Étonnements rapides et durables

Ahanements d'octets austraux

 Périphériques

En écrivant le précédent article, j'avais complètement oublié d'évoquer un accessoire pourtant acheté en même temps que ma configuration initiale : l'imprimante Apple ImageWriter II.

L'ImageWriter II fut introduite par Apple sur le marché en septembre 1985 (en même temps que le disque dur Apple). Ce fut pour moi le choix par défaut, la LaserWriter présentée en janvier de la même année étant financièrement inaccessible.

L'outil était de facto inutilisable la nuit, pour des raisons que vous devinerez en regardant cette vidéo (qui ne reflète pas fidèlement la couleur de l'engin, qui avait adopté le design Snow White)…

J'avais adjoint à cette imprimante un chargeur feuille à feuille qui m'a régulièrement fait pester, car il fallait démonter l'engin pour repasser au papier listing en continu à bandes Caroll.

Quelque temps plus tard, je découvrais avec stupéfaction chez un cousin qu'une alternative plus économique à l'ImageWriter existait : l'imprimante C-Itoh 8510, une fois celle-ci munie d'un câble adéquat.

Photo d'imprimante C-Itoh 8510 sur eBay

Si j'avais eu ces informations plus tôt, peut-être aurais-je choisi cette solution, sans m'embarrasser d'un chargeur feuille à feuille. En effet, mon utilisation la plus régulière de l'imprimante était l'impression de codes source, pour pouvoir les examiner avec un recul bien plus grand que face à un écran de 9 pouces de diagonale1

De nos jours, où l'on passe par des outils de gestion de version et des éditeurs de texte dotés de l'indentation automatique et de la coloration syntaxique, imprimer du code afin de le relire n'a plus guère de sens. Mais prendre du recul pour lire ce code reste d'actualité.

La vidéo ci-après me convainc qu'une prochaine version pourrait dans quelques années devenir un périphérique très apprécié de mon Mac… Comme souvent avec les grosses innovations matérielles d'Apple, il vaudra mieux attendre une version 2 qui éliminera certains défauts à la lumière des usages, mais il y a là un gros potentiel par rapport à ce besoin…


  1. Le mode brouillon permettait de stresser un peu moins par rapport au coût des rubans et du papier… ↩

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 Débuts

Janvier 1984, c'était le mois de l'annonce de deux micro-ordinateurs assez extraordinaires pour l'époque : le Sinclair QL le 12 janvier, et le Macintosh, le 24 du même mois.

Ces ordinateurs étaient présentés comme 32 bits. En fait, le QL, avec son Motorola 68008, n'était en toute rigueur qu'un ordinateur 8/32 bits. Et le Mac, n'était en 1984 avec son 68000 qu'un 16/32 bits. Mais ils faisaient rêver par rapport à l'IBM PC, qui avec son Intel 8088, n'était qu'un 8/16 bits, tandis que les meilleurs clones d'IBM de l'époque se targuaient avec leur 8086 d'être de « vrais 16 bits ». Sans pouvoir se targuer de la puissance du 32 bits.

À l'époque, il n'y avait pas véritablement de fragmentation du marché entre les micro-ordinateurs à usage personnel et ceux à usage professionnel. Avoir des cartouches comme support de stockage de masse n'était pas forcément un obstacle dirimant. Une machine pouvait être considérée comme professionnelle avec un seul lecteur de disquettes. Un deuxième lecteur était néanmoins considéré comme un élément de confort non négligeable. Quant aux disques durs, c'étaient des choses exotiques au coût pharamineux que personne de mon entourage n'avait physiquement vu.

Pas vraiment possible pour moi de recasser la tirelire, après l'avoir fait un peu moins de trois ans plus tôt. Mais ces machines faisaient saliver. Prix oblige, je regardais le Sinclair avec davantage d'intérêt, alors que le Macintosh m'apparaissait comme une extravagance inaccessible.

Je ne suis tombé amoureux du Mac qu'en le rencontrant dans une boutique du boulevard Saint Germain de Paris qui permettait de le manipuler un peu. Et je me suis dit que mon retour prochain à Madagascar valait bien de casser à nouveau la tirelire, que ce geste n'était plus un plaisir que je m'offrais, mais un investissement. En restant raisonnable : le choix se porta sur un modèle 128 transformé en Macintosh Plus, bien plus convaincant que le Macintosh originel grâce à son mégaoctet de mémoire vive (!), son clavier avec pavé numérique et son lecteur de disquettes de 800 Ko au lieu de 400 Ko. J'ajoutais à mon achat un deuxième lecteur de disquette avant de passer quelque temps plus tard à un disque Rodime 45 Plus, qui se plaçait sous l'unité centrale du Mac et que l'on connectait en SCSI…

Happy Birthday, Macintosh !

