sub><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589809-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1333" data-model-id="204504" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589809.jpg" class="vmp-image"></em></sub>
<sub><em>Un restaurant à Pontedeume, en Espagne. 1998</em></sub><br>
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>Je
comprends. Et dans votre travail de photographe, vous avez très
tôt utilisé la couleur. N'avez- vous pas été critiqué par
certains, qui reprochent à la photo couleur d'être proche de la
publicité ? 
	<br></strong></span><span lang="fr-FR">Non,
pas vraiment. Quand je suis rentré chez Magnum, Raymond Depardon
m'a félicité pour mes photos de Paris en disant : « Avec
toi, on voit vraiment le plastique, les matières. » Ça tranchait
avec la tradition des photos parisiennes, comme celles de Robert
Doisneau.
	</span>
</p><p lang="fr-FR">C'est
en découvrant la peinture pop à New York que j'ai pris de la
distance avec les notions de beauté et de laideur. Je n'avais pas
peur de réaliser des clichés en couleur révélant la banalité
des bagnoles, des publicités, etc.
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>Vous
insistez beaucoup sur la dimension 
	</strong></span><span lang="fr-FR"><strong>physique </strong></span><span lang="fr-FR"><strong>de
la couleur, et 
	</strong></span><span lang="fr-FR"><strong>plus </strong></span><span lang="fr-FR"><strong>intellectuelle </strong></span><span lang="fr-FR"><strong>du
noir et blanc.
	<br></strong></span><span lang="fr-FR">En
fait, je n'ai pas vraiment de concept dans mon travail. Je réagis
physiquement par rapport à des choses qui m'intéressent, à
des couleurs particulières, à une certaine lumière. Je suis
sans doute le moins « journaliste » de l'agence – c'est
d'ailleurs pour ça que certaines personnes chez Magnum n'étaient
pas spécialement chaudes à l'idée que je les rejoigne. Je
n'avais jamais photographié une manifestation, évoqué la
politique, rien de tout ça. Ce n'est pas mon truc, c'est tout.
	</span>
</p><p class="has-image"><em><sub><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589832-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1333" data-model-id="204505" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589832.jpg" class="vmp-image"></sub></em>
<em><sub>État du Rajasthan, en Inde. 1976</sub></em>
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>N'avez-vous
jamais envisagé de réaliser des portraits ? 
	<br></strong></span><span lang="fr-FR">Je
suis assez timide en fait, même si ça s'atténue au fil des
années. Au début de ma carrière, je bossais énormément au
téléobjectif – ce qui n'était pas une super idée. Il y a
30 ans, alors que j'étais en Inde, quelqu'un me l'a volé,
ce qui s'est avéré formidable. Ça m'a forcé à me
rapprocher des gens. 
	</span>
</p><p><span lang="fr-FR">La chose la plus intime que j'ai faite, c'est
photographier mes filles de la naissance jusqu'à leurs 15 ans.
J'avais choisi le noir et blanc et avais diffusé mes clichés
lors d'une exposition Magnum consacrée à la famille. Mais il
s'agit de mes enfants – je n'avais pas ce problème de
timidité, de malaise. 
	</span>J'ai tout de même réalisé un portrait
du peintre Soulages pour un magazine. Ça s'est bien passé,
parce qu'il s'agit d'un vrai personnage.
</p><p>En fait, je ne me
situe pas dans une démarche « humaniste ». Je ne pense pas que
l'être humain soit supérieure à tout le reste – j'en
doute même fortement. Ce qui m'importe, ce ne sont pas uniquement
les hommes, mais leur environnement, leurs vêtements, etc.
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>Dans
votre série « Rivages », la place de l'être humain est
d'ailleurs extrêmement modeste en comparaison de
l'environnement.
	</strong></span><span lang="fr-FR"><br>En
fait, je n'ai jamais 
	</span><span lang="fr-FR"><i>l'intention
	</i></span><span lang="fr-FR">de
	</span><span lang="fr-FR">démontrer
telle ou telle
	</span><span lang="fr-FR">chose.
Bien sûr, avec le recul, je suis d'accord avec cette analyse,
mais je n'en suis pas conscient au moment de la photographie.
	</span>
</p><p class="has-image"><span lang="fr-FR"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589861-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1333" data-model-id="204506" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589861.jpg" class="vmp-image"></span>
<em><sub>Moscou, Union soviétique. 1989</sub></em><br>
</p><p><span lang="fr-FR"><strong>Je
vois. Et que comptez-vous faire désormais ? 
	<br></strong></span><span lang="fr-FR">J'ai
accumulé énormément de clichés vous savez. Deux livres vont
être publiés dans un même coffret – l'un traitera de Moscou
en 1989, l'autre d'un voyage entre Los Angeles et Las Vegas en
1982. L'intérêt de ce coffret est de juxtaposer la lumière
très dure typique de la Californie et celle bien plus tamisée de
Moscou – et également d'opposer une ville encore communiste
avec deux métropoles symboles du capitalisme outrancier. Pour Las
Vegas, à l'époque, je n'avais publié que quatre ou cinq
photos ! 
	</span>
</p><p><span lang="fr-FR">C'est en retournant dans mes archives que j'ai compris
à quel point certaines méritaient mieux. Il est toujours très
agréable de prendre son temps afin de redécouvrir son travail des
années du tard.
	</span>
</p><p lang="fr-FR"><strong>C'est
noté. Merci beaucoup Harry !
	</strong>
</p><p lang="fr-FR"><em>N'hésitez pas à vous procurer </em><a href="http://www.editionstextuel.com/index.php?cat=020410&id=625" target="_blank">Harry Gruyaert</a><em> et </em>
	<a href="http://www.editionstextuel.com/index.php?cat=020371&id=590" target="_blank">Maroc</a><em>, parus chez Textuel.</em>
</p><p lang="fr-FR"><em>Suivez Romain sur <a href="https://twitter.com/romain_gonzo" target="_blank">Twitter</a>. </em><br>
</p><h2 lang="fr-FR">Plus
de photos ci-dessous
</h2><p class="has-image"><sub><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589903-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1333" data-model-id="204508" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468589903.jpg" class="vmp-image"></em></sub>
<sub><em>Aéroport de Salt Lake City, aux États-Unis. 1996</em></sub><br>
</p><p class="has-image"><sub><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590051-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1346" data-model-id="204509" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590051.jpg" class="vmp-image"></em></sub>
<sub><em>Province de Brabant, en Belgique. Commémoration de la bataille de Waterloo. 1981</em></sub><br>
</p><p class="has-image"><sub><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590075-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1336" data-model-id="204510" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590075.jpg" class="vmp-image"></em></sub>
<sub><em>Remparts et murs fortifiés de la ville d'Essaouira, au Maroc. 1976</em></sub><br>
</p><p class="has-image"><sub><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590102-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1333" data-model-id="204511" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590102.jpg" class="vmp-image"></em></sub>
<sub><em>Ostende, en Belgique. 1988</em></sub><br>
</p><p class="has-image"><sub><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590235-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1334" data-model-id="204513" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590235.jpg" class="vmp-image"></em></sub>
<em><sub>Galway, en Irlande. 1988</sub></em><br>
</p><p class="has-image"><em><sub><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590276-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1333" data-model-id="204514" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590276.jpg" class="vmp-image"></sub></em>
<sub><em>Une banlieue pavillonnaire de Las Vegas, aux États-Unis. 1982</em></sub><br>
</p><p class="has-image"><sub><em><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590315-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2000" data-original-height="1326" data-model-id="204515" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="interview-harry-gruyaert-magnum-body-image-1468590315.jpg" class="vmp-image"></em></sub>
<sub><em>Bal du Rat Mort à Ostende, en Belgique. 1988</em></sub><br>
</p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Romain Gonzalez</dc:creator>
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<category>photo</category>
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<title>La Guerre des gangs sino-américains qui a ébranlé New York</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/la-guerre-des-gangs-sino-americains-qui-a-ebranle-new-york</link>
<pubDate>Mon, 18 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Munies de hachettes, de couperets à viande, de pistolets ou de bombes, les sociétés secrètes chinoises du début du XXème siècle étaient particulièrement violentes.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/12/la-guerre-des-gangs-sino-americains-qui-a-ebranle-new-york-1468342032.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="Corps has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="la-guerre-des-gangs-sino-americains-qui-a-ebranle-new-york-body-image-1468342144.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-model-id="203047" data-original-height="770" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/la-guerre-des-gangs-sino-americains-qui-a-ebranle-new-york-body-image-1468342144-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><sub><i>Les membres du Hip Sing Tong, dont le secr</i><i>é</i><i>taire national Eng
Ying </i><i>« </i><i>Eddie</i><i> »</i><i> Gong (au centre), en
1933. Photo publi</i><i>é</i><i>e avec l</i><i>'</i><i>aimable autorisation de la New York World-Telegram and Sun
Collection, Library of Congress/Domaine public</i></sub></p><p class="Corps">S'installer aux États-Unis n'a jamais été chose facile, en particulier pour les Sino-américains au tournant
du XX<sup>e </sup>siècle. Dans les années 1880, le
gouvernement a adopté une loi visant à interdire l'immigration en provenance de Chine et empêcher les Chinois déjà présents d'accéder à la nationalité américaine. Qui plus
est, les conditions de vie des ouvriers immigrants étaient souvent
atroces. À l'instar de beaucoup d'autres communautés marginalisées, certains de ces immigrés ont estimé que le crime représentait leur unique échappatoire.</p><p class="Corps">Le livre récemment publié de Scott D. Seligman, <i>Tong Wars</i><i>: The Untold Story of Vice, Money and
Murder in New York's Chinatown</i>, propose un regard hypnotique et brutal
sur le monde caché des sociétés secrètes chinoises. De 1890 à 1930, tueurs à gages, barons de la
drogue, chefs de gang, flics corrompus, fonctionnaires municipaux et avocats
ont flirté avec l'argent, le prestige
et l'influence dans le
quartier de Chinatown.</p><p class="Corps">Certains réseaux d'entraide communautaire se sont transformés en véritables
organisations criminelles et ont jeté leur dévolu sur l'opium, la prostitution et les maisons de jeu clandestines.
Les fraternités secrètes – parmi lesquelles On
Leong et Hip Sing – ont mené des guerres plus sanglantes que n'importe quels
gangsters avant eux. Munis de hachettes, de couperets à viande, de pistolets,
d'armes automatiques, et
même de bombes, ces
hommes ont fait de la plus grande ville d'Amérique une zone meurtrière. VICE a rencontré Seligman, qui parle couramment le mandarin et un peu le
cantonais, afin de discuter des conditions de vie du sous-prolétariat chinois au début du XX<sup>e</sup> siècle, de la montée de la guerre des gangs et de son déclin après plus de 30 ans de
violence.</p><p class="Corps has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="la-guerre-des-gangs-sino-americains-qui-a-ebranle-new-york-body-image-1468342749.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-model-id="203051" data-original-height="1509" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/la-guerre-des-gangs-sino-americains-qui-a-ebranle-new-york-body-image-1468342749-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><i><sub>Couverture publi</sub></i><sub><i>é</i><i>e avec l</i><i>'</i></sub><i><sub>aimable autorisation de Penguin Books</sub></i></p><p class="Corps"><strong>VICE : À quoi ressemblait la vie des nouveaux arrivants chinois à New York au tournant du XX<sup>e</sup> siècle ? Comment sont nées ces sociétés secrètes ?<br>Scott D. Seligman :</strong> À cette époque, les Chinois étaient marginalisés dans
tout le pays. La Loi d'exclusion des Chinois, votée en 1882, a clairement fait
savoir qu'ils n'étaient pas des citoyens – et ne pourraient jamais l'être. La
loi américaine a également criminalisé leurs principales formes de
divertissement, notamment les jeux. Le pouvoir que les autorités exerçaient sur
eux à New York était incontrôlé – les flics mal rémunérés soudoyaient les commerçants
en toute impunité, les menaçant s'ils ne leur donnaient pas d'argent. La société
américaine n'était pas objective à l'égard des Chinois et les considérait comme
un fléau. Les Chinois ne pouvaient pas non plus compter sur la sympathie des
procureurs ou sur l'impartialité des tribunaux.</p><p class="Corps">Afin de protéger leurs intérêts, les immigrés chinois ont mis en place des réseaux d'entraide, qui
pour la plupart n'avaient pas de vocation criminelle. Il y avait notamment des
sociétés régionales – qui regroupaient des
personnes venant d'une région précise en Chine – et des sociétés de clans – ouvertes à tous les Chinois sous réserve qu'ils portent le même nom de famille. La troisième catégorie regroupait des fraternités sous serment, les « Tongs » (« chambres » en chinois). Ces
fraternités n'étaient soumises à aucune condition géographique ou
familiale et comptaient moins de membres. Au début des années 1900, ces sociétés secrètes étaient elles aussi
ostensiblement bienveillantes, mais se sont finalement retrouvées associées à la pègre.</p><p class="Corps"><strong>À quand remonte l'histoire de ces groupes en Chine ?</strong><br>Les Tongs s'inspiraient quelque peu de la tradition chinoise,
mais les deux organisations les plus violentes étaient américaines. La première,
le On Leong Tong, a été formée à New York ; son principal adversaire, le
Hip Sing Tong, a été créé sur la côte ouest et a fait une percée dans l'est à la
fin des années 1880. À l'origine,
les Tongs perpétuaient une tradition chinoise née au début de la dynastie des
Qing (1644-1911) – celle de la Triade, société hors-la-loi déterminée à restaurer
l'ancienne dynastie des Ming (1368-1644).</p><p class="Corps"><strong>Qu'est qui a lancé la guerre des Tongs en premier lieu ?</strong><br>New York a abrité quatre guerres des Tongs de durées variées
entre le tournant du XX<sup>e</sup> siècle et les années 1930, et chacune
d'elles a éclaté pour une raison différente. La première concernait le contrôle
des jeux d'argent ; la deuxième concernait la « propriété » et
le meurtre d'une femme. La troisième concernait le contrôle de la distribution
d'opium, et la quatrième a éclaté suite à la défection d'un Tong à un autre.</p><p class="Corps">Lorsqu'une guerre commençait, elle était difficile à arrêter
– ne pas répondre à une provocation revenait à perdre la face. Il a souvent
fallu procéder à de longues négociations pour arriver à un cessez-le-feu.
