
Parmi les utopies réalisées, le Familistère de Guise est l’une des plus spectaculaires et l’une des plus complètes encore aujourd’hui. Le lieu est aussi beau que l’utopie est noble.
Jean-Baptiste André Godin a fait fortune dès les années 1840 grâce à ses fameux poêles en fonte. Issu lui-même d’un milieu modeste, il a eu à coeur d’agir pour l’amélioration des conditions de vie des ouvriers en créant non seulement un lieu de production et d’habitation, mais aussi un système d’association coopérative de production : la Société du Familistère, qui a géré l’usine Godin de 1880 à 1968.
Inspiré par le phalanstère de Fourier, Godin a néanmoins développé sa propre conception idéale de la colonie ouvrière, bâtie de 1858 à 1883.
Le Familistère est composé de deux éléments indissociables : l’usine, qui a employé jusqu’à 1500 personnes, et le palais social où étaient organisés tous les aspects de la vie des ouvriers et de leurs familles. Le palais social comporte non seulement les logements mais aussi des écoles, un théâtre, une buanderie collective, des bains, une piscine, une bibliothèque, des économats (magasins coopératifs), une épicerie, une mercerie et des jardins.

Aujourd’hui le site accueille les visiteurs dans un magnifique ensemble d’espaces muséographiques, de lieux de patrimoine restaurés et d’expositions. C’est un musée habité, et un lieu vivant accueillant spectacles, manifestations culturelles et expos temporaires, à côté des usines toujours en fonctionnement.

La piscine et sa prouesse technique du plancher mobile pour le bassin d’apprentissage :

L’aile gauche du palais social au bord de l’Oise :
Le jardin a été créé par Jean-Baptiste André Godin lui-même, à proximité de l’usine.


Dans le pavillon central du palais social nous avons été impressionnés par la qualité des espaces muséographiques et par leur contenu !
Au programme : comprendre la structure de l’édifice et les matériaux utilisés, découvrir le contexte social de l’époque et l’utopie réalisée dans ce palais social où les travailleurs participent à la gestion et aux décisions en devenant propriétaires de l’usine et du palais, écouter les témoignages de protagonistes de l’aventure, les critiques du programme, et aussi, pour aller plus loin, découvrir d’autres expérimentations sociales à travers le monde.
Nous avons adoré l’expo temporaire « Les machines à habiter des XXe et XXIe siècles » qui présentent des exemples de nouvelles façons d’habiter et de vivre en collectivité à travers le monde.
Le musée présente l’étendue des produits Godin de 1840 à aujourd’hui : non seulement les poêles, cuisinières et réfrigérateurs, mais aussi une grande diversité d’articles ménagers qui ont été diffusés dans le monde entier, ainsi que les produits des marques concurrentes.
Le musée évoque bien sûr les générations de Familistériens et le fonctionnement du sytème social de la Société du Familistère.

Les logements sont organisés sur des coursives autour de vastes cours couvertes, lieu de rassemblements, de festivités et de sociabilité du quotidien. Des appartements témoins reconstituent le cadre de vie aux différentes époques. Godin souhaitait apporter aux familles les « équivalents de la richesse » : les mêmes conditions de confort et de salubrité que celles de la bourgeoisie.




Le musée présente les techniques constructives, et les systèmes extrêmement innovants pour l’époque qui garantissaient hygiène, confort et salubrité.

La coupe grandeur nature à l’intérieur de l’édifice est un parfait outil pédagogique pour comprendre la structure et la technique du bâtiment.


Les enfants ont aussi été particulièrement intéressés par l’exposition sur les expériences sociales et architecturales comparables dans le monde. Les maquettes sont superbes et la frise comparative hyper claire et très instructive !


Les dispositifs interactifs et adaptés à tous permettent de maintenir longtemps l’intérêt des plus jeunes.



Nous recommandons de prévoir, comme nous l’avons fait, une journée complète de visite, pour profiter des expos et projections temporaires, du musée et des espaces extérieurs, pour admirer le théâtre et la buanderie qui sont ouverts à certains horaires, sans oublier une pause déjeuner à la buvette.





Tout prend un sens différent quand est mis en lumière le travail sur le trait de Matisse selon les outils (encre, crayon…), sur sa recherche sur la couleur et le travail du volume.

« mademoiselle Yvonne Landsberg » 1914
J’ai été fascinée par la section 10 : « La blouse romaine ». On découvre ici l’intérêt que portait Matisse au textile. Son trait et la couleur l’exprime dans ses tableaux, le détail d’une étoffe prenant parfois le pas sur le reste.


En fin d’expo on découvre également ses liens avec le Musée des Beaux Arts de Lyon.
Dans l’ancienne usine de tissage de tissus d’ameublement, les enfants sont rapidement mis dans le bain : on leur propose d’enfiler une blouse d’ouvrier textile et nous allons suivre






La villa Cavrois, à Croix à côté de
La cuisine, au rez-de-chaussée, est un laboratoire épuré.
La salle de bain d’une des chambres de jeune-homme :
Une chambre de jeune-homme :
Le coffre-fort dissimulé derrière un panneau de boiserie :
Le boudoir de Mme Lucie Cavrois :
Dans la salle de bain de M. et Mme Cavrois, d’une surface de 40 m2, Ernest a testé la balance intégrée à la pièce :
Une chambre non restaurée témoigne de l’état de délabrement de la villa dans les années 1990, et elle permet également de comprendre la structure constructive du bâtiment ainsi que les principes d’isolation, de ventilation et d’amenée des réseaux :
Le parc, avec sa perspective accélérée par un jeu d’optique, est le prolongement de l’espace bâti :
Au sous-sol sont présentés les matériaux et accessoires d’origine, dans l’état dans lequel ils ont été trouvés. Il ne faut pas manquer non plus dans cet espace le passionnant film qui retrace la minutieuse restauration.
N’oubliez pas d’aller contempler la perspective depuis l’extrémité du bassin-canal. Sa faible profondeur lui permettait de se transformer en patinoire en hiver, pour les enfants Cavrois.
La piscine, conçue par Mallet-Stevens dans le prolongement de l’espace de la villa, présentait plus de 3 m de profondeur pour permettre les plongeons depuis le haut plongeoir.
Le boulingrin était utilisé pour les parties de croquet :
Les briques jaunes ont été fabriquées spécialement pour la villa. Les joints peints en noir mettent en valeur les lignes horizontales.


Le froid est bien arrivé, et avec lui, le petit rappel que dans quelques petites semaines c’est Noël !





Le film de Claude Barras, une production franco-suisse sort le 19 octobre et depuis le 7 octobre (et jusqu’au 2 avril 2017), on peut découvrir les coulisses du film et c’est une magnifique et touchante exposition qui permet de redonner vie aux décors et personnages. La fabrication des personnages et des décors, ainsi que le tournage du film se sont déroulés dans les studios du Pôle Pixel à Villeurbanne.

Ce fut une grande découverte pour moi de comprendre les rouages de la conception d’un film en « stop motion », ce système d’animation image par image permettant de créer un mouvement à partir d’objets immobiles. Les 24 images qui composent 1 seconde de film sont autant de prises de vues différentes et donc autant de scènes à modifier légèrement.
On imagine aisément le travail colossal que ce film a demandé !
J’ai hâte de découvrir Courgette sur grand écran le 19 octobre, et de retourner voir l’exposition avec les enfants. Ca sera également l’occasion de revoir le Musée Miniature et Cinéma, qui est vraiment une belle sortie à faire !