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 Rajout de notes avec un raccourci Apple

Lors de l'épisode précédent, j'expliquais que j'avais décidé de garder mes notes dans des fichiers texte nommés de manière chronologique. Pour chaque jour, un fichier texte pour les notes ou brouillons professionnels, un autre pour ceux à caractère plus personnel.

Ces notes constituent ainsi un carnet. Le système se veut simple, versatile et allant contre la loi de Wirth. Lorsque je dois écrire quelque chose de consistent, j'utilise le vénérable BBEdit.

Mais pour de petits ajouts rapides, je me suis dit qu'utiliser le menu de partage intégré dans bon nombre d'applications iPhone ou Mac pouvait être un plus.

D'où l'idée de créer un raccourci (Shortcut) et de l'intégrer à ces fonctions de partage.

Pour je ne sais quelle raison, l'application Raccourcis sur iOS n'arrive pas à écrire dans un dossier partagé Nextcloud, pourtant accessible via l'application Fichiers. Pour partager les données entre un Mac et un iPhone, j'ai de ce fait été contraint de réviser ma stratégie et mettre les fichiers sur iCloud Drive.

Une fois cette contrainte prise en compte, le raccourci auquel je suis arrivé me satisfait largement sur iOS, un peu moins sur macOS où l'application Raccourcis semble moins mûre. Mais l'activation du dit raccourci n'est pas si évidente, d'où la publication du présent billet (qui, si vous suivez bien, a débuté en note à usage personnel) avec les remarques d'installation qui suivent.

Sur iOS

Permettre aux raccourcis d'apparaître dans le menu de partage :

Application Réglages ︎➙ RaccourcisPartage privé (à cocher)

Copie écran Raccourcis dans l'application Réglages d'iOS

Installer le raccourci "Ajouter au carnet"

Cliquez ce lien.

Dans Raccourcis, appuyer sur (…) qui permet de modifier le raccourci Ajouter au carnet. Lancer le raccourci une première fois pour vérifier qu'il fonctionne et qu'il puisse demander les autorisations d'accès au dossier "_Carnet" dans iCloud Drive.

Copie écran Contenu du raccourci - Partie 1 Copie écran Contenu du raccourci - Partie 2

Vérifier les autorisations du raccourci :

Appuyer sur (…) qui permet de modifier, puis choisir l'onglet Informations ⓘ Vérifier que sont cochés :

  • Dans la feuille de partage
  • Epingler dans la barre de menus
  • Recevoir le contenu affiché
  • Utiliser comme action rapide

Copie écran Informations du raccourci

Associer les fichiers texte à un éditeur qui vous plaît

Dans Files.app, choisir un fichier texte (extension .txt), le partager et choisir l'application à laquelle vous voulez associer les fichiers texte. Pour ma part, j'utilise Pretext.

Sur macOS

Permettre aux raccourcis d'apparaître dans le menu de partage :

Activer dans Réglages SystèmeConfidentialité et sécuritéAutresExtensionsPartageRaccourcis.

Copie écran Réglages Système

Accepter les raccourcis non signés par Apple

Dans les réglages de Raccourcis.app, activer Partage privé.

Lancer le raccourci Ajouter au carnet manuellement dans Raccourcis pour vérifier qu'il fonctionne.

Cette fonction de partage est encore un peu buggée dans macOS : pour les textes, mon raccourci ne marche pas avec l'élément de menu contextuel Partager…, mais je peux passer par l'élément de menu ServicesAjouter au carnet.

Copie écran menu contextuel Services

Références :

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 2024, renouveau du web décentralisé

Happy birthday, Matt Mullenweg. Your note had a strong influence in the follwing text. Sorry, I had not enough time to translate it. I don't know if you read French, but if it's not the case, I am confident DeepL can help.

Le titre ci-dessus est à la fois une prévision à caractère général et une bonne résolution personnelle pour l'année nouvelle. Je suis raisonnablement confiant que l'on devrait assister à un relatif renouveau des "petits sites" en 2024. Et j'ai l'intention d'y contribuer dans une très modeste mesure en publiant un peu plus souvent ici. Pourquoi ? Parce que les moteurs de recherche et les réseaux sociaux pilotés par des algorithmes sont en passe de transformer le web en magma où l'on a davantage de mal à retrouver quelque chose de fiable.

Dans ce contexte, mémoire et notes personnelles deviennent plus précieuses. Ainsi que le partage d'information d'humain à humain. Lorsque les robots sont défaillants, savoir que telle information est jugée importante par une personne physique bien identifiée acquiert bien plus de valeur. Tenir un blog personnel pourrait ainsi devenir un peu moins un exercice de personal branding et un peu plus l'exercice d'un devoir de mémoire et de mise en avant de cet exercice.

Donc, je vais faire l'effort cette année de prendre plus de notes, et de les structurer un minimum. En ayant comme principale ambition que ces notes me soient personnellement utiles, tout en gardant à l'esprit que si je les trouve potentiellement utiles à d'autres personnes, j'en ferai plus volontiers des billets de blogs.

