Tfila betsibour et les rabbanim qui priaient seuls (Brisk) Voir le sujet suivant
Voir le sujet pr�c�dent
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet
Auteur Message
aaron26



Messages: 3

MessagePost� le: Ven 23 Ao�t 2019, 16:35 Répondre en citantRevenir en haut

Bonjour Rav wattenberg,

Les notions de תפילה בציבור et de תפילה בעשרה sont-elles une seule et m�me chose ? Quand il est dit qu'une תפילה בציבור est tout le temps agr��e, s'agit-il �galement d'une pri�re a dix personnes ? Ou s'agit-il d'un rassemblement de la communaut� toute enti�re ?

Car cette id�e de "priez avec minyane et votre pri�re est entendue" est l�g�rement contre-intuitive et peut �tre m�me un peu d�responsabilisante.
Je peux comprendre qu'un vrai rassemblement d'une communaut� toute enti�re d�chire les cieux, mais un simple minyane a-t-il la m�me force, m�me si la pr�sence divine est pr�sente (pardon par la r�p�tition amusante) ?
Il arrive d'ailleurs souvent que la notion de pri�re avec un quorum de dix personnes aille � l'encontre de la possibilit� de prier avec ferveur. J'ai entendu par exemple, mais je ne sais pas si c'est � cause du probl�me que je viens de mentionner, que certains grands �rudits en Isra�l (affili�s � la chita de Brisk) prieraient seuls chez eux la plupart du temps, et ne se d�pla�aient que pour �couter la lecture de la Torah.
Si vous pouviez nous aider � faire un peu d'ordre dans tout cela, merci beaucoup.
Rav Binyamin Wattenberg




Messages: 3980

MessagePost� le: Jeu 03 Octobre 2019, 21:15 Répondre en citantRevenir en haut

La notion de Tfila Betsibour n�est plus large que celle de Tfila Beminian qu�en raison de � berov Am Hadrat melekh �, mais d�s qu�il y a 10 personnes, cela a le statut d�un minian et les promesses rabbiniques (sur la puissance d�une telle pri�re) sont d�j� engag�es.

Vous avez donc raison que lorsque toute la communaut� est r�unie �a aura encore plus de valeur, mais d�s qu�on est dix, �a passe d�j� au stade de Tfila Betsibour/beminian.

N�oubliez pas qu�il y a eu dans le pass� beaucoup de communaut�s juives ne comportant qu�une dizaine de juifs majeurs (ou � peine plus).

Le fait d�acc�der au titre de Tfila Beminian permet aussi le kadish, la Kdousha, la �hazara et la kriat Hatorah qui conf�rent � cette pri�re un atout majeur par rapport � un groupe de 9 personnes.

Quant aux r�fractaires � la tfila beminian, qu�ils soient de Brisk ou d�autres � ob�diences � (comme certains cabalistes), c�est souvent pour des raisons de Kavana.
Mais chez Brisk, il semblerait qu�il y ait autre chose, �a serait un choix s�inspirant de leurs rabbanim (Reb �Haim et le Brisker Rov) et d�autres (Maharil Diskin, �Hazon Ish, R. �Haim Greineman, �) et chez les Rabbis �hassidiques (comme le Yisma�h Mosh� , le Maguid de Mezritsh (Hist. des juifs de Graetz -Paris 1897, V, p.289) , Rabbi Nathan de Nemirov durant la p�riode des Sli'hot ( cf. "Im lo lemaala miz�" de Y.L. Peretz et Anthologie Juive, Fleg, Paris 1923, p.314 ) , le Bnei Yissoskhor de Dinov priait Min'ha Beya'hid (Divrei Torah -Munkacz- III, �83) , et il y a un grand de la �Hassidout (anonyme) cit� par Rav Zweifel dans Saneigor (p.221) qui priait toute l�ann�e sans minian except� � Rosh Hashana et Yom Kipour (je ne sais pas ce qu�il faisait � Parshat Zakhor�) , et encore d�autres).

[Il est aussi tr�s fr�quent que le Rabbi �hassidique ne fasse pas la pri�re avec ses �hassidim mais dans une petite salle attenante et communicante par une petite fen�tre obstru�e d�un rideau.
Dans ce cas, ils s�arrangeaient pour que ce soit encore consid�r� � beminian � (par l�ouverture du rideau aux moments cl�s), � la diff�rence du Yisma�h Mosh� qui priait seul.]

Quelles �taient exactement les motivations de ces rabbanim pour prier seuls � la maison ? c�est fort discut�, il y a toutes sortes de th�ories.
La kavana revient souvent, ainsi que diff�rents �hshashot (inqui�tudes halakhiques), ou par modestie pour ne pas qu�on d�couvre leur Tsidkout ( �), ou encore l�atout de prier � l� o� l�on �tudie (le plus) � (voyez Brakhot daf 8 et Shoul�han Aroukh O��H �90, 18 dans le Rama ).

Voir aussi Rabbi Avraham Aboulafia dans Otsar Eden Ganouz qui �crit en 1286 (imprim� � J�rusalem en 2000, voir page 171 en bas, ici : http://hebrewbooks.org/pdfpager.aspx?req=49643&st=&pgnum=174 ) contre les � imb�ciles � qui critiquent ceux qui prient dans leur salle d��tude (au lieu de prier Beminian � la synagogue).

