Vous êtes sur le blog d'une lectrice passionnée qui aime partager ses lectures. N'hésitez pas à laisser un commentaire, que vous soyez vous-même blogueur ou pas. Vous pouvez aussi me contacter :[email protected] ou aller faire un tour sur ma page Facebook : ici
Blogoclub
Le blogoclub a changé de mains mais pas d'adresse mail
Quel bonheur de retrouver les personnages principaux d'"Un peu plus loin sur la droite" ! Louis Kehlweiller et son crapaud (un vrai), la vieille Marthe mais aussi toute l'équipe des évangélistes...
L'enquête menée par Louis Kehlweiller est centrée cette fois sur la recherche d'un tueur en série. La police accuse un jeune homme un peu simplet d'avoir assassiné deux femmes. Si tout semble désigner le garçon, Louis Kehlweiller a la (presque) certitude qu'il est innocent. Il accepte de donc de le planquer, avec l'aide précieuse de ses amis les évangélistes, afin que la police ne mette pas le grappin dessus. Il convient de préciser que le jeune homme n'est autre que le jeune protégé de sa vieille amie Marthe.
Cela fait quelques temps que j'ai écouté ce livre audio mais je n'avais pas pris le temps d'écrire un billet. Il aurait pourtant été dommage de passer sous silence cette écoute jubilatoire.Philippe Allard module sa voix en fonction des personnages de façon assez spectaculaire. Il parvient à rendre à merveille l'humour et la poésie contenus dans le texte de Vargas.
Préludes avril 2017 - 444 pages - traduit de l'anglais par Alice Delarbre
Quand j'ai su qu'un nouveau titre de Sarah Vaughan était publié, j'ai eu envie de le découvrir, par curiosité. Je garde un excellent souvenir de son précédent roman "La meilleure d'entre nous".
L'histoire se passe cette fois dans une ferme de Cornouailles qui appartient à la même famille depuis plusieurs générations. Nous voyageons entre hier et aujourd'hui, à la découverte de secrets bien gardés, partageant les joies et des peines de chacun.
"La ferme du bout du monde" n'a pas la même originalité que "la meilleure d'entre nous". C'est une histoire plus convenue, qui ne plaira pas à ceux qui fuient les bons sentiments. Je dois dire toutefois que j'ai lu la deuxième partie quasiment d'une traite, pressée de connaître le fin mot de l'histoire.
Merci aux Editions Préludes.
Plage Sainte -Anne - Joelle Sancéau
Eté du 38 - 206 pages
Une tout autre ambiance nous est proposée, vous vous en doutez, avec "Plage Saint-Anne", un roman écrit par une blogueuse qui n'habite pas très loin de chez moi. Ce détail a son importance car l'auteure situe son histoire dans des lieux que je peux aisément imaginer. Il est question par exemple d'une descente dans une librairie où j'ai récemment pris un thé avec une amie : "La lettre Thé" à Morlaix.
Nous côtoyons deux familles de la côte de Granit rose : les "Le Doyen" et les "De Penhanscoet de Trémaloir". D'origines sociales différentes, les familles se disent bonjour mais guère plus. Un été, le petit fils De Penhanscoet, qui vend des chichis sur la plage (la bourgeoisie n'est plus ce qu'elle était) tombe amoureux de la jeune Louise Le Doyen qui se remet d'un grave accident. Cette dernière n'est pas prête à se lancer dans une nouvelle histoire de coeur...
Ce roman du genre "tout est bien qui finit bien" ne correspond pas à ce que je lis habituellement mais j'ai trouvé l'histoire bien écrite et non dénuée d'humour. Pour commencer les vacances, c'était un bon plan de lecture.
Si vous fréquentez les plages bretonnes l'été, vous avez certainement remarqué des tribus familiales, toujours placées au même endroit. Après la lecture de "Plage Saint-Anne", vous ne les regarderez peut-être plus de la même façon...
Merci à Stéphanie, qui m'a proposé la lecture de ce roman.
Audiolib 2017 (Juliard) - 4 h 04 - Lu par Antoine Leiris
De Philippe Besson, j'avais lu en 2004 "les jours fragiles", un roman qui se présentait comme le journal intime de la soeur d'Arthur Rimbaud. J'avais beaucoup aimé la plume de l'auteur mais d'autres sollicitations m'ont détournée de Besson jusqu'à ce que "Arrête avec tes mensonges" croise mon chemin.