En ce qui me concerne, j'ai beaucoup de mal à trouver un système de tenue de notes qui me satisfasse complètement. Mais je suis arrivé à trois constats :

  • au jour le jour, comme beaucoup de monde sans doute, je crée dans BBEdit une grande quantité de documents "Sans titre" pour prendre rapidement des notes. Une bonne raison à cela : il est quasiment impossible de faire planter cette application et elle récupère impeccablement la situation précédente chaque fois qu'on la relance ;
  • j'ai trop d'onglets ouverts dans Safari, parce que je garde des pages que je me promets de relire ou qui doivent me servir d'éléments dans la réalisation d'un projet. Tout comme BBEdit, Safari est très stable et plutôt sobre en ressources. Mais c'est quand même beaucoup de cycles CPU qui sont gaspillés et qui ne le seraient pas si je sauvegardais et classais ces liens dans des notes ;
  • il m'est arrivé plus d'une fois de retrouver des choses qui me sont très utiles dans mon blog, à travers des billets qui prenaient souvent la forme de "notes pour soi".

Après avoir considéré la courbe d'apprentissage qui me serait nécessaire pour conserver mes notes privées dans un outil destiné aux power users comme Obsidian, après avoir testé pendant plusieurs mois Agenda, j'ai décidé de tout recentraliser sur BBEdit, et de garder la même logique qu'un weblog : des fichiers texte classés et nommés de manière chronologique. En général, un ou deux fichiers par jour : un pour les notes professionnelles, un pour celles plus personnelles ou relevant de la serendipité.

Et pour aller au bout de la logique précédente, autant mettre toutes ces notes dans un sous-répertoire de mon outil de blogging. Mon "nouveau" système de notes entend s'appuyer totalement sur l'intuition, assez géniale à l'époque, de Blosxom :

La philosophie de conception qui sous-tend Blosxom est axée sur le lien entre la simplicité, la convivialité et l'interopérabilité. Bloguer devrait être aussi simple que de taper dans l'éditeur de texte de son choix et d'appuyer sur Enregistrer. Le blogging devrait être aussi intuitif et naturel que de travailler avec des fichiers et des répertoires. Un système de blogs doit être extensible sans nécessiter de savoir-faire particulier ; il doit interopérer avec le système d'exploitation et le serveur Web qui se trouvent sous ses pieds et en tirer pleinement parti.

Bon, dans la réalité, ça a demandé plus de travail que prévu. Parce que mon système personnel de blogging se base sur la génération de fichiers statiques, et parce qu'il faut que mes notes privées le demeurent, il m'a fallu me repencher sur un de mes plugins. Et au passage, découvrir et corriger deux bugs dans Blosxom, dont l'un datait de treize ans !

Notes complémentaires pour soi

1/ lorsqu'une mise à jour de macOS écrase /etc/apache2/httpd.conf, il faut, pour pouvoir utiliser Blosxom en mode dynamique, réactiver dans ce fichier les modules :

  • cgi_module
  • rewrite_module

2/ si l'on veut en sus utiliser TLS/SSL, il faut également activer les modules :

  • ssl_module
  • socache_shmcb_module

et décommenter la ligne :

Include /private/etc/apache2/extra/httpd-ssl.conf

La gestion des clés TLS se fait avec certbot, déjà installé à l'époque via Homebrew.

3/ il me faut rajouter quelques éléments aux tests d'intégration continue de Blosxom et publier une version 2.1.3.

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 Ouf de soulagement

Communiqué commun du Trésor Américain, de la Réserve Fédérale et du fonds de garantie des dépôts :

After receiving a recommendation from the boards of the FDIC and the Federal Reserve, and consulting with the President, Secretary Yellen approved actions enabling the FDIC to complete its resolution of Silicon Valley Bank, Santa Clara, California, in a manner that fully protects all depositors. Depositors will have access to all of their money starting Monday, March 13. No losses associated with the resolution of Silicon Valley Bank will be borne by the taxpayer.

Traduction libre :

Après avoir reçu une recommandation des conseils d'administration de la FDIC et de la Réserve fédérale, et consulté le président, la secrétaire d'État [Janet] Yellen a approuvé les mesures permettant à la FDIC d'achever la résolution de la Silicon Valley Bank, située à Santa Clara, en Californie, d'une manière qui protège pleinement tous les déposants. Les déposants auront accès à la totalité de leur argent à partir du lundi 13 mars. Aucune perte liée à la résolution de la Silicon Valley Bank ne sera supportée par le contribuable.