Reb �Haim priait seul, mais aussi tard (-et pas � l�heure du minian du matin comme l�ont fait d�autres rabbanim), il para�t qu�il s�agit d�un calcul de gain de Limoud. C-�-d : voyant qu�il est pris dans une souguia et que l�heure avance, il a le choix entre arr�ter son limoud pour s�assurer de pouvoir se lever t�t pour la Tfila, ou continuer son �tude et se lever plus tard (bien �videmment AVANT le Sof Zman du Shema) .
S�il se couche t�t, il perd tout ce qu�il a fait dans la souguia, un investissement de plusieurs heures qu�il faudra reprendre le lendemain pour se remettre dans le bain, s�il se couche tard, il gagne une avanc�e consid�rable dans son limoud.
Autrement dit, ces heures-l� ne se remplacent pas par le m�me nombre d�heures le lendemain.

Le �Hafets �Haim a aussi fait usage de ce raisonnement lors de la r�daction du Mishna Broura pour se dispenser d�aller prier Min�ha et Maariv Betsibour lorsqu�il estimait que l�interruption allait perdre le fil d�un raisonnement (cf. Toldot imprim�es dans le 3�me tome de Kol Kitvei He�hafets �Haim, p.48 ), voir � ce sujet le Biour Halakha (�232 sv Ve-im) .

On dit la m�me chose de plusieurs Rabbanim, dont le Min�hat Its�hak .
Et Rabbi Mosh� 'Haguiz aussi priait seul, comme il l'�crit dans son El� Hamitsvot (�433, daf 21a).
Voyez aussi ce qu'�crit le Yaabets dans Meguilat Sefer (Bick, J�rusalem 1979, p.154) concernant R. Mosh� 'Haguiz . Et voir encore Saneigor (p.221) .

Voir aussi Meshartav Esh Lohet (II, p.71) au sujet de Rav Mordekhai Banet , qui �tait � paroush min haolam �, qu�on ne le voyait pas dehors, � part quelques fois o� il allait � la synagogue le samedi matin avant la Kriat hatorah, ainsi qu�� Yom Kippour, ou encore les fois o� il �tait Sandak et cas similaires.

Rav Yossef Zekharia Stern , �tant toujours assez faible, allait rarement � la synagogue pourtant proche de chez lui. Il s'y rendait le Shabbat pour une pri�re rapide, et disait : אין לך דבר העומד בפני ביטול תורה (cf. Dmouyot III, Harav Yossef Zekharia Stern, de R. Zeev Ari� Rabiner , J�rusalem 1943, p.6-7) .

Pour ce qui est des Rabbanim de Brisk, il y a un certain voile autour de l�explication de leur conduite, on retrouve dans quelques sources que le Rav de Brisk priait seul � Mitaam Hakamous � (pour une raison secr�te/cach�e).

Je ne peux pas affirmer savoir quel est ce Taam Kamous, mais le fait qu�il soit dissimul� me renseigne � son sujet (et m�emp�che aussi -pour la m�me raison, de l�expliquer publiquement) -Vehamaskil Yavin.

Il y a aussi l�argument du Bitoul Torah mais certains (Talmidei R. Yona dans Brakhot 4a midapei haRif) le r�servent seulement � celui dont � torato oumanouto � (qui ne s�occupe que d��tudier la Torah).

Bien que d�autres consid�rent que tout talmimd �hakham puisse prier seul pour �viter le Bitoul Torah (Tour O��H �90, Behag Hil. Brakh. p.56, Raavia Brakhot �11-et voir aussi Sefer �Hassidim �778) , il faudra veiller � ne pas �tre ridicule (=se dire qu�on veut �viter le Bitoul Torah tout en excellant en Bitoul Torah d�un autre c�t�) et aussi, cela ne concerne que celui qui prie seul pour prier � l� o� il �tudie �.

Encore, il faudra veiller � ne pas trop se faire remarquer pour cela, car les Amei Haarets pourraient b�tement se dire � si le �hakham prie seul, je peux en faire autant �, alors que la progression spirituelle de l�un passe par la Tfila Beya�hid tout autant que celle de l�autre passe par la Tfila Beminian .

Les rabbins ayant toujours une pi�tre opinion du peuple (des simples juifs), craignent donc le mauvais exemple que seuls les plus intelligents pourraient comprendre et �viter, mais la masse des juifs risquerait la mauvaise influence si le �hakham venait � fanfaronner au sujet de sa pri�re solitaire.

Et enfin, quant � ce que vous dites que certains rabbins de Brisk prient seuls et ne se d�placent que pour �couter la Kriat hatorah, cela vient du fait qu�il existe une Ma�hloket concernant l�obligation rabbinique de Kriat Hatorah, certains pensent que c�est une obligation qui incombe au Tsibour, de mani�re g�n�rale, un Tsibour, une communaut�, doit organiser la lecture publique de la Torah, sans pour autant constituer une obligation � titre individuel (sur chaque individu).
D�autres au contraire, estiment que l�institution de Kriat hatorah est une obligation visant chaque individu s�par�ment (bien qu�il faille un minian pour s�en acquitter), comme c�est le cas pour la Meguilat Esther � Pourim.

Lesdits rabbins Briskers se soucient donc de cette opinion obligeant chacun � entendre la lecture.

[Par contre, le Arizal priait souvent chez lui � la maison, beminian, mais sans Kriat Hatorah. Cf. Shaar Hakavanot 'daf 48d) et Shout Birkat Yehouda (III, O''H �4) ]


PS: Par manque de temps et de force, je ne me relis pas, veuillez excuser les fautes et surtout le probable d�sordre.
Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet


 Sauter vers:   



Voir le sujet suivant
Voir le sujet pr�c�dent
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas r�pondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas �diter vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum