l’état d’urgence (III)
Publié : Samedi, 5/12/2015 Classé dans : Uncategorized | Tags: état d'urgence Poster un commentaireje téléphone à ma fille qui nous envoie des messages pour savoir si on est bien atterris à Madrid
elle croit que je plaisante quand je lui dis qu’on est restés à Lyon
il est donc 13h15 du lundi 30 novembre 2015 et je mange un sandwich à l’entrée de l’hôpital
six heures se sont écoulées mais on dirait six jours
l’unité de réanimation, le masque à oxygène, les câbles, le moniteur, les machines
l’interne
est-ce que je peux lui parler, elle m’entend ? oui, bien sûr
la symétrie est revenue dans son visage, elle me répond oui à toutes les questions que je lui pose
je lui cherche la main droite sous le drap du lit d’hôpital, elle me serre la mienne faiblement mais avec détermination
les démarches administratives
ma compagne qui se réveille petit à petit
qui revient
la nuit qui tombe tellement vite et si tôt ici
l’interne encore
levez les deux bras, les deux jambes, suivez mon doigt des yeux, dites-moi de quel côté je vous touche
elle parle de façon cohérente malgré la voix un peu pâteuse, à peu près normalement, aussi bien en espagnol qu’en français
elle est revenue du fond de quel gouffre
(à suivre)
c’était donc cela (II)
Publié : Jeudi, 3/12/2015 Classé dans : Uncategorized | Tags: état d'urgence Poster un commentaireAprès il y a eu les pompiers, l’arrivée dans un hôpital à l’est de Lyon, l’IRM, le premier traitement, la thrombectomie mécanique, le scanner, les soins intensifs ; mais pour moi c’était surtout des couloirs et des ascenseurs, une solitude brisée de temps en temps par la gentille dame qui est venue m’apporter un verre d’eau et m’indiquer une petite aire d’attente avec des chaises au fond ; par les deux médecins qui m’ont parlé après l’intervention, le premier pour m’expliquer que tout s’était techniquement bien passé et à qui j’ai dit ‘grazie mille’ et qui m’a répondu ‘prego’ (— vous habitez à Madrid ? — oui, et vous êtes d’où ? — italien) ; le deuxième, qui était sans doute le neurochirurgien chef d’une équipe de quatre ou cinq ou six personnes, je ne sais plus, pour m’expliquer la situation, et que les symptômes, « mais ça c’est tout à fait normal juste après ce genre d’intervention et il faut attendre », s’étaient aggravés mais que dans quelques heures ça irait sans doute mieux… et tout un panorama de situations à envisager, possibilités d’évolution, traitements, rééducation, transferts.
Mais surtout, moi, quand j’étais seul, et je l’ai été pendant des heures la plupart du temps, j’avais une envie irrépressible de pleurer. Pendant un bon moment, l’État d’Urgence a donc été, aussi, ça : l’envie de laisser les larmes couler, mais regarder vers un point imprécis situé nulle part et recomposer sagement le visage.
(à suivre)
(j’ouvrirai les comms du dernier volet de la série)
c’était donc cela, l’état d’urgence (I)
Publié : Mercredi, 2/12/2015 Classé dans : Uncategorized | Tags: état d'urgence Poster un commentaireressentir comment le monde s’écroule sous tes pieds, et une profonde solitude dans laquelle tu t’engouffres
descendre les huit étages, de la chambre jusqu’à la réception de l’hôtel, pour que la dame appelle un médecin, c’est la seule chose à laquelle je pensais, répondre ensuite aux questions qu’on te pose de l’autre côté du combiné, obéir mécaniquement quand ils me disent qu’il faut que je remonte dans la chambre et que je rappelle
je demande à la dame si c’est bien le 15 que je dois composer, elle me dit « oui » mais c’est un « oui, évidemment », comme si je devais savoir, et effectivement je savais, mais d’où j’ai sorti que c’est le 15, je n’ai jamais su ça, 15 samu 17 police 18 pompiers, à quoi bon
tu fais semblant de remonter dans l’ascenseur, mais c’est une descente en chute libre jusqu’au huitième étage, chambre 802, oui allô, la dame me passe un médecin, il me pose des questions dont je connais trop bien les réponses avant même qu’il ne les formule : quand il y a quelques minutes j’ai réveillé ma compagne, au début elle m’a semblé encore sous les effets du somnifère, mais elle était tellement bizarre que j’ai tapoté « avc symptômes » sur mon téléphone, comme ça, en français dans le texte, tout en sachant mais en espérant que non