La dernière phrase de ce communiqué s'explique par le fait que le problème initial de la Silicon Valley Bank était un problème de liquidité, pas de solvabilité. La lecture des états financiers à fin décembre laissait clairement penser que la banque disposait dans son bilan d'une quantité significative d'actifs relativement sûrs (Bons du Trésor et obligations hypothécaires). Par ailleurs, il n'a jamais été fait état de difficulté particulière sur le portefeuille de crédits. La valeur des actifs de la banque permettait en théorie de couvrir le remboursement des dépôts de la clientèle.

La difficulté était que la banque, pour faire face à des retraits massifs de la clientèle, se retrouvait contrainte de vendre hâtivement des titres qu'elle avait initialement l'intention de garder jusqu'à leur échéance : les HTM (held-to-maturity) évoqués dans mon billet précédent. Mais compte tenu de l'évolution des conditions sur le marché obligataire (forte hausse des taux d'intérêts sur les derniers mois), céder précipitamment ces titres amenait à comptabiliser des dépréciations. Le problème de liquidité risquait de se transformer en problème de solvabilité.

En décidant de fermer la banque en pleine journée du vendredi, les autorités ont pu stopper la fuite de liquidité, profiter du week-end pour évaluer la situation et constater qu'elles pouvaient injecter de la liquidité sans risque l'argent du contribuable.

En revanche, je ne me prononcerai pas en ce qui concerne la Signature Bank que les autorités US ont également décidé de fermer ce week-end. Car le problème de cette banque semble avoir été provoqué par l'activité relative aux cryptomonnaies. On est bien loin là de la "banque de Papa".

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 Ça peut devenir compliqué, la « banque de papa »…

Dans le monde de la finance globalisée, les crises ont ceci d'intéressant que presque personne n'a prévu leur arrivée. Ce fait est même ce qui les caractérise. Dans une économie de marchés où l'on a l'habitude de spéculer sur tout, ce qui amène à essayer d'anticiper en permanence, le rééquilibrage entre ceux qui ont tendance à voir un verre à moitié plein et ceux qui ont tendance à le voir à moitié vide se fait en continu. La régulation se fait alors via l'ajustement des prix en fonction du niveau de risque perçu, et ce réajustement se fait en général plutôt en douceur.

La crise, la vraie, éclate lorsque que quelqu'un crie brutalement Au loup ! et que les marchés découvrent avec effroi un fait important que la grande majorité n'avait pas perçu. Le réajustement se fait alors brutal, parfois excessif. Cela permet à ceux qui arrivent à analyser vite et bien une situation de réaliser alors de très substantiels profits1.

Il est trop tôt pour savoir si la cessation d'activité de la Silicon Valley Bank (SVB) entraînera une crise financière majeure ou demeurera un épiphénomène. À l'échelle des États-Unis, la SVB était un établissement de taille modeste, mais à en croire son site web, elle était en relation avec la moitié des entreprises financées par le capital-risque aux États-Unis et sa déconfiture pourrait avoir un effet systémique sur un secteur dont le poids au sein de l'économie n'est pas négligeable.

Au risque de paraître blasé, je dis souvent à mes collègues plus jeunes avoir intégré très tôt dans ma carrière le fait que les crises financières internationales arrivent assez périodiquement. Elles peuvent survenir tous les cinq ou dix ans, et ce malgré tous les efforts des régulateurs pour que l'information financière devienne aussi précise et exhaustive que possible afin de permettre aux acteurs de s'ajuster en permanence.

Ce qui est par contre inhabituel aujourd'hui, c'est que jusqu'ici les crises étaient déclenchées par un événement sur les marchés de capitaux ou au sein d'une banque d'investissement. On ne peut qualifier ainsi la SVB, qui présente plutôt les caractéristiques d'une banque commerciale classique.

Dans ce secteur, les difficultés surviennent le plus souvent de mauvais choix en matière d'octroi de crédit ou de fraudes. Il ne semble pas que ce soit le cas pour la SVB. Et c'est avec beaucoup d'intérêt que je constate que les arides sujets "risque de taux" et "risque de liquidité", qui dans le passé m'avaient fait cogiter pendant pas mal d'heures, sont susceptibles chez certaines banques commerciales d'avoir des effets aussi brutaux, ce qui ne manquerait pas faire évoluer la doctrine en la matière.

Certes la SVB avait des caractéristiques qui lui étaient propres. Il y aura sans doute beaucoup de discussions autour du fait que ses dirigeants aient plaidé et obtenu des autorités que les établissements de leur catégorie ne soient pas soumis à des obligations sur le niveau des ratios LCR et NSFR.

