Rav Binyamin Wattenberg
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Jeu 03 Octobre 2019, 21:15 |
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La notion de Tfila Betsibour n�est plus large que celle de Tfila Beminian qu�en raison de � berov Am Hadrat melekh �, mais d�s qu�il y a 10 personnes, cela a le statut d�un minian et les promesses rabbiniques (sur la puissance d�une telle pri�re) sont d�j� engag�es.
Vous avez donc raison que lorsque toute la communaut� est r�unie �a aura encore plus de valeur, mais d�s qu�on est dix, �a passe d�j� au stade de Tfila Betsibour/beminian.
N�oubliez pas qu�il y a eu dans le pass� beaucoup de communaut�s juives ne comportant qu�une dizaine de juifs majeurs (ou � peine plus).
Le fait d�acc�der au titre de Tfila Beminian permet aussi le kadish, la Kdousha, la �hazara et la kriat Hatorah qui conf�rent � cette pri�re un atout majeur par rapport � un groupe de 9 personnes.
Quant aux r�fractaires � la tfila beminian, qu�ils soient de Brisk ou d�autres � ob�diences � (comme certains cabalistes), c�est souvent pour des raisons de Kavana.
Mais chez Brisk, il semblerait qu�il y ait autre chose, �a serait un choix s�inspirant de leurs rabbanim
(Reb �Haim et le Brisker Rov)
et d�autres
(Maharil Diskin, �Hazon Ish, R. �Haim Greineman,
�) et chez les Rabbis �hassidiques (comme le
Yisma�h Mosh�
, le
Maguid de Mezritsh
(Hist. des juifs de Graetz -Paris 1897, V, p.289)
, Rabbi Nathan de Nemirov
durant la p�riode des Sli'hot
(
cf. "Im lo lemaala miz�" de Y.L. Peretz et Anthologie Juive, Fleg, Paris 1923, p.314
) , le Bnei Yissoskhor de Dinov
priait Min'ha Beya'hid
(Divrei Torah -Munkacz- III, �83)
, et il y a un grand de la �Hassidout (anonyme) cit� par
Rav Zweifel
dans
Saneigor (p.221)
qui priait toute l�ann�e sans minian except� � Rosh Hashana et Yom Kipour
(je ne sais pas ce qu�il faisait � Parshat Zakhor�)
, et encore d�autres).
[Il est aussi tr�s fr�quent que le Rabbi �hassidique ne fasse pas la pri�re avec ses �hassidim mais dans une petite salle attenante et communicante par une petite fen�tre obstru�e d�un rideau.
Dans ce cas, ils s�arrangeaient pour que ce soit encore consid�r� � beminian � (par l�ouverture du rideau aux moments cl�s), � la diff�rence du
Yisma�h Mosh�
qui priait seul.]
Quelles �taient exactement les motivations de ces rabbanim pour prier seuls � la maison ? c�est fort discut�, il y a toutes sortes de th�ories.
La kavana revient souvent, ainsi que diff�rents �hshashot (inqui�tudes halakhiques), ou par modestie pour ne pas qu�on d�couvre leur Tsidkout ( �), ou encore l�atout de prier � l� o� l�on �tudie (le plus) � (voyez
Brakhot daf 8
et
Shoul�han Aroukh O��H �90, 18
dans le
Rama
).
Voir aussi
Rabbi Avraham Aboulafia
dans
Otsar Eden Ganouz
qui �crit en 1286
(imprim� �
J�rusalem en 2000, voir page 171
en bas, ici : http://hebrewbooks.org/pdfpager.aspx?req=49643&st=&pgnum=174 )
contre les � imb�ciles � qui critiquent ceux qui prient dans leur salle d��tude (au lieu de prier Beminian � la synagogue).
Reb �Haim
priait seul, mais aussi tard (-et pas � l�heure du minian du matin comme l�ont fait d�autres rabbanim), il para�t qu�il s�agit d�un calcul de gain de Limoud. C-�-d : voyant qu�il est pris dans une souguia et que l�heure avance, il a le choix entre arr�ter son limoud pour s�assurer de pouvoir se lever t�t pour la Tfila, ou continuer son �tude et se lever plus tard
(bien �videmment AVANT le Sof Zman du Shema)
.
S�il se couche t�t, il perd tout ce qu�il a fait dans la souguia, un investissement de plusieurs heures qu�il faudra reprendre le lendemain pour se remettre dans le bain, s�il se couche tard, il gagne une avanc�e consid�rable dans son limoud.
Autrement dit, ces heures-l� ne se remplacent pas par le m�me nombre d�heures le lendemain.
Le
�Hafets �Haim
a aussi fait usage de ce raisonnement lors de la r�daction du
Mishna Broura
pour se dispenser d�aller prier Min�ha et Maariv Betsibour lorsqu�il estimait que l�interruption allait perdre le fil d�un raisonnement (cf.