L'auteur a choisi d'indiquer "roman" sur son ouvrage mais, il ne s'en cache pas, il s'agit du récit de son premier amour. Ne fuyez pas, "Arrête tes mensonges" est une oeuvre littéraire pas une de ces autofictions dans lesquelles le lecteur se sent voyeur.
Philippe Besson a vécu son adolescence dans les années 80. Très tôt, il a pris conscience de son homosexualité et l'a acceptée. Mais à l'époque, il n'était pas question de se montrer au grand jour lorsqu'on vivait une histoire d'amour avec une personne du même sexe. C'est donc clandestinement qu'il voyait Thomas. Ce dernier n'assumait pas son orientation sexuelle et ne l'assumera d'ailleurs jamais, comme nous le découvrons plus tard dans le récit.
Le chemin des deux jeunes garçons se séparera à la fin de la terminale. L'auteur fera des études alors que Thomas entamera sa vie d'adulte. Tous deux garderont la marque indélébile de ce premier amour. Ce n'est que bien plus tard que l'auteur entendra de nouveau parler de son ami.
Ce récit, assez cru par moment, est pourtant d'une grande délicatesse. La relation entre ces deux jeunes gens est en grande partie sexuelle mais l'auteur démontre à quel point elle ne peut être réduite à une histoire de sexe.
De la même génération de l'auteur, je peux comprendre à quel point cette relation a dû être difficile à vivre dans un petit village de province, dans les années 80. N'oublions pas que l'homosexualité n'a été dépénalisée qu'en 1982. Que de drames ont été vécus dans les campagnes par les jeunes gens qui avaient le malheur d'aimer quelqu'un du même sexe !
La version audio est réussie, le lecteur a su trouver le juste ton. Une interview de l'auteur complète l'écoute. L'auteur fait remarquer que la réalité dépasse parfois la fiction. C'est le cas dans ce roman.
Pour finir, voici deux phrases que j'ai relevées durant ma lecture et qui m'ont particulièrement marquée dans le contexte de ce livre.
"Parce que tu partiras et que nous resterons".
"Je me demande si la froideur des pères fait l'extrême sensibilité des fils".
Je ne saurais trop vous recommander de lire ce roman bien construit, intelligent et d'une grande sensibilité.
Dans cet album autobiographique, l'auteur, en mal d'inspiration, nous raconte ses vacances. Un peu fauché sur les bords, divorcé avec deux enfants à occuper, le narrateur se retrouve chez une tante, au milieu d'une forêt, en Corrèze. Entre la pluie, le cahier de vacances et les réseaux sociaux qu'il n'arrive pas à quitter, Salch ne nous vend pas du rêve. Après la Corrèze, c'est dans le Loir et Cher qu'il nous emmène et pour finir près d'un marais où il dessine, entre autres, un ragondin. En dehors du thème des vacances, nous avons le droit à sa vie quotidienne en banlieue. J'ai conscience d'être un peu réductrice dans ce résumé mais c'est ce que j'ai retenu de la BD.
Je ne sais pas quelle mouche m'a piquée quand j'ai coché ce livre dans la liste du dernier "Masse critique" de Babelio. Le dessin n'avait rien pour me plaire et le texte pas beaucoup plus. Si j'ai ri, au début, des mésaventures de ce père divorcé "Inconséquent, branleur, angoissé et rongé par la culpabilité", je me suis vite lassée de ses mésaventures et au final je suis restée sur ma faim. Le narrateur est sans doute trop loin de mon univers et ses vacances pourries, pour être sincère, ne m'ont pas passionnée. Ce dessinateur anti-conformiste, anti-patrons, anti-jolis dessins et un peu looser trouvera son public, je n'en doute pas, mais je ne suis pas sa cible, j'aurais dû m'en douter.
un petit aperçu du style...
Lu dans le cadre d'une opération "Masse Critique" organisée par Babelio
Après avoir animé le blogoclub pendant près de 10 ans (dont une grande partie avec Lisa), la lassitude s'est installée. J'ai souhaité passer le relais et, par bonheur, j'ai trouvé deux blogueuses intéressées. J'aurais été triste que le blogoclub tombe à l'eau.