En lisant les états financiers de la SVB, je me dis également que les régulateurs pourraient être amenés dans le futur à se poser des questions sur la manière d'affiner l'information concernant certains actifs (AFS et HTM), voire à envisager que ces actifs puissent être dans certains cas mobilisés en dehors des marchés financiers. Car le mélange entre les marchés et les "banques de papa" ne se passe pas toujours bien…


  1. J'ai envisagé d'écrire "de jolis profits", mais je sens que cela pourrait entraîner chez le lecteur un biais moral. ↩

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 Légendes

Plusieurs choix dans la conception de Mastodon ont été dictés par une méfiance vis-à-vis des phénomènes de viralité recherchés par les réseaux sociaux dominants. Il n'empêche : Mastodon a vu dans les récentes heures l'émergence de son premier meme natif. En quelques heures, le hashtag #JohnMastodon nous a tous pris par surprise, et a été suivi par la suite de #JoanMastodon et #JeanneMasTodon, dans un doux mélange de satire sociale et de figures héroïques populaires.

Que s'est-il passé ? L'auteur conservateur Isaac Schorr a mal lu le nom du compte Twitter @joinmastodon et l'a attribué à un certain John Mastodon, fondateur supposé d'une compagnie éponyme rivale de Twitter.

Accordons à Schorr le bénéfice du doute. Il avait peut-être fait une recherche Google sur John Mastodon et était tombé sur cette "annonce" sur YCombinator selon laquelle John Mastodon, CEO et fondateur de Mastodon, avait été viré de la compagnie lorsque le cours de celle-ci était tombé au plus bas.

Certaines personnes semblent tellement imbibées de mythologie libertarienne qu'elles sont intellectuellement incapables d'imaginer que "quelque chose" qui a du succès puisse exister sans être la création d'une multinationale menée par un "capitaine d'industrie""… Leur modèle de progrès repose sur « un-homme-un-vrai-un-leader » qui en impose à des milliers de techno-serfs, mérite de cette manière les millions de dollars qu'il accumule et a des millions de suiveurs sur LinkedIn.

L'histoire d'Internet nous montre pourtant que les progrès les plus solides sont souvent venus de travaux coopératifs menés sans quête de profit financier… Pourquoi privilégier le modèle très vertical du maître régnant sur des hordes de techno-serfs, alors que la réalité ressemble davantage à des artisans utilisant les technologies collaboratives pour coopérer de manière beaucoup plus horizontale ?

Refusant d'avoir des esclaves à disposition, je me suis appuyé sur une pseudo-intelligence artificielle pour vous conter la véritable 😉 histoire de John Mastodon :

John Mastodon est un jeune explorateur de l'espace qui rêve de faire de grandes découvertes sur les planètes lointaines de la galaxie. Un jour, alors qu'il explore une nouvelle planète, il se retrouve confronté à Hellon Buck, un méchant empereur intergalactique qui cherche à s'emparer de ses technologies avancées et à terroriser la population.

Hellon Buck : "Mes fusées vont s'emparer de tes technologies !"

John Mastodon : "Je ne me laisse pas marcher sur les pieds, Hellon. Je suis prêt à me battre pour défendre ce qui m'appartient, même si je n'ai qu'un sabre à ma disposition."

Hellon Buck : "Tu vas regretter de t'être opposé à moi !"

John Mastodon : "Je n'ai pas peur de toi, Hellon. Tu es juste un méchant empereur qui ne pense qu'à lui-même."

Hellon Buck : "Mes fusées vont t'écraser !"

John Mastodon : "On verra bien, Hellon. Je suis prêt à me battre jusqu'à la mort s'il le faut."

Au moment où Hellon Buck s'apprête à donner l'ordre à ses fusées d'attaquer John, il glisse sur la peau de banane qu'il vient de manger et tombe à terre. John en profite pour attaquer et vaincre rapidement Hellon et ses fusées.

Grâce à son agilité et à sa chance, John réussit à vaincre Hellon Buck et ses fusées et à défendre ses droits et sa liberté. Il devient un héros pour la population de la galaxie et continue à explorer l'univers, à la recherche de nouvelles formes de vie et de technologies avancées.

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 Aider un pachyderme à surfer

L'apprentissage de Mastodon peut être assez ingrat, car après votre inscription sur une instance, votre page d'accueil demeurera désespérément vide si vous ne la meublez pas… Votre serveur Mastodon ne vous proposera rien de lui-même, et il vous faudra explorer pour trouver des personnes à suivre. Peuut-être découvrirez vous des gens qui vous intéressent dans le "fil public local" ou dans le "fil public global" affichés par votre serveur, mais cela risque d'être un peu laborieux si vous comptez uniquement sur la chance…

Je vous encourage néanmoins à persévérer. En ce qui me concerne, je suis sur Mastodon depuis Avril 2017, mais le service n'est devenu vraiment intéressant que lorsque j'ai franchi un cap concernant le nombre de personnes suivies. J'en suis actuellement à 217 personnes suivies (qui ne sont toutefois pas toutes actives). Mon conseil est donc : explorez, explorez, et de préférence, trouvez…

Dans le billet précédent, je faisais état d'une chose qui m'avait moi-même trompé pendant plus de cinq ans : c'est une grosse erreur de croire que les applications dédiées Mastodon sont des outils efficaces pour découvrir de nouveaux contenus.