Toldot
imprim�es dans le
3�me tome de Kol Kitvei He�hafets �Haim, p.48
), voir � ce sujet le
Biour Halakha (�232 sv Ve-im)
.
On dit la m�me chose de plusieurs Rabbanim, dont le
Min�hat Its�hak
.
Et
Rabbi Mosh� 'Haguiz
aussi priait seul, comme il l'�crit dans son
El� Hamitsvot (�433, daf 21a).
Voyez aussi ce qu'�crit le
Yaabets
dans
Meguilat Sefer (Bick, J�rusalem 1979, p.154)
concernant
R. Mosh� 'Haguiz
. Et voir encore
Saneigor (p.221)
.
Voir aussi
Meshartav Esh Lohet (II, p.71)
au sujet de
Rav Mordekhai Banet
, qui �tait � paroush min haolam �, qu�on ne le voyait pas dehors, � part quelques fois o� il allait � la synagogue le samedi matin avant la Kriat hatorah, ainsi qu�� Yom Kippour, ou encore les fois o� il �tait Sandak et cas similaires.
Rav Yossef Zekharia Stern
, �tant toujours assez faible, allait rarement � la synagogue pourtant proche de chez lui. Il s'y rendait le Shabbat pour une pri�re rapide, et disait : אין לך דבר העומד בפני ביטול תורה
(cf. Dmouyot III, Harav Yossef Zekharia Stern, de R. Zeev Ari� Rabiner , J�rusalem 1943, p.6-7)
.
Pour ce qui est des Rabbanim de Brisk, il y a un certain voile autour de l�explication de leur conduite, on retrouve dans quelques sources que le
Rav de Brisk
priait seul � Mitaam Hakamous � (pour une raison secr�te/cach�e).
Je ne peux pas affirmer savoir quel est ce Taam Kamous, mais le fait qu�il soit dissimul� me renseigne � son sujet
(et m�emp�che aussi -pour la m�me raison, de l�expliquer publiquement)
-Vehamaskil Yavin.
Il y a aussi l�argument du Bitoul Torah mais certains
(Talmidei R. Yona dans Brakhot 4a midapei haRif)
le r�servent seulement � celui dont � torato oumanouto � (qui ne s�occupe que d��tudier la Torah).
Bien que d�autres consid�rent que tout talmimd �hakham puisse prier seul pour �viter le Bitoul Torah
(Tour O��H �90, Behag Hil. Brakh. p.56, Raavia Brakhot �11-et voir aussi Sefer �Hassidim �778)
, il faudra veiller � ne pas �tre ridicule
(=se dire qu�on veut �viter le Bitoul Torah tout en excellant en Bitoul Torah d�un autre c�t�)
et aussi, cela ne concerne que celui qui prie seul pour prier � l� o� il �tudie �.
Encore, il faudra veiller � ne pas trop se faire remarquer pour cela, car les Amei Haarets pourraient b�tement se dire �
si le �hakham prie seul, je peux en faire autant
�, alors que
la progression spirituelle de l�un passe par la Tfila Beya�hid tout autant que celle de l�autre passe par la Tfila Beminian
.
Les rabbins ayant toujours une pi�tre opinion du peuple (des simples juifs), craignent donc le mauvais exemple que seuls les plus intelligents pourraient comprendre et �viter, mais la masse des juifs risquerait la mauvaise influence si le �hakham venait � fanfaronner au sujet de sa pri�re solitaire.
Et enfin, quant � ce que vous dites que certains rabbins de Brisk prient seuls et ne se d�placent que pour �couter la Kriat hatorah, cela vient du fait qu�il existe une Ma�hloket concernant l�obligation rabbinique de Kriat Hatorah, certains pensent que c�est une obligation qui incombe au Tsibour, de mani�re g�n�rale, un Tsibour, une communaut�, doit organiser la lecture publique de la Torah, sans pour autant constituer une obligation � titre individuel (sur chaque individu).
D�autres au contraire, estiment que l�institution de Kriat hatorah est une obligation visant chaque individu s�par�ment (bien qu�il faille un minian pour s�en acquitter), comme c�est le cas pour la Meguilat Esther � Pourim.
Lesdits rabbins Briskers se soucient donc de cette opinion obligeant chacun � entendre la lecture.
[Par contre, le
Arizal
priait souvent chez lui � la maison, beminian, mais sans Kriat Hatorah. Cf.
Shaar Hakavanot 'daf 48d)
et
Shout Birkat Yehouda (III, O''H �4)
]
PS: Par manque de temps et de force, je ne me relis pas, veuillez excuser les fautes et surtout le probable d�sordre.
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