Parfois, elles restaient au point mort.</p><p class="Corps has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="la-guerre-des-gangs-sino-americains-qui-a-ebranle-new-york-body-image-1468342900.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-model-id="203053" data-original-height="612" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/la-guerre-des-gangs-sino-americains-qui-a-ebranle-new-york-body-image-1468342900-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><i><sub>Photo tirée d'un rapport de la NYPD sur les sociétés secrètes
chinoises. Photo du domaine public</sub></i></p><p class="Corps"><strong>Comment les armes
ont-elles évolué des couperets à viande jusqu'aux bombes, en passant par les pistolets ?</strong><br>Le processus a été lent, mais il a évolué vers des armes plus
sophistiquées et capables de tuer plus de personnes à la fois. À la fin des années
1800, les mafieux utilisaient principalement des couperets et des couteaux ;
en 1900, le quartier chinois a vu un grand afflux de revolvers. Les explosifs n'ont
été utilisés qu'à une ou deux reprises et bien plus tard – vers 1912 – et
heureusement, ils ont causé plus de dégâts matériels qu'humains.</p><p class="Corps"><strong>La guerre des Tongs
a-t-elle pénétré la conscience collective avec une bataille ou un événement important ?</strong><br>En 1905, la police a organisé une énorme descente, le
dimanche de Pâques, dans douze maisons de jeu de Chinatown. C'est la plus
grande et la plus spectaculaire incursion jamais réalisée à New York à ce
moment-là. Cette même année, les hommes armés du Hip Sing ont massacré ceux du
On Leong au Théâtre chinois à Doyers Street – c'est l'un des incidents les
plus célèbres.</p><p class="Corps">Le meurtre macabre d'une concubine nommée Bow Kum en 1909 a
lancé la deuxième guerre. Et lors de la troisième, les membres du On Leong ont
répliqué en assassinant le président et le vice-président du Hip Sing Tong.</p><p class="Corps"><strong>Comment une guerre
des gangs a-t-elle pu prendre une telle ampleur sans que les autorités locales ne s'en mêlent et fassent
quelque chose ? D'autant plus que la police américaine adorait courir après les immigrés à cette époque, non ?</strong><br>Les autorités locales sont intervenues à de nombreuses reprises, en réalité ; j'en parle dans mon livre. Elles n'étaient tout
simplement pas assez efficaces pour arrêter la violence à long terme. La police a fermé les salles de jeu et les bordels. Elle a
arrêté les coupables et
beaucoup ont purgé des peines de prison. Les procureurs de district ont reconnu
certains Tongs coupables de meurtres et les ont exécutés. Les juges ont négocié des cessez-le-feu et
des trêves. Finalement, même les fonctionnaires
du gouvernement fédéral sont intervenus et ont expulsé certains Chinois du
pays.</p><p class="Corps">Ils faisaient souvent profil bas après une répression, mais les
combats éclataient à nouveau après un certain temps.</p><p class="Corps"><strong>Quelle était l'importance d'un baron comme Mock
Duck, le dirigeant du Hip Sing Tong ?</strong><br>Les Tongs, comme beaucoup d'organisations chinoises, respectaient une
hiérarchie. Ce qui était inhabituel avec
Duck Mock, c'est qu'il était très jeune pour gérer une telle
organisation, en particulier dans une culture où la vieillesse est vénérée. Sa cruauté et son intelligence l'ont catapulté au sommet de la
pyramide du Hip Sing. Tom Lee, le chef du On Leong Tong, était quant à lui une <a target="_blank" href="https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%89minence_grise"><span class="Hyperlink0">éminence grise</span></a>.</p><p class="Corps"><strong>Qui </strong><strong>é</strong><strong>taient les autres principaux acteurs de ces organisations
criminelles</strong><strong> ?</strong><br>Charlie Boston, le successeur de Lee, a contrôlé un réseau de distribution
d'opium à l'échelle nationale. Gin
Gum était le conseiller de
longue date du On Leong. Son homologue du Hip Sing s'appelait Wong Get. Le
Hip Sing comptait aussi Chin Jack Lem, qui a d'abord fait partie du On Leong. C'est lui qui a lancé la quatrième guerre des Tongs.</p><p class="Corps"><strong>Quand et comment la corruption s</strong><strong>'</strong><strong>est-elle dissip</strong><strong>é</strong><strong>e</strong><strong> ?</strong><br>Le principal facteur a été la Grande Dépression, parce qu'elle enlevait aux Tongs les moyens et la
motivation pour continuer à se battre. En 1931, 25 pour cent des Chinois d'Amérique n'avaient pas d'emploi, et beaucoup
se sont tournés vers les Tongs.
Mais d'autres facteurs ont également contribué à mettre fin à ces guerres. Les économies qui n'ont pas servi à nourrir les pauvres ont été envoyées en Chine, qui a été envahie par le Japon
en 1931. De plus, la police avait fait du bon travail pour ce qui est des jeux,
et Tammany Hall était en déclin. Aussi, la majorité des huit mille Chinois ne vivaient plus à Chinatown, et plus de
quarante pour cent étaient nés aux États-Unis et dépendaient moins des Tongs.</p><p class="Corps"><strong>Qu'est-ce qui vous a
donné envie d'écrire un livre comme celui-ci, acclamé tant pour son
historicisme précis que pour ses images de gangsters ?</strong><i><br>Tong Wars</i> est mon troisième livre sur l'expérience du peuple
chinois en Amérique. J'ai commencé à m'intéresser à ce sujet il y a près d'une
décennie, car il mêle mon intérêt pour la Chine, mon diplôme d'histoire américaine
et mon expérience dans la recherche généalogique et historique. Les deux
premiers livres étaient des biographies d'hommes que l'on pourrait qualifier de
héros sino-américains. Dans <i>Tong Wars</i>, j'ai voulu présenter des
personnes moins honnêtes.</p><p class="Corps">La plupart de notre connaissance de Chinatown nous vient des
journaux, en particulier des grands quotidiens new-yorkais, qui fournissent une
chronologie utile. Mais leurs journalistes comptaient sur des informateurs
chinois pour écrire leurs histoires. Ils ne pouvaient pas toujours distinguer
les faits de la fiction. Pour compléter cela, j'ai consulté des dossiers de recensements fédéraux et d'État, des listes de passagers de navires, des registres d'état civil, des
dossiers judiciaires et des dossiers de l'exclusion des Chinois dans les Archives nationales, qui
fournissent des détails assez riches sur les individus. J'ai également examiné quelques mémoires en anglais et
en chinois.</p><p class="Corps">Je suis souvent tombé sur des références sur les Tongs de Chinatown lors de mes recherches pour
les autres livres, mais je savais très peu de choses sur eux. La plupart des Chinois n'ont rien à voir avec eux, mais
Chinatown était un petit
endroit, et j'ai été surpris de constater
que la plupart des personnes que j'avais rencontrées dans mes précédentes recherches ont joué un rôle dans ce livre.</p><p class="Corps">Tongs Wars<i> est paru le 12</i><i></i><i> juillet. </i><a target="_blank" href="http://www.penguin.com/book/tong-wars-by-scott-d-seligman/9780399562273"><span class="Hyperlink0"><i>Cliquez ici</i></span></a><i> pour en savoir plus
ou commander un exemplaire.</i><i></i></p><p class="Corps"><i>Suivez Seth Ferranti sur </i><a target="_blank" href="https://twitter.com/sethferranti"><span class="Hyperlink0"><i>Twitter</i></span></a><i>.</i></p>
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<dc:creator>Seth Ferranti</dc:creator>
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<title>L&#039;Étrange obsession des jeunes parisiens pour la techno dure</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/les-kids-parisiens-et-leur-etrange-passion-pour-la-techno-dure-v10n06</link>
<pubDate>Mon, 18 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Pourquoi tous les clubbers sont à fond dans Joey Beltram comme s'ils étaient nés 25 ans plus tôt ?
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/06/15/les-kids-parisiens-et-leur-etrange-passion-pour-la-techno-dure-v10n06-1466006583.jpg" type="image/jpg" length="2667"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/15/les-kids-parisiens-et-leur-etrange-passion-pour-la-techno-dure-v10n06-body-image-1466006607-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="2667" data-original-height="2000" data-model-id="192714" data-path="images/content-images/2016/06/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/15/" data-image-filename="les-kids-parisiens-et-leur-etrange-passion-pour-la-techno-dure-v10n06-body-image-1466006607.jpg" class="vmp-image"></p><p><i><br></i></p><p><i><i><i>Cet article est extrait du numéro « <a target="_blank" href="http://www.vice.com/fr/magazine/10/6">Tout ce qu'il y a de plus personnel</a> »</i></i></i>
</p><p>Déshumanisée, hyperactive et flirtant avec les esthétiques radicales de Front 242 et Cabaret Voltaire, la techno fait danser les masses dans une crise d'épilepsie géante. Elle est certes moins confidentielle qu'à ses débuts, mais ses racines sont toujours aussi fermement ancrées dans l'obscurité. Et, à une époque où l'EDM règne en maître dans la musique électronique mainstream (via notamment des mecs tels que Major Lazer), une autre partie non négligeable de la jeunesse s'indigne au rythme froid et inquiétant de la techno. Notamment en France, en bas de chez vous. La majorité à peine révolue, de nombreux jeunes issus des classes moyennes récitent à l›envers le répertoire d'Underground Resistance et répondent présents aux soirées dédiées au genre, du Rex Club aux portes de Paris.</p><p class="p2"><span class="s1">On pourrait d'abord voir ce retour à la techno traditionnelle comme une forme de révolte, glaciale, à l'encontre du mauvais goût du plus grand nombre. Il est néanmoins tout aussi possible que ce reflux soit dû à l'effet de mode actuel et au revival des années 1990. Ce qui est certain, c'est que si vous êtes un peu malin, que vous avez l'âge d'habiter chez vos parents et que les « zikos » du rock vous laissent de marbre, il y a pas mal de chances que vous soyez fan de Joey Beltram comme si vous étiez nés 25 ans plus tôt.</span></p><p class="p2"><span class="s1">Parents, pas de panique. Personne ne dansera pieds nus à même la rouille dans une usine à l'abandon de la Ruhr. Vos têtes blondes sortiront dans un environnement sécurisé et organisé de A à Z, produit d›une communication rondement menée. Parfaitement intégrés au paysage de la fête, les événements techno ont pignon sur rue. Ils drainent une foule impressionnante et surtout, insatiable – le Weather Festival se décline aujourd'hui en éditions saisonnières et certaines soirées vous promettent « Berlin aux portes de Paris ».</span></p><p class="p2">L'opulence règne. Les artistes et leurs labels tiennent des rythmes de sorties effrénés proposant tour à tour albums, maxis ou mixtapes. De même, la masse de collectifs – Blocaus, Fée Croquer, Possession, etc. – s'échinent à offrir les line-ups les plus adaptés, répondant à des stratégies marketing de première main.</p><p class="p2"><span class="s1">Enfants pourris gâtés, les jeunes amateurs de techno n'ont que l'embarras du choix. C'est pourtant avec fermeté que nos jeunes pousses exigent à l'avance les heures de passage de leurs artistes préférés et les tracklists détaillés une fois la prestation terminée. The Hacker et Arnaud Rebotini, signés sur le label Zone, font autant le passé glorieux que l'actualité du genre : si une partie inédite de sa collaboration avec Miss Kittin est rééditée par Dark Entries, The Hacker propose à la fois un nouveau live et un EP à venir sur Cititrax. De son côté, Arnaud Rebotini vient de sortir l'EP bombe Danger Zone. Même Solidays assume sa part d'ombre et le réclame, aux côtés du duo national Scratch Massive.</span></p><p>Alors oui, vous les fustigerez, ces kids qui adorent les lieux tenus secrets. Et vous la pleurerez, « l'époque rêvée des frees » où les murs de sons barraient la route au Dieu argent. Mais c'est un fait : la techno est cool à nouveau. L'obscurité se vend bien, à ce point que Givenchy et Louis Vuitton sont allés jusqu'à sortir des publicités sur des sons et esthétiques de Gesaffelstein, sacré – un peu vite – « Prince de la techno ». Et c'est tant mieux. Parce que c'est quand même mortel d'offrir une reconnaissance méritée à un style d'expérimentation brute et de n'avoir qu'à tendre la main pour en profiter.</p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Sarah Mandois</dc:creator>
<media:category>music</media:category>
<category>music</category>
</item>
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<title>VICE Special: Les Satanistes défendent le droit à l&#039;avortement</title>
<link>http://www.vice.com/fr/video/avortement-et-satanisme</link>
<pubDate>Mon, 18 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Face aux organisations chrétiennes, les satanistes américains militent pour le droit à l'avortement avec des masques à l'effigie de fœtus.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/07/avortement-et-satanisme-1467901398.jpg" type="image/jpg" length="1730"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p>Comme dans de nombreux pays occidentaux, l'avortement est de plus en plus mal perçu aux États-Unis. Des politiciens conservateurs y ont fait passer près de 300 restrictions au cours des cinq dernières années, des centaines de cliniques ont dû fermer et les entités qui fournissent les soins génésiques – surtout les plannings familiaux – ont noté une hausse des actes de harcèlement et de violence.</p><p class="p1">Il y a peu, le Temple Satanique, une organisation religieuse non-croyante connue pour ses manifestations contre l'influence chrétienne sur le gouvernement, a décidé d'œuvrer contre les attaques faites aux services de santé génésique. En plus d'organiser des contre-manifestations lors de rassemblements anti-avortement, ils ont intenté une action en justice contre l'État du Missouri au nom d'une de leurs membres qui a dû attendre 72 heures avant de pouvoir avorter en raison d'un délai instauré par la loi.</p><p>Afin de mieux comprendre toute la polémique autour de l'avortement aux États-Unis, Callie Beusman a suivi les activistes du Temple Satanique au cours de différentes actions, dont une contre-manifestation de bébés SM.</p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>VICE Staff</dc:creator>
<media:category>travel</media:category>
<category>travel</category>
</item>
<item>
<title>Un entretien avec un conseiller de Drogues Info Service</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/entretien-avec-un-conseiller-de-drogues-info-service</link>
<pubDate>Mon, 18 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Parents inquiets, toxicomanes en rédemption et fumeurs néophytes : Alain est de ceux qui répondent à toutes leurs questions.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/11/entretien-avec-un-conseiller-de-drogues-info-service-1468256929.png" type="image/png" length="654"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/entretien-avec-un-conseiller-de-drogues-info-service-body-image-1468256756.png?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="654" data-original-height="496" data-model-id="202510" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="entretien-avec-un-conseiller-de-drogues-info-service-body-image-1468256756.png" class="vmp-image">
<em><sub>Image via <a href="http://www.drogues-info-service.fr/" target="_blank">Drogues Info Service</a> </sub></em><br>
</p><p>Selon un rapport de
l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (<span lang="EN-US"><a href="http://www.francetvinfo.fr/sante/drogue-addictions/quatre-graphiques-sur-la-consommation-de-drogues-en-europe_934453.html" target="_blank"><span lang="FR">OEDT</span></a></span>), avec 40,9 % de la
population ayant déjà expérimenté ses effets, la France est le premier pays
consommateur de cannabis en Europe – devant le Danemark et l'Espagne. Toujours
selon ce rapport, publié en 2015, le cannabis est la drogue la plus consommée sur le Vieux Continent, ce qui n'est pas une énorme surprise. Suivent la cocaïne, la MDMA et
les amphétamines. Sinon, on ne dénombre « que » 6,8 décès dus à la
drogue pour un million de Français – loin derrière les 126,8 cadavres
estoniens, ou 69,7 suédois.