Il s'agit d'une erreur, car les clients dédiés sont avant tout conçus pour afficher du contenu transitant par votre instance. Ce qui ne représente qu'un sous-ensemble de tout le contenu disponible, en particulier si l'instance à laquelle vous êtes inscrit est récente (comme celles qui viennent de se créer suite aux changements chez Twitter) ou relativement petite (comme Mastodon.mg, l'instance où je suis).

Car ce qu'on appelle "fil public global" ne l'est que de nom. Le graphique du message ci-après explique cela mieux que je ne le puis :

Il faut le dire et le redire : en raison de la structure décentralisée du Fediverse, un navigateur web est beaucoup plus efficace qu'un client Mastodon dédié pour faire des découvertes intéressantes. En effet, vous serez exposé à bien plus de contenu si vous utilisez votre navigateur web pour suivre les liens affichés par les serveurs (ceux sur l'heure d'un message ou ceux en bas d'un profil). Vous découvrirez alors l'intégralité des conversations sur les instances où leurs auteurs sont inscrits et, de fil en aiguille, vous découvrirez d'autres personnes ayant des intérêts communs.

Mais vous sentirez rapidement que, via le web, réagir à un post ou suivre quelqu'un qui est inscrit sur une instance autre que la votre devient vite un peu fastidieux.

Toutefois, la situation s'améliore très nettement si l'on installe dans son navigateur quelques signets Javascript bien pratiques. Pour vous faciliter la tâche, j'ai donc mis en ligne un outil qui vous permet d'installer facilement de tels signets. J'espère qu'ils vous seront utiles.

(À suivre)

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 L'envol sur un pachyderme

Il y a quelque chose de fascinant dans ce qui arrive à Twitter. Des dizaines de milliards de dollars de valorisation boursière se sont volatilisés et risquent bien de ne jamais être retrouvés, à cause de l'hybris d'un individu.

Il n'y a par contre rien de fascinant à ce qui arrive à Mastodon. Du moins à mes yeux. Tout en étant incapable de dénombrer les « réseaux sociaux » que j'ai essayé depuis les années 2000, je n'étais depuis quelques mois resté actif que sur deux d'entre eux : Twitter et Mastodon.

Pourquoi ces deux-là ? Parce que leurs algorithmes sont relativement clairs et transparents. Je n'utilise Twitter qu'en mode anté-chronologique (mode "Derniers Tweets", par opposition à la page "Accueil"), qui fait apparaître les personnes que j'ai choisi de suivre, soit directement, soit à travers des listes, sans m'imposer trop de "suggestions". Cela me permettait de concilier à la fois sérendipité et maîtrise de mes lectures.

Mastodon repose sur la même base : l'algorithme est « bêtement » anté-chronologique. Ce qui y a vraiment changé ces derniers jours, c'est que je réussis à trouver suffisamment de monde pour que ma liste de lecture soit largement garnie et qu'elle me permet d'atteindre, à travers les découvertes faites via mes contacts, un niveau de sérendipité adéquat pour ne pas avoir l'impression d'uniquement tuer le temps et d'être plus bête à la fin de la séance qu'en début. Twitter ne me manque pas.

Comme d'autres réseaux sociaux, Mastodon était (est) dominé numériquement par des hommes blancs du monde occidental. Jusqu'à peu, je m'étonnais qu'il m'y était plus facile d'y croiser une femme transsexuelle qu'une femme cis… Bref, c'était le réseau des geeks et des marginaux… Les choses ont pas mal évolué depuis : j'ai commencé à trouver des communautés scientifiques où, joie, les femmes sont bien présentes, comme astrodon.social, social.sciences.re, fediscience.org et beaucoup d'autres… puis les femmes ont commencé à être bien présentes dans des communautés plus générales.

Bienvenue donc à tous ceux qui arrivent de l'oiseau bleu… Soyez patients et ne vous étonnez pas si, par moments, les choses ne sont pas aussi fluides que vous le souhaiteriez. Les murs sont encore frais, et vous êtes nombreux.

Arrivé en avril 2017 sur Mastodon, je remarquais le charme des endroits d'internet où l'on arrive en premier. Impossible cependant de ne pas remarquer que les similitudes entre Mastodon et Twitter peuvent faciliter les débuts mais décourager par la suite :

Pour donner aux migrants l'envie de persister, je voudrais donc insister sur quelques différences essentielles…

La décentralisation

Au lieu d’avoir une centralisation à la Twitter où un identifiant comme @BarackObama suffit à désigner une personne, on a sur Mastodon une logique décentralisée comme pour l’e-mail : une personne a une identité du type @nom@serveur, par exemple @[email protected].