on vous envoie une ambulance
l’attente
une attente infinie hors de toute notion du temps, c’est surtout ça au début, l’état d’urgence
Cinquième premier
Publié : Mardi, 24/03/2015 Classé dans : Blogosfera-Blogosphère, Historias_diversas-Histoires_variées, Juegos_literarios-Jeux_littéraires | Tags: 11, chaîne, changement d'heure, Diane Lane, foudre, HCG, infini, infinitésimal, Julio Cortázar, l'Hamour, les internets, mantra, Murakami, onze, Rosendorfer, Seth, zéro 6 CommentairesLe cinquième nombre premier est onze. Et 11 est justement le leitmotiv d’une improbable chaîne de blogueurs à laquelle me fait participer Sacrip’Anne (vous savez, une de ces chaînes que si vous avez le malheur de discontinuer, fera que de terribles maux s’abattent sur votre tête : un blogueur du Périgord [mais c’est où, le Périgord] interrompit la chaîne et le mois suivant un orage détruisit ses rosiers ; une blogueuse de Bydgoszcz [huitième ville polonaise, mais ça se prononce comment] y répondit et fit suivre : quelques jours plus tard, elle gagna au loto).
Alors, les consignes pour ne pas rompre la chaîne sont, essentiellement : « raconter 11 petits (ou grands) secrets sur soi ; répondre aux 11 questions posées ; et ‘dénoncer’ à son tour 11 blogs en posant à leurs auteurs 11 questions farfelues ».
Comme j’aime beaucoup Sacrip’Anne, je vais essayer de participer un peu à son jeu : je vais, du moins, répondre à ses 11 questions plus ou moins farfelues (mais je ne sais pas encore si je vais suivre le reste des consignes). Voici donc les 11 questions de Sacrip’Anne (et mes réponses). Lire la suite »
62 / modelo para armar
Publié : Mardi, 30/09/2014 Classé dans : Historias_diversas-Histoires_variées, Literatura-Littérature | Tags: Julio Cortázar, Osaka Comments Off on 62 / modelo para armarEstoy en Osaka. Esta tarde, antes de volver al hotel, conocí a una señora muy elegante, muy guapa, en la estación de autobuses. Se parecía mucho a mi amiga Yokishinai, muy elegante también, pero mucho más guapa, y que es la agregada cultural de la delegación diplomática de Japón en Madrid. Lire la suite »
62 Maquette à monter
Publié : Mardi, 30/09/2014 Classé dans : Historias_diversas-Histoires_variées, Literatura-Littérature | Tags: Julio Cortázar, Osaka Comments Off on 62 Maquette à monterJe suis à Osaka. Ce soir, avant de rentrer à mon hôtel, j’ai rencontré une dame très élégante, très belle, à la gare routière. Elle ressemblait drôlement à mon amie Yokishinai, très élégante aussi, mais beaucoup plus belle, qui est l’attachée culturelle de la délégation diplomatique du Japon à Madrid. Lire la suite »
Final del juego en Seúl
Publié : Mardi, 23/09/2014 Classé dans : Historias_diversas-Histoires_variées, Literatura-Littérature, Naipes-Cartes_à_jouer | Tags: al improviso, impromptu, ISS, Julio Cortázar, metro, mi paredro 2 Commentaires[Versión en español. Pour la version française, cliquez ici]
Muy buenas, me llamo Héctor y ésta será la última noche del verano, y además, la primera madrugada del otoño.
Hace ya algunas semanas que mi paredro, Pablo, me invitó como colaborador de su blog, aunque hoy es la primera vez que escribo por acá (por eso verán que aparece ‘Invited Author’ como autor de esta entrada). La última vez que pude hablar con mi paredro, hará como unos diez días, me dijo, sin darme demasiadas explicaciones, que iba a irse por un tiempo durante el cual no podría ocuparse de su blog, así que me pidió que hurgara un poco en su carpeta de borradores y que publicara « lo que me pareciera oportuno », al mismo tiempo que me pedía que advirtiera « por una vez » de su ausencia a los eventuales lectores… El último texto completo (o por mejor decir, coherente, ya que está inacabado) que encontré es el siguiente: Lire la suite »

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