	
</p><p class="MsoNormal">Sous cette montagne de chiffres
désincarnés se dissimulent de nombreux destins plus ou moins dramatiques. L'une
de mes proches consomme du cannabis en très grande quantité – ça fait un petit
moment que je m'inquiète pour sa santé. Des pertes de mémoire à la léthargie la
plus complète, je me retrouve démunie face à elle, qui refuse toujours d'admettre
qu'elle a un problème d'addiction. C'est pour cela que j'ai décidé de contacter
Drogues Info Service, dans l'espoir d'évoquer la
consommation de drogues des jeunes en France avec un spécialiste de la question.
	
</p><p class="MsoNormal">Ce service téléphonique propose
à n'importe qui de dialoguer avec des conseillers formés pour venir en aide aux
addicts et à leurs proches. L'un d'eux a accepté de répondre à mes questions au
sujet de Drogues Info Service, de son rôle au sein de ce service et de la consommation de
drogues en France.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>VICE : Bonjour Alain*. À quoi ressemble une journée chez Drogues Info
Service ?
	<br>
	Alain </strong>:
Nous travaillons le matin, l'après-midi ou le soir, par tranche de six heures. Nous
venons tous d'horizons divers, et avons suivi des cursus différents.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Avez-vous été touché par un problème de drogue dans votre vie ?<br>
	</strong>Personnellement non, mais je ne sais pas pour mes
collègues.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Êtes-vous plus souvent en relation avec des
consommateurs ou avec leurs proches ? 
	<br>
	</strong>Je dirais qu'au
cours de l'après-midi, nous discutons plus souvent avec des proches, alors que
pendant la soirée, les usagers nous appellent en plus grand nombre.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Quelle est la drogue qui revient le plus souvent dans les conversations ?<br>
	</strong>Je ne peux pas m'exprimer pour le service dans son
intégralité mais, en ce qui me concerne, le cannabis est clairement le plus
évoqué. Je communique très souvent avec des parents qui s'inquiètent pour leur
enfant consommateur.
</p><p><br>
</p><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/entretien-avec-un-conseiller-de-drogues-info-service-body-image-1468256823.png?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="636" data-original-height="517" data-model-id="202511" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="entretien-avec-un-conseiller-de-drogues-info-service-body-image-1468256823.png" class="vmp-image"><p><br>
<sub><em>Image via <a href="http://www.drogues-info-service.fr/" target="_blank">Drogues Info Service</a> </em><br></sub>
</p><p><strong>Pouvez-nous nous parler de l'état des lieux de la consommation de cannabis
chez les jeunes ? 
	</strong><br>
	Ce que je vais dire ne surprendra personne, mais la consommation de cannabis a
augmenté chez les jeunes. De plus, cette hausse s'accompagne d'une modification
de la substance elle-même, substance dont la teneur en THC est beaucoup plus
forte qu'auparavant.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Notez-vous des inégalités de classe en ce qui concerne cette
consommation ?
	<br>
	</strong>Non, pas
vraiment. Les jeunes qui m'appellent viennent de tous les horizons. Les
différences qui existent sont simplement liées à la volonté de ces jeunes de
s'en sortir ou non.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>D'où surgissent ces différences ? <br>
	</strong>En fait, tout dépend du rapport de ces jeunes au produit, et de ce qu'il
représente pour eux – s'il s'agit d'une défonce festive, de partage,
d'apaisement, etc. Certains jeunes se rendent compte qu'ils sont dépendants – c'est
à ce moment-là qu'ils décident de prendre les choses en main, et nous
contactent. Après, de nombreux jeunes addicts sont dans le déni, car ils
considèrent que la consommation de cannabis est bénéfique pour eux – ils ne comprennent
donc pas qu'ils sont dépendants.
	
</p><p class="MsoNormal">Chez
d'autres, enfin, la consommation s'effectue dans un cadre ludique – ils sont
tout à fait capables « d'arrêter » quand ils le souhaitent. Leur
consommation ne pose pas problème, et ils ne nous appellent donc pas.
	
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/entretien-avec-un-conseiller-de-drogues-info-service-body-image-1468256868.png?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="641" data-original-height="507" data-model-id="202512" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="entretien-avec-un-conseiller-de-drogues-info-service-body-image-1468256868.png" class="vmp-image">
<em><sub>Image via <a href="http://www.drogues-info-service.fr/" target="_blank">Drogues Info Service</a> </sub></em><br>
</p><p><strong>Comment
fonctionne le principe d'anonymat chez Drogues Info Service ?
	<br>
	</strong>L'anonymat fonctionne dans les deux sens – pour la personne qui appelle et pour
les conseillers. Si un individu nous appelle plusieurs fois, il n'aura jamais
le même conseiller au bout du fil. Pour l'instant, cela fonctionne bien – il n'y a jamais eu de plainte particulière.
	
</p><p class="MsoNormal">Si certaines
personnes ne sont pas à l'aise avec leur interlocuteur, nous leur proposons de
rappeler pour avoir un autre conseiller. Mais cela ne m'est jamais arrivé pour
le moment.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Selon
vous, pourquoi les gens se dirigent-ils vers Drogues Info Service ?
Pourquoi n'appellent-ils pas des proches ? 
	<br>
	</strong>J'imagine qu'il est difficile de parler de ça à un
proche, directement touché. Discuter avec une tierce personne peut s'avérer
bénéfique, mais il ne faut jamais oublier que chez Drogues Info Service, nous
ne sommes pas médecins.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Vous arrive-t-il de
regretter l'absence de suivi des gens que vous avez au téléphone ? 
	<br>
	</strong>Disons qu'avant de commencer à travailler chez
Drogues Info Service, on vous prévient que ce suivi n'existe pas – c'est là que
réside l'intérêt du service d'ailleurs, dans son anonymat le plus complet. Il
n'y a donc pas de frustration même si, parfois, on comprend rapidement qu'un
suivi serait nécessaire pour la personne que l'on a au téléphone.
	
</p><p class="MsoNormal">Si les gens désirent être suivis, nous leur transmettons différentes
adresses de centres de soins.
	
</p><p class="MsoNormal"><strong>Je vois. Merci Alain.</strong>
</p><p class="MsoNormal"><i>*Pour des raisons de
confidentialité, le prénom a été modifié.
	</i>
</p><p class="MsoNormal"><i>Suivez Nina sur <a href="https://twitter.com/ninalecourt" target="_blank">Twitter</a>. </i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/550471</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/11/entretien-avec-un-conseiller-de-drogues-info-service-1468256929.png"></media:thumbnail>
<dc:creator>Nina Lecourt</dc:creator>
<media:category>interviews</media:category>
<category>interviews</category>
</item>
<item>
<title>Comment les détenus accèdent au porno en prison</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/comment-les-detenus-accedent-au-porno-en-prison</link>
<pubDate>Mon, 18 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Derrière les barreaux, les magazines pour adultes peuvent valoir des centaines de dollars.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/12/comment-les-detenus-accedent-au-porno-en-prison-1468333906.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="Corps">En prison, la
marchandise la plus précieuse n'est ni le tabac, ni les 
	<a target="_blank" href="http://www.vice.com/fr/read/lsd-in-prison-111"><span class="Hyperlink0">drogues dures</span></a>, mais le porno. Tout le monde ne fume pas, tout le monde ne se
défonce pas, mais tout le monde se branle – que ce soit par solitude, par
excitation sexuelle ou par ennui. Au cours de mes 21 ans d'incarcération en Amérique,
ce qui m'a le plus manqué était la compagnie d'une femme, d'autant plus que je
n'avais pas de visite conjugale.
</p><p class="Corps">Le porno
circule surtout sous la forme de magazines érotiques, bien que les magazines de
mode sans nudité soient également populaires. Ces magazines sont le plus souvent
passés en contrebande par les agents correctionnels cherchant à arrondir leurs
fins de mois. Un magazine complet peut être vendu à la criée aux autres
prisonniers pour une somme allant jusqu'à 200 dollars – tout dépend de ce
qu'il y a à l'intérieur. Les propriétaires en font ensuite des copies en noir
et blanc et les revendent pour 20 dollars pièce. Les images de certaines
pin-ups se vendent au prix d'un timbre et les prisonniers les échangent une
fois qu'ils se lassent de « leur fille ».
</p><p class="Corps">Il arrive également
que les amis ou la famille impriment des photos sur Internet et les glissent
dans les courriers. Un DVD porno – extrêmement rare en prison – peut rapporter
plusieurs centaines d'euros à l'agent qui l'a fait entrer ; les téléphones
contenant des vidéos pornographiques téléchargées se vendent jusqu'à 500 dollars.
</p><p class="Corps">« C'est
dingue le prix que ça nous coûte, m'a récemment dit un prisonnier au téléphone.
Mais encore une fois, c'est la prison. Mettre la main sur un peu de porno est
tout ce qu'un mec peut espérer. »
</p><p class="Corps">Étant donné que
la plupart des prisons ont banni le porno, les prisonniers sont prêts à tout
pour préserver et dissimuler leurs collections. Selon les règles respectives
des établissements, les sanctions peuvent aller de la confiscation à l'isolement,
en passant par les transferts disciplinaires et les accusations criminelles
pour introduction ou possession de produits sexuellement explicites. Certaines
prisons ont fait de la masturbation, même sans porno, 
	<a target="_blank" href="http://www.slate.com/articles/health_and_science/science/2012/01/should_prison_inmates_have_the_right_to_masturbate_.html"><span class="Hyperlink0">une infraction</span></a>.
</p><p class="Corps">Afin d'avoir un
aperçu sur la façon dont circule le porno en prison aujourd'hui, nous avons
interrogé plusieurs détenus pour savoir comment ils obtiennent, échangent et
dissimulent cette chose que les Américains regardent gratuitement chaque jour
pendant d'innombrables heures.
</p><h2>Premier
prisonnier
<br>31 ans<br>Purge une peine
de dix ans en 
<span lang="ES-TRAD">Virginie Occidentale</span> pour distribution de crystal meth
</h2><p class="Corps">Certains types
en prison gagnent beaucoup avec le commerce du porno. Ils ont des clients réguliers,
et c'est une addiction pour certaines personnes. J'avais un vieux numéro tout défoncé
du magazine 
	<i>Just 18</i>. Il datait de 1999 et il manquait la moitié des
pages, mais je le louais souvent. Le prix de la location était de cinq timbres –
environ 1,50 dollar – pour 30 minutes. Ça peut vite devenir coûteux pour un
masturbateur compulsif. Certains mecs ont de vrais problèmes d'addiction à la
masturbation. J'essaie de me tenir éloigné d'eux. J'ai vendu ce magazine pour 100 dollars,
juste avant d'être transféré dans un autre établissement.
</p><p class="Corps">Dans une autre
prison, un de mes potes avait une copie de 
	<i>Buttman</i>. Il conservait le
magazine dans une protection en plastique. Il l'a vendu pour 200 dollars
juste avant de partir. Un autre mec, là-bas, s'est fait transférer dans une
autre prison après avoir été pris en train de faire de la contrebande sur un
ordinateur. Il le louait pour 5 dollars de l'heure et avait téléchargé des
centaines de vidéos porno. Quand il s'est fait prendre, il est retourné au
tribunal et a pris six mois de plus.
</p><p class="Corps">Les détenus
revendent aussi des photos que leur famille ou leurs potes leur envoient, pour
trois à quatre timbres la pièce. Certains se lassent de leurs photos et les échangent
pour de nouvelles. Le prix d'une photo dépend de la largeur du cul de la fille.