Cette décentralisation a des avantages techniques :

  • elle permet de répartir la charge d'infrastructure. On a affaire à plusieurs serveurs (on dit plusieurs instances) qui peuvent individuellement être de taille petite ou moyenne, plutôt que d'avoir affaire à une entreprise obligée de construire une infrastructure capable d'affronter potentiellement toute l'humanité ;
  • elle permet de personnaliser et de répartir la charge de modération. En effet, au moment de choisir l'instance à laquelle ils vont s'inscrire, les utilisateurs ont tendance à rejoindre d'autres utilisateurs ayant des centres d'intérêt communs et des attentes et valeurs relativement similaires. Les administrateurs de chaque instance sont alors amenés à adopter des principes de modération qui leur paraissent les mieux adaptés à leurs communautés, dont ils sont souvent proches et dont ils comprennent la langue et les codes culturels.

En cas de conflits persistants, ceux-ci peuvent se résoudre de manière moins dramatique que sur une plate-forme comme Twitter, où le fait d'être contraint de la quitter a comme des allures de mise à mort. Sur Mastodon, si l'on n'est pas satisfait de son voisinage, il est toujours possible d'en changer en migrant vers une autre instance. Des outils de migration sont même intégrés, permettant de continuer à être suivi par ceux qui nous suivaient auparavant et de continuer à suivre ceux que nous suivions. Les conflits généralisés où une instance bloque toute possibilité d'échanges avec une autre instance existent mais sont très rares.

Les limites de la recherche

L'inconvénient de la décentralisation, c'est que ça complique la recherche des personnes que l'on aurait intérêt à suivre, car il n’y a pas d’annuaire centralisé. Toutefois, une fois qu’on a repéré une personne, on peut quand même la suivre même si elle est sur une autre instance. Un peu comme le fait de pouvoir échanger avec quelqu’un ayant une adresse mail en yahoo.fr à partir d’une adresse en gmail.com.

Malgré tout, les moteurs de recherche des serveurs Mastodon sont assez limités. Ils n'offrent même pas de possibilité de faire une recherche textuelle. On ne peut rechercher que des utilisateurs ou des #hashtags. C'est un choix délibéré, à la fois pour des raisons de coût en ressources informatiques et pour rendre difficile le harcèlement.

Surtout, le moteur de recherche d'une instance ne peut retrouver que ce qui a déjà transité dans cette instance :

  • utilisateurs et messages apparaissant dans le flux d'abonnement d'un des membres de l'instance ;
  • utilisateurs et messages ayant été partagés par un des membres de l'instance.

Et bizarrement, une des solutions les plus directes pour faire découvrir à l'instance où vous êtes logé l'existence d'un utilisateur ou d'un message externe est de saisir l'URL de celui-ci dans le moteur de recherche de votre instance… Après qu'elle ait récupéré l'information, votre instance vous permettra de suivre cet utilisateur ou de partager (boost) ce message. Oui, ce n'est pas intuitif du tout, mais c'est une habitude à prendre.

De ces faits découle la recommandation la plus déroutante pour ceux d'entre nous qui ont l'habitude de lire les réseaux sociaux sur un smartphone : si vous débutez sur Mastodon, ne vous précipitez pas pour rechercher une application ! Commencez par votre navigateur Web habituel, et utilisez abondamment la fonction "Ouvrir dans un nouvel onglet".

En fait, votre instance n'affichera généralement qu'une partie limitée d'une conversation démarrée sur une autre instance. De même, il risque de ne lister qu'une partie de l'historique des messages d'un utilisateur logé chez une autre instance. Suivez les liens (ceux sur l'heure d'un message ou ceux en bas d'un profil), afin d'ouvrir un nouvel onglet directement sur l'instance d'origine où vous obtiendrez un contexte nettement plus riche et plus complet.

Si vous trouvez le contenu intéressant, utilisez alors la fonction "Partager" de votre navigateur pour copier l'URL, puis revenez à l'onglet de recherche sur votre propre instance afin d'y coller cette URL et pouvoir vous abonner ou partager à ceux qui vous suivent.

Ne refermez pas trop vite les onglets précédemment ouverts : profitez en pour regarder qui la personne suit, ou pour jeter un coup d'œil sur la partie « Explorer » de l'instance concernée. C'est la meilleure manière de découvrir du contenu et des abonnements qui vous intéresseront.

Oui, les applications dédiées à Mastodon existent, et elles ont leur utilité. Pour ma part, j'utilise Metatext, en parallèle de mon navigateur, et je bascule de l'un à l'autre grâce à l'icône "Partager". Mais ces applications sont encore trop inspirées de celles des plateformes dominantes, destinées à maintenir leurs utilisateurs à l'intérieur d'un jardin clos, pour s'adapter au contexte Mastodon. De plus, leur rythme de développement ne suit pas celui de Mastodon, qui vient de passer en version 4.

(Suite)

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 Qui a nourri le crocodile ?

Extraits de la plaidoirie de Me Richard Malka, un des avocats des parties civiles, lors du procès des attentats de Janvier 2015 à Paris.

Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce que cette nouvelle guerre qui oppose des dessinateurs avec leurs crayons, des enseignants avec leur tableau, à des fanatiques armés de kalachnikovs ou d’ustensiles de boucherie ? Par quel enchevêtrement d’idées, de discours et d’errements en est-on arrivé à ce que, pour la première fois dans le monde occidental depuis la fin de la guerre, un journal soit décimé, avant de devoir se retrancher dans un bunker à l’adresse secrète ? Qui a nourri le crocodile en espérant être le dernier à être mangé ? Parce que c’est toujours la même chose : quand on est confronté à la peur, certains choisissent de pactiser.

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Le compte à rebours s’est déclenché à Amsterdam le 2 novembre 2004. Theo Van Gogh était un journaliste et un réalisateur pas sympathique. En 2004, il réalise Submission pour dénoncer la soumission des femmes dans l’islam. Le 2 novembre 2004, il est abattu dans une rue d’Amsterdam de huit balles dans le corps par un jeune islamiste de tendance takfiriste [une sous-branche du salafisme]. Ensuite il est égorgé, et on lui plante deux poignards dans le torse. Sur l’un de ces poignards, un petit mot de menaces de mort contre les juifs. C’est la matrice de 2015 et de ses deux obsessions : la liberté d’expression et l’antisémitisme.

A la suite de cet assassinat, un autre écrivain, danois cette fois, Kare Bluitgen, veut écrire un livre sur la vie de Mahomet dans un souci pédagogique à destination de la jeunesse. Il cherche un illustrateur. Tout le monde refuse. La peur a déjà gagné. Alors, le 17 septembre 2005, il écrit dans un journal pour dénoncer l’autocensure dès qu’il s’agit de l’islam. Flemming Rose, rédacteur en chef des pages culture du Jyllands-Posten, un journal de centre droit qui serait l’équivalent chez nous du Figaro, va demander au syndicat des caricaturistes danois comment il représente Mahomet. Le 30 septembre 2005, ces caricatures sont publiées. Pendant deux mois, il ne se passe pas grand-chose.

Cette affaire ne va prendre sa véritable ampleur qu’à raison d’une escroquerie à la religion. Elle a été commise par des imams danois de la mouvance des Frères musulmans, essentiellement des salafistes. En décembre 2005, ces imams partent faire le tour des capitales arabes. pour mobiliser les États musulmans contre ces méchants danois islamophobes. Et pour le prouver, ils constituent un dossier, comprenant les caricatures. Ce dossier, on l’a récupéré.

Le problème, c’est que dans ce dossier, ils ont ajouté trois dessins qui n’y figuraient pas [Me Malka les montre]. Deux d’entre eux viennent d’un site de fous furieux, des suprémacistes blancs américains. Un autre vient de France, il n’a rien à voir avec l’islam, c’est un dessin sur la Fête du cochon à Tulle en Corrèze. Et les imams disent :  Voilà comment on représente l’islam en Occident.  Et alors là évidemment, sur le fondement de cette supercherie, de cette mystification, le monde s’embrase. Et il y a des manifestations, des morts, des drapeaux brûlés. Ils ont allumé le feu et ils nous traitent d’incendiaires ? Alors oui, c’est dur d’être aimé par des cons d’intégristes mais c’est encore plus triste d’être instrumentalisé par des escrocs !

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Alors l’histoire du blasphème en France, je vais vous la raconter.

En 1789, la liberté d’expression est proclamée comme un des droits les plus précieux de l’homme. Deux ans plus tard, on sort le blasphème du code pénal. En 1881, on vote la grande loi sur la liberté de la presse. Les débats font rage à l’Assemblée et c’est frappant de constater à quel point ils se focalisent sur ceux d’aujourd’hui : le dessin et la religion. C’est comme si Charlie Hebdo existait déjà !  Dieu se défendra bien lui-même, il n’a pas besoin pour cela de la Chambre des députés ! , répond Clemenceau à l’évêque d’Angers qui invoque la blessure des catholiques outragés.

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Mais alors comment on fait pour sortir l’islam de cela ? Il faudrait le sortir du pacte républicain ? Il faudrait dire, non, il n’y a qu’une religion qui devrait avoir un traitement de faveur, qu’on ne pourrait pas caricaturer, et ce serait l’islam ? Ce n’est pas possible. Le combat de Charlie Hebdo, c’est aussi un combat pour la banalisation de l’islam. C’est un combat pour qu’on regarde cette religion comme une autre. Qu’on la traite comme une autre. En faire une exception, c’est évidemment le pire service qu’on pourrait lui rendre.

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Toutes les caricatures dont nous avons parlé ici ne sont pas des caricatures de la religion, ce sont des caricatures du fanatisme religieux, de l’irruption de la religion dans le monde politique.

Source : Le Monde.fr, édition du 5 décembre 2020

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