Il s'agit de Florence (le livre d'après) et d'Amandine (Au pays de Mandorla).
Florence et Amandine ont tous mes encouragements et je reste membre du blogoclub.
La prochaine date est fixée au 1er septembre. Les participants liront une oeuvre de Joyce Maynard parmi les six titres publiés en France (le titre sera choisi par vote).
Le samedi 3 juin, j'ai fait une virée à Saint-Malo à l'occasion du salon international du livre "Etonnants voyageurs". C'est un rendez-vous que j'apprécie, bien que je ne sois pas totalement satisfaite de ce salon. Le cadre est magnifique, le programme très alléchant mais il y a beaucoup, beaucoup de monde. Les files d'attente sont interminables pour les conférences et même en attendant une heure, vous n'avez aucune assurance d'avoir une place. Pour que l'attente soit raisonnable, il faut privilégier les rencontres avec les auteurs peu connus ou les rendez-vous excentrés du bâtiment principal.
Cette année, ma camarade de salon était Enna. Nous avons passé ensemble une journée très agréable. Voici quelques moments forts de notre journée :
Nous avons commencé par une rencontre avec la romancière Négar Djavadi. Nous avions fait ce choix car nous avons toutes deux aimé la version audio de "Désorientale". Nous sommes sorties ravies de la rencontre, qui nous a apporté un éclairage intéressant sur le parcours de cette femme qui a quitté l'Iran avec sa famille dans les années 1970, pour des raisons politiques. Elle a trouvé refuge en France, entamant une vie d'exilée.
Après un sandwich et une bonne glace en compagnie de Fleur, nous avons rejoint le "Café littéraire" pour une rencontre avec Luis Sepulveda, l'auteur du Best seller "le vieux qui lisait des romans d'amour".
Parmi les autres moments sympathiques de la journée, il y a eu notre tour du salon et l'échange avec un Dany Lafferière très abordable. Par miracle, au moment où nous sommes passées sur le stand de Zulma, il était seul.
Nous avons également apprécié notre une discussion avec l'éditeur du "livre qui parle".
Dany Lafferière
L'an prochain, j'y retournerai probablement. Ne serait-ce que pour le cadre. Je tenterai peut-être le lundi. Apparemment, il y a moins de monde.
Côté film, j'ai vu "Marie Francine", de (et avec) Valérie Le Mercier.
L'histoire est celle d'une femme de 50 ans qui se fait plaquer par son mari et n'a d'autre choix que de retourner vivre chez ses parents.
Après de nombreux déboires, le vent fini par tourner pour la quinqua, grâce à l'homme qui croise sa route (joué par Patrick Timsit)
"Marie Francine" est un film sympathique et amusant, dans l'air du temps, mais qui n'est pas incontournable.
Sinon, en juin, j'ai passé une semaine de vacances tranquilles à la maison. J'avais besoin de repos. Au programme : balades, lecture, grasses matinées... Vivement les prochaines.
Le mois s'est terminé par une triste nouvelle : la disparition d'une grande dame, Simone Veil, dont j'avais lu la biographie en 2008. J'ai toujours été fascinée par cette femme, que j'admire infiniment.
Voici le lien vers mon billet de l'époque : http://www.sylire.com/article-18969283.html
Quai Voltaire 1999 - 393 pages / traduit de l'anglais par M.O. Fortier-Masek et H. Robillot
Grâce et William sont mariés depuis un bail et leur entente est d'apparence parfaite. Suffisamment indépendants pour ne pas se marcher sur les pieds, ils savent se ménager tous les deux des moments de convivialité. Pourtant, quand un grain de sable (ou plutôt deux) se glissent dans les rouages, la mécanique conjugale se met à dysfonctionner. Voici pourquoi :
William fait partie d'un quatuor à cordes formé de quatre musiciens. Quand l'un d'eux prend sa retraite, le groupe embauche une violoniste nommée Bonnie. Hélas pour son couple, William tombe éperdument amoureux de la nouvelle recrue. Avant de déclarer sa flamme à la violoniste, l'idée lui vient de supprimer sa femme pour ne pas avoir à lui annoncer qu'il la quitte (radical, comme solution !). Mais n'est pas assassin qui veut et William a un mal fou à mettre son plan à exécution. Pendant ce temps-là, Grâce entretient une relation un peu inquiétante avec un jeune voisin qui a tendance à s'incruster dans sa cuisine.