Certains mecs font même des demandes particulières, ou veulent des pornstars en
particulier. J'ai vu des détenus s'en amouracher, comme si la fille en photo était
littéralement leur copine.
</p><h2>Deuxième
prisonnier
<br>46 ans<br>Purge une peine
de prison à vie dans l'Ohio pour trafic de drogue
</h2><p class="Corps"><i><span lang="EN-US">Blacktail, De'Unique, Penthouse, Playboy, Buttman,
Freaky Girls, Video Illustrated
	</span></i> : c'est ce que l'on appelle les « livres de baise »
ici. Dehors, un magazine vaut généralement autour de 10 dollars, mais en
prison, un numéro récent de 
	<i><span lang="DE">Blacktail</span></i> peut vous coûter entre 200 et 300 dollars.
Ces magazines sont de la contrebande et sont confisqué
	<span lang="IT">s si </span>les flics les trouvent. Vous pouvez
alors faire l'objet d'un rapport d'incident, être mis en examen ou au trou pour
avoir été chopé en possession de pornographie. Pour proté<span lang="IT">ger votre
cachette, 
	</span>mieux vaut
dissimuler le magazine sous la couverture d'un magazine acceptable.
</p><p class="Corps">Quand je louais
des magazines, je devais moi-même numéroter les pages, parce que les mecs étaient
si habiles pour les déchirer qu'il était difficile de remarquer qu'il en
manquait une. Et mê<span lang="IT">me si vous </span>le remarquiez, vous ne pouviez pas savoir exactement qui était
le responsable. À présent, je laisse seulement quelques détenus louer mes mags,
et je parcours chaque page avant et après la location, histoire qu'il n'y ait
aucun malentendu.
</p><p class="Corps">Je possède la
photo d'une jolie fille – elle a un aspect exotique, des poils de chatte soyeux
et bouclés et un gode dans la bouche. Son regard en dit long, de même 
	<span lang="ES-TRAD">que
	</span>sa pose. Elle m'a coûté
un paquet de café 
	<span lang="NL">Keefe, </span>donc je ne laisse personne me l'<span lang="DE">emprunter. Je
pense 
	</span>écrire quelque
chose de vague mais spécifique au dos, comme « New York », juste au
cas o<span lang="IT">ù </span>la police mettrait
la main dessus. Écrire son vrai nom sur la photo est complètement débile, et
pourtant, j'ai vu des mecs préciser leur nom et leur matricule sur leurs précieux
biens.
</p><h2>Troisième
prisonnier
<br>38 ans<br>Purge une peine
de 18 ans dans le Kentucky pour braquage de banque
</h2><p class="Corps">J'ai séjourné dans
cinq établissements
	<span lang="EN-US"> diff</span>érents au cours de mes 14 ans d'incarcération, et j'ai vu
les mê<span lang="ES-TRAD">mes  </span>en noir et blanc partout. C'est de
pire en pire, mais je continue quand même à les acheter. Ce sont les seules
	<span lang="DE"> chatte</span>s que je verrais avant longtemps. Il
y a diffé<span lang="ES-TRAD">rentes fa</span>çons de les obtenir, par courrier spécial par exemple. Mais
le principal moyen est à l'ancienne – par le biais des
	<span lang="EN-US"> flics </span>et des agents de correction. Ils
mettent de fausses couvertures et les font entrer avec d'autres magazines.
</p><p class="Corps">Les copies en
noir et blanc sont conservées quoiqu'il arrive. Les gardes ne vont pas vous
faire chier avec ça – ils savent que la dernière fois que vous avez vu une
	<span lang="DE"> chatte</span>,<span lang="EN-US"> Bush </span>était encore président, donc ils ne
vont pas toucher à votre cachette. Si un homme emprisonné à vie est obsédé par
 Pinky, ils vont le laisser tranquille.
</p><p class="Corps">On ne trouve
pas de
	<span lang="ES-TRAD"> porn</span>o en ligne en prison. Il n'y a pas d'<span lang="IT">acc</span>ès à quoi que ce soit ici, donc c'est
tout ce que nous avons. J'ai eu la chance de mettre la main sur
	<span lang="ES-TRAD">
	un t</span>éléphone, il y a
quelques années, dans une autre prison. Il y avait tellement de porno dessus
que j'ai presque fait une crise cardiaque. Les mecs utilisaient le téléphone
pour des activités malveillantes, alors que tout ce que je voulais, c'était
regarder du porno. Ils disaient : « On peut voir le camion de sécurité
rouler autour de la prison sur Google Earth ! » et je leur répondais « Merde,
mec – regarde tout ce porno ».
</p><h2>Quatrième
prisonnier
	<br>40 ans<br>Purge une peine
de 35 ans à New York pour racket</h2><p class="Corps">Dans cette véritable
jungle, vos copines s'appellent 
	<span lang="EN-US">Palm-ela and A-hand-a</span> ; elles sont à vos côtés au
quotidien, et vous pouvez toujours compter sur elles. Quand je suis arrivé, c'était
les magazines sans nudité comme 
	<i><span lang="EN-US">Smooth</span></i> et <i><span lang="EN-US">Straight
Stuntin'
	</span></i>qui mettaient la prison
en ébullition. Il y avait des mannequins comme 
	<span lang="IT">Buffie </span>Carruth<span lang="PT">, Maliah, CoCo,
Rosa Acosta
	</span> et<span lang="PT"> Vida
Guerra
	</span>, et les mecs
mourraient d'envie d'avoir des images exclusives de ces femmes. Les magazines nous
permettaient d'évacuer 
	<span lang="EN-US">le stress refoul</span>é et de chasser la douleur mentale.
</p><p class="Corps">Une fois, un
mec a intégré
	<span lang="IT"> notre unit</span>é et nous avons eu toute une boîte<span lang="ES-TRAD"> de DVD
porn</span>o. Nous avions placé
un lecteur DVD de contrebande sur une caisse dans l'évier. Nous avons mis une
chaise devant et les mecs passaient tour à tour. Nous l'avons appelée la « Boom
Boom Room ». C'était juste à côté de l'endroit où nous jouions au poker. C'était
le meilleur des deux mondes.
</p><p class="Corps">C'est un gros
business, ici, et si un mec a besoin de soulager son esprit, je lui conseille
de se choper quelques mags ou photos de femmes 
	<span lang="ES-TRAD">nues, </span>de saisir une lotion et un mouchoir, de poser une serviette sur la fenêtre de la cellule, et de se mettre au
boulot. Une fois terminé, je parie qu'il se sentira mieux. En tout cas, ça fera
l'affaire jusqu'au jour où il rentrera chez lui pour retrouver une vraie
sexualité.
<br><br></p><p class="Corps"><i>Suivez Seth
Ferranti sur 
	</i><a target="_blank" href="https://twitter.com/sethferranti?lang=en"><span class="Hyperlink0"><i>Twitter</i></span></a>
</p>
]]></content:encoded>
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<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/12/comment-les-detenus-accedent-au-porno-en-prison-1468333906.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Seth Ferranti</dc:creator>
<media:category>stuff</media:category>
<category>stuff</category>
</item>
<item>
<title>Le Paradis perdu</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/portuguese-beaches-postcards-876</link>
<pubDate>Sun, 17 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Quand les plages paradisiaques du Portugal deviennent aussi laides qu'une zone industrielle.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/06/09/portuguese-beaches-postcards-876-1465490642.jpg" type="image/jpg" length="1000"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/02/portuguese-beaches-postcards-876-body-image-1464884077-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1000" data-original-height="800" data-model-id="187782" data-path="images/content-images/2016/06/02/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/02/" data-image-filename="portuguese-beaches-postcards-876-body-image-1464884077.jpg" class="vmp-image" style="font-size: 1em; line-height: 1.5em; color: rgb(102, 102, 102);">
</p><p>Les plages portugaises sont surtout connues pour leur sable blanc, leur eau aux teintes bleu turquoises et leurs grosses vagues. Ce n'est pas pour rien qu'on les retrouve souvent dans les listes clickbait de type « Les dix meilleures plages d'Europe ». Cependant, quand on y regarde de plus près, on se rend vite compte que la réalité n'est pas forcément aussi belle que celle vendue sur les cartes postales. Diogo Andrade, photographe portugais, a longé les côtes de son pays au printemps 2015 afin d'y capturer une autre vision. Ainsi, il s'est retrouvé face à des endroits qui jamais ne deviendront des destinations idylliques, peu importe le filtre Instagram que vous y appliquez.</p><p>Le résultat a donné naissance à sa série <i>The Garden</i>, qui illustre l'impact d'un demi-siècle d'industrialisation sur le littoral portugais. « C'est l'histoire d'un pays où on construit avant de réfléchir, explique Andrade. Un pays où faire de l'argent est bien plus important qu'en dépenser pour la protection de zones naturelles vulnérables aux inondations et à l'érosion. Au Portugal, surtout au niveau municipal, on retrouve de nombreux problèmes d'aménagement de l'environnement. Les intérêts économiques sont toujours plus importants. »</p><p class="p2"><i>Suivez Diogo Andrade sur </i><a href="https://www.instagram.com/diogoandrad3/" target="_blank"><i>Instagram</i></a><i> et sur son </i><a href="http://www.diogoandrade.it/" target="_blank"><i>site</i></a><i>.</i></p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/549744</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/06/09/portuguese-beaches-postcards-876-1465490642.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Diogo Andrade</dc:creator>
<media:category>photo</media:category>
<category>photo</category>
</item>
<item>
<title>Le terroriste de Nice est-il vraiment lié à l&#039;État islamique ?</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/terroriste-de-nice-etat-islamique</link>
<pubDate>Sat, 16 Jul 2016 13:45:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Alors que l'organisation vient de revendiquer l'attentat, on a demandé à Romain Caillet, spécialiste des mouvements djihadistes, s'il s'agissait d'une déclaration opportuniste.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/16/terroriste-de-nice-etat-islamique-1468676668.jpg" type="image/jpg" length="700"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/16/terroriste-de-nice-etat-islamique-body-image-1468676686.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="700" data-original-height="394" data-model-id="204808" data-path="images/content-images/2016/07/16/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/16/" data-image-filename="terroriste-de-nice-etat-islamique-body-image-1468676686.jpg" class="vmp-image">
	<i><sub>Capture
d'écran d'un 
	<a href="https://news.vice.com/fr/video/ltat-islamique-le-reportage-complet" target="_blank">reportage</a>
	de VICE sur l'État islamique</sub></i>
</p><p align="LEFT">L'attaque
commise à 
	<a href="https://news.vice.com/fr/article/attaque-nice-le-resume-de-la-confrence-de-presse-du-procureur-molins" target="_blank">Nice</a>
	le 14 juillet 2016, qui a coûté la vie à au moins 84
personnes, vient tout juste d'être revendiquée par 
	<a href="https://news.vice.com/fr/article/lorganisation-terroriste-etat-islamique-revendique-attaque-nice" target="_blank">l'Etat islamique</a> (EI), via son agence Amaq. À ce stade de l'enquête,
aucun lien n'a été réellement établi entre cette organisation et
le terroriste – qui n'a pas « fait allégeance » au
moment de passer à l'acte. Toutefois, depuis 2014, Daech encourage
ses partisans à commettre des attaques avec les moyens dont ils
disposent, sans attendre d'en avoir reçu l'ordre. De plus, le mode
opératoire de l'attentat de Nice fait clairement penser au mode opératoire de l'EI.
</p><p align="LEFT">Ces
dernières semaines, à 
	<span lang="zxx"><a href="http://www.leparisien.fr/faits-divers/etats-unis-fusillade-dans-une-boite-de-nuit-a-orlando-12-06-2016-5876041.php" target="_blank">Orlando</a></span>
	et à <span lang="zxx"><a href="http://www.lemonde.fr/meurtres-de-policiers-a-magnanville/article/2016/06/15/qui-etaient-les-deux-victimes-policieres-de-magnanville_4950553_4950044.html" target="_blank">Magnanville</a></span>,
des individus en lien avec l'EI ont planifié des attentats de
manière solitaire – l'organisation s'étant « contentée »
de les revendiquer par la suite. Cette logique, que l'on
pourrait qualifier de « terrorisme de proximité », semble
se généraliser. Afin de mieux l'appréhender, nous avons interrogé
	<a href="http://www.vice.com/fr/read/profession-specialiste-du-djihad-137" target="_blank">Romain Caillet</a>, spécialiste des mouvements djihadistes.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/16/terroriste-de-nice-etat-islamique-body-image-1468676741-size_1000.png?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1024" data-original-height="340" data-model-id="204809" data-path="images/content-images/2016/07/16/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/16/" data-image-filename="terroriste-de-nice-etat-islamique-body-image-1468676741.png" class="vmp-image">
</p><p align="LEFT"><i><sub>Le
communiqué en français d'Amaq, « agence de presse » de
l'État islamique
	</sub>
	</i>
</p><p align="LEFT"><strong>VICE :
Comment interpréter la revendication de l'attaque de Nice par l'État
Islamique, alors que son auteur ne lui avait pas fait allégeance ?
	<br></strong><strong>Romain Caillet : </strong>En
ce qui concerne Nice, une revendication « opportuniste »
est peu probable. L'État islamique a déjà refusé de revendiquer
des attentats dont il était à l'origine, mais il n'a jamais
revendiqué quelque chose à tort.
</p><p align="LEFT"><strong>Pourquoi
l'État islamique a-t-il déjà refusé de revendiquer un attentat
dont il était l'organisateur ?
