007 Spectre

Bond ou pas Bond ? C’est la question qu’on s’est posée avec Cinéluctable pour notre deuxième collaboration ciné. Quand 007 s’invite au cinquième anniversaire de son blog, le spectacle promet d’être explosif : de quoi faire complètement diverger nos avis sur « Spectre ». À vous de vous faire le vôtre !

C’est bond ça ! Des muscles, des bulles, la gachette généreuse et la testostérone gonflée à bloc: après le succès fracassant de Skyfall, Daniel Craig revient avec le même panache qu’à ses débuts dans Casino royale, signant un volet moins « intello » mais tout aussi jouissif pour les amateurs du genre. Un grand cru signé 007, dont beaucoup regrettent la profondeur de l’opus précédent. On ne demande pourtant pas à l’agent de sa majesté de signer un film d’auteur, ou encore un thriller psychologique qui viendrait décortiquer les zones d’ombre de son identité. Tirer des coups, à droite, à gauche comme dans le mille : voilà ce que Bond sait faire de mieux. Ce qu’il s’applique ardemment à mettre en pratique dans Spectre, fidèle au dicton « un de perdu, dix de retrouvés ». Lire la suite 007 Spectre →

Le jour d’après

Sonnée. Comme après une bonne claque. À tel point qu’il m’aura fallu plusieurs jours pour pouvoir pondre quelques mots sur les touches du clavier. Un exercice d’autant plus difficile que ces lignes ne changeront rien à ce qui a pu – et pourrait encore – se passer. Réparer le coeur ; voilà le seul avantage que je tire aujourd’hui de ce billet, car quel impact de simples paroles peuvent-elles avoir sur autant de barbarie ? Plutôt que de rester cloitrée chez moi à pianoter en silence, jamais je n’ai eu tant envie d’aller m’aérer qu’en ce samedi meurtri. Pourtant, ce matin-là, ma rue ne sentait pas le bon pain : le boulanger avait fermé boutique, puisque personne ne serait venu chercher des croissants de toute manière. Les bars voyaient tous le verre à moitié vide. Les hurlements des sirènes ont fait office de réveil, devenus depuis une semaine notre refrain quotidien. Le ciel aurait pu lui aussi faire son deuil de trois jours ; grand bien lui fasse d’avoir retourné sa veste pour inviter les Parisiens à étancher leur soif. Leur soif de vivre bien au-delà du lever de coude, comme en témoigne très joliment ce commentaire d’un lecteur du New York Times. Lire la suite Le jour d’après →

Le syndrome de l’imposteur

le syndrome de l imposteur_emmanuelle_histoires de voir« Grillé ». Si Icare s’est fait brûler vif en voulant atteindre le soleil, combien d’entre nous n’oseraient même pas tenter l’aventure, au prétexte de toujours douter de leurs capacités pourtant maintes fois avérées? Aucun mérite, coup de chance ou simple concours de circonstances : ces personnes là vivent constamment dans la peur d’être « démasquées», convaincues que leur réussite n’est due qu’à un heureux hasard… qui risque lui de prendre fin à tout moment. L’angoisse. Lire la suite Le syndrome de l’imposteur →

Qui décide de ma vie et de ma mort ?

Adobe Photoshop PDFDon d’organes, IVG, suicide assisté ou encore manipulation d’embryons à des fins scientifiques : autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse unanime, et dont la nécessité ne fait pourtant pas de doute au vu des progrès médicaux allant toujours croissant. À l’heure où l’Homme s’émancipe chaque jour un peu plus des lois de la nature, peut-il tout se permettre uniquement parce que cela devient possible ? C’est à cette problématique épineuse que s’attaque Laurent Degos dans son dernier ouvrage, tentant d’y apporter un éclairage aussi documenté que grand public. Une réflexion d’autant plus salutaire qu’elle permet à chacun d’affûter son jugement sur des sujets qui nous concernent tous : la vie, la mort, l’appartenance du corps. Somme toute, l’essence même de l’être humain. 25 questions de bioéthiques indispensables pour ne pas tomber dans l’impasse, surtout à une époque où la limite des possibles devient toujours plus floue.

Elisabeth Louise Vigée Le Brun, invitée d’honneur du Grand Palais

«Tu seras peintre, mon enfant, ou jamais il n’en sera.» Louis Vigée était probablement loin de se douter de la valeur quasi-prophétique de ses mots lorsqu’il les prononça à sa fille. Aussi douée que belle, Elisabeth Louise Vigée Le Brun reste pourtant encore peu connue du grand public, malgré l’immensité de son œuvre et une carrière d’exception. Sans doute est-ce pour cette raison qu’aucun pays (à l’exception des Etats-Unis) ne s’était risqué à lui consacrer de rétrospective jusqu’à présent. Au Grand Palais de corriger le tir en réunissant près de 150 tableaux pour la première fois en France; un défi risqué quand on sait que ce genre d’exposition n’attire pas les foules. Lire la suite Elisabeth Louise Vigée Le Brun, invitée d’honneur du Grand Palais →

Le consommateur planétaire

Consommer de manière responsable est-il utopiste à l’ère de la mondialisation ? C’est à cette question périlleuse et, avouons-le, culpabilisante, que s’attaque le géographe Éric Lambin dans son dernier ouvrage : un sujet d’autant plus préoccupant à quelques semaines de la COP21. Accusée d’accélérer les changements environnementaux et d’augmenter les inégalités sociales, la globalisation a mauvaise presse. Et pourtant, chacun en bénéficie à son échelle de manière quotidienne, ne serait-ce qu’en accédant tous les jours aux produits venus des quatre coins du globe. D’où l’affirmation d’une thèse résolument optimiste, que l’auteur n’essaye pas de pousser jusqu’à la naïveté pour autant.

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Portraits à la cour des Médicis

medicisQuoi de plus banal de nos jours que de se faire tirer le portrait  ? C’est pourtant l’accroche qu’a choisi le musée Jacquemart-André pour nous entrainer à Florence au temps de la cour des Médicis, à travers 40 tableaux des plus grands peintres de l’époque dite «  maniériste  », jusqu’au 25 janvier 2016. Pontormo, Andrea del Sarto, Bronzino et Salviati s’y font ainsi le miroir d’un Cinquecento en pleine émancipation, où les traits de leurs contemporains en disent long sur la société de l’époque.

Le portrait comme arme politique. Si tous les moyens sont bons pour s’emparer du pouvoir, les Médicis ont préféré s’approprier les arts pour asseoir leur autorité à Florence au XVIe siècle  : une réhabilitation par l’image, subtilement habile en vue de la conquête à venir. Aux visages crispés et stoïques du début du siècle succèdent ainsi des mises en scène héroïques, représentant la puissance d’hommes de guerre au service d’Alexandre et de Côme comme pour soumettre leurs derniers pourfendeurs. À mesure que la dynastie s’affirme, l’art du portrait se démilitarise et s’accorde à l’image de la cour: luxe, élégance et raffinement, jusque dans les moindres détails. Les visages se déclinent, toujours avec la même opulence, parfois peints sur cuivre ou même sur lapi-lazuli, laissant une trace indélébile de cet âge d’or à la postérité. Lire la suite Portraits à la cour des Médicis →

Citron corsé

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