On retrouve, dans ce roman, les thèmes de prédilection d'Angela Huth : les méfaits de la routine conjugale, les petits et grands mensonges dans le couple, l'obsession amoureuse... Si j'ai apprécié de retrouver l'univers de l'auteure, j'ai trouvé ce roman moins réussi que d'autres (comme "Mentir n'est pas trahir", un peu sur le même thème). Je pense que cent pages de moins auraient rendu la narration plus vivante. L'histoire patine vers le milieu du livre et j'ai sauté quelques pages pour arriver plus vite au dénouement.
Ce n'est le meilleur de l'auteure mais j'ai tout de même passé un bon moment.
Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou et ChryssildaLivre sorti de ma PAL (challenge organisé par Antigone)
Folio - traduit de l'anglais par Anne Rabinovitch - 440 pages (publié en 2005)
La narratrice s'appelle Kathy H. Elle nous annonce, dès les premières lignes, qu'elle est, accompagnante de "donneurs", depuis onze ans. Pour que nous comprenions son histoire, la jeune femme remonte à l'époque où elle était pensionnaire dans un établissement anglais. Deux de ses compagnons, Ruth et Tommy, comptent beaucoup elle. Nous aurons l'occasion de les retrouver plus tard.
Dans un lieu d'apparence idyllique, les élèves étaient éduqués dans un but bien précis que nous devinons dès le départ, sans en connaître les tenants et les aboutissants. Nous constatons que l'histoire est ancrée dans l'époque contemporaine mais nous sommes plongés dans une sorte de monde parallèle. Je n'ai pas été surprise d'apprendre que l'auteur était originaire du pays du soleil levant. On retrouve un peu l'ambiance des romans japonais.
Si j'ai déploré des longueurs, je n'ai pas eu envie d'abandonner les personnages, assez curieuse de découvrir le sort que leur réservait l'auteur. D'une certaine façon, je crois que Kazuo Ishiguro est parvenu à m'ensorceler. Pour autant, je ne vous dirai pas que j'ai aimé cette oeuvre, au final très dérangeante. Sans déflorer l'histoire, je peux vous dire qu'il est question du conditionnement de l'enfant, du don de soi, du sens de la vie.
Un roman assez déroutant.
Je possède le DVD de l'adaptation cinématographique, je me demande si mon ressenti sera le même.
Lu pour le mois anglais - et livre sorti de ma PAL pour l'occasion
Après avoir exploré l'enfance au travers de plusieurs romans, Marie Sizun fait un focus sur le couple dans un recueil de nouvelles qui aurait pu s'appeler, avec un brin de provocation, "Il n'y a pas d'amour heureux".
Il est principalement question de couples qui se disputent ou se séparent, de femmes malheureuses qui se rebellent ou se promettent de quitter leur mari un jour. Comme dans la vraie vie, les enfants subissent le mauvais climat familial et souffrent en silence. Quant aux hommes, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas le beau rôle. Méprisants envers leurs conjointes, violents ou lâches, ils ne sont pas à la hauteur de celles qui partagent leur vie. Il n'est donc pas surprenant qu'elles finissent par reprendre leur liberté, d'une façon ou d'une autre. Quelques moments de bonheur surgissent parfois. Ils sont fugitifs mais donnent à espérer qu'il n'est n'est pas impossible de s'épanouir dans une relation amoureuse, à la condition que chacun ait possibilité de rester "soi".
Les histoires sont concises, percutantes et non dénuées d'humour (noir). D'humeur féministe, Marie Sizun nous montre une autre facette de son talent. Si l'auteure porte regard désabusé sur le couple, elle apporte aussi un message d'espoir à l'attention des femmes malmenées par leur conjoint. Elles ont en elles les ressources pour choisir leur destin.
J'ai lu ce recueil à un moment où je manquais de temps et j'ai beaucoup apprécié de découvrir chaque soir deux ou trois nouvelles.