	<br></strong>En
fait, la revendication n'est pas automatique. Parfois, l'attentat est
« raté » et l'EI ne veut pas revendiquer. C'est le cas
de l'attaque contre 
	<span lang="zxx"><a href="http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/attentat-a-l-aeroport-d-istanbul-pourquoi-le-groupe-etat-islamique-ne-revendique-pas-ses-attaques-en-turquie_1524415.html" target="_blank">l'aéroport d'Istanbul</a></span><span lang="zxx">
	–</span>
	l'attentat a provoqué la mort d'individus qui n'étaient pas des
cibles de l'organisation, par exemple un Ukrainien et un Iranien.
L'attentat à 
	<span lang="zxx"><a href="http://www.20minutes.fr/societe/1881451-20160705-attentat-medine-indignation-generale-monde-musulman" target="_blank">Médine</a></span><span lang="zxx">
	a été catastrophique</span>
	pour leur image. On n'a pas retenu que l'attaque avait visé des
policiers saoudiens. Ce qui est resté, ce sont les images des
pèlerins en détresse, choqués par l'explosion.
</p><p align="LEFT">L'EI évite de revendiquer des actes qui pourraient déplaire à des
sympathisants un peu indécis. À Nice, on n'est pas dans ce cas de
figure, puisque les partisans de l'EI se sont réjouis sur les
réseaux sociaux.</p><p align="LEFT"><strong>Ces
dernières semaines, plusieurs attentats ont été commis par des
terroristes agissant seuls, notamment l'attaque du 
	</strong><i><strong>Pulse</strong></i><strong>
	à Orlando et le meurtre de policiers à Magnanville. Passe-t-on d'un
terrorisme organisé à un terrorisme de proximité ?<br></strong>Vous
savez, il y a toujours eu des actes isolés. Si l'on « compare »
ces deux attentats avec celui de Nice, on peut surtout mettre en
avant le fait que Mohamed Lahouij Bouhlel, le conducteur du camion,
ne semble pas lié à la mouvance djihadiste. Je crois qu'il n'était
même pas fiché S. </p><p align="LEFT">À Magnanville, Larossi Aballa était quelqu'un
de connu chez les djihadistes. À Orlando, il en allait de même pour
Omar Mateen, dont les motivations étaient très politiques. Il était en contact avec l'EI. L'un de ses proches était parti en Syrie. Apparemment, il avait menti aux autorités américaines lors d'un interrogatoire, où il avait affirmé ne pas connaître le Hezbollah, ne pas connaître la rivalité entre Al-Qaïda et l'EI. Il était sous surveillance.</p><p align="LEFT"><strong>En
novembre 2014, l'État islamique avait incité ses partisans à
commettre des attentats par tous les moyens, véhicules compris.
Al-Qaïda dans la péninsule arabique a encouragé les attaques avec
des véhicules et les « assassinats professionnels » dans
son magazine anglophone 
	</strong><i><strong>Inspire</strong></i><strong>.
Y a-t-il un tournant dans la stratégie des groupes djihadistes ?
	<br></strong>En
novembre 2014, en raison des frappes occidentales en Syrie et en
Irak, l'État islamique est passé d'une stratégie locale à une
stratégie globale. Il souhaitait riposter, frapper les pays
occidentaux et multiplier les attaques, jusqu'à ce que cela devienne
insupportable pour l'opinion publique. L'objectif était de forcer
l'Occident à se retirer de la coalition anti-EI.
</p><p align="LEFT">Au
niveau fonctionnel, envoyer des gens depuis la Syrie ou l'Irak vers
les pays occidentaux n'est pas évident, même s'ils sont formés. De
plus, l'organisation possède plus de sympathisants en France que de
combattants français chez eux, en Irak ou en Syrie. Enfin, conduire
un véhicule et foncer dans une foule ne nécessite pas de compétence
particulière.
</p><p align="LEFT">Après,
il ne faut pas oublier qu'à 
	<a href="http://www.sudouest.fr/2015/10/02/drame-du-marche-de-noel-de-nantes-le-chauffard-devant-le-tribunal-de-saintes-2142414-1391.php" target="_blank">Nantes</a>,
en 2014, un type avait foncé dans la foule – on avait évoqué ses
antécédents psychiatriques. C'est peut-être la même chose à
Nice. Un 14 juillet, on peut imaginer quelqu'un qui sait qu'il
va y avoir du monde, qui pète les plombs, mais qui n'est pas
nécessairement lié à cette mouvance djihadiste. En tout cas, on
peut exclure qu'il ait été formé par l'EI – sinon, l'attaque
aurait été revendiquée plus tôt.
</p><p align="LEFT"><strong>On
a tendance à parler de « loups solitaires », mais ce
terme est-il approprié ?<br></strong>Ce
qui est le plus intéressant, c'est d'observer comment les djihadistes
ont intégré ce concept de « loup solitaire » et
l'inscrivent désormais dans leur propagande. Aujourd'hui, on trouve
des 
	<a href="http://www.memrijttm.org/jihadi-reactions-to-nice-terror-attack-we-want-paris-before-rome.html" target="_blank">montages</a>
	mêlant loups et djihadistes, par exemple.</p><p align="LEFT">On
comprend ce que veulent dire les experts lorsqu'ils parlent de loup
solitaire – on visualise l'image d'un terroriste dans son coin, qui
ne parle de son projet à personne. Mais, pour l'instant, il n'y a
pas d'exemple de terroriste complètement solitaire. D'ailleurs, il y
a à peu près un an, après l'attentat raté du Thalys, un
djihadiste marocain en Syrie avait affirmé qu'il fallait aider les
« loups solitaires » en Europe en leur suggérant une
liste de cibles, de personnes à exécuter, pour qu'ils sachent quoi
faire.
</p><p><strong>Je
vois. Merci M. Caillet.
	</strong>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/552045</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/16/terroriste-de-nice-etat-islamique-1468676668.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>VICE Staff </dc:creator>
<media:category>interviews</media:category>
<category>interviews</category>
</item>
<item>
<title>Vers la fin de la street-credibility dans le rap français</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/rap-francais-vers-la-fin-de-la-street-credibility-v10n06</link>
<pubDate>Sun, 17 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Après avoir fait les malins pendant deux décennies, les mecs du rap s'en foutent enfin.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/06/15/rap-francais-vers-la-fin-de-la-street-credibility-v10n06-1466006428.jpg" type="image/jpg" length="1496"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/06/15/rap-francais-vers-la-fin-de-la-street-credibility-v10n06-body-image-1466006447-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1496" data-original-height="908" data-model-id="192713" data-path="images/content-images/2016/06/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/06/15/" data-image-filename="rap-francais-vers-la-fin-de-la-street-credibility-v10n06-body-image-1466006447.jpg" class="vmp-image"></p><p><i><i><i>Cet article est extrait du numéro « <a target="_blank" href="http://www.vice.com/fr/magazine/10/6">Tout ce qu'il y a de plus personnel</a> »</i></i></i>
</p><p>La street-credibility est un phénomène importé des États-Unis qui implique que le rappeur doit être un dur s'il veut être pris au sérieux. C'est évidemment idiot – un bon rappeur étant de fait un bon rappeur –, mais le concept a connu son heure de gloire ces quinze dernières années avec le phénomène dit du rap de rue : sourcils froncés, accent caillera surjoué, thèmes gangstas à n'en plus finir, etc. Le truc, c'est que ces temps-ci, l'heure n'est plus à ce genre d'ambiance – même si soit, elle subsiste quand même toujours un peu chez certains.</p><p class="p2">En premier lieu, tout le monde a commencé à se lasser sérieusement de la chose. Rappeurs comme auditeurs, sans même parler des radios, lesquelles ont toujours avancé à reculons sur la question. Les incarcérations à répétition de certaines têtes d'affiche incapables de retenir leurs pulsions (Rohff) ou carrément rattrapées par leur passé (Rohff) ont gâché des carrières et pourri la promo d'albums pourtant bons. Les limites des clashs à répétition sont également apparues comme évidentes (Rohff).</p><p class="p2">C'est pourquoi même les rappeurs qui ont un discours, une attitude ou des textes dits durs ne misent plus du tout là-dessus en priorité. Ils préfèrent l'ouverture.</p><p class="p2"><span class="s1">Il a toujours existé un rap léger et inoffensif, mais jusqu'à récemment, les deux mondes ne se mélangeaient pas. Question de standing. Cette époque est aujourd'hui révolue. Gradur, chantre du rap caillera, est manifestement content de rapper avec des gentils bonhommes tels que Nekfeu ou Black M, sans souci du qu'en-dira-t-on. L'autre gros changement, c'est que les jeunes n'ont plus que ça à foutre d'adopter perpétuellement une posture de gros teigneux. De fait, ils rejettent la panoplie qui va avec ; cela se constate aussi bien chez Jul, issu d'une cité marseillaise, jusqu'à la MZ, originaires du 13<sup>e</sup> arrondissement parisien.</span></p><p class="p2">Même les gangsters du fond de la classe se sont remis à sourire dans leurs clips, et arborent désormais les mêmes dégaines que la jeunesse dorée de Paris ouest. Prenez un mec comme SCH par exemple : quoiqu'à l'origine de lyrics on ne peut plus crapuleux, niveau look, le type est hors de contrôle. Pour ceux qui comme moi, ont eu la malchance de tomber sur son Skyblog d'époque, il est passé du traditionnel ensemble jogging-gel dans les cheveux, à petit jean, cheveux longs et veste chic. Ce qui donne un résultat tout aussi étrange. Il n'empêche que l'évolution est là : il y a quelques années, un look comme ça vous classait automatiquement dans la case des bouffons. Autre temps, autres mœurs.</p><p class="p2">Objectivement, le rap pour enfants, qu'il soit pratiqué par des jeunes (Big Flo & Oli) ou des adultes (Gims, Soprano) vend plus que le rap caillera, en perte de vitesse chez le public. À cela s'ajoute l'irruption de rappeurs qui revendiquent avant tout une identité de fans de rap. Des crews entiers, comme L'Entourage, ont construit leur image autour de l'amour qu'ils possèdent pour le hip-hop, et cela a convaincu : les auditeurs se sentent proches d'eux.</p><p>Bien sûr, la fascination pour l'imagerie gangsta demeure présente. Néanmoins, que le MC soit un vrai de vrai ou pas n'est plus la préoccupation principale. À l'arrivée, la musique revient au centre du débat, et ce n'est pas plus mal. Même si cela s'accompagne de l'arrivée d'un bon paquet de bouffons.</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/543394</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/06/15/rap-francais-vers-la-fin-de-la-street-credibility-v10n06-1466006428.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Yérim Sar</dc:creator>
<media:category>music</media:category>
<category>music</category>
</item>
<item>
<title>À quoi bon prolonger l’état d’urgence ?</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/a-quoi-bon-prolonger-l-etat-d-urgence</link>
<pubDate>Fri, 15 Jul 2016 18:25:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Après l'attentat à Nice, le président de la République a décidé de prolonger de trois mois ce régime d'exception.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/15/a-quoi-bon-prolonger-l-etat-d-urgence-1468606026.png" type="image/png" length="819"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/15/a-quoi-bon-prolonger-l-etat-d-urgence-body-image-1468606109.png?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="819" data-original-height="544" data-model-id="204670" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="a-quoi-bon-prolonger-l-etat-d-urgence-body-image-1468606109.png" class="vmp-image">
<sup><em>Photo d'Étienne Rouillon / VICE News </em></sup>
</p><p dir="ltr">Décrété au lendemain des attentats du 13 novembre, qui avaient provoqué la mort de 130 personnes dans les villes de Paris et Saint-Denis, l'état d'urgence a été reconduit trois fois au cours des neuf derniers mois – à la demande du gouvernement et du président de la République, avec l'accord du Parlement. Dans son habituelle allocution télévisée du 14 juillet, le Président François Hollande avait annoncé que l'état d'urgence ne serait plus reconduit à partir du 26 juillet.
</p><p dir="ltr">Malheureusement, les événements survenus à Nice dans la nuit du 14 juillet – qui ont vu au moins 84 personnes perdre la vie, fauchées par un camion lancé dans la foule – ont considérablement modifié cette décision. Si l'on ne connaît toujours pas les motivations du conducteur du camion – abattu par la police – le président Hollande a confirmé vendredi matin <a href="https://news.vice.com/fr/article/attaque-nice-84-morts-l-etat-durgence-est-prolonge" target="_blank">le caractère terroriste</a> de l'attaque. Un projet de loi visant à prolonger l'état d'urgence pour trois mois sera présenté mardi en Conseil des ministres afin que « le Parlement puisse l'examiner mercredi et jeudi », selon les mots du Premier ministre Manuel Valls.
</p><p dir="ltr">Afin d'en savoir un peu plus sur cette quatrième prolongation de l'état d'urgence, nous avons demandé à Géraldine Bovi Hosy, formatrice juridique, de répondre à nos questions.
</p><p dir="ltr"><strong>VICE : D'abord, pouvez-vous nous rappeler ce qu'est l'état d'urgence ?<br></strong><strong>Géraldine Bovi Hosy :</strong> Il s'agit d'un régime d'exception qui permet la mise en place de mesures exceptionnelles en raison d'une situation de crise, comme en ce moment avec la menace d'attentats terroristes. Il offre la possibilité de déroger aux règles de fonctionnement habituelles des institutions judiciaires et de police.
</p><p dir="ltr">Autrement dit, pendant l'état d'urgence, des mesures peuvent être prises sans passer par les procédures habituelles, en accordant notamment plus de pouvoir aux préfets. Il est possible d'interdire la circulation de personnes ou de véhicules dans des zones identifiées comme étant à risques, d'interdire le séjour de personnes sur certains territoires, d'instaurer des couvre-feux, de fermer des établissements accueillant du public, d'imposer des contraintes fortes à des manifestations.
</p><p dir="ltr">D'ailleurs, les perquisitions administratives sans décision judiciaire, qui avaient été abandonnées, seront prévues dans le nouveau texte de prorogation.
</p><p dir="ltr"><strong>La reconduction de l'état d'urgence est-elle limitée dans le temps ?<br></strong>Il n'y a rien qui limite sa reconduction dans les textes. Cependant, il y a en premier lieu une procédure à respecter. La prolongation de l'état d'urgence ne peut s'effectuer que par un vote du Parlement. Il est donc impératif pour le gouvernement de proposer un projet de loi à chaque fois qu'il souhaite le reconduire.
</p><p dir="ltr">Il avait été prolongé de deux mois et demi en prévision des deux grands événements sportifs que sont l'Euro de football et le Tour de France. En outre, la notion d'urgence sous-entend une durée limitée dans le temps, mais rien n'empêche de prolonger indéfiniment cet état.
</p><p dir="ltr"><strong>Cela fait neuf mois que le premier état d'urgence a été instauré. Pourquoi le reconduire plusieurs fois plutôt que de l'installer pour une durée d'un an par exemple ?<br></strong>Hier, quand le président a annoncé que l'état d'urgence prendrait fin le 26 juillet comme prévu, il ne s'attendait pas à ce que ces événements tragiques surviennent à Nice. C'est vrai qu'on est vraiment dans la réglementation par à-coups. En même temps, nous vivons une situation inédite et il est assez normal que l'on navigue à vue.
</p><p dir="ltr">Beaucoup d'associations, comme la Ligue française de défense des droits de l'Homme, se sont offusquées de son instauration. Aux mois de novembre et décembre, au moment de la COP 21, l'état d'urgence a d'ailleurs été détourné de son objectif initial, qui est la lutte contre le terrorisme.
</p><p dir="ltr"><strong>Parce qu'à ce moment-là, des militants écologistes ont été assignés à résidence ?<br></strong>Oui. On a placé des militants écologistes sous des contraintes exagérées, afin d'éviter qu'ils ne se retrouvent dans des endroits où ils auraient pu prendre la parole ou générer un mouvement contestataire. Cela n'avait rien à voir avec les attentats du 13 novembre. Mais l'état d'urgence était là, et on l'a utilisé contre ces militants écologistes. Pour cette raison, il peut être dangereux. L'important avec ce système dérogatoire est de ne pas l'utiliser en dehors des objectifs pour lesquels il a été initialement envisagé.
</p><p dir="ltr">Je me pose tout de même beaucoup de questions quand à l'efficacité des mesures. Il existe une forme d'opacité sur les résultats obtenus.
</p><p dir="ltr"><strong>Vous voulez dire qu'aucune donnée n'est communiquée ?<br></strong>Si, nous avons des chiffres. Mais ils me laissent dubitative. Je vois que le nombre de personnes placées sous surveillance administrative ne fait que chuter. Je vois aussi le peu d'armes que l'on a récupérées dans le cadre de perquisitions. Après, on ne nous dit peut-être pas tout, parce qu'on ne souhaite pas faire peur à la population – ou parce qu'on ne veut pas montrer les insuffisances du dispositif.
</p><p class="pullquote">L'armée et la police ont été trop sollicitées ces derniers temps. De nombreuses heures supplémentaires n'ont pas été payées, le personnel ne parvient plus à récupérer ses jours de repos...
</p><p dir="ltr"><strong>La prolongation de l'état d'urgence nécessite des moyens importants, aussi bien humains que financiers. Y a-t-il un risque de burn-out chez ceux qui sont censés nous protéger ?<br></strong>Totalement. Dans le cadre de cette prolongation, l'État va d'ailleurs faire appel à la réserve opérationnelle parce que l'armée et la police ont été trop sollicitées ces derniers temps. De nombreuses heures supplémentaires n'ont pas été payées, le personnel ne parvient plus à récupérer ses jours de repos...
</p><p dir="ltr">Il faudrait peut-être adopter des mesures plus concrètes, en parallèle de l'état d'urgence. Et surtout, que l'on accepte certaines contraintes, pas seulement pendant deux mois. Il faut comprendre que l'on ne peut plus faire certaines choses comme avant.
</p><p dir="ltr"><strong>Il faudrait donc se résigner à vivre dans une société plus sécuritaire à cause du risque d'attentat ?<br></strong>Que vous alliez voir un spectacle, un match de foot ou autre chose, il existe un risque. Un attentat peut arriver à tout moment et il faut l'accepter. C'est dans ce constat que se niche notre sécurité.
</p><p dir="ltr">Nous avons sans doute perdu certains réflexes en connaissant un sentiment de sécurité absolue pendant très longtemps. Le juridique est une chose. Après, il y a l'attitude, la posture qu'on peut tous adopter. C'est à l'État de nous aider à le faire. Parce que lorsque les choses deviennent anxiogènes, nous avons tendance à leur tourner le dos. C'est important que l'État favorise l'accès à des formations type <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Prévention_et_secours_civiques_de_niveau_1" target="_blank">PSC1</a>, par exemple.
</p><p dir="ltr"><strong>Il faudrait qu'en parallèle de l'état d'urgence, des formations auprès de la population soient assurées, c'est ça ?<br></strong>Il y a des modes opératoires et des réflexes à connaître : savoir quels sont les gestes de premier secours, comment évacuer et sécuriser un bâtiment, ce qu'il faut faire en cas d'attaque terroriste ou même chimique... Ceux qui vivent près d'une centrale nucléaire ou d'un établissement SEVESO connaissent certaines techniques parce qu'il y a des exercices répétés régulièrement chez eux. Si tout le monde connaissait ces exercices, cela éviterait la sidération et les mauvais réflexes en cas d'attaque.
</p><p dir="ltr"><strong>Je comprends. Merci, Mme Bovi Hosy.</strong>
</p><br>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/551926</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/15/a-quoi-bon-prolonger-l-etat-d-urgence-1468606026.png"></media:thumbnail>
<dc:creator>Grégory Vieau</dc:creator>
<media:category>news</media:category>
<category>news</category>
</item>
<item>
<title>Le DVD est décédé: « The Revenant » est le seul DVD que vous devriez éviter à tout prix ce mois-ci</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop</link>
<pubDate>Sat, 16 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[En revanche pour ceux qui aiment les trucs bien, il y a <i>Spetters</i> et <i>S.O.S. Fantômes</i>.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-1468247912.png" type="image/png" length="894"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><i><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468247885.png?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="894" data-original-height="356" data-model-id="202442" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468247885.png" class="vmp-image"></i>
</p><p><i>Antonin
et Étienne sont les fondateurs et présentateurs du Cinéma est
mort, la meilleure émission de cinéma sur les radios françaises,
	<a href="http://www.canalb.fr/le-cinema-est-mort" target="_blank">diffusée sur Canal B</a>. Ils parleront chaque mois sur VICE.com des sorties </i><i>DVD
et Blu-ray qu'ils adorent et des sorties DVD et Blu-ray qu'c'est
pas la peine
	</i>.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232029-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1004" data-original-height="566" data-model-id="202257" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232029.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image" align="JUSTIFY"><strong>THE REVENANT<br></strong><i>Réalisateur </i>:
Alejandro González Iñárritu
	<br><i>Éditeur </i>:
Fox, sortie le 1er juillet 2016
	<br><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232011.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="34" data-original-height="49" data-model-id="202256" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232011.jpg" class="vmp-image">
</p><p>Alejandro
González Iñárritu s'est fait un nom grâce à son world
cinéma en forme de récits choraux liés par un gloubi-boulga
philosophique à la Paulo Coehlo. Il s'attaque avec 
	<i>The Revenant</i>
	au genre du survival. Hormis le bébête dolorisme catholique propre
à tous ses films, pas grand-chose ne prédisposait le pâteux
réalisateur de 
	<i>Babel</i> à s'attaquer à un genre nécessitant
autant de sécheresse.
</p><p>De la
douleur il y en a bien durant les 2h30 de 
	<i>The Revenant </i>–
mais pour la sécheresse, on ira plutôt voir le superbe film
adapté de la même histoire, que trop peu ont évoqué lors de la
sortie en salle, 
	<i>Le Convoi sauvage</i> de Richard C. Sarafian.
</p><p>On a en
revanche beaucoup parlé de Terrence Malick pour évoquer le style
emprunté par Iñárritu à
l'occasion de son tournage guérilla – principalement parce que son
chef opérateur, Emmanuel Lubezki, est le même que celui du maestro,
en plein craquage depuis 
	<i>The Tree Of Life</i>. Mais s'il y a bien
un cinéaste émulé dans 
	<i>The Revenant,</i> il s'agirait plutôt d'Alfonso
Cuarón, dont Lubezki est également le chef opérateur. 
	<i>The Revenant</i> reprend son
usage du plan-séquence pour créer une qualité d'immersion assez
inédite.
</p><p>Cuarón
et Lubezki ont inventé une nouvelle manière de filmer l'action dans
	<i>Le Fils de l'Homme,</i> avant de la radicaliser dans <i>Gravity</i>.
La caméra s'y baladait avec une liberté folle dans des scènes
d'action sans avoir recours au découpage – autrefois élément
principal de la grammaire de ces scènes. 
	<i>The Revenant</i> marque
une nouvelle étape dans cette évolution.
</p><p>La
bataille inaugurale, impressionnante techniquement, souffre ainsi
d'une absence totale de point de vue. On a vanté partout la force
immersive de cette scène et des suivantes, et c'est probablement
vrai. On est plongé au cœur de l'action, la caméra n'étant
indexée sur aucun regard humain si ce n'est le nôtre – un peu à
la manière d'un casque de réalité virtuelle piloté de façon
faussement chaotique par le metteur en scène. L'une des conséquences
de cette manière de filmer est la difficulté qu'ont les personnages
à exister – l'empathie étant le cadet des soucis d'une mise en
scène qui n'a pour objectif que le spectacle de sa propre
virtuosité, dissimulée derrière un réalisme de façade.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232065.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="800" data-original-height="555" data-model-id="202258" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232065.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image" align="JUSTIFY"><strong>SPETTERS<br></strong><i>Réalisateur </i>:
Paul Verhoeven
	<br><i>Éditeur </i>:
BQHL, sortie le 16 juin 2016
	<br><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232181.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="33" data-original-height="34" data-model-id="202259" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232181.jpg" class="vmp-image">
</p><p>À
l'heure où Paul Verhoeven entame brillamment la troisième partie de
sa carrière, il aurait été chouette qu'un éditeur rende de
nouveau disponible les films de sa période hollandaise – ce n'est
pas le cas pour le moment. En revanche, l'inédit 
	<i>Spetters</i> a
enfin droit à une sortie DVD. Ça tombe bien, car c'est probablement
le meilleur film de cette période – le plus radical en tout cas,
qui poussera Verhoeven à s'exiler aux États Unis à la vue du tollé
généré par son long-métrage.
</p><p><i>Spetters</i>
	est un portrait sans concession de la jeunesse hollandaise, dans
lequel Verhoeven, comme à son habitude, refuse de prendre le
spectateur par la main. Au final, ça lui vaudra des accusations de
fascisme, de misogynie, d'homophobie et même de haine des
handicapés – une constante chez lui, à la différence près que, contrairement à la plupart de ses films, rien n'y est dissimulé derrière ses talents d'entertainer de génie. Ce sont bien sûr ces derniers qui lui ont permis d'être repéré par quelques décideurs hollywoodiens – notamment Spielberg qui, impressionné par son film précédent 
	<i>Soldier of Orange</i>, souffla son nom à Georges Lucas, qui cherchait un réalisateur pour <i>Le Retour du Jedi</i>. Entre-temps, <i>Spetters</i> est sorti, et Lucas et Spielberg retirèrent leur offre. « Ils ont dû avoir peur que les Jedi se mettent à baiser »,<i> </i>dira Verhoeven.</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232201-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1920" data-original-height="1080" data-model-id="202260" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232201.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image" align="JUSTIFY"><strong>SILENT RUNNING<br></strong><i>Réalisateur </i>:
Douglas Trumbull
	<br><i>Éditeur </i>:
Wild Side, sortie le 5 juillet 2016
	<br><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232223.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="33" data-original-height="34" data-model-id="202261" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232223.jpg" class="vmp-image">
</p><p><i>Silent
Running
	</i> fait partie de ces films un peu maudits que l'on aimerait
adorer mais qui, en réalité, ne sont pas si agréables que ça à
regarder – on pourrait parler de « chouettes curiosités ».
Réalisé en 1971 par Douglas Trumbull – le technicien génial à
qui l'on doit les effets spéciaux de 
	<i>2001, l'Odyssée de
l'espace
	</i>, <i>Rencontres du troisième type</i> et <i>Blade Runner
– 
	</i>et écrit entre autres par Michael Cimino, le film met en avant une thématique originale, que l'on peut trouver au choix assez géniale, ou alors un peu niaise.</p><p>Pour résumer,
des convoyeurs spatiaux transportent les derniers spécimens
d'arbres, plantes et animaux en provenance d'une Terre ravagée par
des catastrophes écologiques. Ces spécimens sont chéris et
bichonnés par l'un des astronautes – interprété par cette endive
de Bruce Dern – qui leur fait des bisous en écoutant du Joan Baez.
Pas de doute, on est bien au début des années 1970.
</p><p>Au
premier degré, le film a de grosse faiblesse de rythme, ses enjeux
sont balourdement exploités et les décors sont trop pauvres pour
capter durablement le regard. Au second degré, il ne va pas assez
loin dans le n'importe quoi pour être l'ultime nanar SF
écolo-hippie. Ce titre-là est de toute façon détenu par 
	<i><a href="http://www.dailymotion.com/video/xhk142_extrait-du-film-la-belle-verte-de-coline-serreau_webcam" target="_blank">La Belle Verte</a>
	</i> de Coline Serreau – même si juxtaposer une chanson
de Joan Baez sur des images de croiseurs intersidéraux reste une
proposition de cinéma assez folle.
</p><p>Ni
trop bon, ni trop mauvais, 
	<i>Silent Running</i> demeure un film
assez attachant. Wild Side lui consacre une superbe édition,
entièrement dévolue à son créateur Douglas Trumbull, présent
dans les nombreux bonus. 
	<a href="http://douglastrumbull.com/" target="_blank">Encore très actif malgré son relatif anonymat</a>, Trumbull annonce
toujours qu'il compte révolutionner le cinéma en accroissant 
	<a href="http://www.hollywoodreporter.com/race/future-film-vfx-legend-douglas-729041" target="_blank">ses capacités immersives</a>. On serait tenté de la croire, le type
ayant tout de même inventé le tournage à 60 images seconde, le
cinéma dynamique, et tout un tas de techniques de SFX
particulièrement opérantes. Par contre, un regard artistique ne
serait peut-être pas de trop pour les appliquer – sinon, autant
aller au Futuroscope.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232247-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1280" data-original-height="698" data-model-id="202262" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232247.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image" align="JUSTIFY"><strong>LA PROIE DE L'AUTOSTOP<br></strong><i>Réalisateur </i>:
Pasquale Festa Campanile
	<br><i>Éditeur </i>:
Artus Films, sortie le 4 mai 2016
	<br><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232274.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="33" data-original-height="34" data-model-id="202263" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232274.jpg" class="vmp-image">
</p><p><i>La
Proie de l'autostop
	</i>, comme expliqué dans les bonus, est l'un des
films les plus charcutés de l'histoire de la VHS. Il sort enfin en
version intégrale dans une 
	<a href="http://www.artusfilms.com/offres-speciales/dvd-magnet-la-proie-de-l-autostop-215" target="_blank">très belle édition</a>, amoureusement accompagnée d'un bouquin
passionné, drôle et instructif signé David Didelot. Ce dernier
s'intéresse au 
	<i>rape and revenge –</i> à savoir ces films où
une femme est violée sauvagement et finit par se venger de façon
idoine – et conclut en affirmant que 
	<i>La Proie de l'autostop</i>
	échappe un tant soit peu à ce genre.
</p><p>Comme
l'écrit très bien Didelot, le viol y est plus ou moins consenti –
et se rapproche en cela de l'ambiguïté de celui des
	<i> Chiens de
	</i>Paille. De plus, la
revanche n'est pas forcément là où on s'y attend. Malgré tout, 
	<i>La
Proie de l'autostop
	</i> partage avec la plupart des films du genre
une misandrie totale alliée, film d'exploitation oblige, à un
voyeurisme décomplexé dans la représentation de la plastique
avantageuse de sa protagoniste – la très chouette Corinne Clery.
</p><p>Cette
jouissive hypocrisie mise à part, le film est sans concession dans
son portrait d'une masculinité violente et lâche. Les improbables
scènes de couple inaugurales sont d'une agressivité et d'une
vulgarité si inouïes que le passage au trio par l'adjonction d'un
auto-stoppeur psychopathe apparaît presque comme une libération.
Pas forcément super optimiste sur la viabilité du binôme
homme-femme, cette radiographie de la guerre des sexes est une
version trash du 
	<i>Voyage en Italie</i> de Rossellini, en somme.
Parfaitement jouissif.
</p><p class="has-image"><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232287-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="1160" data-original-height="500" data-model-id="202264" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232287.jpg" class="vmp-image">
</p><p class="has-image" align="JUSTIFY"><strong>S.O.S.
FANTÔMES 1 ET 2 
	<br></strong><i>Réalisateur </i>:
Ivan Reitman
	<br><i>Éditeur </i>:
Sony Pictures, sortie le 7 juillet 2016
	<br><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232317.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="33" data-original-height="34" data-model-id="202265" data-path="images/content-images/2016/07/11/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/11/" data-image-filename="dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-body-image-1468232317.jpg" class="vmp-image">
</p><p>À
l'époque où les premiers DVD sortaient, je me rappelle avoir passé
un petit bout de temps à diffuser image par image certaines scènes
de 
	<i>S.O.S. Fantômes 2 </i>–
toutes impliquant Bill Murray. J'avais un
objectif scientifique : saisir l'essence du génie comique de ce
mec. À l'époque j'avais échoué. C'était peut-être une question
de support, en fait. Avec la haute définition 4K, je réussirai –
peut-être.
</p><p><i>Les
mecs du Cinéma est mort sont sur 
	<a href="https://twitter.com/lecinemaestmort" target="_blank">Twitter</a>.</i>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/550307</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/11/dvd-party-the-revenant-spetters-sos-fantomes-silent-running-proie-autostop-1468247912.png"></media:thumbnail>
<dc:creator>Le Cinéma est Mort</dc:creator>
<media:category>film</media:category>
<category>film</category>
</item>
<item>
<title>Ce que le traitement de l’attentat de Nice nous dit des médias</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/ce-que-le-traitement-mdiatique-de-lattentat-de-nice-nous-dit-des-mdias</link>
<pubDate>Fri, 15 Jul 2016 16:29:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[OK, les chaînes d'information en continu sont profondément glauques – mais les spectateurs auraient leur part de responsabilité.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/15/ce-que-le-traitement-mdiatique-de-lattentat-de-nice-nous-dit-des-mdias-1468601182.jpg" type="image/jpg" length="1200"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="ce-que-le-traitement-mdiatique-de-lattentat-de-nice-nous-dit-des-mdias-body-image-1468601041.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-model-id="204644" data-original-height="803" data-original-width="1200" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/15/ce-que-le-traitement-mdiatique-de-lattentat-de-nice-nous-dit-des-mdias-body-image-1468601041-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><br><sub><em>Photo via l'utilisateur Flickr <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/home_of_chaos/23556972666/">Thierry Ehrmann</a></em></sub><br>
</p><p dir="ltr">Gros plans sur des corps inanimés, images du camion fonçant dans la foule, interviews des proches des victimes : hier soir, le traitement médiatique de l'attentat du 14 juillet sur la promenade des Anglais à Nice a été vivement <a target="_blank" href="http://www.slate.fr/story/121065/attentat-nice-nuit-tele-francaise-sombre">critiqué</a>. En ligne de mire, les chaînes d'information en continu et les éditions spéciales des médias «classiques» – à l'instar de France 2, fustigée pour avoir diffusé des images du camion en pleine course et des réactions de survivants à chaud. Ce vendredi matin, la direction de France Télévisions présentait ses plates excuses dans <a target="_blank" href="http://mobile.francetvinfo.fr/economie/medias/france-televisions/edition-speciale-sur-l-attentat-de-nice-france-televisions-presente-ses-excuses_1548057.html#xtref=">un communiqué</a>, prétextant « une erreur de jugement  commise en raison de circonstances particulières ».
</p><p dir="ltr">Considérant tantôt les chaînes d'info comme trop rapides ou pas assez, les critiques se multiplient et se contredisent. Aujourd'hui, reprocher aux médias leur traitement des drames est devenu un sport national, qui permet sans doute à certains spectateurs de s'absoudre de leur nuit passée à contempler BFM ou iTélé. <br><br>Quoi qu'on en dise, les images semblent répondre à un véritable besoin de la part de certains téléspectateurs – celui de voir pour y croire. On a cherché à en savoir plus en posant quelques questions à Arnaud Mercier, chercheur en sociologie des médias et communication politique, spécialiste du traitement de la guerre par les médias, de l'usage des réseaux sociaux, et enseignant à l'Institut français de presse.
</p><p dir="ltr"><strong>VICE : Que peut-on dire pour le moment du traitement des attentats de Nice par les chaînes d'information en continu ?<br>Arnaud Mercier : </strong>On retrouve les réflexes professionnels habituels dans ce type de situation. Il y a priorité au direct, même s'il leur a été reproché de n'avoir pas arrêté la diffusion du feu d'artifice de Paris assez rapidement. Il y avait un puissant contraste entre les images de fête à l'écran et la gravité des faits relayés par les réseaux sociaux.
</p><p dir="ltr">Ensuite, il y a eu le passage en boucle d'images extraites de ces mêmes réseaux, ce qui est désormais un trait marquant. Quand vous n'êtes pas sur place, la seule chose que vous avez à disposition, ce sont des images que des internautes sur les lieux ont bien voulu poster. Et pourtant, ces chaînes ont plutôt fait attention cette fois-ci, les journalistes ont marché sur des œufs. Par exemple, ils ont mis un certain temps avant de révéler l'identité du terroriste. On voit bien que les avertissements du CSA ont été entendus par la plupart d'entre elles.
</p><p dir="ltr"><strong>Aux yeux du public, les chaînes d'info n'ont-elles pas toujours tout faux ?</strong><br>Vous avez raison, et c'est loin d'être une situation facile. Si on prend les réseaux sociaux comme un pouls, il y aura toujours des messages critiques – quoi que vous fassiez. Un coup, on reproche à ces chaînes de réagir sans réfléchir, la fois d'après de ne pas aller assez vite.<br class="kix-line-break">
</p><p dir="ltr">En même temps, ce type de critiques prouvent qu'il y a une forte attente vis-à-vis des chaînes d'info. Une partie des gens sont déçus quand, via les alertes mobiles ou les réseaux sociaux, ils sont informés d'un événement et qu'il n'a pas encore été relayé sur ces chaînes. Pour des choses aussi graves, il se trouve que leur premier réflexe reste d'allumer la télé.
</p><p dir="ltr"><strong>Dès lors, peut-on parler de véritable « nécessité informative » pour ces chaînes ?</strong><br>Bien sûr ! Les gens ne sont pas des voyeurs. Ils ont simplement besoin de voir pour y croire. Dans ces cas-là, il ne s'agit pas d'un moment d'information mais aussi d'un moment d'émotion. Ajouter des images à l'information, afin de mieux savoir ce qui s'est passé, devient une nécessité pour commencer à réaliser. La quête d'images afin de rendre les choses concrètes fait partie d'une démarche psychologique classique.<br><strong><br>Est-ce pour cela que les gens regardent ces médias ?</strong><br>C'est quelque chose de l'ordre de ce que les psychologues appellent la pulsion scopique. Ça n'a aucune logique, cela ne fait pas partie de notre imaginaire. Comment se figurer qu'un camion puisse foncer volontairement dans la foule pour faire le maximum de morts ? Cela paraît inconcevable. <br>
</p><p dir="ltr">C'était la même expérience au moment des attentats du 11 septembre. On avait beau voir trois fois la même image des tours qui s'effondraient, on n'arrivait pas à y croire. Il faut l'avoir vu à de nombreuses reprises afin que le cerveau accepte la réalité des choses.
</p><p class="pullquote">Chacun a sa part de responsabilité dans tout ça. Le téléspectateur n'a 
pas à être captif, et les chaines d'info doivent éviter de diffuser des 
images choquantes sous prétexte qu'elles n'ont pas encore été révélées.
</p><p dir="ltr"><strong>Ça explique pourquoi les chaînes d'information interrogent des victimes et des témoins directs ?</strong><br>Du point de vue de la mission d'information, cela ne parait pas incongru. On peut se demander s'il est bon pour les témoins de raconter si vite ce qu'ils ont vu, mais il faut rappeler que pour une personne qui parle à l'antenne, il y en a probablement trois autres qui ont refusé. Après, il est évident que les témoins sont souvent sous le choc – les prendre à l'antenne est un risque lié à l'information en direct.</p><p dir="ltr">Ce qui pose vraiment problème, c'est de commencer à poser des questions qui sont hors de propos, de sortir du prisme du témoignage pour aller vers une analyse – alors que les gens interrogés ne sont pas des experts. </p><p dir="ltr"><strong>À partir de quel moment peut-on parler de sur-information ?</strong><br>C'est un vrai problème pour les éditions spéciales – qui durent des heures et des heures. Cela veut dire que les journalistes deviennent prisonniers d'un dispositif qui les conduit à devoir garder l'antenne coûte que coûte. Fatalement, il faut meubler, et il y a des redites. <br>
</p><p dir="ltr">L'argument des chaînes d'info en continu est de dire qu'elles permettent d'être un point d'entrée dans l'information à n'importe quel moment. Afin d'éviter l'overdose, le premier responsable est le téléspectateur lui-même. Quand il a l'impression qu'il sature, c'est à lui d'éteindre. Chacun a sa part de responsabilité dans tout ça. Le téléspectateur n'a pas à être captif, et les chaines d'info doivent éviter de diffuser des images choquantes sous prétexte qu'elles n'ont pas encore été révélées.
</p><p dir="ltr">Il faut tout de même préciser que les images partagées sur les réseaux sociaux étaient souvent plus choquantes que celles diffusées à la télévision.<br>
</p><p dir="ltr"><strong>Quel est le rapport des chaînes d'info continu avec les réseaux sociaux ?</strong><br>Les réseaux sociaux sont une source pour ces chaînes. C'est vrai en temps normal, et ça l'est encore plus en temps de crise. Elles s'en servent pour trouver des témoins, des images, et parfois des vidéos – qu'il faut choisir de diffuser ou non.
</p><p dir="ltr">Il y a également la dimension « solidaire », avec des médias qui relaient des hashtags, etc. Si, pour certains, c'est une façon pour ces chaînes de se racheter une conscience, il faut noter qu'il y a un véritable relais d'appels à témoins par exemple. Les médias se font chambre d'écho de ces mouvements.<br>
</p><p dir="ltr"><strong>On entend également de nombreuses personnes critiquer le caractère cynique des chaînes d'info, qui profiteraient financièrement de ces tragédies. Qu'en pensez-vous ?</strong><br>C'est un contresens. Avec les éditions spéciales, ces chaînes bouleversent leurs programmes. De fait, elles perdent les pastilles publicitaires prévues, alors même qu'elles mobilisent des moyens supplémentaires. Dans les 24 heures postérieures à un tel événement, ces chaînes perdent de l'argent. <br>
</p><p dir="ltr">Par la suite, il est vrai que la demande d'information est plus forte – mais c'est la même chose pour tous les médias. Cyniquement, on pourrait dire que <em>Nice Matin</em> effectue une très bonne opération aujourd'hui – cela fait sans doute longtemps qu'ils n'ont pas vendu autant de journaux. En même temps, un certain nombre d'annonceurs se retirent de peur d'être associés à un tel événement. <br>
</p><p dir="ltr">Ce qui se joue là n'est pas tant un raisonnement « marketing » qu'un problème de crédibilité. Les chaines qui n'auront pas su bien gérer leur couverture médiatique ont beaucoup à perdre, tandis que celles qui se distingueront peuvent espérer se positionner comme un vecteur fiable de l'information. Il s'agit d'une bataille autour de la notion de confiance.<br>
</p><p dir="ltr"><strong>Un événement de la sorte est-il l'occasion de s'interroger sur le traitement de l'information ? Les chaînes d'information doivent-elles modifier leurs pratiques ?</strong><br>C'est déjà le cas. Après les dernières vagues d'attentats, le CSA avait rappelé à l'ordre nombre de chaînes – pas seulement les chaînes d'information en continu. Face à un tel événement, les chaînes généralistes cassent leurs antennes et passent de plus en plus souvent en édition spéciale – les critiques n'étaient donc pas seulement dirigées à l'encontre des chaînes spécialisées. Cela a parfois donné lieu à des mea-culpa de la part de certains journalistes. C'est la preuve que la profession est capable d'avoir un regard critique sur elle-même. <br><br>Pour ces médias, le plus important est d'avoir un recul critique et de regarder vers l'avenir – puisque ce n'est sans doute malheureusement pas la dernière fois que ces questions se posent. <br>
</p><p dir="ltr">Un acte terroriste met forcément en cause l'attitude des médias. Il s'agit d'instaurer un climat de peur permanent. Le terrorisme sans relais médiatique n'est quasiment rien. Cela ne veut absolument pas dire qu'il ne faut pas en parler, mais qu'il faut être vigilant quant à la façon dont on le fait, et ne pas relayer les discours les plus populistes, racistes et xénophobes, qui émergent très vite. Il faut avoir un esprit de responsabilité.<br>
</p><p dir="ltr"><strong>Je vois. Merci beaucoup M. Mercier. </strong>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/551904</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/15/ce-que-le-traitement-mdiatique-de-lattentat-de-nice-nous-dit-des-mdias-1468601182.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>Morgane Fabre-Bouvier</dc:creator>
<media:category>interviews</media:category>
<category>interviews</category>
</item>
<item>
<title>J’ai tenté de comprendre ce qui poussait les gens à diffuser des images sordides de l&#039;attentat</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/images-attentat-de-nice</link>
<pubDate>Fri, 15 Jul 2016 15:21:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[À la suite de la tragédie d'hier soir, nombre de vidéos et de photos révoltantes ont fleuri sur les réseaux sociaux.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/15/images-attentat-de-nice-1468596527.png" type="image/png" length="646"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image" dir="ltr" id="docs-internal-guid-785f0fd2-ef2b-2030-7185-bb7b86647cf6"><img src="https://news-images.vice.com/images/2016/07/15/dans-les-rues-de-nice-apres-lattaque-body-image-1468543639.png?output"><br><em><sub>Photo : Des hommes de la BRI prennent position sur la promenade des Anglais à Nice, après l'attaque (Pierre Longeray / VICE News)
	<br></sub></em>
</p><p dir="ltr" id="docs-internal-guid-785f0fd2-ef2f-9224-9a1b-085e4c6dddbc">Jeudi soir, à Nice, un camion a foncé dans une foule venue profiter du traditionnel feu d'artifice du 14 juillet sur la promenade des Anglais. À l'heure où j'écris ces lignes, le bilan de cette tragédie s'élève à 84 morts et des dizaines de blessés – dont de nombreux enfants. En me rendant sur Twitter le soir du drame, j'ai eu la stupeur d'y voir une avalanche de photos sordides et de vidéos sanglantes. Avant même de lire les informations nécessaires pour comprendre l'horreur qui venait de se produire, j'étais déjà abreuvé d'images de cadavres et de corps déchiquetés.<br>
</p><p dir="ltr">Qu'il s'agisse d'une médiatisation poussée à l'extrême ou d'une curiosité malsaine, nombreux sont ceux qui n'hésitent pas à partager des vidéos difficilement soutenables pour la plupart d'entre nous. Avant de les taxer d'enfoirés désireux de profiter d'une tragédie pour gonfler leur nombre de followers, j'ai préféré leur demander ce qu'ils en pensaient – et surtout, pourquoi ils le faisaient.
</p><p><div class="twitter-container"><blockquote class="twitter-tweet" lang="en"><p>Si vous constatez un contenu choquant, ne le diffusez pas, signalez-le sur 
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Paul Douard</dc:creator>
<media:category>news</media:category>
<category>news</category>
</item>
<item>
<title>Ce que l&#039;on sait sur l&#039;attentat à Nice</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/ce-que-lon-sait-sur-lattentat-nice</link>
<pubDate>Fri, 15 Jul 2016 09:40:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Le bilan provisoire de l'attaque s'élève à 84 morts.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/15/ce-que-lon-sait-sur-lattentat-nice-1468575835.jpg" type="image/jpg" length="840"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><em><sub><img src="https://vice-images.vice.com/images/content-images/2016/07/15/ce-que-lon-sait-sur-lattentat-nice-body-image-1468575819.jpg?resize=*:*&output-quality=75" data-original-width="840" data-original-height="542" data-model-id="204275" data-path="images/content-images/2016/07/15/" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/15/" data-image-filename="ce-que-lon-sait-sur-lattentat-nice-body-image-1468575819.jpg" class="vmp-image"></sub></em>
<em><sub>Photo de Pierre Longeray/VICE News </sub></em><br>
</p><p>Au
moins 84 personnes sont mortes à Nice ce jeudi soir, peu avant
23 heures, quand un camion a foncé sur la foule – venue
assister au feu d'artifice du 14 juillet. Ce véhicule, conduit
par un homme armé qui, selon des sources proches de l'enquête
citées par l'AFP, aurait tiré plusieurs fois, a parcouru deux
kilomètres avant d'être arrêté par les forces de l'ordre, qui ont
abattu l'assaillant. Suite à cet incident, l'état d'urgence a été
prolongé de trois mois par le président de la République.
</p><p lang="fr-FR">Selon
les témoins présents lors de ce drame, le camion blanc aurait
zigzagué sur la promenade afin de heurter le plus grand nombre de
personnes. « Ma mère était sur
place, elle est rentrée à la maison maintenant. Elle est en pleurs.
Totalement choquée », a précisé un jeune Niçois à Pierre
Longeray, reporter pour 
	<a href="https://news.vice.com/fr/article/dans-les-rues-de-nice-apres-l-attaque" target="_blank">VICE News</a>, présent à Nice.
</p><p lang="fr-FR">Au
fil de la journée, de nouvelles informations au sujet du suspect
nous parviennent. Selon les informations du journal 
	<a href="http://abonnes.lemonde.fr/police-justice/live/2016/07/15/en-direct-plusieurs-morts-a-nice-apres-qu-un-camion-a-fonce-sur-la-foule_4969598_1653578.html" target="_blank"><i>Le Monde</i></a>,
le nom de cet homme apparaît sur des papiers d'identité retrouvés
dans le camion. Il serait né en 1985, et résiderait à Nice. Tandis
que le journal du soir évoque un Tunisien possédant une carte de
séjour, 
	<i><a href="http://www.europe1.fr/faits-divers/le-terroriste-de-nice-est-un-franco-tunisien-de-31-ans-2800129" target="_blank">Europe 1</a> </i>parle
d'un Franco-tunisien connu des services de police mais pas des
services de renseignements.
</p><p lang="fr-FR">Une
perquisition a eu lieu ce vendredi matin au domicile du chauffeur du
camion, selon l'AFP, qui a recueilli des propos des voisins.
</p><p lang="fr-FR">Dans
une déclaration diffusée au milieu de la nuit, François Hollande a
évoqué « une attaque dont le caractère terroriste ne peut
être nié ». Le président de la République a également
annoncé l'intensification des frappes en Syrie et en Irak.
</p><p lang="fr-FR">Les
réactions se multiplient en ce vendredi matin. Barack Obama a
réaffirmé son soutien à la France, « plus vieil allié des
États-Unis », tandis qu'Angela Merkel a assuré les Français
de la solidarité de l'Allemagne. Le
Premier ministre belge a adressé « ses pensées pour les
victimes de cet acte odieux ». La Belgique doit célébrer sa
fête nationale d'ici quelques jours – le 21 juillet
précisément.
</p><p lang="fr-FR">Dans
l'Hexagone, les responsables politiques n'ont pas manqué de réagir.
Alain Juppé a dénoncé un « acte de grande cruauté »
alors que François Fillon a évoqué « son effroi devant ce
carnage, cet assassinat lâche et dément ». De son côté, le
Premier ministre s'est exprimé ce vendredi matin et a évoqué « la
guerre que le terrorisme nous livre ». Manuel Valls a également
annoncé un deuil national de trois
jours, les 16, 17 et 18 juillet.
</p><p lang="fr-FR">Les
hôpitaux de la région ont accueilli des dizaines de blessés –
certains sont encore dans un état extrêmement grave.
L'Établissement français du sang a précisé qu'il n'avait pas
lancé d'appel au don du sang, malgré ce que certains médias ont pu
déclarer au cours de la nuit. Ces mêmes médias – notamment les
chaînes d'information en continu – et certains utilisateurs des
réseaux sociaux ont été fortement critiqués après avoir diffusé
des images extrêmement violentes, consécutives à l'attaque. 
	<a href="http://www.francetvinfo.fr/economie/medias/france-televisions/edition-speciale-sur-l-attentat-de-nice-france-televisions-presente-ses-excuses_1548057.html" target="_blank">France Télévisions</a> a présenté ses excuses dans la matinée. Le CSA
s'est saisi de la question.
</p><p lang="fr-FR">En
ce qui concerne l'enquête, le Parquet antiterroriste de Paris s'est
saisi de l'affaire. Le procureur de la République de Paris, François
Molins, donnera une conférence de presse à Nice, à 17 heures. Cet attentat n'a toujours pas été revendiqué. </p><p><span lang="fr-FR"><i>Pour
plus d'informations, rendez-vous sur 
	</i></span><a href="https://news.vice.com/fr/article/des-explosions-laroport-de-bruxelles-au-moins-un-mort-et-des-blesses?utm_source=vicenewsfrtw" target="_blank"><span lang="fr-FR"><i><strong>VICE News.</strong></i></span></a>
</p>
]]></content:encoded>
<guid isPermaLink="false">http://www.vice.com/551707</guid>
<media:thumbnail url="https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/15/ce-que-lon-sait-sur-lattentat-nice-1468575835.jpg"></media:thumbnail>
<dc:creator>VICE Staff </dc:creator>
<media:category>news</media:category>
<category>news</category>
</item>
<item>
<title>Roubaix est un petit bout de paradis</title>
<link>http://www.vice.com/fr/read/roubaix-est-un-petit-bout-de-paradis</link>
<pubDate>Thu, 14 Jul 2016 05:00:00 +0200</pubDate>
<description><![CDATA[Des voitures brûlées, des enfants déguisés et des femmes voilées, quelque part dans le Nord-Pas-de-Calais.
]]></description>
<enclosure url="http://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2016/07/12/roubaix-est-un-petit-bout-de-paradis-1468339095.jpg" type="image/jpg" length="667"></enclosure>
<content:encoded><![CDATA[<p class="has-image"><img class="vmp-image" data-image-filename="roubaix-est-un-petit-bout-de-paradis-body-image-1468339226.jpg" data-crop-path="images/content-images-crops/2016/07/12/" data-path="images/content-images/2016/07/12/" data-model-id="203029" data-original-height="668" data-original-width="1000" src="https://vice-images.vice.com/images/content-images-crops/2016/07/12/roubaix-est-un-petit-bout-de-paradis-body-image-1468339226-size_1000.jpg?resize=*:*&output-quality=75"><br><em><sub>Toutes les photos sont de Michel Nguie.</sub></em>
</p><p>Je vis dans la ville de Roubaix depuis le mois de mars dernier – avant ça, j'avais pour port d'attache la ville de <a target="_blank" href="http://www.vice.com/fr/read/bordeaux-est-un-petit-bout-de-paradis-384">Bordeaux</a>. Je m'y étais déjà rendu plusieurs fois pour y voir ma femme qui en est originaire, et j'ai pris ces photos entre février 2015 et juin 2016. Cette série n'a pas d'origine particulière ; elle est simplement le fruit du temps que j'ai eu l'occasion de passer dans la ville. <br><br>Toutes les semaines, je vais à l'Église, ce qui permet de côtoyer de nombreux types d'habitants de cette ville, qui est relativement jeune. Je vois Roubaix comme un terrain propice à la gentrification : j'y retrouve par moments des impressions vécues dans la ville de <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/search/?text=Michel%20nguie%20detroit&view_all=1">Détroit</a> aux États-Unis : des pavillons enchevêtrés à l'abandon, des rues désertées sans vie, une agonie ambiante paradoxalement mêlée à une ville colorée culturellement, socialement et visuellement. J'ai été surpris par la place importante qu'occupent l'art, la mode et le cinéma d'animation dans la ville, avec des structures comme le musée La Piscine, et un quartier presque entièrement dédié à la mode. <br><br>
</p><p><em>Retrouvez Michel sur <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/michel-nguie/">Flickr</a>.</em><br>
</p>
]]></content:encoded>
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<dc:creator>Michel Nguie</dc:creator>
<media:category>photo</media:category>
<category>photo</category>
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